Regards Féériques, Forêt de Fées & Rêves

jeudi 4 août 2016

"Âme au foyer" (2016) : vers un achèvement ?

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" Âme au foyer "

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Âme, qui rêve encore ...

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... à la nuit retirée,

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à la lueur du jour ...

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Son collier de perles de rosée, ici tombé ?

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[vue d'ensemble du tableau acrylique & huile, 60 x 73 cm]

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Intériorités...

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Dourvac'h

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dimanche 24 juillet 2016

"Âme au foyer" (avancées du tableau en 7 vues)

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Âme au foyer

(acrylique et huile sur toile, 50 x 65 cm)

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7  photographies de détails :

- effet Cinémascope [logiciel Picasa] pour 1,2 & 3

- au naturel : pour 4, 5, 6 & 7

[ avancée au 24 juillet 2016 ]

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jeudi 14 juillet 2016

**** "Heiraten (Noces)" en dix critiques illustrées **** extraites du site "Babelio"(sept. 2015 à juillet 2016)

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" Ô heure merveilleuse, sérénité parfaite, jardin sauvage.

Tu tournes le coin de la maison et dans l’allée,

la déesse du bonheur se hâte à ta rencontre. "

(Franz K., Journal, 15 septembre 1917)

Les grands peupliers bruissent à nouveau au-dessus de nous.
Dans l’un de ces coins égarés du grand parc de Prague, une couverture de laine dépliée sous elle, Julie est étendue en robe claire dans l’ombre bleue-verte des arbres.
Ces grands peupliers dans le vent qui vient ; leur long murmure de rivière.

Je dépose un baiser sur le front de l’infante endormie.

[Dourvac'h, Heiraten (Noces), éd. Stellamaris (2015), chap. XIII : "CHEVAUX DE ZÜRAU", p. 72-73]

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Julie Wohryzek, autour de 1918

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(1°) Critique de LydiaB - parue le 26 septembre 2015 [*] :

 

Je viens tout juste de refermer ce livre et j'en reste sans voix. J'avais déjà été charmée par Grand Large, roman sur les affres de la vie dans lequel l'auteur arrivait comme par magie à insérer une prose poétique de toute beauté... Mais là, nous sommes dans une autre dimension. 

Si je vous dis "Kafka", vous me répondez La Métamorphose, Le Procès ou Le Château. Mais Dourvac'h, lui, vous dira instantanément : "Julie". Julie ? Une des oeuvres inconnues de Kafka ? On pourrait presque le voir ainsi. Mais il s'agit en réalité de Julie Wohryzek, une de ses fiancées. Vous l'aurez compris, nous avons là un texte nous relatant la relation entre les deux amoureux ; une relation sur fond de tuberculose puisque la rencontre des tourtereaux s'est faite dans une "pension climatique". 

En s'immisçant ainsi dans les pensées de l'écrivain, l'auteur met en relief tout ce qui le rongeait : la maladie tout d'abord, sa première maîtresse, l'amour passionné pour Julie et... l'amour pour les femmes. Nous faisons face à un être torturé. Qu'en aurait-il été si le mal qui phagocytait ses poumons n'avait pas été là ? Si les parents de Julie avaient bien voulu de ce mariage ? Si Milena n'était pas venue le détourner de son chemin ? Autant de questions qui restent en suspens...

Je persiste et je signe, l'écriture de Dourvac'h est magnifique, travaillée, d'une richesse confinant au sublime. Il y aura désormais, lorsque je lirai du Kafka, cet écrit magistral en filigrane... Un "avant" et un "après" Heiraten

Chapeau bas à cet écrivain qui joue dans la cour des grands ainsi qu'à son éditeur, Michel Chevalier, des Editions Stellamaris, pour avoir eu le courage de publier un livre loin de toutes les sirènes commerciales. Et j'ajoute que celui-ci rend d'autant plus hommage à cette pépite littéraire qu'il est richement illustré sur papier glacé. 

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La pension d'Olga Stüdl à Schelesen (Bohême) autour de 1918

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(2°) Critique de nadejda - parue le 3 octobre 2015 [*] :

 

Poussez la grille de la pension d’Olga Stüdl à Schelesen où Kafka « le choucas » et Julie « la grive musicienne » vont se retrouver loin de Prague. Vous ne le regretterez pas. 
Cela commence ainsi :  

« Poussant la lourde grille de la pension : comme j’aime son joli grincement ! Un chant dans la neige.
Si près des yeux, sa double rangée de flèches.
Ecailles de métal peint sous la pulpe des doigts — rouille émeraude qu’on aime caresser longtemps comme le dos d’un lézard immobile.
Est-elle déjà là ?
Pas un mouvement aux rideaux.

Pas encore rentrée… »

et se poursuit tout en délicatesse, 

« Visage fragment de lune dont j’admirais le profil.

Cou fléchi de jeune cygne malade. »,

tout en effleurements poétiques pour approcher « l’éternel fiancé » et Julie femme enfant, fantasque, joueuse, mutine qui va lui offrir son rire auquel le sien fera un temps écho pour tenter de couvrir le monde angoissant qui est le sien.
Mais il faudra revenir à Prague où règne le père … Prague, où Milena va faire son apparition. 

« Si je pouvais - pas après pas - rejoindre ton bonheur de vivre… l’approcher pour m’installer à son côté sans l’effaroucher. Sans laisser deviner combien il me réchauffe… L’ombre des pères glisserait alors loin de nous deux. Lentement s’éloignerait dans les ruelles. L’ombre des ruelles ne tient-elle pas de cette ombre-là ? Elle nous laisserait enfin. Nous irions bras dessus, bras dessous. Nous gagnerons le soleil, la place un instant illuminée. Feux de bengale au crépuscule, qu’un forain laisse échapper de sa main » [p. 66]

Et revient aussi le souvenir d’une autre petite fiancée, papillon éphémère qui lui aura, elle aussi, servi à soutenir et faire renaître sa fièvre créatrice.
Gerti à Riva :

« Maintenant assise face à moi, son petit chapeau posé un peu de travers - en se donnant des airs graves. J’ai bien envie de rire mais son regard obstiné d’enfant me fait me reprendre. Je redresse mon menton qui s’appuyait sur un faux col immaculé pour la regarder au fond de l’âme.
Une enfant si confiante, profonde, à l’imaginaire si vaste. » [p. 104]

Ce petit livre jalonné de photos anciennes au charme suranné donne vie à des êtres que l’on pourrait croire sorti d’un album familial et ainsi nous les rend très proches. Et leur belle évocation poétique où s’intègrent des extraits de la correspondance de Kafka et de son journal vient renforcer cette impression de partager leurs rêves, leurs angoisses et leur intimité.

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Gerti Wasner, autour de 1913

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(3°) Critique de Barbara Delaplace - parue le 12 octobre 2015 [*] :

 

Pourquoi j'aime autant Heiraten ? Pour sa musique nostalgique et amère, pour la poésie de ses phrases qui surnagent longtemps après "Je ne sais pas parler du bonheur", Des phrases qui comme dans Grand Large : "Regarder la mer empêche de mourir" restent gravées dans ma mémoire.

Heiraten, au delà de l'histoire triste d'un amour de Franz K., est une longue poésie qui nous transporte ailleurs (dans le temps et dans l'espace) en décrivant avec une sensibilité incroyable les peurs et les sentiments du narrateur. En tant que peintre, j'admire aussi beaucoup ses qualités d'évocation . Chaque scène pourrait donner lieu à un tableau. 

Bref, un roman à lire mais aussi à garder dans sa bibliothèque pour relire une page au hasard de temps en temps, pour en savourer la musique et redécouvrir la dentelle de ses phrases parfaitement ciselées .

Un grand livre, un nouvel aspect du talent de Dourvac'h.

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Franz Kafka, autour de 1910

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(4°) Critique de Christiana Moreau - parue le 22 octobre 2015 [*] :

 

Je viens de lire ce roman très agréable par sa jolie couverture glacée, sa mise en page "respirante" et je ne l'ai pas lâché jusqu'à la dernière page.

Cela m'a beaucoup plu. le charme opérait. Il est léger comme un flocon de neige et en même temps glaçant; la promesse du malheur perçant sous les rires et les promenades, comme si cette insouciance ne servait qu'à recouvrir d'une fine couche de neige le noir caché en-dessous... cette façon de parler de choses graves d'une façon délicate, ce style romanesque, aérien, imagé emporte le lecteur dans l'intimité des personnages de Kafka et Julie, comme un temps figé dans le froid et les décors sublîmes ou inquiétants.
Le malaise de Franz et de Julie était le mien.
Il suffisait de presque rien... mais le sort n'a pas voulu... le poids de l'histoire, des traditions...

C'est très poétique et joliment écrit, comme un tableau impressionniste, par petites touches juxtaposées.
Cerise sur le gâteau, les photos qui illustrent les endroits dont parle le roman, ne font que renforcer l'ambiance de l'histoire. J'ignorais qu'il existât des endroits aussi étranges que ces rochers sculptés de figures monstrueuses...

Un livre que je recommande chaleureusement !

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La synagogue de Vinohrady à Prague, où travaillait le père de Julie Wohryzek

(elle fut détruite par les autorités municipales - communistes - dans l'après-guerre)

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(5°) Critique de Patrickdlm - parue le 27 novembre 2015 [*] :

 

J'ai lu Heiraten il y a quelques jours. Je m'étais promis de vous faire part de mon sentiment. Aujourd'hui, la pluie tombe, c'est le bon jour.
Je suis heureux de posséder ce livre. Par les originalités de son propos et de sa mise en page, par l'évocation d'une époque et d'une rencontre amoureuse, et par son côté didactique (la brève biographie des protagonistes), c'est un livre inclassable. Donc une réussite !
Je retrouve là ce que j'avais déjà apprécié dans Grand Large, et qui est très éloigné de ma propre écriture : votre art de l'élision.
Cela relève de la poésie, bien sûr, en témoigne le tout premier paragraphe, pour moi un très joli poème. Et tant d'autres passages …
Merci pour ce long poème d'amour sur fond absolument pas kafkaïen. Franz K. est un jeune homme normal, sauf qu'il est juif, pauvre et tuberculeux. Il fréquente les sanatoriums.
Ça me rappelle mon enfance, où la tuberculose était soignée dans ces établissements hospitaliers, disparus depuis et où quelques camarades étaient soignés.
C'est que vous êtes tombé amoureux de Julie W. Ça saute aux yeux ! Félicitations ! Elle est très belle.
C'est bien de l'avoir fait revivre, cette jeune fille fort sage au destin tragique, comme celui, hélas, de toutes les familles juives de Tchécoslovaquie.
Les photos sont fort instructives également. Julie semble avoir 16 ans sur la couverture.
Je feuillette et re-feuillette ces pages ; une espèce de nostalgie s'empare de moi, une douce torpeur ; sans doute due au regret de les avoir quittées si tôt.
Il me faudra y revenir, ne pas hésiter à me plonger au hasard des pages, relire quelques phrases, détailler une photographie, lire une biographie.

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"Klacelka" : oeuvre sculptée dans le grès par Vaclav Levy 

(forêt de Libechov/Liboch près Zelizy/Schelesen, Bohême)

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(6°) Critique de bobsinclar69 (alias Jerry Ox) - parue le 2 mars 2016 [*] :

 

Heiraten est un roman que je recommande vivement. le style ciselé et l'immersion en plein coeur (en plein poumon) de cette pension climatique où se joueront la rencontre et l'amour entre Julie et Franz est bougrement prenante, parfois un peu oppressante, mais c'est sans doute l'effet recherché. Heiraten peut, par instant, dérouter mais ce roman nous captive de bout en bout et l'on s'attache aux personnages et l'on se surprend à souffrir avec eux. Il est important de signaler aux futures lectrices et futurs lecteurs que les mots sont fort judicieusement choisis et que l'on sent un véritable amour pour le langage, la narration et la construction d'une intrigue chez cet auteur de qualité. Dourvac'h qui nous avait beaucoup séduit avec Grand Large récidive ici avec un roman plus introspectif et c'est une belle réussite.

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"Hrad Kokorin" : Château de Kokorin - près Libechov/Liboch, Bohême

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(7°) Critique de paul0914 - parue le 31 mars 2016 [*] :

 

Au départ, un sentiment d'immobilisme. 

