mercredi 18 juin 2008
Mlle Esis "Au Jardin"
Au Jardin
Le mystérieux titre de la dernière œuvre de Dourvac'h a décidément un fort pouvoir d'évocation.
Bien avant que de me plonger dans cet enchanteur et angoissant récit, le terme d'"au jardin" a fait sortir de ma mémoire des images à peine endormies de mon passé, en ces temps reculés (si bien que l'on se demande – tant les réminiscences sont floues, éloignant alors leurs perceptions intrinsèques de notre ressenti actuel – si tout cela a bien existé, ou si nous ne venons pas juste de naître, déjà adultes, avec, surnaturellement ancrées dans notre esprit, des images d'une enfance fantasmée que nous ne vivrons jamais !) où la mort, malgré la conscience dormante que l'enfant avait de son existence irrémédiable, semblait bien loin, temporairement vaincue par cette promesse d'une vie future plus mélancolique et absolue encore que celle que l'enfermement dans son imaginaire lui faisait alors vivre – vie qui serait transcendée par l'idée apeurante de la mort elle-même ; mort qui, en retour, serait sublimée dans toute sa dimension tragique et romantique par l'épanchement final du « Songe dans la vie réelle » (Nerval), de « l'esprit dans la Vie » (Artaud).
Ainsi, j'évoque là ceux qui furent les littéraires compagnons de route de la jeune Emma Rouault (future Bovary), Juive (ici à prendre au second degré) errante de l'ultra silvam, pays matriciel de l'au-delà de la ville que jamais aucune figure familiale ou enfantine vivante ne chercha à détruire, mais qu'elles fortifièrent plutôt de par leur langage destructeur, forteresse dont elles seules possédaient la clé, condamnant ainsi l'être en devenir à ne jamais venir au monde et à rester dans cette non-existence terrestre atroce et que seule la fuite semi-efficiente dans la fantaisie et la littérature pouvait lui faire temporairement oublier.
Sophie (l'infortunée Sophie, figure par excellence de la renaissance !), Paul, Camille, Madeleine (Les Malheurs de Sophie), Augustin, François (Le Grand Meaulnes), bien d'autres encore, furent donc les figures inanimées et vaines de l'accueil pour Emma, pourtant si insouciantes et narcissiques dans leur monde réduit de papier, mais qui auraient sans nul doute consenti – si elles s'étaient incarnées sur Terre aux mêmes temps et lieux qu'Emma – à lui faire une place dans leur monde, puis dans le monde entier pour finir, à cet âge où tout le destin de l'individu dans son introduction par Autrui au monde se jouait.
Mais que ces souvenirs imprécis ne servent pas plus à flatter l'ego de l'auteur de cette chronique qui, par pudeur plus que par prétention, a librement usurpé le patronyme d'Emma Rouault Bovary, et considérons-les plutôt comme mises en abyme prégnantes de l'univers d'Au Jardin.
Cependant, bien avant que d'aller se renfermer dans le monde forclos de Carine et Damien, il convient de présenter l'auteur des jours de ces deux charmants enfants, j'ai nommé Dourvac'h !
À l'heure où les rapports humains tournent à la pseudo-compassion (ici, il s'agit effectivement de "pseudo-compassion", puisqu'au sens où je l'entends elle résulte d'un sentiment personnel et hypocrite de se donner bonne conscience, et non pas du processus naturel d’empathie), se vident de sincérité (n'en témoignent certains types de relations internétiques...) et se machinisent, amputant les êtres de la pensée et de l'imaginaire ; où l'Art devient un business comme un autre, le plus souvent au détriment de la Beauté et du Sens qu'il doit créer et traduire ; il devient important de détourner la déshumanisante Mère Technologie au profit de la survie d'une certaine idée de l'Humanité, que Dourvac'h nous signifie très bien sur son site.
En outre, l’artiste s'emploie, depuis novembre 2006 à l'aménagement d'un "site-fée", cette caverne panesque où Nature et Culture s'unissent dans une étonnante simplicité.
La Culture, en effet, sublime la Nature, et celle-ci sert de sujet à la Culture. Et, si la nature est avant tout une masse informe qui nous est indifférente, il n'y a que l'Art pour la transcender (si nous n'y sommes pas sensibles comme aux premiers âges), et nos regards pour s'en émerveiller, Regards Féériques que tout Promeneur peut poser sur les objets (et c'est en cela que la subjectivité et la Culture subliment), ou bien que la beauté de l'objet peut "attraper" (si, en sens contraire, on admet que la Beauté et le sublime sont universellement définis, ce que l'on peut justifier par la relation fusionnelle primaire que nous entretenions avec le Tout...).
L'écriture poétique enfantine et somme toute assez féminine de Dourvac'h (ce qui a valu à notre auteur quelques petits malentendus...) se fait discrète face aux peintures, sculptures ou autres photographies exposées dans la caverne, nous laissant ainsi au plaisir de la contemplation. Cet "effacement" scriptural et linguistique au profit de représentations picturales colorées et simples du monde nous ramène ainsi en toute logique à l'infans, où l'être en devenir, qui n'avait pas encore le langage (traduction littérale de infans, qui a donné "enfant"), – outil qui sépare de la relation fusionnelle primaire au monde et individue l'être en faisant de lui un élément totalement détaché de la nature, accédant du même coup à l'Altérité –, voyait en chaque manifestation naturelle (météorologique, par exemple) ou humaine (comment ne pas penser à la période de Noël ?), même la plus banale, un enchantement qu'il vivait aux premières loges, comme s'il était lui-même ces phénomènes, dominé en cela par l'immédiateté des sensations. Les regards féériques que nous jetons donc dans cette malle aux souvenirs ne peuvent qu'être ceux que nous posions sur le monde en tant qu'enfants... croire aux fées afin que celles-ci nous marquent de leur sceau, à l'entrée de la caverne... L'artiste s'évertue donc à nous faire retrouver une âme "d’enfant civilisé". Et impossible que la magie ne prenne pas !
Les paysages ariégeois servent de décor extérieur, et sont immortalisés par notre auteur, qui sait repérer et capturer avec justesse le moindre extrait éphémère de la nature. Emprisonné par la lumière, le monde dionysiaque semble ainsi sublimé par un voile fin, ce même voile troublant de l'Éternité (dont j'ai maintes fois parlé, en évoquant l'immortalité et l'éternelle jeunesse d'un certain Dorian Gray, immuable dans un monde qui bouge et se renouvelle sans cesse...), qui, platoniquement et mélancoliquement, rend immortel ce qui n'est voué qu'au moment. Et nous frissonnons de nouveau devant le mystère universel et son ineffabilité...
Mais Dourvac'h est aussi un formidable dessinateur d'âmes, doublé d'un conteur, et réaffirmant, via l'auto-édition, la nécessité de faire survivre une certaine idée de la littérature, privilégiant l'évasion, l'imaginaire, le Sens universel de toute chose, et sublimant notre si morne monde actuel, qui semble irrémédiablement condamné au désenchantement et au vide caractéristique de l’époque.