Voici Franz Kafka, un homme énigmatique et intriguant qui se « terre » dans une pension au coeur d'une forêt enneigée. 
Que cherche-t-il ? Fuit-il ses démons dans un endroit reclus ? Cherche-t-il simplement du calme dans un endroit isolé ? Quoiqu'il en soit le décor, aussi mystérieux soit-il, est posé et ne cessera d'évoluer au fil de la lecture. 
En effet, nous partons alors à la découverte de cet homme paradoxalement antipathique mais attachant et la lecture se transforme peu à peu en ballade, un peu à l'image de cette promenade nocturne au coeur de la forêt enneigée. Comme les promeneurs, nous sommes happés par quelque chose, d'étrange mais magnifique qui nous pousse à la continuer (la lecture/la ballade) alors même que nous sommes cernés par le froid et la nuit de la personnalité de Kafka (une personne attachante par sa complexité finalement). 
Pourtant, la pénombre de l'âme de Kafka se voit être sublimée par la spontanéité et la beauté de l'âme des femmes qu'il rencontre et notamment cette Julie, dont la relation avec Franz Kafka est pour le moins peu banale, parfois incompréhensible (relation amoureuse ? relation amicale ? jeux d'enfants ?), mais toujours avec une sincérité touchante.
Tels les personnages au coin du feu, nous sommes finalement comblés, réchauffés par la puissance de cette relation pourtant étrange. 
Finalement, il ne faut pas chercher à comprendre mais simplement à se laisser porter par les flux sentimentaux des personnages si bien dépeints par Dourvac'h. 
Il faut simplement vivre cette histoire d'amour/amitié entre le froid de l'hiver et la chaleur de l'âme des personnages, l'agitation des rues de Prague et le calme de la pension, le mystère des légendes locales et la sincérité des sentiments. 
Le tableau est posé, le tableau est vivant, Dieu que c'est bon !
Merci, Dourvac'h, pour cette ballade poétique, magnifique et sincère.

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Julie Wohryzek après son mariage, années 1920

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(8°) Critique de michfred - parue le 4 avril 2016

 

Entre le poème-conversation et le poème tout court, entre la neige et le lac, entre Julie et Gerti, entre les rochers des Diables et le balcon des anges, voici Heiraten...
Les "Noces" du récit et de la poésie.
Je n'ai pas "aimé" bêtement ma lecture : j'ai été envoûtée, bercée, magnétisée par le chant de Dourvac'h. 
Oui, le chant : une pincée de tchèque, un fidl de yiddish, ein bischen d'allemand et surtout sa langue à lui, toute de suggestions, de langueur maladive et de douceur... Subtile et triste, cultivée et enfantine, pleine de fêlures et de rires cristallins, pleines de larmes et de sourde angoisse. 
L'histoire est simplissime.
Franz Kafka rencontre Julie, dans une pension sous la neige, près d'une grande forêt où un sculpteur un peu fou a sculpté de géantes têtes de démons. Tous deux sont jeunes, tous deux sont phtisiques, tous deux sont juifs. Mais elle est gaie et toute naïve, lui est sombre et comme hanté par la mort à l'oeuvre dans son faible corps, par l'ombre terrible du père, par ses livres qui le dévorent comme une fièvre. 
Elle veut l'épouser: elle a déjà perdu un premier fiancé à la guerre. Elle veut un anneau. Il le lui achète mais bientôt par faiblesse, par lâcheté, par fatigue, il cède à l'interdiction menaçante de son père, - ou est-ce à la peur de la mort et de l'amour charnel ? à la rencontre avec Milena, l'âme-soeur? 
Pour la consoler, la distraire, il lui conte l'histoire d'un autre de ses amours perdus : Gerti, rencontrée au sanatorium.
Franz et Julie ne s'épouseront jamais. L'anneau de Julie n'aura jamais son pendant sur la main décharnée de Franz...
C'est tout. 
Mais c'est ne rien dire du charme intense de ce petit livre ciselé, musical, amoureusement construit, illustré, présenté.
J'avais lu et aimé déjà Grand Large : plus breton, plus romanesque, plus narratif -mais déjà plein de poésie et très impressionniste dans ses couleurs et sa palette...
Dourvac'h joue ici d'autres gammes : on pense à Caspar David Friedrich, à Adolphe, aux grands mythes du romantisme allemand, la Lorelei, le Roi des Aulnes, Leonore, et aux mythes juifs et tchèques  ces rochers diaboliques sont les Golems de la forêt mais surtout son livre est ancré dans l'histoire d'un auteur qui est devenu comme son frère.
Il est Franz, il marche avec Julie dans la neige, il tient sa main et se désole de ne pas l'aimer assez, de ne pas l'aimer mieux, elle qui est si gaie, si tendre...
En lisant Heiraten j'avais mille images dans les yeux, et la musique klezmer berçait mon coeur de ses violons tour à tour frétillants et déchirants.
On doit relire Heiraten, presque tout de suite : c'est trop court, trop parfait;
On a l'impression d'avoir rêvé...

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Gerti Wasner enfant

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(9°) Critique de SylvieDeSaintPhalle - parue le 9 mai 2016 : 

 

Le livre Heiraten est une petite fleur rouge dans le panorama littéraire français, très en dehors des logiques éditoriales si "commerciales"... Ce récit, s'abreuvant à de nombreuses sources littéraires et épistolaires, narre avec un style très esthétique l'histoire d'amour et les sentiments les plus profonds entre Franz (Kafka) et Julie (Wohryzek), la jeune fille qu'il rencontra dans la neige de Bohême en janvier 1919. Mais le livre n'est pas seulement le récit d'un amour, c'est un travail très profond et méticuleux de recherche dans l'existence du futur "grand écrivain" Kafka, comprenant les témoignages de ses proches, des extraits de son journal et de sa correspondance - avec de nombreuses photographies des protagonistes, des reproductions de cartes postales anciennes ou gravures des lieux qu'ils ont "hanté"... le lecteur arrive dans l'histoire comme ferait une petite « Alice au pays des merveilles » découvrant peu à peu un monde étrange : celui des sentiments les plus intimes de ces "grandes personnes"... C'est un roman délicat, fortement original tant dans son style que dans sa façon de décrire l'expérience émotionnelle des personnages. Un petit cadeau pour âmes sensibles !

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Prague, années 1910

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(10°) Critique de ClaireG - parue le 13 juillet 2016 : 

 

Sanatorium de Riva (Tyrol) – 1913
Gerti et Franz. Kafka, 30 ans, rencontre la toute jeune Gerti, die Schweizerin, qui restera sa douce nostalgie, son idéal féminin. Elle adore les contes illustrés. Il ne lui dessine pas un mouton mais un chevalier, une princesse, un vieil elfe. Sa trace légère s'est perdue dans les limbes.

"Pension climatique" de Schelesen (Bohême) – 1918
Julie et Franz. Kafka, 35 ans, rencontre la jolie Julie. Ils se promènent, se plaisent, roucoulent, se fiancent, rompent, se revoient, se quittent. Elle est gaie et fougueuse, elle adore les musiciens de Prague. Il est sombre et pensif, l'écriture le torture, il souffre de l'autorité intraitable de son père qui refuse le mariage. 
Milena J. pourrait-elle être la cause de cette rupture définitive ?
Franz Kafka  laissé une nombreuse correspondance et ses manuscrits à son ami, Max Brod, avec mission répétée de tout détruire. L'ami n'obéit pas sans quoi nous n'aurions jamais connu Le Procès, Le ChâteauLa colonie pénitentiaire, etc.
Heiraten (Noces) raconte de manière poétique, avec finesse et sensibilité, ces deux rencontres amoureuses. Alliant les dialogues imaginaires aux extraits de correspondance ou du Journal de Kafka, l'auteur nous entraîne sur les bords du lac de Garde, devant les énormes rochers sculptés de Vaclav Levy dans la forêt pragoise et dans les rues animées de la capitale tchèque. L'alternance de l'allemand, du tchèque et du yiddish donne un rythme très réaliste à ces amours sincères mais entravées.
Le bonheur est toujours de courte durée mais comme l'écrit Kafka : « Je ne sais pas parler du bonheur. N'est-il pas temps que j'apprenne ? »
Il a beaucoup appris mais sa nature fragile eut raison de son désir à 40 ans.
Les photos sépia de ces belles dames, de Prague et de sa pension sous la neige, invitent à feuilleter ce joli livre et à en découvrir tous les petits trésors de ces vagues amoureuses comme on s'attarde avec nostalgie sur un album de jeunesse. Une courte biographie de chaque personnage complète ce tableau gracieux en demi-teintes.

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Une source unique, pour ces 10 critiques :

LE site communautaire de lecteurs 

Babelio

... sur lequel on peut rejoindre directement notre page Heiraten

en cliquant simplement sur le lien ci-dessus !

*

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 Heiraten_page_IV_de_couverture

 ... est né le 18 septembre 2015...

... ce, après quatre années d'efforts (recherches, écriture & ré-écritures successives) ...

... et une publication (courageuse) aux Editions Stellamaris à Brest.

ICI UN LIEN POUR SE LE PROCURER FACILEMENT et

EN VISUALISER QUELQUES PAGES

*

Couverture brillante, papier épais [mat couché, 115 g].

Format type "Grand Large" : 21 x 14,5 x 1,05 cm

Prix de vente public = 15 euros

(quel que soit votre mode de commande)

*

L'ouvrage peut se commander :

- SOIT directement

chez votre libraire

(en vous aidant éventuellement du ISBN de l'ouvrage : 978-2-36868-212-8)

- SOIT auprès du site des

Editions Stellamaris

*

Il s'agit d'un récit intimiste,

"illustré" de reproductions de quelques photographies (ou gravures) noir-et-blanc

représentant ses principaux protagonistes ainsi que les lieux qu'ils ont hantés...

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Exprimons ici toute notre gratitude à...

Barbara Delaplace, Maïté Paris et Jean-Louis Pierre

pour leurs patientes relectures et propositions d'infléchissements,

... ainsi qu'à Christiana Moreau

pour son conseil similaire et son ultime & précieux "avis chromatique"...

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On peut d'ores et déjà retrouver l'espace du livre, aux côtés de ceux de

Grand Large, L'été et les ombres,

Plantes médicinales de Kabylie et Souvenirs d'Algérie Heureuse

sur notre site communautaire de lecteurs

Babelio

*

Je ne sais pas parler du bonheur.
N'est-il pas temps que j'apprenne ?
Un pas, puis deux dans la lumière... 
Comme un enfant apprend à marcher.

[Heiraten (Noces), chapitre II : JULIE W.]

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Sources des photographies :

Fonds Klaus Wagenbach pour les photographies N. & B. des principaux protagonistes de Heiraten (Julie Wohryzek, Pension Stüdl, Gerti Wasner & Franz Kafka)

Cercles cartophiles en République Tchèque, pour les reproductions de cartes postales du début du siècle (vues de la synagogue de Vinohrady, château de Kokorin, Klacelka

Dourvac'h pour les douze photographies couleurs suivantes :

(1) Sommets d'arbres en été, Ariège, 2015

(2) à (9) : Monts du Pays d'Olmes, Ariège, 8 novembre 2015

 (10) : Hauts de Cagnes-sur-Mer, Alpes-Maritimes, une nuit de décembre 2015

(11) : Forêt au pied du Mont Fourcat, Ariège, 8 novembre 2015

(12) Lever de lune, Ariège, novembre 2015

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samedi 18 juin 2016

"Âme au foyer" (à peine esquissée...)

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Âme au foyer 

(1) version finale, (2) version intermédiaire & (3) détail version initiale

de l'esquisse aux crayons de couleurs/papier

[2016]

*

Pour les photographies 1 et 2 :

avec l'aide technique & généreuse

de notre Amie peintre Barbara Delaplace,

après retouches créatives à l'aide du logiciel Picasa

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lundi 6 juin 2016

Visages d'une âme sage et sans âge...

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L'essentiel

préservé

(à nos yeux) :

leur mélancolie...

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Photographies du "détail-visage" de :

(1) Adolescence [2012]

(2) Peintre au miroir de l'âme [2013-2014]

(3) & (4) L'âme du miroir [2015-2016]

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dimanche 6 mars 2016

"L'âme du miroir"

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Je savais qu'on peut faire mentir même le soleil,

mais on sentait que nulle manipulation de la lumière et de la pose

n'aurait pu transmettre la délicate nuance de sincérité de ses traits.

[Joseph CONRADHeart of Darkness (Au coeur des ténèbres), 1899-1902]

(traduction de Jean-Jacques Mayoux, éd. GF Flammarion)

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Voici donc l'état actuel (en quelques détails et une vision d'ensemble) d'un tableau LOIN d'être terminé :

L'âme du miroir

(acrylique et huile sur toile)

[2015-2016]

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Objectifs immédiats :

(selon le conseil technique et esthétique de notre Amie peintre Barbara Delaplace

que je souhaite remercier vivement ici)

- ai corrigé le défaut anatomique de sa main gauche bien trop longue...

- ai assombri encore un peu le bas du rideau flottant autour de sa taille à sa droite

- ai doré davantage le pourtour de ses cheveux à sa droite

- ai assombri légèrement le pourtour de ses cheveux à sa gauche

- ai intensifié le regard en assombrissant un peu plus le pourtour des yeux tout en laissant un liseré clair autour de la paupière supérieure (surtout à sa droite)

*

Finalités de cet autoportrait d'âme :

Que cette toile - comme l'âme représentée - ait en elle :

- surtout "de la présence"

- une grande force expressive

- un minimum de technique

- et qu'elle puisse (accessoirement ?) faire du bien à Autrui...

*

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... et vous invitant par ailleurs à la découverte des deux longs articles à propos de

Heiraten

... un record mondial toujours disponible :

"succès planétaire" de 44 exemplaires diffusés depuis le 18 septembre 2015 !! ...

et du génial écrivain

Stefan Zweig

ci-dessous !

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vendredi 18 septembre 2015

Stefan ZWEIG ou le songe interrompu (1881 [Vienne, Autriche-Hongrie] -1942 [Petrópolis, Brésil])

ATTENTION TRAVAUX !!!

(ARTICLE EN CONSTRUCTION)

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Stefan Zweig, à Vienne, vers 1900 -- Kunst Salon Pictzner 

*

Vergessene Traüme

(Rêves oubliés)

publié en 1900 [nouvelle]

*

 

SZ_Printemps_au_Prater

Praterfrühling 

(Printemps au Prater

publié à l’automne 1900 dans une revue littéraire mensuelle [nouvelle]

*

Silberne Saiten 

(Cordes d’argent)

 Berlin, 1901 [poésie]

*

Im Schnee 

(Dans la neige)

1ère publication : août.1901 (1ère trad. franç. : 1904 - nouvelle trad. : 1992) [nouvelle]

*

Une jeunesse gâchée

1901 [nouvelle]

*

Der Stern über dem Walde 

(L'étoile au-dessus de la forêt)

écrit v. 1903 [nouvelle]

*

Die Wunder des Lebens 

(Les prodiges de la vie) 

1904 (1ère trad. franç. : 1990) [nouvelle]

*

SZ_L_amour_d_Erika_Ewald 

Die Liebe der Erika Ewald 

(L’Amour d’Érika Ewald)

1904 (1ère trad. franç : 1990) [nouvelle]

*

Die Wanderung 

(La Marche)

1904 [poésie]

*

Das Kreuz

(La Croix)

1ère publication : janvier 1906 (1ère trad. franç. : 1992) [nouvelle]

*

Die frühen Kränze 

(Les Couronnes précoces) 

1907 [poésie]

*

Tersites. Ein Trauerspiel in drei Aufzügen

(Thersite. Tragédie en trois actes)

1907 [théâtre]

*

Scharlach 

(La Scarlatine)

1ère publication : mai-juin 1908 [nouvelle]

*

SZ_1 

SZ_La_Peur

Angst

(La Peur)

1ère publication : 1910 (1ère trad. franç. : 1935) [nouvelle]

*

Geschichte eines Untergangs

(Histoire d'une déchéance)

1ère publication : septembre 1910 (1ère trad. franç. : 1992) [nouvelle]

*

Das Haus am Meer. Ein Schauspiel in zwei Teilen

(La Maison au bord de la mer)

1911 [théâtre]

*

Erstes_Erlebnis

Erstes Erlebnis. Vier Geschichten aus Kinderland 

(Première épreuve de vie. Quatre histoires du pays des enfants)

[recueil de quatre nouvelles publié pour la 1ère fois en 1911 en langue allemande et incluant :]

*

 Geschichte in der Dämmerung

(Conte crépusculaire)

1ère publication : 1911 (1ère trad. franç. : 1931) [nouvelle]

*

 Die Gouvernante

(La Gouvernante)

 1ère publication : 1911 (1ère trad. franç. :1931) [nouvelle]

*

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Brennendes Geheimnis 

(Brûlant secret)

1ère publication : 1911 (1ère trad. franç. : 1945) [nouvelle]

*

 Sommernovelette

(Le Jeu dangereux)

1ère publication : 1911 (1ère trad. franç. : 1931) [nouvelle]

*

Der verwandelte Komödiant. Ein Spiel aus dem deutschen Rokoko 

(Le Comédien métamorphosé. Un divertissement du Rococo allemand) 

1913 [théâtre]

*

Jeremias. Eine dramatische Dichtung in neun Bildern

(Jérémie. Drame en neuf tableaux) 

1916 (1ère trad. franç. : 2014) [théâtre]

*

Legende eines Lebens. Ein Kammerspiel in drei Aufzügen 

(Légende d'une vie)

1919 (trad. franç. : 2011) [théâtre]

*

Amok - Novellen einer Leidenschaft

(Amok - Nouvelles d’une mauvaise passion)

[recueil de cinq nouvelles publié pour la 1ère fois en 1922 en langue allemande et incluant :]

*

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Der Amokläufer 

(Amok ou Le Fou de Malaisie)

 1922 (1ère trad. franç. : 1927) [nouvelle]

*

Die Frau und die Landschaft 

 (La femme et le paysage)

 1922 (1ère trad. franç. :1935) [nouvelle]

*

Phantastische Nacht 

(La Nuit fantastique. Notes posthumes du baron de R…)

1922 (1ère trad. franç. : 1945) [nouvelle]

*

Die Mondschein Gasse 

(La Ruelle au clair de lune)

1922 (1ère trad. franç. : 1961) [nouvelle]

*

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Brief einer Unbekannten 

(Lettre d'une inconnue)

1922 (1ère trad. franç. : 1927) [nouvelle]

*

Ben Johnson’s Volpone. Eine lieblose Komödie in drei Akten

(Volpone)

1925 [adaptation fr. de Jules Romains 1927] (trad. franç. de l'édition orig. : 2014) [théâtre]

*

  Verrwirrung der Gefühle - Drei Novellen 

(La confusion des sentiments)

[recueil de trois nouvelles publié pour la 1ère fois en 1927 en langue allemande et incluant :]

*

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Verrwirrung der Gefühle 

(La confusion des sentiments - Notes intimes du professeur R de D) 

1927 (1ère trad. franç. : 1948) [nouvelle]

*

SZ_Vingt_quatre_heures_de_la_vie_d_une_femme

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SZ_Vingt_quatre_heures_de_la_vie_d_une_femme__2_

Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau 

(Vingt-quatre heures de la vie d'une femme)

1927 (1ère trad. franç. : 1929 - révisée en 1980) [nouvelle]

* 

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Untergang eines Herzens 

(Destruction d'un coeur)

1927 (1ère trad. franç. : 1931) [nouvelle]

*

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Die Hochzeit von Lyon

(Un mariage à Lyon)

1ère publication : août 1927 [nouvelle]

*

Die Legende der dritten Taube

(La légende de la troisième colombe)

1ère publication : décembre 1916 (1ère trad. franç. : 1992) [nouvelle]

*

Episode am Genfer See

(Au bord du Lac Léman)

1ère publication : 1919 (1ère trad. franç. :1992) [nouvelle]

*

Der Zwang

(La contrainte)

écrit en 1916 ; 1ère publication : 1929 (1ère trad. franç. :1992) [nouvelle]

*

Angst

(La Peur) 

[recueil de cinq nouvelles publié pour la 1ère fois en 1925 en langue allemande et incluant :]

*

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Angst

(La Peur)

[déjà publiée en 1910]  

(1ère trad. franç. : 1935) [nouvelle]

*

Unerwartete Bekanntschaft mit einem Handwerk

(Révélation inattendue d'un métier) 

1ère publication : 1925 (1ère trad. franç. : 1935) [nouvelle]

*

Leporella

(Leporella) 

1ère publication : 1925 (1ère trad. franç. : 1935) [nouvelle]

*

Buchmendel

(Le Bouquiniste Mendel)

1ère publication : 1925 (1ère trad. franç. : 1935) [nouvelle]

*

Die unsichtbare Sammlung - Eine Episode aus der deutschen Inflation

(La collection invisible - Un épisode de l’inflation en Allemagne)

1ère publication : 1925 (1ère trad. franç. : 1935) [nouvelle]

*

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SZ_Les_Tr_s_Riches_heures_de_l_Humanit_

Sternstunden der Menschheit 

(Les très riches heures de l'humanité

14 textes dont les premiers furent publiés en 1927 (trad. franç. de 12 textes : 1939) [histoire]

*

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Die Reise in die Vergangenheit / Widerstand der Wirklichkeit

(Le Voyage dans le passé)

 publication partielle : 1929, version complétée publiée en 1976 (1ère trad. franç. : 2008) [nouvelle]

*

Das Lamm des Armen. Tragikomödie in drei Akten

(L’Agneau du pauvre. Tragicomédie en trois actes)

1ère publication : 1929 (1ère trad. franç. : 1930)  [théâtre]

*

SZ_14

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Marie Antoinette, Bildnis eines mittleren Charakters 

(Marie-Antoinette)

1932 (1ère trad. franç. : 1933) [biographie]

*

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Maria Stuart

(Marie Stuart)

1935 (1ère trad. franç. : 1936) [biographie]

*

Der begrabene Leuchter 

(Le Chandelier enterré)

[recueil de trois nouvelles publié pour la 1ère fois en 1937 en langue allemande et incluant :]

*

Der begrabene Leuchter 

(Le Chandelier enterré)

1ère publication : 1937 (1ère trad. franç. : 1937) [nouvelle]

*

Rahel rechtet mit Gott 

(Rachel contre Dieu)

1ère publication : 1928 (1ère trad. franç. : 1937)  [nouvelle]

*

Die Augen des ewigen Bruders. Eine Legende

(Virata ou Les yeux du frère éternel. Une légende)  

1ère publication : 1922 (1ère trad. franç. : 1927)  [nouvelle]

*

SZ_17

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War er es 

(Un soupçon légitime)

probablement écrit entre 1935 et 1940, 1ère publication : 1987, tr. fr. 2009 [nouvelle]

*

Die gleich-ungleichen Schwestern 

(Les Deux Jumelles. Conte drolatique)

1ère publication : 1936, dans le recueil Kaleidoscop [nouvelle]

*

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Magellan. Der Mann und seine Tat 

(Magellan)

1ère publié en 1938 (1ère trad. franç. : 1938) [biographie]

*

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Ungeduld des Herzens

(La Pitié dangereuse)

1ère publication : 1939 (1ère trad. franç. : 1939) [roman]

("roman" au sens de la taille de l’œuvre, et le seul que l’auteur ait achevé)

*

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Schachnovelle

(Le Joueur d'échecs)

écrit par l’auteur durant les quatre derniers mois de sa vie (novembre 1941 à février 1942)

(1ère publication :1943 - posthume)

(1ère trad. franç. 1944, révisée en 1981) [nouvelle]

*

SZ_10

Die Welt von Gestern - Erinnerungen eines Europäers

(Le monde d'hier. Souvenirs d'un Européen)

 écrit de 1934 à 1942

(1ère publication : 1944, posthume)

[Zweig commença à l’écrire en 1934 ; il posta à l’éditeur le manuscrit, tapé par sa seconde femme, un jour avant leur suicide.]

(trad. franç. nouvelle de Serge Niémetz, editions Belfond : 1993) [autobiographie]

*

Ein Mensch, den man nicht vergisst

(Un homme qu'on n'oublie pas)

(1ère publication en langue allemande en 1948 -- posthume)

(1ère trad. franç. : 1990) [nouvelle]

*

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Wondrak

(Wondrak)

1ère publication en langue allemande : posthume (1ère trad. franç. : 1990) [nouvelle]

*

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Rausch der Verwandlung 

(Ivresse de la métamophose)

[titre emprunté à une phrase du roman, car l’auteur n'en avait pas encore donné] 

(texte inachevé, écrit en 1930/31 et 1938/39)

en collaboration avec Berthold Viertel, il en fera en 1940 un scénario de film, Das Postfraülein (La demoiselle des postes), qui sera réalisé en 1950 par Wilfried Franz sous le titre Das gestohlene Jahr (L’année volée) ; (1ère trad. franç. : 1984) [roman]

*

La vieille dette

1951 - posthume [nouvelle]

*

Un caprice de Bonaparte. Pièce en trois actes 

(1ère trad. franç. : 1952)  [théâtre]

*

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Clarissa

(Clarissa)

[manuscrit inachevé, retrouvé dans les archives de Zweig en 1981, et portant la mention suivante : « Vu à travers l’expérience d’une femme, le monde entre 1902 et le début de la guerre » [la seconde guerre mondiale] ; trad. franç. 1992 [roman]

*

Autres oeuvres:

(seront intégrées peu à peu ci-dessus)

"Essais et biographies" :