L'auto-édition (1) s’impose donc comme l'avenir dans le domaine de l'édition, et le seul moyen d’être publié lorsque les grandes maisons ont (démagogiquement) refusé vos manuscrits. Directe et sûre d'aboutir, elle confère la totale liberté à l'auteur sur toutes les étapes de la publication.
De plus, puisque le désir d'atteindre l'immortalité anime avant tout cette volonté de voir son œuvre publiée et commercialisée à grande échelle, alors sa réalisation grâce aux entreprises de renommée ne nous en donnera pas pour autant l'assurance : surtout pas à l'heure actuelle, où il n’y a jamais eu autant de livres publiés à la pelle, et passant le plus souvent inaperçus !
Influencé par des peintres (C. D. Friedrich, Carl Larsson...) et écrivains (Maupassant, Verne, Poe, Balzac, Gracq, Seignolle, Vesaas, Buzzati, etc.) au pinceau et à la plume romanesques, Dourvac'h vous accueille en sa caverne de tous les possibles, animiste et romantique, où les âmes aiment sortir des cadres pour voler de roche en roche, lorsque la nuit tombe et que les Promeneurs désertent dans le monde du sommeil (où les songes menacent sans doute de prendre le pouvoir sur leurs propriétaires...). Tout le talent de l’auteur est de nous faire oublier le leurre du seuil (notion sur laquelle je reviendrai longuement avec la réédition de ma chronique sur Yves Bonnefoy et de ses Planches Courbes) et de nous ramener le mieux possible à l'immédiateté des sensations, comme si nous étions dans une véritable forêt à la fraîcheur surnaturelle et aux effluves exotiques de mille fleurs charriées par le vent, éternellement libres de courir sans contrainte sur les plaines infinies. Buvons donc l'eau magique du Léthé, revenons aux sources... Je m'en retourne à l'infans et, sans ne plus dire mot à son sujet, vous laisse découvrir l'espace merveilleux de Dourvac'h, dédié aux arts féériques.
Dernier récit en date de l'écrivain (cf. sa bibliographie, que je détaille en bas de la chronique), Au Jardin est bien le récit de « deux enfants qui s'apprivoisent » dans un monde d'une grande beauté, dont le silence et le vide humain inquiètent pourtant grandement. Ainsi, une impression de trouble est distillée tout au long du roman, grâce au style "double" de l'écrivain, puis à la naïveté éventuelle des lecteurs (mais, bien sûr, je n'extrapole pas).
Nous retrouvons donc avec plaisir l'écriture poétique et enfantine de notre auteur, ici plus que de rigueur puisque les héros du conte, Carine et Damien, sont deux adorables têtes blondes respectivement âgées de 9 et 11 ans. Quoi de plus naturel, alors, que de leur avoir conféré la façon de parler qui sied à leur âge ?
Et ce style de la simplicité charmante n'a rien à envier à celui, précieusement forgé au détail près, du Parnasse !
Car, à l'aide de peu de mots, formant phrases courtes et aériennes, Dourvac'h nous propulse dans l'immédiateté, dans la réalité sensible et palpable de la chose, de la situation (ce que font bien sûr tout aussi bien les auteurs du Parnasse...). Et, comme les lieux principaux du roman sont, en toute logique, ceux de la Nature (jardin, forêt, lac), nous ne pouvons que nous émerveiller devant la splendeur lointaine et éthérée d'un coucher de soleil, ou le mystère des reflets émeraudes des feuillages. Cependant, là est le trouble. Mais combien de Promeneurs-lecteurs n'ont pas été leurrés par l'apparente splendeur de ce monde, persuadés que la beauté, sa simplicité et son charme intrinsèques sont obligatoirement bienveillants, et que le bienveillant Dourvac'h ne pouvait pas avoir, de toute façon, plongé deux innocents enfants dans un monde hostile !
Réflexe de Pavlov ou non, il est pourtant une erreur d'assimiler le conte à une friandise dont le seul but est de régaler. Les versions édulcorées de Disney sont à l'origine de cet amalgame et ont en ainsi dénaturée la fonction.
Plus qu'un vulgaire récit divertissant sans fond, le conte a d'abord un rôle à remplir et qui est, au même titre que les mythes, de nous éclairer sur l'évolution psychique de l'être humain, de façon symbolique, en transposant le processus d'individuation à la vie de tous les jours, de façon archétypique (selon C. G. Jung).
(Ainsi, la lecture de tels récits auprès des enfants est très souvent bénéfique.)
Dès lors, la noirceur de certains textes (comment ne pas penser aux contes des frères Grimm ou de Perrault ?) se trouve justifiée ; car cette horreur sans nom n'est que celle de l'inconscient, refoulée, tout comme la beauté apparente de la forêt d'Au Jardin cache en son sein le plus vil des poisons. Dans les contes aux fins heureuses, cette horreur se transforme, disparaît pour laisser place à un monde purifié et bienveillant, dès lors que le héros a trouvé en lui la solution et éliminé l'opposant qui le gênait pour trouver sa place au sein de la société.
Et c'est dans un tel schéma que semble se dérouler l'intrigue d'Au Jardin.
Carine et Damien sont « au centre de quelque chose » Ils le savent. Mais qu'est-ce que ce quelque chose ? C'est cela qu'ils devront découvrir. Les deux enfants sont là, « quelque chose arrive. [leur] arrive comme ça. [Ils l'ont] pas choisi. »
Au fil des pages, la raison de l'errance de Carine et Damien se fait jour, progressivement, dans leur esprit. Dès le début, le lecteur note avec étonnement que Damien est capable de répondre aux questions inquiètes de la demoiselle Carine sur leur environnement mystérieux, comme s'il connaissait depuis toujours, sans le réaliser, la clé de l'énigme :
– Et le château ?
– Faut rentrer d'dans tant qu'les gens sont absents...
– Y n'diront rien ?
– Y diront rien puisqu'on leur parlera pas... On les verra pas !
– Pourquoi ?
– Y s'ront jamais là...
Ce savoir qui nous dépasse, cette conscience omnipotente qui sait et ordonne les choses à venir, brutalement et sans même avoir recourt au langage, ne la retrouve t-on pas dans nos songes, en tant que créatrice de ces derniers ? N'est-ce pas là la toute-puissance de notre Ça, l'incontrôlable et monstrueuse partie de nous, capable de nous révéler son contenu qui s'est amassé secrètement au fil de nos expériences de vie, et qui se divulgue toujours en nous submergeant, alors qu'il suffirait de savoir déchiffrer ses manifestations absconses pour enfin en prendre pleine possession et ainsi devenir les guides conscients de notre vie ? L'un des deux enfants, finalement, au vu de l'absurdité de leur situation, n'est-il pas en train de rêver ou, pire, de cauchemarder ?
Cependant, il s'agit là d'une question stérile, qui n'apporte aucun éclaircissement quant à la complexité de l'œuvre et du conte merveilleux en général. Car, si dans Alice au Pays des Merveilles, le songe de la jeune fille est ce qui justifie le merveilleux, dans les récits des grands conteurs (les Grimm, Perrault, Andersen, pour ne citer qu'eux), le merveilleux se justifie de lui-même, il est la réalité objective, son absurdité n'a pas à être expliquée rationnellement. Ce qui, au contraire, est à interpréter, ce sont les symboles, les correspondances qui forment l'intrigue même du texte et en font la consistance. En quelque sorte, l'absurdité du conte, produite d’elle-même, n'est qu'un déguisement qui a une signification cachée, et l'on pourrait affirmer que l'absurdité d'un songe renferme les mêmes archétypes.
Je passerai donc là les questionnements de Carine sur la possibilité que toute cette aventure ne soit qu'un rêve, et sur les réfutations qu'elle a trouvées pour se convaincre du contraire (quoiqu'il y a là-dedans un élément sur lequel je reviendrai en fin d'étude, en évoquant le thème de la transformation dans l'œuvre, par ailleurs très lié à l'animisme cher à Dourvac'h) ; ainsi que sur les angoisses terribles des enfants portant sur le bien-fondé de leur existence, d'autant plus que la réponse se révélera d'elle-même lorsque les enfants auront découvert la "clé", résolu l'énigme de leur condition.
Car, qu'ils existent ou non, il est évident qu'ils sont plongés tous deux dans un solipsisme effrayant (mais tous les solipsismes ne le sont-ils pas ?), qui ne s'achèvera qu'avec la (re)découverte bouleversante de l'Altérité, à la fin du récit.
À la manière d'Alice..., l'aventure d'Au Jardin commence presque directement.
Carine (dont la blondeur et la robe bleu pâle aux ailerons de libellule n'est pas sans rappeler la blonde Yvonne de Galais à jamais revêtue de sa robe de velours bleu sombre, parsemée d'étoiles d'argent ; Carine et Yvonne, toutes deux dames de fête) et Damien se trouvent mystérieusement réunis lors d'un goûter d'anniversaire où il se pourrait bien que la métamorphose qu'ils expérimentent temporairement – charmant jeu d'enfant – ne soit pas seulement fantasmée, mais belle et bien vécue dans sa réalité objective (et n'oublions pas que nous sommes dans le merveilleux !). (Mais, comme je l'ai dit précédemment, je reviendrai en bas sur le thème de la transformation.)
Puis, peu après, sans trop réfléchir, ils s'enfuient du jardin via une brèche, qui évoque le basculement de l'éveil au songe d'Alice, en passant le seuil du terrier, et en chutant vertigineusement dans un étrange puits.
Dès lors, Damien et Carine vont, à la manière d'Alice, ainsi qu'à celle du Petit Poucet, opérer une plongée dans l'inconscient (la forêt et les points d'eau profonde ne préfigurent-ils pas ce qui est caché ?) à la recherche de leur destin empirique ignoré, et qui les libérera de leur vision absurde dès lors qu'ils l'auront déchiffré derrière celle-ci.
En attendant, cet inconscient est menaçant. Mais nous pourrions penser que Carine et Damien, parce qu'Autrui semble (s') être annihilé, parce que, de la même façon que Poucet, ils doivent retrouver le chemin vers leurs maisons, – ce qu'au fond d'eux ils savent impossible –, en ayant en tête l'image froide et sourde de leurs parents et de leur foyer ; parce qu'ils sont seuls au monde, enfin, dans cette nature que seul un château (qu'ils repéreront, tout comme Poucet, en grimpant à un arbre) et une barque civilisent, ils y sont totalement fusionnés. Et c'est ici même que se situe l'ambivalence et l'angoisse : car, malgré la beauté sauvage des paysages, et la bienveillance qu'elle peut inspirer par amalgame, le décor n'est qu'un piège – le décor rejette . Au sein de ces paysages, en les murs du château, rôdent des présences invisibles qui vont elles de pair avec l'environnement, et qui menacent insidieusement de se manifester dans toute leur horreur, de surgir à tout moment, bouleversant alors l'ordre des choses déjà effrayant, et de façon plus infernale encore. Cette Altérité se révélera bel et bien, et repeuplera le monde d'Au Jardin (mais ne l'a-t-elle pas toujours peuplé ? N'est-ce pas plutôt les deux enfants qui, ignorant où ils se trouvaient, et tout absorbés dans leur idéal de liberté, niaient les autres et les limites que ces derniers étaient susceptibles de leur imposer si Carine et Damien découvraient la mission qui leur incombait, pour ces autres et pour eux-mêmes ?) de façon brutale mais positive.
Et c'est à ce moment là que nos deux aventuriers comprendront. Ils comprendront que depuis le commencement de leur errance, ils ont été attirés jusqu'à l'étrange barque par une fascinante jeune femme hantant la forêt (il est coutume, dans les contes, de rencontrer les figures féminines dans les bois. Ce qui n’est pas un hasard, car la première personne que voit un nouveau-né n’est-elle pas sa mère ? Et n’est-il pas fusionné à elle comme il l’est à l’environnement, avant que la séparation n’advienne, des années plus tard ?), – comparable au personnage de Lucy Westenra (Dracula), qui par ailleurs symbolise les deux côtés de l’être humain (basculant de l’extrême civilisation à la pure sauvagerie) – ; ils comprendront que cette barque sur laquelle ils aimaient à voyager, cet « un peu comme un abri », « protége[ant] du dehors » ne peut qu'avancer inlassablement dans le sens du courant, préfigurant la venue au monde, puis le temps qui passe, irrémédiablement…
Tout se résout en somme assez vite, et Damien et Carine finissent par accepter leur sort parce qu' « [ils l'ont] pas choisi » Cependant, bien que ces autres aient posé des limites à leur liberté, rien ne les empêchera de « rev[oir] les étoiles », de rêver. Car au fond, les limites et les responsabilités que la vie en communauté met à notre omnipotence nous empêchent simplement de nous laisser submerger par notre imagination qui, comme dans les rêves, peut alors changer du tout au tout l'appréciation que nous avons du réel et la pervertir durablement. Accepter l'existence de l'Autre (en d’autres termes plus psychanalytiques, il s’agit d’accepter la fameuse castration), c'est donc s'éloigner de l'absurde et de l'angoisse du solipsisme, accrocher au réel, et ainsi maîtriser son imaginaire et ses rêves d'avenir, tout en assumant de devoir un jour partir et laisser sa place aux générations futures.