  • Émile Verhaeren : sa vie, son œuvre (Emile Verhaeren, 1910), tr. fr. 1910.
  • Souvenirs sur Émile Verhaeren (Erinnerungen an Emile Verhaeren, 1917), tr. fr. 1931.
  • Marceline Desbordes-Valmore : son œuvre (Marceline Desbordes-Valmore - Das Lebensbild einer DichterinMit Übertragungen von Gisela Etzel-Kühn, 1920), tr. fr. 1928.
  • Romain Rolland : sa vie, son œuvre (Romain Rolland : der Mann und das Werk, 1921), tr. fr. 1929.
  • Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski (Drei Meister : Balzac, Dickens, Dostojewski [Die Baumeister der Welt. Versuch einer Typologie des GeistesBand 1], 1921), tr. fr. 1949 et 1988.
  • Le Combat avec le démon : Kleist, Hölderlin, Nietzsche (Der Kampf mit dem Dämon : Hölderlin, Heinrich von Kleist, Friedrich Nietzsche [Die Baumeister der Welt. Versuch einer Typologie des GeistesBand 2], 1925), tr. fr. 1937.
  • Trois poètes de leur vie : Stendhal, Casanova, Tolstoï (Drei Dichter ihres Lebens: Casanova, Stendhal, Tolstoi [Die Baumeister der Welt. Versuch einer Typologie des GeistesBand 3], 1928), tr. fr. 1937.
  • Fouché (Joseph Fouché. Bildnis eines politischen Menschen, 1929), tr. fr. 1930.
  • La guérison par l’esprit : Mesmer, Mary Baker-Eddy, Freud (Die Heilung durch den Geist : Franz Anton Mesmer, Mary Baker-Eddy, Sigmund Feud, 1931), tr. fr. 1982.
  • Érasme, Grandeur et décadence d’une idée (Triumph und Tragik des Erasmus von Rotterdam, 1934), tr. fr. 1935..
  • Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin (Castellio gegen Calvin, oder Ein Gewissen gegen die Gewalt, 1936), tr. fr. 1936, nouvelle traduction de Alzir Hella, 2010, Le livre de poche, ISBN 2253153710,
  • Amerigo, Récit d’une erreur historique (Amerigo, Die Geschichte eines historischen Irrtums), écrit en 1941, publ. posth. 1944), tr. fr. 1992.
  • Le Brésil, Terre d’avenir (Brasilien. Ein Land der Zukunft, 1941), tr. fr. 1942.
  • Balzac, le roman de sa vie (Balzac. Roman seines Lebens, publ. posth. 1946), tr. fr. 1950.
  • Hommes et destins, Belfond, 1999
  • Le Mystère de la création artistique (Das Geheimnis des künstlerischen Schaffens, 1943), tr. fr. 1996
  • Le Monde sans sommeil (Die schlaflose Welt)
  • Aux Amis de l’étranger (An die Freunde in Fremdland)
  • Montaigne. Essai biographique, publ. posthume, tr. fr. 1982
  • En cette heure sombre (In dieser dunklen Stunde)
  • Paul Verlaine, biographie, Le Castor Astral, 2015 (ISBN 979-10-278-0020-9) [présentation en ligne]

Correspondance :

  • Sigmund Freud-Stefan Zweig, Correspondance, Paris, Rivages, 1991.
  • Arthur Schnitzler-Stefan Zweig, Correspondance, Paris, Rivages, 1994.
  • Richard Strauss-Stefan Zweig, Correspondance 1931-1936, Paris, Flammarion, 1994.
  • Friderike Zweig-Stefan Zweig, L’Amour inquiet, Correspondance 1912-1942, Paris, Des Femmes, 1987.
  • Romain Rolland-Stefan Zweig, Rencontre 1911
  • Amélie Breton-Stefan Zweig, Lettres 1922
  • Émile Verhaeren-Stefan Zweig, Genève, Labor, 1996.
  • Stefan Zweig, Correspondance 1897-1919 (préface, notes et traduction de l’allemand par Isabelle Kalinowski), Paris, Le Livre de Poche, coll. « Biblio » no 3414, 2005(ISBN 978-2-253-10856-6).
  • Stefan Zweig, Correspondance 1920-1931 (préface, notes et traduction de l’allemand par Isabelle Kalinowski), Paris, Le Livre de Poche. coll. « Biblio » no 3415, 2005, (ISBN 978-2-253-10857-3).
  • Stefan et Lotte Zweig, Lettres d'Amérique : New York, Argentine, Brésil, 1940-1942 (préface et notes par Darién J. Davis et Oliver Marshall), Paris, Grasset, 2012, (ISBN 978-2-246-78743-3).
  • Stefan Zweig-Klaus MannCorrespondance 1925-1941, Paris, Phébus, 2014.

*

Cet article sera peu à peu enrichi

des fiches-résumé de chaque ouvrage,

ainsi que d'un avis critique personnel (lorsque l'ouvrage a été lu)...

*

U grand remerciement préalable à notre Amie Christiana Moreau

qui nous fit découvrir l'oeuvre du Maître Viennois...

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dimanche 12 avril 2015

Satyajit Ray (সত্যজিত রায়,1921-1992) : découvrir son oeuvre par ses 36 films

Satyajit_Ray

Satyajit Ray

সত্যজিত রায় 

(portrait)

par Rishiraj Sahoo, 1997

*

Ce qu'il y a de plus curieux dans le cinéma de Ray, c'est que tous ses interprètes rayonnent... Est-ce lié à la grâce et la simplicité de sa mise en scène, à la perfection de la photographie, celle des éclairages et des décors, à quelque chose d'indicible ? On sent une magie vivant en chaque plan et un perfectionnisme aussi bien sur le fond - ces enthousiasmantes adaptations de romans ou de nouvelles d'auteurs bengalis par l'infatigable réalisateur-scénariste & musicien - comme sur la forme - dans ce lent passage du noir-et-blanc à la couleur (avec ces sommets chromatiques que seront Tonnerres lointains et La Maison et le Monde), pas moins de 35 ans de métier, d'exigence et d'épure - une méticulosité comme un amour apportés au moindre détail... Ajoutons que Satyajit Ray a eu la curiosité d'aborder TOUS les genres cinématographiques au cours de sa longue carrière : de l'adaptation des chefs d'oeuvre de la littérature bengalie (Rabindranath Tagore, Bibhutibhusan Bannerjee, Sukumar Ray...), du documentaire au film pour enfants, du film musical aux films les plus réalistes, du roman policier - voire du thriller - au film historique... en passant par les plus brillantes études de moeurs, reflet des fulgurantes transformations sociologiques du Bengale au XXème siècle.

Oeuvre de peintre, maître du clair obscur...

Une lente symphonie aux visages...

[D.]

*

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« La magie de Ray, la simple poésie de ses images et leur impact émotionnel resteront toujours en moi. »

 [Martin Scorsese]

[ci-dessus : photographie du réalisateur-scénariste-musicien-écrivain Satyajit Ray à Bénarès, années 1960 - source : New York Times]

*

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On trouve en France (*) aujourd'hui sur support DVD (zone 2) - à ce jour déjà [ou plutôt seulement, sur les 36 connus] 16 de ses films : dont 12 chez l'éditeur Films sans Frontières (La Complainte du Sentier, L'Invaincu, Le salon de musique, Le monde d'Apu, La déesse, Trois filles, La grande cité, Charulata, L'adversaire, Des jours et des nuits dans la forêt, Tonnerres lointains, La Maison et le Monde), 5 chez l'éditeur Les Films du Paradoxe (La grande ville, Charulata, Le lâche, Le héros, Le Dieu éléphant) et 1 chez l'éditeur Epicentre Films (L'expédition) : tous bien sûr en leur version originale - musicalité de la langue bengalie - sous-titrée en français) et à un prix modique - avec, en moyenne, une très bonne qualité des copies et une excellente définition).

(*) ... avec un nombre beaucoup plus important de ses films en DVD (ainsi que de monographies sur l'artiste et son Oeuvre) en Grande-Bretagne, l'ancienne Puissance coloniale pour l'Inde et le Pakistan...

*

Mais voici les 36 films de Satyajit Ray,

présentés à vous ci-dessous, un à un,

dans l'ordre chronologique de leur création,

de 1955 à 1991 :

(1)

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Pather Panchali

পথের পাঁচালী

(La Complainte du sentier)

(1955)

[durée : 1 h 55]

[N. & B.]

*

[La trilogie d'Apu, I]

D'après un roman de Bibhutibhusan Bannerjee [Bibbutibhushan Bandopadhyay], publié en 1929. 

Dans le Bengale rural des années 1920, le brahmane (lettré) Harihar Roy vit dans la maison de ses ancêtres qui nécessite des réparations, mais il est trop pauvre pour les payer. La vie est dure pour tous... Harihar vit avec sa femme Sarbajaya et leur deux enfants : Durga (l'aînée)  et Apu (le petit dernier). Mère et fille doivent s'occuper toute la journée des taches ménagères, de piler le manioc, éplucher les légumes, confectionner les repas, etc. Leur foyer abrite aussi Indir, une vieille parente impotente. On y compte encore quelques animaux domestiques comme : un chien, des chats et une vache... Durga doit partir voler régulièrement des fruits dans le verger des voisins... Sarbajaya, en plus de ses taches domestiques, s'occupe de célébrer les rites religieux du foyer. Apu grandit et va à l'école. Il écoute les histoires que lui conte ou chante à la veillée Tante Indir : " Je vous attends, ô passeur qui devez me conduire sur l'autre rive. Vous êtes bon et n'abandonnerez pas le pauvre parmi les pauvres... ". Fasciné par une troupe de théâtre ambulant, le petit garçon se déguise en roi. Il part au loin avec sa soeur : depuis le champ de graminées où ils jouent, les enfants voient passer un train... Entretemps, leur père, Harihar, incapable de gagner assez d'argent pour subvenir aux besoins de la famille, a dû partir en quête d'un nouveau travail en qualité d'ancien brahmane, sollicité pour présider une cérémonie d'initiation. Il s'absente, en fait, pendant plusieurs mois, laissant Sarbajaya seule pour gérer la famille. Pendant son absence, Indir meurt, puis Durga tombe malade, et meurt à son tour. Lorsque le père revient, la famille décide de partir vers la ville. A son retour, Durga qui a pris froid sous la pluie, est morte. La famille décide alors de quitter cette terre inhospitalière et de partir pour la ville. Un serpent pénètre dans la maison déserte tandis que le char à buffle s'éloigne vers Bénarès...

Prix du document humain au festival de Cannes, 1956

*

Scénario : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Ravi Shankar

*

interprètes :

Subir Banerjee : Apurba « Apu » Roy

Runki Bannerjee : Durga Roy à six ans

Uma Das Gupta : Durga Roy à douze ans

Kanu Bannerjee : Harihar Roy

Karuna Bandyopadhyay : Sarbojaya Roy

Chunibala Devi : Indir

Tusi Chakravarty : Prosanna

Reba Devi : Shejbou Mukherjee

Aparna Devi : Mme Nilmoni

Benoy Mukherjee : Mazumdar

Haren Mukherjee : le marchand de sucreries

Harimohan Nag : le docteur

*

(2)

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Aparajito

অপরাজিত

(L'Invaincu)

(1956)

[durée : 1 h 53]

[N. & B.]

*

[La trilogie d'Apu, II]

D'après le roman de Bibhutibhusan Bannerjee

La suite de La complainte du sentier (Pather Panchali) : Apu a maintenant 10 ans et il est installé avec sa famille à Bénarès. Sur les escaliers qui dominent le Gange, son père gagne désormais sa vie en lisant des textes sacrés. Suite au décès inattendu de ce dernier, sa mère décide alors de retourner vivre à la campagne. Devenu un élève brillant, Apu décroche une bourse et part étudier à Calcutta, laissant sa mère déchirée par le chagrin.

Lion d'or au festival de Venise, 1957

*

Scénario : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Ravi Shankar

*

interprètes :

Kanu Bannerjee : Harihar Ray

Karuna Bannerjee : Sarbojay

Pinaki Sen Gupta : Apu enfant

Smaran Ghosal : Apu adolescent

Subodh Ganguly : le directeur de l'école

Charuprakash Gosh : Nandababu

Kali Charan Ray : l'imprimeur

Ramani Sen Gupta : l'oncle

K.S. Pandey : Pandey

*

(3)

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পরশ পাথর

(La Pierre philosophale)

(1957)

[durée : 1 h 51]

[N. & B.]

*

D'après une nouvelle de Parashuram

Paresh Chandra Dutt, un employé de banque de Calcutta, trouve par terre une petite pierre ronde. Pensant qu’il s’agit d’une bille, il la donne à son neveu. Lorsqu’il s’aperçoit que la pierre a en réalité le pouvoir de changer tous les métaux en or, il la lui rachète en échange de bonbons, et transforme en or quelques vieux boulets de canon. Le voilà soudain riche. Mais son secret s’évente et il doit fuir avec sa femme. Il confie alors la pierre à son jeune secrétaire. Celui-ci, apprenant que son patron a été arrêté par la police, est pris de panique et avale la pierre. Les objets transformés retournent alors à leur état premier.

 *

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Ravi Shankar

*

interprètes :

Tulsi Chakrabarti : Paresh Chandra Dutta

Ranibala Devi : Giribala Dutt (épouse de Paresh)

Kali Banerjee : Priyotosh Henry Biswas (le secrétaire particulier de Paresh)

Jahar Roy : Brajahari, le serviteur

Gangapada Basu : Kachalu (l'homme d'affaires)

Haridhan Mukherjee : l'inspecteur de police Chatterjee

Bireswar Sen : l'officier de police

Moni Srimani : Dr Nandi

*

(4)

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Jalsaghar

জলসাঘর

(Le salon de musique)

(1958)

[durée : 1 h 40]

[N.& B.]

*

Inspiré d'une nouvelle de Tarashankar Bannerjee [Tarasankar Bandyopadhyay].

Ce film est une étude détaillée et dramatique des derniers jours d’un zamindar. Il raconte le déclin de cet aristocrate, mécène appartenant à cette caste de propriétaires terriens semi-féodaux du Bengale. Imbu de la noblesse de ses origines, il sacrifiera sa fortune et sa famille pour sa passion pour les arts en donnant des réceptions ruineuses dans son salon de musique.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Ustad Vilayat Khan, Begum Akhtar, Bismillah Khan, Wahid Khan & Roshan Kumari 

*

interprètes :

Chhabi Biswas : Huzur Biswambhar Roy

Padma Devi : Mahamaya (l'épouse de Roy)

Pinaki Sengupta : Khoka (le fils de Roy)

Gangapada Basu : Mahim Ganguly

Tulsi Lahiri : l’intendant

Waheed Khan : Ustad Ujir Khan (chanteur)

Roshan Kumari : Krishna Bai (danseuse)

Begum Akhtar : Durga Bai (chanteuse)

*

(5)

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Apur Sansar

অপুর সংসার

(Le monde d'Apu)

(1959)

[durée : 1 h 46]

[N.& B.]

*

[La trilogie d'Apu, III]

D'après le roman de Bibhutibhusan Bannerjee.

Calcutta, 1930. Apu rêve de succès littéraire, mais faute d’argent il doit interrompre ses études et affronter le monde du travail. Un jour son ami Pulu l’emmène au mariage de sa cousine. A la suite d’un accès de folie du jeune marié, Apu, venu en tant que simple invité, se voit contraint d’épouser la jeune femme pour lui éviter le déshonneur. Malgré les difficultés économiques du ménage, ce mariage précipité se transforme en un profond amour. Mais ce bonheur lui sera brutalement retiré…

*

Scénario : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Ravi Shankar

*

interprètes :

 Soumitra Chatterjee : Apu

Sharmila Tagore : Aparna

Swapan Mukherjee : Pulu

Alok Chakravarty : Kajal 

Dhiresh Majumdar : Shashinarayan

Shefalika Devi : l'épouse de Shashinarayan

Dhiren Ghosh : Landlord

*

(6)

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Devi

দেবী

(La déesse)

(1960)

[durée : 1 h 33]

[N. & B.]

*

D'après une nouvelle de Prabhat Kumar Mukherjee.

La province du Bengale au début du XIXème siècle. A Chandipur, Kalikinkar Roy, riche propriétaire terrien, voue un culte profond à la déesse Kali. Ses deux fils, l'un et l'autre mariés, ont une attitude bien différente devant le sentiment religieux de leur père. L'aîné, Taraprasad, lui est entièrement soumis, peut-être par peur d'être déshérité. De son épouse Harasundari, il a eu un fils, le tout jeune Khoka. Umaprasad, le cadet, est étudiant à l'université de Calcutta et désapprouve totalement l'obscurantisme de son père. Sa femme, Doyamorjee, est la favorite du vieux dévot et la grande amie de Khoka. Une nuit, Kalikinkar rêve que Doyamorjee n'est autre que la réincarnation de Kali. Il fait part de cette révélation à tout le public, et Doyamorjee, terrorisée par cette situation, se voit vénérée comme une divinité. Informé par son frère, Umaprasad quitte Calcutta pour Chandipur. De retour, il apprend, déconcerté, que son épouse a sauvé la vie d'un petit enfant touché par une grave maladie. Un acte qui attire des milliers de pèlerins, venus de tout le pays. Doyamorjee pourrait fuir avec son mari, comme celui-ci lui propose, mais, après son miracle , elle se demande si elle n'est pas réellement une déesse... A son tour Khoka tombe malade. Kalikinkar amène l'enfant à sa belle-fille, persuadé de ses pouvoirs. Malgré tout, le petit Khokar meurt dans les bras de Doyamorjee qui perd la raison. En larmes, la déesse disparaît dans le brouillard. Umaprasad la retrouve allongée sur la grève. Elle meurt.

*

Scénario : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Ali Akhbar Khan

*

interprètes :

Chhabi Biswas : Kalikinkar Roy

Soumitra Chatterjee : Umaprasad Roy

Sharmila Tagore : Doyamoyee

Karuna Bandyopadhyay : Harasundari Roy

Purnendu Mukhopadhyay : Taraprasad Roy

Shriman Arpan Chowdhury : Khoka, enfant

*

(7)

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Rabindranath Tagore

রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর

[documentaire intégrant des scènes jouées par des interprètes]

(1961)

[durée : 54 min.]

[N. & B.]

[en illustration : une photographie, datée de 1909, du célèbre poète, romancier et nouvelliste bengali]

*

Voile d'or au festival de Locarno, 1961

*

Scénario & commentaire : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Sumendu Roy 

Musique : Jyotirinda Moitra

*

interprètes [des scènes reconstituées] :

Smaran Ghosal : Tagore adolescent

Raya Chatterjee 

(8)

[I]

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[II]

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[III]

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*

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Teen kanya

(Trois filles)

(1961)

[une oeuvre en trois parties, d'une durée totale de 2 h 51]

[N & B.]

*

D'après trois nouvelles de Rabindranath Tagore.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

[I]

Postmaster

(Le directeur de la poste)

[durée : 56 min.]

*

Dans un petit village, le fonctionnaire de la poste apprend à lire à la petite orpheline qui lui sert de servante…

Nandalal est affecté au bureau de poste d’un petit village. Il reprend à son service Ratan, la petite fille orpheline qui servait de domestique au précédent chef de bureau. L’enfant s'attache à lui et Nandalal entreprend de lui apprendre à lire. Ratan se prend à espérer de cet homme un père de substitution. Elle prend soin de lui quand il contracte la malaria. Au village des musiciens l’accueillent chaleureusement et chantent pour lui. Mais après sa maladie, Nandalal qui ne s'est attaché ni à l'enfant ni au village, demande sa mutation. Au moment de son départ, Ratan pleure en secret et cache ses larmes. Elle se détourne quand elle le croise pour ne pas lui montrer sa peine.

*

interprètes :

Chandana Banerjee : Ratan

Anil Chatterjee : Nandalal

Nripati Chatterjee : Bishey

Khagen Pathak : Khagen

Gopal Roy : Bilash

*

[II]

Moni hara

(Les bijoux perdus)

[durée : 54 min.]

*

Sa passion des bijoux conduit une femme riche à sa perte…

Les Bijoux perdus est une histoire ou un conte racontée par un instituteur assis sur les marches d'une riche villa à un homme caché par un voile. Le récit est celui d'un homme riche, Phanibhusan, et de sa femme Manimalika. Celle-ci aime les bijoux d’un amour obsessionnel, et ne cesse d’en demander à son mari. Celui-ci lui en achète dans l’espoir de gagner son amour. Mais Manimalika n’a qu’une peur, que son époux veuille un jour lui reprendre ses bijoux. Lorsque son mari est ruiné par un incendie, il lui semble que sa plus grande crainte est sur le point de devenir réalité. Profitant de l'absence de son mari parti à Calcutta pour ses affaires, elle retourne chez ses parents avec la complicité de son cousin, un ancien soupirant. Dans sa fuite elle emporte tous ses bijoux sur elle. A son retour Phanibhusan est désespéré de la disparition de son épouse. Il va jusqu'à délirer et croit voir une nuit le fantôme de Manimalika venir prendre le collier qu'il lui avait rapporté. L'histoire s'arrêterait là selon l'instituteur, mais l'homme au visage dissimulé dit : " C'est à peu près ça, mais il manque quelques détails... " puis disparaît brusquement. C'était le spectre de Phanibhusan.

*

interprètes :

Kali Banerjee : Phanibhusan Saha

Kanika Majumdar : Manimalika

Kumar Roy : Madhusudhan

Gobinda Chakravarti : Le maître d'école et narrateur

*

[III]

Sanapti

(La conclusion)

[durée : 1 h 01]
*
Adolescente au caractère difficile, une jeune fille s’enfuit la nuit même de ses noces…

Amulya, fraîchement diplômé, retourne dans son village pour les vacances. Le chemin est boueux, et il a du mal à avancer. Il s’aperçoit soudain que quelqu’un le suit. Il s’agit de Mrinmoyee, un vrai garçon manqué, qui s’enfuit en riant. Amulya, réticent à épouser la jeune fille de bonne famille choisie par sa mère, est séduit par la spontanéité et la liberté de Mrimoyee, et contre l'avis de sa mère, il l’épouse. Mais Amulya se révèle incapable d'éveiller des sentiments chez la jeune fille et le soir des noces, Mrinmoyee s'enfuit pour retrouver sa balançoire au bord du fleuve.

*

interprètes :

Soumitra Chatterjee : Amulya

Aparna Sen : Mrinmoyee

Sita Mukherjee : Jogmaya

Gita Dey : Nistarini

Santosh Dutta : Kishori

Mihir Chakravarti : Rakhal

Devi Neogy : Haripada

*

« Avec Trois filles, j’ai cherché à illustrer trois étapes de la féminité et de l’amour. »

[Satyajit Ray]

*

(9)

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Kanchenjunga

কাঞ্চনজঙ্ঘা

(1962)

[durée : 1h 42]

[couleurs]

*

Une riche famille de Calcutta passe le dernier jour de leurs vacances à Darjeeling, au pied du mont Kanchenjungha, le deuxième plus haut sommet de l'HimalayaJusqu'à présent, ils ont été incapables d'apercevoir le pic Kanchenjungha. Les membres de la famille sont dominés par le père, Indranath, un industriel. Il veut que sa fille épouse un homme qu'il lui aura choisi. Il espère que le prétendant va lui proposer le mariage lorsqu'ils seront seuls. Plusieurs longues promenades et de longues conversations forment le corps principal du film. Le drame montre les sentiments de la fille à propos de l'idée de son père et les réactions négatives que cela provoque chez ma mère. Par accident, elle rencontre un étranger, Ashoke, un jeune étudiant qui a refusé une offre d'emploi d'Indranath. Bien que rien ne se développe entre eux, sa présence couplée au décor montagneux et l'échec du mariage de sa sœur,l'incitent à rejeter le prétendant proposé. A la fin de sa promenade, l'industriel arrive à un point de rendez-vous, en attendant de rencontrer sa famille et le prétendant de succès. Aucun d'eux n'est présent pour l'accueillir. Comme le brouillard se lève, le pic de Kanchenjungha se révèle dans toute sa splendeur. Mais Indranath est trop préoccupé pour l'admirer.

*

Scénario original : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Chhabi Biswas : Indranath Roy

Karuna Banerjee : Labanya (épouse d'Indranath)

Anil Chatterjee : Anil (leur fils)

Anubha Gupta : Anima (leur fille aînée)

Alaknanda Roy : Monisha (leur fille cadette)

Arun Mukherjee : Ashoke (le jeune homme de Calcutta)

Subrata Sen : Sankar

Sibani Singh : Tuklu

Vidya Sinha : l'amie d'Anil

Pahari Sanyal : Jagadish

N. Viswanathan : Banerjee

*

(10)

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Abhijaan

অভিযান

(L'expédition)

(1962)

[durée : 2 h 30]

[N. & B.]

*

D'après un roman de de Tarashankar Bannerjee

Narsingh, chauffeur de taxi se voit retirer son permis de conduire par la police, le contraignant ainsi à se réfugier dans la petite ville de Kolkata. Il rencontre alors Sukhanram, un riche homme d’affaires qui l’engage pour transporter des marchandises. Narsingh se rend alors vite compte qu’il est impliqué dans un trafic d’opium...

* 

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Soumitra Chatterjee : Narsingh

Waheeda Rehman : Gulabi

Ruma Guha Thakurta : Neeli

Gyanesh Mukherjee : Josef

*

(11)

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Mahanagar

মহানগর

(La grande cité)

(La grande ville)

(1963)

[durée : 2 h 11]

[N.& B.]

*

D'après un roman de Narendranath Mitra

Subrata Mazumdar, modeste employé de banque à Calcutta, a du mal à subvenir aux besoins de sa famille. Enfreignant les traditions, sa femme Arati se décide à chercher du travail et devient représentante en porte à porte. Son mari accepte mal cette situation mais suite à un krach, il est licencié et le travail de sa femme devient d’autant plus nécessaire. C’est alors qu’une collègue anglaise d’Arati est victime d’une injustice de leur patron. Par solidarité pour elle mais au risque de perdre son propre emploi, Arati décide de prendre sa défense…

Ours d'argent au festival de Berlin, 1964

*

Scénario : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Madhabi Mukherjee : Arati Mazumdar

Anil Chatterjee : Subrata Mazumdar

Jaya Bhaduri : Bani (la fille d'Arati et Subrata)

Haren Chatterjee : Priyogopal (père de Subrata)

Sefalika Devi : Sarojini (mère de Subrata)

Prasenjit Sarkar : Pintu (le fils d'Arati et Subrata)

Haradhan Bannerjee : Himangshu Mukherjee (le patron d'Arati)

Vicky Redwood : Edith (l'employée anglo-indienne)

*

(12)

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Charulata

চারুলতা

(1964)

[durée : 1h 57]

[N. & B.]