Et c’est tout cela que nous signifie Au Jardin ; toute cette évolution universelle de l’Humain à travers l’histoire de deux petits individus parmi la multitude, parties détachées du Tout mais Tout à la fois dans leurs quelques expériences de métamorphose – ou de métempsychose, ce qui serait, en ce cas, plus proche encore de l'animisme –, dont l’une est prise pour un songe par Carine, à moins qu'il ne s'agisse bien du "monde réel"…
Ces métamorphoses marquent l’instabilité de la nature, qui est aussi celle de l’enfant qui ignore encore la complexité de l’Autre alors perçu comme menaçant, pouvant s’introduire et bouleverser son monde intérieur, mais encore, celle de l’individu qui n’a jamais réussi à se fixer durablement sur un endroit précis de la Terre et dans l’esprit de l’Autre, ce Juif errant qui malgré tous ces efforts se sait partout invisible et inutile.
À la toute fin, Damien prévient Carine qu’une nouvelle transformation risquerait d’être irréversible, signe que la stabilité est acquise...
Et en ces heures où le monde n’a jamais été aussi instable, noyé dans l’événementiel et l’éphémère, rien n’est plus important que de se fixer des objectifs à notre échelle, et tournant tous autour de notre idéal d'accomplissement. Beaucoup de nos semblables oublient leur passé et se déresponsabilisent pour embrasser la gloire sur le moment (satisfaisant ainsi leur ego aux dépends d’Autrui), ou vivre sottement dans le présent et l'instinctif sans n’établir aucun rapport au passé ou au futur, en cela inconsciemment commandés par des idéaux sociétaux.
Le monde moderne n’est-il pas quelque peu comparable à l’état dans lequel se trouvaient Damien et Carine avant leur acceptation d’Autrui ? Ne sommes-nous pas en train de régresser, lors même que les idéaux de civilisation n'ont jamais été aussi fortement exprimés ?
Pourtant, nous ne devons jamais oublier que nous sommes tous le produit de l’Histoire, fils de et pères de.
N’en témoigne la première de couverture d’Au Jardin, noble hommage rendu ainsi à cette aïeule anonyme dont nous ne sommes très certainement pas nés, mais avec laquelle nous sentons pourtant une étrange et ineffable connexion à travers le temps (son sourire léger mais confiant ne nous y invite t-il pas ?).
Nous ne devons jamais oublier que nous sommes avant tout les maillons d'une chaîne deux cents fois millénaire et que, séparés de cette chaîne, nous ne signifions plus rien. Connaître son passé et la façon dont il agit sur nous, sans oublier la dimension de l'Autre, c'est se civiliser, se connaître soi-même et ainsi devenir le guide de sa propre vie. Cette destinée que nous serons alors à même de forger, concernera tout aussi bien l'individu qui en est maître que les autres maillons.
Si les événements n'avaient précipité nos sociétés dans "l'Ère du Vide", peut-être qu'alors chacun de nous aurait continué, à son échelle, l'œuvre du Sens traduite dans l'Art, la Philosophie, l'Histoire et le Logos appliqué à tous les domaines de la vie. Ce « chacun de nous », bien sûr, signifie la communauté terrestre sans exception, et ce Sens exprime l'idée d'une destinée universelle de l'Humain noble mais vaine, qui serait pourtant sublimée par ce qui ne peut que l'élever vers le bonheur. Mais, avant d'être heureux, il importe d'abord d'avoir une destinée !
Au Jardin, de même que l’Oeuvre en général de Dourvac’h, renferme donc profondément cet idéal d’Humanité.
Cependant, s’il n’est ni facile de le déceler, ni de l’exprimer au premier abord (d’où cette présente chronique, qui se veut, hélas ! non exhaustive, mais qui nous appelle à d'autres réflexion plus adéquates sur les notions de Nature & Culture/Dyonisiaque & Apollinien), il reste qu’Au Jardin – dont j’ai pris soin de ne presque rien révéler de l’intrigue – est un conte au style atypique et étonnement aérien, cachant des mystères derrière chaque phrase, laissant ainsi libre court à l’imagination des lecteurs.
Pour autant, il ne faut pas oublier la quête aussi juste que terrible de Carine et Damien, les deux touchants héros de ce récit, si vrais et si présents que l’on ne peut se résigner à penser qu’ils ne sont que des êtres de papier...
Leur errance commence ici, là où la brèche du mur entourant le jardin ouvre sur un pays immense, où le tragique le dispute à l'espoir...
(1) Attention !!!
Il ne faut surtout pas confondre auto-édition et compte d'auteur !
Cette dernière pratique étant fortement déconseillée. En effet, la plupart des éditeurs se proposant de publier à compte d'auteur vous demande, vous créateur, de les payer pour exécuter la tâche, ce qui est tout à fait illégal. Un auteur ne paie jamais un éditeur.
Je ne suis pas spécialisée dans le sujet (sûrement Dourvac'h nous en dira plus !), mais il convient de bien se renseigner avant de se lancer dans un compte d'auteur.
bibliographie Dourvac'h :
– La Compagnie des Fées (2002)
– PanGéa (2003)
– Le Lutin dans la Maison (2004)
– Petites Fées du Miroir (2005)
– L'Été et les Ombres (2005)
– Au Jardin (2007)
– Les Îles (PanGéa /2) (2008, à venir)
*
Texte : Esis
(reproduit avec son aimable autorisation)
... et retrouvez tous les jours
notre géniale et modeste Amie
en son superbe Site-Taverne
"A l'Amiral-Benbow"
http://esisamiral.canalblog.com
*

« Qu'est-ce qui est là-bas ?
On dirait bien une femme...
Une femme au-dessus de l'eau...
Elle doit être sur un rocher...
Aussi toujours cette brume !
[...]
La femme a étendu son bras en arrière d'elle puis elle a disparu.
La brume l'a avalée.
Elle portait une robe longue et sombre de l'ancien temps (violette ou noire, je n'sais plus).
Il soufflait de ce vent qu'on sent derrière la brume : ça faisait se balancer sa robe en même temps que ses cheveux noirs, très longs.
Seuls son visage et ses mains étaient clairs, même blancs.
À quoi elle ressemblait ?
Ni décharnée, ni vieille : elle était belle... »
*
extraits de l'ouvrage de
Dourvac'h
Au Jardin
La Compagnie des Fées auto-édition-diffusion
(1er tirage : décembre 2007 : 30 exemplaires)
*
ICONOGRAPHIE :
Peinture en haut de l'article : Edward Reginald FRAMPTON : Fairy Land
Photographie des genêts : Dourvac'h, Viviès, printemps 2008
Toutes les photographies noir-et-blanc recolorisées
sont extraites des ouvrages de :
(1) Jean-Luc MAYAUD, Gens de la terre, éditions du Chêne, 2002
(2) Hippolyte GANCEL, Il ya un siècle... nos villages, Editions Oust-France, 2006
* Trois jeunes filles et un jeune garçon sous le noyer dans un champ de Saint-Marcelin (Isère),
le mercredi 10 octobre 1928 (1)
* Femme binant le champ de chicorée de la ferme de Mayoc-les-Crotoy (Somme),
le 9 juillet 1910 (détail) (1)
* Cour de ferme à Donville (Manche) - collection J.-C. Treignier (détail) (2)
* Bergers des Landes (1)
* Cour de la Mairie-Ecole, Fixin (Côte-d'Or), vers 1900 (détail) (1)
* Place à Palaminy (Haute-Garonne), juin 1934 (détail) (1)
* Les premiers pas, région de Nantes (2)
* Intérieur breton à l'heure du repas (détail), fin du XIXème siècle (1)
* Récolte de résine des pins maritimes dans la forêt des landes en 1907 (1)
Photographie couleurs : jeune Bigoudène en coiffe à Pont-l'Abbé (Auteur inconnu)
Illustration ci-dessus : aquarelle de Carl Larsson, choisie par Esis
*
(1) Et pour en savoir plus, quelques liens vers des sites promouvant l'auto-édition :
www.schemectif.net/Auto-edition/Guide.html
vendredi 21 mars 2008
Belles âmes...