*

D'après une nouvelle de Rabindranath Tagore Nastanirh (Le nid brisé) [année de publication : 1901]. 

Calcutta, 1880. Un jeune et riche intellectuel, Bhupati, édite en anglais un hebdomadaire politique et porte peu d'attention à son épouse Charulata, femme sentimentale et douée de goûts artistiques. Se rendant compte de la solitude de sa femme, Bhupati demande à son cousin Amal, un jeune lettré insouciant, d'aider Charulata dans ses efforts littéraires et de stimuler le talent qu'elle pourrait avoir. Petit à petit, Charulata va se prendre d'affection pour Amal et se retrouver bouleversée par l'irruption de nouveaux sentiments…

Ours d'argent au festival de Berlin, 1965

*

Scénario : Satyajit Ray

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Madhabi Mukherjee : Charulata

Soumitra Chatterjee : Amal

Sailen Mukherjee : Bhupati Dutt

Shyamal Ghosal : Umapada

Geetali Roy : Mandakini

*

(13)

Two

(Deux)

(1964)

[durée : 15 min.]

[N. & B.]

*

" Deux est un film sans paroles sur un garçon riche et un garçon pauvre. La chambre de l'enfant riche domine la hutte de l'enfant pauvre. Le garçon riche descend par dépit le cerf-volant du garçon pauvre avec sa carabine à air comprimé. Mais l'esprit de l'enfant pauvre reste indomptable. "

[extrait d'un long entretien de Satyajit Ray avec Henri MICCIOLO, dans l'ouvrage référentiel de ce dernier : Satyajit Ray, 1981, éditions L'Age d'Homme, Lausanne, 344 pages]

*

interprètes :

Rabi Kiron (l'enfant riche) et "un enfant de la rue"

*

(14)

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Kapurush o mahapurush 

(Le lâche et le Saint)

(1965)

[durée totale : 2 h 19]

[N. & B.]

*

Film se présentant en deux parties distinctes :

[I]

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Kapurush 

(Le lâche)

*

D'après une nouvelle de Premenda Mitra.

Comme il se rend à Hashimara pour préparer un film, Amitabha tombe en panne dans une petite ville. Recueilli pour la nuit par le propriétaire d'une plantation de thé, il reconnaît en son épouse une femme qu'il avait aimée puis abandonnée et qui vit, aujourd'hui, insatisfaite de son mariage. Amitabha propose à la jeune femme de partir avec lui, mais, à la dernière minute, il fuit le rendez-vous.

*

interprètes : 

Soumitra Chatterjee : Amithaba Roy

Madhabi Mukherjee : Karuna

*

[II]

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Mahapurush

মহাপুরুষ 

(Le Saint)

D'après une nouvelle de Parasuram.

La jeune Buchki et son père rencontrent dans un train Birinchi Baba, un imposteur qui se fait passer pour un saint. Il les abuse si facilement que Buchki souhaite rapidement se convertir. C'est son fiancé Satya, pour ne pas la perdre qui va confondre le "sadhu" et révéler l'imposture aux yeux de tous.

*

interprètes :

Charuprakash Ghosh : Birinchi

Robi Gosh : l'assistant

*

(15)

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Nayak

নায়ক

(Le héros)

(1966)

[durée : 2 h]

[N & B.]

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Subrata Mitra

Musique : Satyajit Ray

*

Lors d'un voyage en train, Arindan, star du cinema qui se rend à New-Delhi pour recevoir un prix, raconte sa vie de comedien à une sympathique journaliste. Voyage perturbant pour ce heros qui est contraint de se remettre en question.

*

interprètes :

Uttam Kumar : Arindam Mukherjee

Sarmila Tagore : Aditi

Sumita Bose : Promilla Chatterjee

Bharati Devi : Manorama Bose

Ranjit Sen : Haren Bose

*

(16)

Chiriyakhana

(La ménagerie)

(1967)

[durée : n. p.]

[N. & B.]

*

Dans une colonie en dehors de Calcutta, un juge à la retraite, engage un détective pour enquêter sur des meurtres...

* 

Scénario : Satyajit Ray  

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Uttam Kumar : Byomkesh Bakshi

*

(17) 

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Goopy gyne Bagha byne

গুপী গাইন বাঘা বাইন

(Goopy le chanteur et Bagha le joueur de tambour)

(Les aventures de Goopy et Bagha)

(1968)

[durée : 2 h 12]

[N. & B. et couleurs]

*

D'après un conte de Upendrakishore Raychowdhury

*

Deux musiciens sans talent, expulsés de leur village, obtiennent d'un bon esprit la possibilité de réaliser magiquement leurs désirs et de transir d'émerveillement leur auditoire par leur musique. Ils peuvent, ainsi, empêcher les guerres, gagner la confiance des rois et épouser leurs filles.

* 

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Tapen Chatterjee : Goopy

Robi Ghosh : Bagha

Santosh Dutta : le roi de Shundi et le roi de Halla

Jahar Roy : le Premier misistre de Halla

Harindranath Chatterjee : le magicien

Prasad Mukherjee : le roi des fantômes

Santi Chatterjee : le général de Halla

*

(18)

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Aranyer din ratri

অরণ্যের দিনরাত্রি

(Des jours et des nuits dans la forêt)

(1970)

[durée : 1 h 55]

[N. & B.]

*

Quatre amis quittent Calcutta en voiture et se rendent dans la région forestière de Palmau pour passer quelques jours de vacances dans un bungalow. Il y a là Ashim, cadre dans une société, Sanjoy le discret contremaître, Hari, le plus jeune et grand joueur de cricket et Shekar, le petit rigolo du groupe, au chômage. Grâce aux diverses jeunes femmes qu’ils rencontrent, ils vont apprendre à mieux se connaître…

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Sumitra Chatterjee : Ashim

Sharmila Tagore : Aparna

Subhendu Chatterjee : Sanjoy

Robi Gosh : Sekhar

Samit Bhanja : Hari

Simi Garewal : Duli

Pahari Sanyal : Sadasiv Tripathi

Kaberi Bose : Jaya

Aparna Sen : l'ex-ami d'Hari

*

(19)

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Pratiwandi

প্রতিদ্বন্দ্বী

(L'adversaire)

(1970)

[durée : 1 h 50]

[N. & B.]

*

D'après un roman de Sunil Gangopadhyay.

*

Siddharta, étudiant en médecine, se voit contraint d’interrompre ses études à la mort de son père. Il se met à chercher du travail et va d’entretien en entretien. Refoulé à chaque entretien d'embauche, il perd peu à peu confiance en lui. Errant dans un Calcutta secoué par une agitation politique intense, il se retrouve confronté à la misère, au refoulement sexuel, à l’activisme gauchiste de son frère, à l’arrogance des puissants, à la liberté d’esprit de sa sœur, torturé par le doute et ses conflits intérieurs… Il finit par accepter un modeste emploi de représentant en pharmacie pour les hôpitaux.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Dhritiman Chatterjee : Siddhartha Chaudhuri

Indira Devi : Saroji

Debraj Roy : Tunu

Jayashree Roy : Keya

Khrisna Bose : Sutapa

*

(20)

Sikkim

[documentaire]

(1971)

[durée : 1 h]

[couleurs]

*

Documentaire sur le royaume himalayen de Sikkim,

son histoire et la vie des gens et sa culture socio-économique et religieux.

*

(21)

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Seemabaddha

সীমাবদ্ধ

(Enfermé dans des limites)

(Company limited)

(1971)

[durée : 1 h 52]

[N. & B.]

*

Un ambitieux cadre soulève une grève parmi les employés pour couvrir un défaut technique dans la production de l'entreprise...

* 

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Barun Chanda : Shyamalendu Chatterjee

Sharmila Tagore : Sudarshana

Paramita Chowdhury : Dolan

Shefali : la danseuse

*

(22)

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The inner eye

ভেতরের চোখ

(L'oeil intérieur)

[documentaire]

(1972)

[durée : 20 min.]

[couleurs]

*

A propos de l'oeuvre du peintre aveugle Binode Behari Mukherjee - dont Satyajit Ray fut l'un des élèves à l'institut Santiniketan, fondé par l'écrivain Rabindranath Tagore.

*

" J'ai fait ce film en raison de mon admiration pour l'homme et l'artiste. " [S. Ray]

*

(23)

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Ashani sanket

অশনি সংকেত

(Tonnerres lointains)

(1973)

[durée : 1 h 41]

[couleurs]

*

D'après un roman de Bibhutibhusan Bannerjee.

En 1942, un village perdu du Bengale ignore la Deuxième Guerre Mondiale. Un couple de brahmanes, Gangacharan et son épouse Ananga, vit des offrandes des villageois pauvres en échange de conseils religieux, de soins médicaux et de formation scolaire. Mais ces privilèges sont remis en question lorsque la pénurie du riz, due à la guerre, s’installe durablement. Les liens sociaux s’altèrent et les brahmanes sont alors exposés à la violence des villageois…

Ours d'or au festival de Berlin, 1973

*

interprètes :

Soumitra Chatterjee : Gangacharan

Babita : Ananga

Sandhya Roy : Chutki

Ramesh Mukherjee : Biswas

Chitra Bannerjee : Moti

Nony Ganguly : Jadu (l'homme brûlé)

Govinda  Chakravarty : Dinu

*

(24)

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Sonar kella

সোনার কেল্লা

(La forteresse d'or)

(1974)

[durée : 2 h]

[couleurs]

*

Mukul, un jeune garçon, est hantée par le souvenir de sa vie antérieure. Il est pris en charge par le Docteur Hajra, un parapsychologue...

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Soumitra Chatterjee : Felu

Santosh Dutta : Lalmohan Ganguly

Kushal Chakravarty : Mukul Dhar

Sailen Mukherjee : Dr. Hemanga Hajra

Ajoy Banerjee : Barman

Sunil Sarkal : le père de Mukul

Siddharta Chatterjee : Tapesh

Kamu Mukherjee : Mandar Bose

Harindranath Chattopadhyaya : Sidhu Jyatha 

Bishnupada Rudrapaul : Dibbhojuti

Haradhan Banerjee : le père de Tapesh

*

(25)

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Jana aranya

হিউম্যান জঙ্গল

(L'intermédiaire)

(La jungle humaine)

(1975)

[durée : 2 h 11]

[N. & B.]

*

Somnath, un jeune étudiant à Calcutta, échoue à ses examens : un correcteur n'a pu déchiffrer son écriture minuscule... Renonçant à poursuivre ses études, Somnath décide de trouver un emploi. Ne parvenant à se faire embaucher nulle part, il se lance dans les affaires, au grand désespoir de son père issu d'une famille noble mais ruinée qui considère le commerce comme l'ultime déchéance familiale. Somnath découvre les pratiques de corruption qu'il cache à sa famille. Il se trouve bientôt face à une demande très spéciale de son patron : " N.F.A.I., N.F.A.I."... Satyajit Ray nous entraîne ici dans la «jungle humaine» où les lois de survie font taire les scrupules moraux et éthiques. Comme un «homme du milieu», Somnath finit par fournir des call-girls à ses clients...

*

interprètes :

Pradip Mukherjee : Somnath

Kalyan Sen : M. Bakshi

Satya Bandyopadhyay : le père de Somnath

Dipankar Dey : Bhombol

Arati Bhattacharya : Mme Ganguli

Gautam Chakraborty : Sukumar

Lily Chakravarty : Kamala

Bimal Chatterjee : Adok

Kalyan Chatterjee : l'ami de Somnath

Bimal Deb : Jagabandhu

Santosh Dutta : Hiralal

Utpal Dutt : Bishuda

Robi Gosh : Natabar Mittir

Soven Lahiri : Goenka

Padmadevi : Mme Biswas

Aparna Sen : l'ex-petite amie de Somnath

Sudeshna Das : Kauna / Juthika

*

(26)

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Bala

[documentaire]

(1976)

[durée : 29 min.]

[couleurs]

*

Une célèbre danseuse traditionnelle de l'Inde du Sud :

Balasaraswati - familièrement "Bala" - et son art : le bharata natyam...

*

(27)

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Shatranj ke khilari

शतरंज के खिलाड़ी

(Les joueurs d'échecs)

(1977)

[durée : 1h 53]

[couleurs]

*

D'après une nouvelle de Munshi Premchand.