... que celles de...
... Carine...
Mon âme
(acrylique sur toile)
par Carine
http://carineguilloineau.artblog.fr
*
... Catherine...
Papillon de Jour ou Vision de mon âme
(aquarelle sur papier)
par Catherine De Ryck
http://walkonwater.canalblog.com
*
... Chris...
L'âme c'est une lumière voilée ou Vision de mon âme
par Chris
http://la-palette-de-chris.over-blog.com
*
... Christiana...
Lumière des Songes ou Vision de mon âme
par Christiana Moreau
http://www.christianemoreau.be
*
... Dan...
Traces de mon âme
par Dan
http://autofocus.canalblog.com
*
... Dourvac'h...
Pensée suburbaine ou L'homme arc-en-ciel (à droite)
(acrylique/toile, 60 x 8O cm)
par Christiana Moreau
http://www.christianemoreau.be
Souhait de Dourvac'h
création brodée
par Clo (Fée Clobouclett')
http://lestrucsdefeeclobouclett.over-blog.com
Mon âme ou un reflet d'hirondelle (détail) -
Au loin l'hirondelle ou Miroir aux âmes/1
dessin dédié à Loetitia Pillault
par Dourvac'h
Roue de médecine ou âme de Dourvac'h
création et photographie réalisées
par Marie
http://www.natureinsolite.unblog.fr/
Une âme d'artiste
composition réalisée
par Muriel
Une âme-abeille...
oeuvre réalisée par Nadette VARLET
d'après deux illustrations de Peggy HARRIS, Peindre la Nature
" L'abeille, en quelque sorte, c'est toi,
toujours à la recherche de couleurs extraordinaires
et de subtils parfums de la Nature "
par Nadette
http://bernadettevarlet.canalblog.com
*



... Elisa...
(1) Mon âme sous la pluie
(2) L'âme de mon Compagnon
(3) Le Père de la Belle
par Elisa
http://animagifs.canalblog.com
*
... Izys...
Sieste à l'ombre ou mon âme
par Izys
http://isabellezyskind.canalblog.com
*
... Jocelyn...
âme de printemps
ou Je croise les doigts pour qu'elle m'aime
(acrylique et filet doré sur pierre)
par Umo
http://umosculpte.canalblog.com
*
... Laurence...
Mon âme voyage dans les veines de la vie
des humains et des animaux...
par Laurence
http://poteriegeriatrie.canalblog.com
*
... Loetitia...
Le Divan des Rêves
huile sur toile
par Loetitia Pillault
http://loetitiapillault.canalblog.com
*
... Mahina...
Terre ou Vision de moi-même
par Mahina
*
... Manola...
Ici ou mon âme
par Manola
http://bellelavie.canalblog.com
*
... Marie...
(1) Fillette wahana de Guyane
photo prise par Hugues B., février 2008
(2) Louve à Orlu (Ariège)
(3) Fleurs mauves
par Marie
http://www.natureinsolite.unblog.fr/
*
... Megan...
Reflets sur le Lac ou Visions de mon âme
par Megan
*
... Muriel
Mon âme...
par Muriel
*
... Nadette...
Mon âme
par Nadette
http://bernadettevarlet.canalblog.com
*
... Oursonne...
Regarder au fond de l'âme
par Oursonne
http://oursonne44.canalblog.com
*
... Valérie...
Mon âme
par Valérie
*
... Violette...
Mon âme
http://laiguilleaufildutemps.blogspot.com/
*
Où est le ciel ?
Qui est cette femme qui chantait ?
J'ai cru revoir un instant Carine à l'avant - toujours immobile sur son banc : sûrement changée en statue de pierre...
J'avais bien pensé à lui prendre une couverture... où est-elle ?
*
J'ai trouvé une couverture roulée au fond du bateau (sûrement Damien qui l'a mise là et oubliée...).
Elle me sert de caverne chaude : par-dessous la laine brune et malgré la robe mouillée, mes épaules se réchauffent.
Et là, de mon perchoir, en me penchant et pliant entièrement, j'ai pu atteindre la surface de l'eau : je laisse glisser mon doigt au-dessus... Je regarde mes doigts pâles... De ma main entrouverte, j'écarte la brume.
La barque continue d'avancer.
La nuit autour de nous ; glissant en dessous de nous - fuyant sous notre barque.
Sous la barque, le ciel est rempli d'étoiles. "
DOURVAC'H, Au Jardin, La Compagnie des Fées édition-diffusion, 2007 (1er tirage : 30 exemplaires), pages 60-61
(réédition prévue en septembre 2008 - 20 exemplaires - version illustrée par Isaly)
*
... et l'âme du site
"Regards Féériques, Forêt de Fées & Rêves"
... qui serait-elle... ?
(1) Les convolvulus racontent leur histoire...
(2) Elle quitte le Jardin enchanté...
... peut-être cette représentation du personnage de la petite Gerda,
magnifiques illustrations réalisées pour le conte
"La Reine des Neiges" de Hans-Christian Andersen par
Christian BIRMINGHAM
offertes par notre Amie
Beatrix
du site littéraire merveilleux
http://www.adlitteram.over-blog.com/
" Je trouve qu'elle ressemble à ce que tu fais (...) sensibilité et légèreté " ,
m'a écrit Béatrix... que je remercie au nom de "Notre" site !
*
... cercle magique parmi d'autres où vos âmes-Fées ont pu venir converger...
MILLE MERCIS A VOUS POUR CE SI BEAU PARTAGE !!
*
(Il y aura sûrement plein d'erreurs et d'oublis, pleins de liens qui ne marcheront pas... Ne nous en veuillez pas !!! Et nous n'oublions pas non plus les trois prochaines animations d'Elisa, que nous publierons dans un prochain article "animiste"... et spécialement autour du beau conte de "La Belle et la Bête"...)
Et pour les "retardataires", pas d' souci ! On f'ra bientôt une deuxième belle Exposition avec toutes vos Oeuvres !!!
*
et un petit bout d'âme de
... Maria-D. ...