Mir et Mirza, propriétaires teriens du Royaume musulman d'Oudh, se livrent à d'interminables parties d'échecs en fumant leur hooka. En cette année 1856, la Compagnie des Indes songe fortement à annexer le royaume et à déposer le souverain Wajid Ali Shah, plus féru de poésie et de musique que de politique. Pris par leur passion, les deux seigneurs en viennent à délaisser leurs femmes et prêtent encore moins attention aux rumeurs de colonisation qui circulent. Chassé de chez lui par son épouse exaspérée, Mirza accepte de venir jouer dans la demeure de Mir. D'ailleurs, Nafeesa, sa femme, ne demande pas mieux, elle encourage même cette passion... pour recevoir tranquillement son jeune et beau cousin ! Représentant l'Angleterre, le général Outtram transmet l'ultimatum au roi, lequel sait qu'il peut rapidement disposer d'une puissante armée pour s'opposer aux Anglais. Devant les menaces de guerre, les deux amis s'éloignent de Lucknow, la capitale, afin de poursuivre au calme leur partie. Refusant de noyer son pays dans un bain de sang, le roi Wajid Ali Shah accepte de recevoir l'émissaire anglais et abdique. Après s'être disputés, Mirza ayant fait allusion à l'infidélité de la femme de Mir, les joueurs se réconcilient et entreprennent une nouvelle partie. À quelques mètres de là, alors que le soleil se couche, défile, imposante, l'armée anglaise.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Amjad Khan : Wajid Ali Shah

Sanjeev Kumar : Mirza Sajjad Ali

Saeed Jaffrey : Mir Roshan Ali

Richard Attenborough : Général James Outram

Shabana Azmi : Khurshid (épouse de Mirza)

Farida Jalal : Nafisa (épouse de Mir)

Victor Bannerjee : le Premier Ministre

Amjad Khan : le roi Wajid Ali Shah

David Abraham : Munshi Nandlal 

Farooq Shaikh : Aqueel

Tom Alter : Capitaine Weston (aide de camp d'Outram)

Leela Mishra : Hirya (servante de Khurshid)

Samarth Narain : Kallu

Bhudo Advani : Abbajani

*

(28)

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Joi Baba Felunath

জয় বাবা ফেলুনাথ

(Vive le Seigneur Félu !)

(Le Dieu éléphant)

(1979)

[durée : 1 h 52]

[couleurs]

*

D'après un roman de Satyajit Ray.

A Bénarès, un vieil homme propriétaire d'une statuette de Ganesh, le dieu Eléphant, ne comprend pas les offres démesurées qu'on lui fait pour cet objet qui n'a aucune valeur sur le marché de l'art. Peu de temps après, la statuette est dérobée. On fait appel au détective Félu qui se charge de l'enquête, aidé de son ami Tapesh et d'un auteur de livres pour enfants.

*

Scénario original : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

* 

interprètes :

Soumitra Chatterjee : Félu

Santosh Dutta : Lalmohan Ganguly

Siddhartha Chatterjee : Tapesh

Utpal Dutta : Maganlal

Jit Bose : Ruku

*

(29)

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Hirok rajar deshe

 হীরক রাজার দেশে

(Le royaume des diamants

(1980)

[durée : 1 h 58]

[couleurs]

*

Goopy Gayin et Bagha Bayin, un duo de musiciens, reviennent à la cour du Raja Hirak où ils sont invités à se produire pour le jubilé du royaume... Il s'agit de la "suite" donnée par Satyajit Ray à Goopy gyne Bagha byne (1968) [Goopy le chanteur et Bagha le joueur de tambour / Les aventures de Goopy et Bagha] qui fut un grand succès commercial au Bengale et dans l'ensemble de l'Inde.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy 

Musique : Satyajit Ray

*

(30)

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Pikoo

পিকু

(Pikoo's Diary)

(1980)

[durée : 23 min.]

[couleurs]

*

Une vaste demeure à Calcutta, résidence de la famille de Pikoo, un enfant de six ans environ. Celui-ci vit avec ses parents et un grand-père grabataire. Pikoo est témoin d'une visite prolongée d'un de ses oncles à sa mère...

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Arjun Guha-Thakurta : Pikoo

Aparna Sen : Seema (la mère de Pikoo)

Victor Bannerjee : Hitesh (l'amant de Seema, oncle de Pikoo)

Soven Lahiri : Ranjan (le père de Pikoo)

Promod Ganguly : Loknath (le grand-père de Pikoo)

*

(31)

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Sadgati

সদগতি

(Délivrance)

(1984)

[téléfilm tourné en langue hindi]

[durée : 52 min]

[couleurs]

*

Dukhi Chamar, un tanneur de la caste des Intouchable d'un village du Rajasthan, a besoin des services du Brahmane : il veut lui demander conseil pour fixer la date du mariage de sa fille. Il se rend donc chez lui : le Brahmane, un homme riche, qui n'a pas le temps de le recevoir, mais lui fait confier toute une série de travaux difficiles et humiliants à accomplir... Bien qu'il se remette à peine d'une mauvaise fièvre, Dukhi s'exécute. Il finit par se tuer à la tâche en voulant fendre une énorme bûche au moyen de la petite hache élimée que le Brahmane a mise à sa disposition. Lorsqu'il s'aperçoit de sa mort, le Brahmane demande aux autres intouchables du village d'évacuer le corps : une tâche considérée comme impure, qu'il ne saurait effectuer lui-même. Mais la communauté, prévenue de sa venue, a décidé de refuser de toucher au corps. Le cadavre ne peut rester là où il est, car il est à proximité du puits utilisé par les hindous de haute caste du village. Le brahmane doit se résoudre à attacher une corde au pied de Dukhi, de nuit, pour trainer le corps hors du village.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Om Puri : Dukhi

Smita Patil : Jhuria

Mohan Agashe : le Brahmane 

Gita Siddharth : l'épouse du Brahmane

Richa Misha : Dhania

*

(32)

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Ghare Baire

 ঘরে বাইরে

(La Maison et le Monde)

(1984)

[durée : 2 h 20]

[couleurs]

*

D'après un roman de Rabindranath Tagore [année de publication : 1916].

1905 : l'Inde est une société en crise. Le gouverneur général des Indes, s'appuyant sur l'antagonisme entre Hindous et Musulmans, divise le Bengale en deux, afin de mieux pouvoir perturber l'économie locale et importer des produits anglais. Sandip et Nikhil, deux amis appartenant à l'intelligentia bourgeoise bengalaise, boycottent cette politique et tentent, chacun à sa façon, de faire avancer la situation. Sandip, fervent natonaliste, électrise les foules grâce à ses dons d'orateur. Il pousse à la violence et n'hésite pas lui-même à fréquenter des chemins douteux. Nikhil, pacifiste indépendantiste, souhaite que l'Inde développe ses propres manufactures afin que les Indiens puissent vivre de leur travail sans avoir à subir l'implacable concurrence anglaise. Il prône la modération pour ce qui est des tensions religieuses. Contrairement à son ami Sandip, il ne rejette pas tous ce qui est de provenance anglaise. Il apprécie d'ailleurs certains aspects progressistes de cette culture qu'il souhaiterait voir appliquer à sa société. Entre ces deux hommes, Bimala, l'épouse de Nikhil. Nikhil, souhaite intégrer sa femme à la bonne société ; il lui donne accès à l'éducation, à commencer par des cours d'anglais. Puis il n'hésite pas à la faire rentrer dans des sphères de réflexions traditionnellement réservées aux hommes. Bimala, déchirée entre tradition et modernité, accepte de rencontrer Sandip, mais de cette rencontre naîtra une fascination dévorante qui bouleversera la jeune femme.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes

Soumitra Chatterjee : Sandip Mukherjee

Victor Banerjee : Nikhilesh (Nikhil) Choudhury

Swatilekha Chatterjee : Bimala Choudhury

Gopa Aich :  The sister-in-law

Jennifer Kendal : Mrs Gilby

Manoj Mitra : Headmaster

Indrapramit Roy : Amulya

Bimala Chatterjee : Kulada

*

(33)

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Sukumar Ray

[documentaire]

(1987)

durée : 30 min.

[couleurs]

*

Une évocation de la vie et l'oeuvre de l'auteur de Goopy gyne, Bagha byne ("Les aventures de Goopy et Bagha", adapté par Satyajit Ray) & autres contes bengalis...

*

(34)

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Ganashatru

গণশত্রু

(Un ennemi du peuple)

(1990)

[couleurs]

*

D'après une pièce d'Henrik Ibsen.

L'action se passe à Chandipur, une ville imaginaire du Bengale. Le docteur Gupta, généraliste qui dirige l'hôpital, est personnellement convaincu que l’eau sacrée du temple est à l’origine de l’épidémie qui secoue la région. Il acquiert peu à peu la certitude que le nombre excessif de maladies qui frappent ses patients provient d'une infiltration des eaux usées dans les réserves du temple. Il alerte son frère Nishrith, responsable municipal, qui refuse de fermer le temple afin que les canalisations soient réparées… Il va tout tenter pour faire fermer celui-ci. Il sera bientôt déclaré "ennemi du peuple" pour cette idée sacrilège...

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Soumitra Chatterjee : Dr Ashok Gupta

Dhritiman Chatterjee : Nishrith Gupta

Subhendu Chatterjee : Biresh

Dipankar Dey : Haridas Bagghi

Vishwa Guha Takurta : Ranen Haldar

Ruma Guha Thakurta : Maya Gupta

Mamata Shankar : Indrani Gupta

*

(35) 

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Shakha proshakha

শাখা প্রশাখা

(Les branches de l'arbre)

(1990)

[couleurs]

*

Ananda, ancien directeur de "Mica Works", vit retiré avec son second fils, Proshanto, devenu handicapé mental à la suite d'un accident. Il a 3 autres fils qui ont tous une position sociale confortable, à l'exception du plus jeune, Protap, qui a préféré une carrière artistique au milieu financier dans lequel évolue le reste de la famille. Alors qu'Ananda les a tous réuni à l'occasion de son 70ème anniversaire, ainsi que plusieurs notables de la ville, celui-ci est victime d'une attaque cardiaque.

*

Scénario : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Ajit Bannerjee : Ananda Majumdar

Haradhan Bannerjee : Probodh

Soumitra Chatterjee : Proshanto

Depankar Dee : Probir

Ranjit Mullik : Protap

Lily Chakravarty : Uma

Mamata Shankar : Tapati

*

(36)

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Agantuk

আগন্তুক

(Le visiteur)

(1991)

[couleurs]

*

Anila, l'épouse de Sudhindra Bose, vient de recevoir une lettre de son oncle maternel, Manmohan Mitra : elle n’avait que deux ans lorsqu’il partit à l’étranger, et ne l’a jamais revu depuis. Or, Mitra manifeste le désir de la revoir, et lui demande l’hospitalité pour une semaine avant de poursuivre ses lointains voyages. Malgré le manque d’enthousiasme de Sudhindra, Anila le persuade d’accueillir le vieil homme, dont l’exubérance et les récits de voyages captivent leur jeune fils, Satyaki. Mais bientôt, sous la pression du mari, la famille voit en lui un imposteur, sinon un vulgaire voleur. On le soupçonne même de venir récupérer une partie de l’héritage. On le met à l’épreuve par l’intermédiaire d’un acteur : est-il vraiment l’oncle Mitra, ou joue-t-il à l’être ? Un avocat le met à la question et l’oncle se fait l’avocat de sa propre défense. Finalement, après Satyaki, la mère accepte enfin «l’étranger», tandis que son mari, tout comme les autres, ne comprend rien à ce mystérieux personnage. Au bout de quelques jours et de nombreuses conversations et chassés-croisés verbaux, l’oncle Mitra repart comme il est venu, mystérieusement, en laissant quelques mots à la famille . (Scénario original de Satyajit Ray).

Golden Lotus Award du meilleur réalisateur et du meilleur film au National Film Awards, 1992 

*

Scénario original : Satyajit Ray 

Directeur de la photographie : Sumendu Roy

Musique : Satyajit Ray

*

interprètes :

Depankar Dee : Sudhindra Bose

Mamata Shankar : Anila Bose

Upta Dutt : Manomohan Mitra

Dhritiman Chatterjee : Prithwish Sen Gupta

Robi Gosh : Ranjan Rakshit

Subrata Chatterjee : Chhanda Rakshit

Promode Ganguly : Tridib Mukherjee

Ajit Bannerjee : Sital Sarkar

*

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dimanche 22 février 2015

La Leyenda de Gara y Jonay : la Légende de Gara et Jonay

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Volver de la Isla de La Gomera, Canarias...

[en una Leyenda y veintiuno imágenes]

Revenir de l'île de La Gomera, Canaries...

[en une Légende et vingt-et-une images]

[im. 1 : Las nubes sobre España]

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La Leyenda de Gara y Jonay constituye una de las narraciones aborígenes más populares de las Islas Canarias (España). Es la historia de amor de un príncipe y una princesa aborigen que debido la oposición de sus familias deciden suicidarse. 