L'âme est un souffle
Qui soulève le voile
Et les fibres de la nuit
Sur le silence de l'aube
Pour que le jour s'installe
Dans les jardins secrets
Maria
dessin : DOURVAC'H, Petite fille qui rêvait d'être ballerine (dédié à Muriel), 2007
http://memoiredusilenceblogspotcom.blogspot.com
http://archivesdatelier.blogspot.com/
*
... et Servanne
nous dédicace un long poème...
(Mille mercis à toi !)
illustration : Dourvac'h
Au loin l'hirondelle ou Miroir aux âmes (1), février 2008
dessin dédié à notre âmie Loetitia Pillault
http://nanarivelou.canalblog.com
*
Etats d'âmes
La voici l'inconnue
Qui surgit de ses ombres
Insoupçonnée et sombre,
Dans sa lutte déserte.
Comme tombée des nues
Elle râle et végète,
Un décor disparu au loin sous les décombres…
Mais voilà :
Une toile,
L’âme a du corps de mer
Des forêts et des fées…
Des accords reconnus, de longs rugissements
Dans les vagues des corps,
Quand tu divagues et crées
Par la fièvre qui mord.
Tes doigts d’or délicats
Coulent et colorent le monde
A l’envers
Sous la lande d’azur.
Tu as saisi le la,
Invité la lumière
Au clair de tes pas.
Et vogue la douceur dans tes yeux-fée du vert …
Et je rêve déjà d’un horizon bleu-tendre,
Des amours silencieuses
Qui grondent et qui attendent
Amères et douloureuses,
La sève et le fruit mûr,
Les peintures d’opale
Et de peu.
La terre est cette amante
Délicieuse
Qui se pâme et qui dort
Au fond de tes dessins, de tes lentes conquêtes
Heureuses.
A la langue de feu qui perce à demi mûre,
Un monde idéal où les âmes y sont sœurs
Et sympathiques et pures…
Au doux épithalame bercé
Sous des verdures lamées
D’or.
Et le chant des oiseaux qui crie à l’horizon
Sous la pluie qui pétille en flammes
De fond.
Tu as peint un tableau
Qui distille goutte à goutte... :
Ton âme à cœur de lune.
Servanne
" à Dourvac’h et à toutes les âmies…
... un peu de mon âme... "
23 mars 2008
vendredi 11 janvier 2008
Pour Maëva : "Un coeur de fille se reflète dans les pages d'un livre"...
Maëva, dix ans...
... garde son rêve dans les yeux...
... à l'ombre des treilles...
...aimant lire, et lire...
... dans des senteurs de roses...
... "Au Jardin"...
dessins :
DOURVAC'H
(haut : 5 photos)
Un coeur de fille se reflète dans les pages d'un livre
crayons de couleurs Polychromos sur papier C. à grain, janvier 2008
*
(bas : 2 photos)
Retour au jardin des roses
crayons de couleurs Polychromos sur papier C. à grain, 2007
*
et les légendes de nos six
Belles de Bretagne
en l'article de nos "Résolutions"
ci-dessous
sont, de haut en bas :
Jeune fille de Guéméné
Jeune mariée en Pays Glazik (vers 1920)
Jeune fille de Morlaix
Jeune fille Tourangelle
Jeune fille de Douarnenez
(... au châle fleuri qui devrait plaire à notre amie peintre Loetitia...)
Jeune mère de l'île de Sein, à l'enfant
*
Amitié à tout le monde...
et toutes nos réponses à vos commentaires vous attendent sous chaque article...
Dourvac'h
vendredi 21 décembre 2007
Questions & Réponses "AU JARDIN"...
Lorsqu'un heureux événement
s'annonça ici même,
le 2 octobre dernier...
(voir ici : Annonciation - notre article du 2 octobre 2007)
illustration : Carl LARSSON - Dans la Cuisine (détail)
... il nous fallut bientôt délaisser les crayons...
... accepter - ici - cette germination lente...
... de vingt-deux chapitres...
(voir TOUS nos articles du 5 octobre au 5 décembre 2007)
... jusqu'à terme !
*
Dessin de la petite elfe-âme :
Isaly
Oublier ces trois décrets...
... d'Extra-Territorialité des Rêves...
... joyeuse chasse-gardée au déjà-pré-formaté...
... confiant l'enfant à vous,
Amandine et Isa,
illustratrices géniales,
devenues premières lectrices...
( ... Amandine Labarre & Isaly
sont ici vues et habillées par
Miss Sarah Kay... )
L'oeil de Dourvac'h encore ouvert...
... rencontra d'autres regards...
... les vôtres...
... Danature, Legio, Pierre, MissLN,
Muriel, Sylvie, Violette, Pasqualine,
TiteZa, Annick, Megan, Teb,
Loula, Danièle, Crépusculine, Poupete,
Esis, Artemiz, Lorence, Marie,
Maria-D., Tigwenn, Colette...
il a suffi que vous soyez là, un jour...
...pour que cet "Au Jardin"d'Eden-là...
... pour nous, soudain existe...
... MERCI !
*
Photos :
Dourvac'h
chevaux de Merens, Pevidal,
Commune de Viviès (Ariège)
*
photo (bas) :
forêt de conifères adressée par
Violette
(site "Au fil de l'Autre")
*
carte illustrée adressée par
Annick
(site "L'Arbre à fils et la Tortue")
peinture de Colin NEWMAN
Walled Garden, Wisley
*
Et ce grand merci à vous toutes, Promeneuses & Amies,
pour toutes vos - merveilleuses - cartes de voeux !
(et nous avons déjà reçu vos 14 images bancaires de "soutien"sur les 22 attendus... )
... et n'oubliez pas de regarder toutes nos réponses à vos charmants commentaires
sous TOUS nos articles précédents !
jeudi 13 décembre 2007
Remerciements...
... à vous toutes et tous,
pour cet accueil chaleureux
que vous avez su offrir sans faille ni brêche
Au Jardin
de Carine & Damien
(& Dourvac'h)
*
photo-porte bonheur & bonnes paroles :
fillette de Saint-Herbot (Finistère)
*
Ses vingt-deux chapitres-articles illustrés,
tous vos charmants commentaires
& nos réponses...
comme l'aventure de cette lente gestation romanesque...
...
... vous attendent donc, juste en-dessous !
Lisez bien tout !!
*
Trugarez vraz !!!
Textes, dessins & photos :
DOURVAC'H
(Copyright.Depot.com)
mercredi 5 décembre 2007
AU JARDIN (Chapitre 22 et non-fin)
J'aim'rais tant avoir un amoureux comme ce Damien...
L'a l'air si attentionné, au moins !
... M'ssieu Larsson y m'a d'mandé d' presque pas bouger...
Heureusement qu' j'ai mon métier pour bien m'occuper...
C'est pas un peintre ou des vaches qui vont m'gêner, moi !
*
illustration :
Carl LARSSON
La Vachère dans le pré
détail d'une aquarelle extraite de l'album Spadarfvet, 1904-1906
Ce livre est actuellement imprimé
sous cinq couvertures différentes selon vos souhaits...
Par simple abaissement de rameau magique par-dessus vos mains,
vous pourrez l'obtenir en allant voir à l'oeil-meil de Dourvac'h
"contacter l'auteur"
(sous la p'tite photo Noir & Blanc d' Lancelot et Guenièvre, là-haut à gauche).
Vingt-huit personnes l'ayant déjà retenu,
il nous en restera encore deux exemplaires
avant le prochain tirage (août 2008)...
à ç' propos, chères Sylvie, Espera, Brodéliande et Jo-Tourtit,
j' n'ai toujours pas reçu votre adresse...
N' tardez pas - si en tout cas vous confirmez bien votre demande...
*
Le livre est actuellement tiré à 30 exemplaires
et s'ra prêt pour être adressé
à ses d'jà 25 d'mandeuses et 3 d'mandeurs
ce 11 décembre 2007
et y vous r'viendra
à 11 euros au total...
(frais de fabrication = 7 euros par ex. + frais d'envoi = 4 euros par ex.)
Toutes nos simp' consignes, avec l'adrese postale de "Dourvac'h"
s'ront dans l'e-mail collectif
adressé à nos 28 personnes demandeuses
ce soir, en principe (après l'boulot)...
*
Bises, amitié & grand merci à tout l'monde
de la part de Carine et d' Damien !
*
Roman, texte et photos :
DOURVAC'H
Dessin original de l'Elfe et Calligraphie "Dourvac'h" :
Isaly
(en projet, sa version illustrée "Au Jardin" : août 2008)
*
... et n'oubliez surtout plus
d'aller bien r'garder...
TOUTES NOS REPONSES à
VOS MAGNIFIQUES COMMENTAIRES
sous chaque article et tout l' chapit' précédent...
(sinon gâchis...)
*
et pour tout bien lire Au Jardin en ligne,
envolez-vous vers nos Archives :
ses vingt-deux chapitres sont publiés du début octobre 2007 à ce 5 décembre 2007
ATTENTION ! Tous les textes, photos et dessins du site sont protégés par CopyrightDepot.com
samedi 1 décembre 2007
AU JARDIN (Chapitres 19 et 20 occultés / Chapitre 21)
Voilà, c'est achevé... presque !
Il n'y a rien à regretter désormais...
Les enfants apprendront comme moi j'ai appris...
(Karin Larsson)
( ... à suivre...)
*
Illustrations :
Carl LARSSON
Mère et fille (détail), aquarelle, 1903
Le Repos dominical (trois détails), aquarelle, 1900
*
Texte et photos :
DOURVAC'H
Forêts de pins autour de Mimizan (Landes), été 2007
*
Tous textes, photo & dessins protégés ici par CopyrightDepot.com
Comment se tisse un roman...
Ouvrage exécuté en Seize Points de (Chemin de) Croix
sur trame de lin High quality
avec fils tressés polychromes...
*
(1) D'abord ignorer totalement, superbement, dans quoi on a pu mettre les pieds...
(2) Faire un rêve étrange (quel qu'il soit) et "qui impressionne"...
(3) Partir de la situation de ce "rêve étrange" : deux enfants à un anniversaire, transformés en crapauds ou en grenouilles ou une petite Chinoise rêvant que "son monde familier" craque de partout, au sens propre...
(4) Trouver les prénoms des "personnages apparus" (les prénoms donnent une identité) et apercevoir aussitôt tous les autres personnages qui sortent du brouillard pour rejoindre le ou les personnages "centraux" du rêve...
(5) Tirer les fils qui les relient les uns aux autres : filer, carder, dévider...
(6) Passer régulièrement le peigne, faire s'entrecroiser et se reserrer les fibres sur la trame ; créer des effets de couleurs, d'ambiances, d'odeurs, de sons étranges : les péripéties s'enchaînent...
(7) Chapitre après chapitre, l'univers - ou seulement l'univers de "votre" histoire - s'agrandit...
(8) A aucun moment, vous ne saurez où vos personnages vous conduisent... Vous ne faites que les "suivre" depuis qu'ils se sont "détachés" de vous... Vous suivez leurs traces, leurs pensées, leurs sensations, leurs "aventures"... Vous entrez DANS la conscience de chaque personnage (c'est ce que je nomme "l'écriture chamanique") ; si possible, vous serez chaque personnage "central" à tour de rôle, passant d'une conscience à une autre...
(9) Suite à l'exécution du point (8), vous vous cramponnez un peu pour ne pas tomber fou...
(10) A un moment, le roman s'achève : vous détachez alors l'ouvrage "premier jet" du métier... Vous laissez reposer...
(11) Vous "reprenez" peu de temps après et patiemment : chapitre après chapitre ; vous en "perfectionnez" le style, vous élaguez, vous finissez d'éliminer tout ç'qui "clichetonne" encore, car Vive la Sobriété ! Vous mettez en page... car on n' sait jamais !
(12) Un beau jour, plein de courage, vous imprimez trois exemplaires du manuscrit que vous adressez à trois éditeurs éventuels ; ils vous le renvoient 3 à 6 mois après (après "rétention" mais l'ont pas lu, sauf - dans le meilleur des cas - deux pages au hasard, pour passer l'temps...) ; faut payer les timbres pour "retour de manuscrit", juste...
(13) Vous ré-essayerez trente fois, si vous voulez (30 envois de manuscrits pour "PanGea") : échec total pendant que les maisons d'édition auxquelles vous l'aurez adressé continueront de publier les yeux fermés les Despentes-Beigbeder-Angot-Houellebecq-Pipôlmachin-Pipôlmachine...
(14) Quel que soit la qualité (éventuelle) de votre texte, sachez que VOUS N'AVEZ STRICTEMENT AUCUNE CHANCE D'ETRE PUBLIE(E) !! ... sauf si étant "Pipôl-déjà-Médiatisé(e)", j' me mettais à vous re-raconter ma vie affective-et-sexuelle infernale ou toutes les frasques de mes proches "auto-fictionnés"...
(15) Derrière des apparences policées, le secteur "édition de littérature (?) française contemporaine" en France est devenu tellement maffieux (à 99,9 %, croyez-moi!) que se battre contre "ça" est aujourd'hui une grave perte de temps : la vie est courte...
(16) Faire une "auto-édition" non lucrative de votre oeuvre originale (retravaillée "à la perfection" par l'auteur), en 50 exemplaires, disponible pour qui en voudra... Tout exemplaire acquis par vous à son "prix coûtant" (= frais d'impression et de port) s'ra envoyé dédicacé aux lectrices et lecteurs qui l'souhaitent : si vous l' souhaitez...
A très bientôt de l'autre côté des Rêves !
******************************************
Le chapitre 22 & "final" (?) d' AU JARDIN
sera sans doute publié ici,
ce mercredi 5 décembre...
*
Le VRAI LIVRE, lui, sera disponible
à partir du lundi 10 décembre par chez moi
(tiré à 30 exemplaires, dont 28 déjà retenus par vous...).
Cinq couvertures différentes
(5 ou 10 exemplaires tirés, selon le modèle par vous demandé)
sont déjà disponibles...
Une version "estivale ou automnale 2008" (tirée à 20 exemplaires) est en "projet"
avec notre généreuse et géniale Isaly qui composera vingt-deux illustrations...
On pourra même se "réserver" ici les deux versions !!!
Mes envois à vous débuteront dès mardi 11 décembre...
(l'envoi et la fabrication du livre devraient vous coûter au maximum 11 euros par exemplaire demandé)
Et... s'il y avait d'autres demandes, maintenant ou un peu plus tard,
et bé on tir'rait d'autres exemplaires, pas d'souci !!!
Faudra encore que je règle l'histoire du "Copyright" avec la SGL, avant...
Qué boulot !!! J'aurais mieux fait de rester "dans not' barque" !!!
Bises & amitié à tout l' monde d' la part d' Carine & d' Damien... et Dourvac'h !
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P'TITES EXPLICATIONS DONNEES A LA DEMANDE DE MARIE DE CERDAGNE...
Contrairement à mon long récit-monde "PanGea" (qui était parti d'un rêve fait au bord de la Méditerranée), ce récit "Au Jardin" est parti d'une simple intuition...
Un jardin de banlieue... un banal anniversaire entre gamines... la rencontre d'un crapaud intru... une gamine qui joue à la fée... le crapaud est un gamin... etc. etc. ... il suffisait de suivre les fils de couleurs qui se tissaient entre les personnages... suivre la Voie de l'imaginaire pur... ne JAMAIS savoir à l'avance ce qui allait se passer... prendre l'habitude d'entrer progressivement puis de vivre dans la conscience des personnages, dans cet "ici et maintenant" tout-puissant de l'enfance...
Utiliser une p'tite technique stylistique auto-forgée que je qualifierais bien (très modestement, qu'on se rassure !) de "littérature chamaniste"... Les esprits acceptent de venir à votre rencontre (qu'ils en soient remerciés ici !), bien disponibles pour vous aider à construire le récit...
mercredi 28 novembre 2007
AU JARDIN (Chapitre 18)
J' n'aurais jamais dû les autoriser à lire ce livre...
... ça dès l' début ! Maintenant que faire ?
Leur dire quoi, aux enfants ?
Qu' l'eau de mer a effacé l'histoire des Chapitres "19" et "20" ?
Qu' c'est pas mes larmes...
Qu' c'est moi, en fait, qui ai écrit l'histoire ?
(Les p'tites y croiront... p't-être...)
Qu' j'aurais l' droit, comme ça,
d'enlever mes pages de "Dourvac'h" interdites ?
Mais tous vont m' dire :
" Tiens, M'man... pourquoi qu' ça r'prend qu'aux chapitres "21" et "22"...
... qu'aux deux derniers ? "
En rachetant le livre, plus tard, ils liront bien les deux chapitres manquants...
L'approche de l'île aux Morts...
"19"
" Ce pays où les ombres vivent est tellement grand... (...) "
( ... à suivre... )
*
illustration du haut :
Carl LARSSON
Karin lisant,
aquarelle, 1904 (détail)
*
photo extraite de l'ouvrage
Carl LARSSON
Aquarelles
Bibliothèque de l'Image, 1994
" La famille Larsson dans son jardin
devant la villa Hyttnäss, 1906-1907 "
(page 9)
*
texte et photographies couleurs :
DOURVAC'H
Sous-bois sur le Mont Fourcat, Ariège, novembre 2007
*
Fillette de Saint-Herbot, Finistère
(carte postale dite "à la Lanterne Magique"
... et l'une des cinq couvertures du Vrai Livre
- toujours à paraître ce dix décembre 2007 -
ayant été choisie par vous... )
*
(texte, photos et site protégés par Copyright Dépot.com)
jeudi 22 novembre 2007
AU JARDIN (Chapitres 16 & 17)
Euh... Chères Crépusculine, Danature, Danièle, Esis, Loula,
Maria-D., Marie, Megan, Muriel, TiteZa
et Cher Legio, j'aime bien tous vos noms...
vous avez demandé not' livre chez Dourvac'h, c'est gentil
même, vous avez d'jà écrit l'adresse où faut qu'on vous l'envoie...
- Carine -
... oui mais aussi
Chères Artemiz, Brodéliande, Colette, Espera, Jo Tourtit,
Laurence, MissLN, Pasqualine, Poupete, Sylvie, Teb et VesDeLoup,
c'est vrai qu' vos noms aussi sont beaux
et qu'vous avez d'mandé le liv' aussi
mais par cont', faut nous envoyer vot' adresse
par l'oeuf-meil de Dourvac'h
sinon après l' dix décembre vous r'cevrez rien...
- Damien -
(... à suivre...)
*
Surtout lisez bien toutes les réponses qu'on été faites
pour vos commentaires gentils,
sinon Dourvac'h s'énerve...
pass' qu'autrement c'est comme du travail pour rien !
Carine
*
Textes et photos :
DOURVAC'H
Versant sud Mont Fourcat,
Cap de la Serre près Viviès
Ariège, novembre 2007
*
Illustrations :
Carl LARSSON
détails d'aquarelles extraites du recueil
Notre Maison
samedi 17 novembre 2007
AU JARDIN (Chapitres 14 & 15)
Damien est gentil mais quand même...
J'aimerais pas vivre en forêt, même avec lui !
On a plus ses soeurs, ni ses frères, ou ses parents...
*
Carl LARSSON
Près du cellier (détail)
aquarelle, 1917

( ... à suivre... )
*
Texte et photos :
DOURVAC'H
(Ni "fée" ni affaire! Ni "magicien" ! Juste un mythe sans visage...)
*
Vues de chemins près du Cap de la Serre à Viviès, 17 novembre 2007
Vues des pentes du Mont Fourcat, 11 novembre 2007
*
Attention, tous les textes, dessins, photos sont désormais protégés par Copyright (depot.com)
Merci de ne surtout rien copier sans notre autorisation !
*
La suite est à prévoir
(le 16ème chapitre sur les 22)
pour ce
mercredi 21 novembre
en soirée
*
Le livre "AU JARDIN"
en VRAI papier a déjà été demandé par
22 sympathiques promeneuses
et 2 non moins sympathiques promeneurs
et sera imprimé en 50 exemplaires
avec 5 couvertures différentes choisies par vous
pour le 10 décembre 2007
*
... et, un jour viendra...
(PEUT-ETRE)
... une version illustrée par Notre Damoiselle Isaly,
illustratrice de vingt ans en robe romantique d'écorce de bouleau blanc...
Prenez grand soin d'aller rendre visite à ses merveilles et l'encourager
TOUS LES JOURS
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