La Légende de Gara et Jonay est l'une des plus populaires histoires autochtones des îles Canaries (Espagne)C'est l'histoire d'amour entre un prince et une princesse aborigènes qui, en raison de l'opposition de leurs familles, décident de se suicider.

[im. 2 : El sol sobre Los Cristianos, Tenerife-sur]

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Esta leyenda ha sido de hecho calificada como la versión canaria de Romeo y Julieta, aunque esta leyenda aborigen es considerablemente más antigua que aquella de William Shakespeare.

Cette légende a en effet été perçue comme la version canarienne de Roméo et Juliette, mais cette légende autochtone est beaucoup plus ancienne que l'oeuvre de William Shakespeare.

[im. 3 / El gato rojo en la playa de La Caleta, Hermigua -- La Gomera-norte]

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La tradición oral relata que en un pueblo de la isla de La Gomera vivía una hermosa muchacha, Gara. 

La tradition orale rapporte que dans un village de l'île de La Gomera vivait une belle jeune fille, Gara.

[im. 4 : El pico/volcáno El Teide -- Tenerife -- vista de La Gomera-sur]

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En esta isla, había unos chorros que podían predecir si los jóvenes encontrarían el amor o no, los (chorros de Epina).

 Sur cette île, il y avait des sources qui pouvaient prédire si les jeunes filles trouveraient l'amour ou non (sources d'Epine). 

[im. 5 : El perro jóven en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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 Si el agua se mantenía tranquila, indicaba que sí lo hallaría.

 Si l'eau se tenait tranquille [restait claire], cela indiquait que oui, la jeune fille le trouverait. 

[im. 6 : Punta y faro de San Cristóbal -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Si el agua se enturbiaba, era signo de desamor. 

Si l'eau se troublait, c'était un signe de désamour [d'indifférence].

[im. 7 : La oveja en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Entonces, Gara y más jóvenes gomeras decidieron saber si hallarían el amor en las fiestas que se celebraban en la isla. 

Donc, Gara et d'autres jeunes Gomériennes décidèrent de savoir si elles trouveraient l'amour au cours des fêtes célébrées dans l'île.

[im. 8 : Faro de San Cristóbal -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Cuando Gara se dispuso a mirar, el agua se mantuvo tranquila y serena, pero luego empezó a enturbiarse.

Quand Gara a commencé à regarder, l'eau est [d'abord] restée calme et sereine mais [ensuite] a commencé à se troubler.

[im. 9 : El perro jóven en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Inmediatamente, fue al sabio del lugar, el único que podía descifrar las indicaciones de los chorros, y le advirtió que se mantuviera lejos del fuego. 

Elle a immédiatement été voir le savant du lieu, le seul qui pouvait déchiffrer les significations des sources, et il l'a avertie de rester loin du feu.

[im. 10 : El candelabre y el sierra Lomo del Higueral -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Durante las fiestas, arribó a la isla Jonay, un apuesto joven guanche de la vecina isla de Tenerife, que junto con su padre y demás nobles, vinieron a la fiesta. 

Durant les fêtes, est arrivé à l'île, Jonay, un beau jeune Guanche de l'île voisine de Tenerife, qui, avec son père et d'autres nobles, est venu à la fête.

[im. 11 : Dos perros jóvenes en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Más tarde, se encontraron sus miradas, y su amor se hizo eterno. Estuvieron a punto de decir su noticia en público, cuando el volcán Echeide (El Teide) empezó a escupir lava y fuego. 

Plus tard, leurs regards se croisèrent et devinrent amour éternel. Ils étaient sur le point de raconter leur histoire en public, lorsque le volcan Echeide (El Teide) a commencé à cracher lave et le feu. 

[im. 12 : caminando... Ermita Nostra Señora de Guadalupe -- La Gomera-sur]

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Entonces, una amiga de Gara, que había ido con ella a los chorros, le contó lo que había pasado. 

Puis, une amie de Gara, qui était allée avec elle aux sources, raconta ce qui s'était passé. 

[im. 13 : Faro de San Cristóbal -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Entonces, los padres de Jonay y de Gara les prohibieron estar juntos.

Ainsi, les parents de Jonay et Gara leur ont interdit d'être ensemble.

[im. 14 : Punta Llana y Ermita Nostra Señora de Guadalupe -- La Gomera-sur]

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Pero aun así, Jonay, príncipe del fuego, se lanzó al mar durante la noche y cruzó rumbo a la Gomera a bordo de dos pieles de cabra infladas. 

Cependant, Jonay, le prince du feu, a sauté dans la mer pendant la nuit et a traversé vers la Gomera à bord de deux peaux de chèvre gonflées. 

[im. 15 : El pico El Teide -- Tenerife -- vista de La Gomera-sur]

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Jonay se enamoró de ella y la muchacha también lo amó. 

Jonay aimait Gara et la jeune fille l'aimait aussi. 

[im. 16 : Ermita Nostra Señora de Guadalupe, La Gomera-sur]

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Ambos jóvenes huyeron hacia el Cedro, en lo más alto de la isla, pero se les persiguió.

Les deux amants se sont enfuis à El Cedro, au plus haut de l'île, mais ils ont été poursuivis.

[im. 17 : El burro de carga tradicional gomero en Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Los amantes subieron hasta el pico más alto de La Gomera, y al verse acorralados, tomaron un palo afilado por ambas puntas y, apoyándolo en sus pechos, se abrazaron y murieron atravesados. 

Les amants ont grimpé jusqu'au plus haut sommet de La Gomera, et une fois acculés, ont pris un bâton aiguisé aux deux extrémités et, l'appuyant sur leurs poitrines, se sont étreint et sont morts transperçés.

[im. 18 : El Roque de San Pedro, 430 m., Hermigua, La Gomera-norte]

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Desde entonces esa montaña de laurisilva se llama Garajonay, en recuerdo de los dos enamorados que prefirieron morir juntos a continuar su vida separados. 

Depuis, cette montagne de laurier [Laurisilva] est appelée Garajonay, en la mémoire des deux amants qui ont préféré mourir ensemble plutôt que continuer leur vie séparés. 

[im. 19 : vista de la silva, Hermigua, La Gomera-norte]

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Actualmente el lugar es un Parque Nacional, el Parque Nacional de Garajonay.

 Actuellement, le lieu est un Parc National, le Parc National de Garajonay

[im. 20 : El sol sobre Los Cristianos, Tenerife-sur]

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[im. 21 :  El anochecer a Los Cristianos, Tenerife-sur] 

*

Texte : reproduction de l'article Leyenda de Gara y Jonay (accessible uniquement en langue espagnole), Wikipedia

Photographies : © Dourvac'h (février 2015)

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vendredi 26 décembre 2014

**************** Wim Wenders, années 70 ****************** ou "Sept pierres dans les jardins du 7ème art"

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Summer in the City

(1970)

*

[synopsis du film :]

Sa peine accomplie, Hanns sort de prison avec l'idée de faire table rase du passé. Se sentant suivi, il erre dans les rues de Munich qu'il ne reconnait plus. Il décide alors de prendre un vol pour Berlin, avant de partir pour l'Amérique...

[source : Ciné-Club de Caen]

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*

interprètes : Hanns Zischler (Hanns)

Libgart Schwatz (Libgart)

Marie Bardischewski (Marie)

Gerd Stein

Muriel Werner

Helmut Färber

Edda Köchl

Wim Wenders (joueur de billard)

*

[Et un avis du Ciné-Club de Caen... ]

Premier long métrage de Wenders, tourné pour son diplôme de fin d'études avec une caméra 16 mm et en noir-et-blanc : récit d'une errance dans les milieux urbains. Les références à l'Amérique (selon un processus mêlant attraction et rejet), les obstacles à la communication, évoquent déjà les films majeurs qui suivront...

*

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L'angoisse du gardien de but au moment du pénalty

(Die Angst des Tormanns beim Elfmeter

(1971)

*

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Adaptation du roman éponyme de Peter Handke.

*

[synopsis du film :]

Joseph Bloch est gardien de but de classe internationale. Lors d'une rencontre à Wien, il « décroche », encaisse un but et se fait expulser par l'arbitre. Il entame alors une errance dans la métropole et finit par étrangler une caissière de cinéma avec qui il vient de passer la nuit.

Il part en autocar pour la petite ville de Bierbaum où il essaie de renouer avec une ancienne amie.

Scénario de Peter Handke

[source : Wikipedia]

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*

Arthur Brauss (Joseph Bloch)

Kai Fischer (Hertha Gabler)

Erika Pluhar (Gloria)

Libgart Schwartz (bonne)

Marie Bardischewski (servante de l'auberge)

Rüdiger Vogler (livreur de boissons)

Wim Wenders (piéton à la gare routière)

*

[Et un avis :]

Difficile de faire plus existentialiste : meurtre de la caissière du cinéma qui semble commis "par hasard"...

Suivra l'errance -- en couleurs -- d'un (futur) repris de justice : assassin en liberté qui sera "serré" au final par un flic moustachu, à la sortie des gradins d'un match de foot (de dernière divison...). Et déjà la musique de Jürgen Knieper, à donner le blues à un Bavarois en pleine descente de "Bierfest"...

Interprètes -- professionnels comme non-professionnels -- tous sobres et magnifiques.

*

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La lettre écarlate

(Der Scharlachrote Buchstabe)

(1972)

*

[synopsis du film :]

L'action se déroule à Salem, Nouvelle-Angleterre au XVIIème siècle. Esther Prynne vit seule depuis la disparition de son mari. Elle accouche d'une fille adultère et devra porter une lettre rouge, symbole de son infamie, puisqu'elle refuse de divulguer le nom de son amant.

Adaptation du roman éponyme (The Scarlet Letter, 1850) de Nathaniel Hawthorne.

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[synopsis du livre :]  

La Lettre écarlate compte parmi les premiers romans de la littérature américaine. C'est un roman historique à plusieurs points de vue. Tout d'abord, il est un pamphlet virulent contre la société puritaine, arrivée en Amérique en 1620 et fondatrice des treize colonies de la côte est. Les ancêtres de Nathaniel Hawthorne étaient eux-mêmes des puritains et avaient pris part à la chasse aux sorcières de 1692. Honteux de ce passé violent et intolérant, le jeune Nathaniel Hathorne changera même son nom de famille en Hawthorne.

C'est donc une dénonciation du puritanisme et de ses lois qui sont une entrave à la dignité et à la liberté individuelle. Hester Prynne n'est pas plus coupable que les autres. D'ailleurs à la fin du roman, elle se rachète à leurs yeux en aidant les plus démunis et en apportant une réponse aux femmes de la communauté.

La peinture que fait Hawthorne des autres membres de cette communauté, et en particulier celle de ses dirigeants, met en exergue l'hypocrisie de cette société, soucieuse de garder un équilibre moral digne mais incapable de voir les vrais travers des membres qui la constituent.

La Lettre écarlate est aussi, et surtout, un roman sur l'art. En effet, Hester Prynne a recouvert sa lettre de fil d'or pour mettre en valeur non seulement son péché mais aussi le fait qu'elle ne peut être réduite à celui-ci. Elle est aussi douée pour les travaux d'aiguille et ce travail se rapporte à celui d'un artiste. D'ailleurs, cet art échappe complètement aux puritains, car ils la laissent arborer fièrement ce qui, en réalité, constitue un affront à ce qu'ils défendent. 

[Source : Wikipedia]

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Senta Berger (Hester Prynne)

Hans Christian Blech (Roger Chillingworth)

Lou Castel (le Révérend Dimmesdale)

Yelena Samarina (Miss Hibbins, fille du Gouverneur Bellingham)

Yella Rottländer (Pearl)

William Mayton (le Gouverneur Bellingham)

Alfredo Mayo (le Gouverneur Fuller)

Angel Alvarez (le Révérend Wilson)

Laura Currie (Sarah)

Rüdiger Vogler (le marin)

*

[Et un avis :]

Une très estimable adaptation du merveilleux roman "fondateur" de Hawthorne... Un film que "reniera" -- aux trois-quarts -- quelques années plus tard Wim Wenders, déjà malade de son perfectionnisme. Nous pensons, nous, qu'il se trompe totalement au sujet de la valeur esthétique de son oeuvre : celle-ci dégage beaucoup de charme !

L'actrice Senta Berger -- enceinte lors du tournage -- y est particulièrement lumineuse.

Même si la Nouvelle-Angleterre du XVIIème siècle "puritain" a été reconstituée en Galice pour des raisons d'économies... et  que les décors (également cheap) soient ceux d'une "ville de western" : tout cela ne nuit absolument pas au film et lui donne une étrangeté -- ou un onirisme -- supplémentaire !

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Alice dans les villes

(Alice in den Städten)

(1973)

*

[synopsis du film :]

Philip Winter passe quatre semaines à arpenter les États-Unis pour écrire un texte sur le paysage américain. Cependant, il se sent complètement aliéné de soi-même et de son entourage : au lieu d'écrire, il ne fait que prendre des centaines de photos avec sa caméra polaroïd. Bientôt, il doit rentrer en Allemagne parce qu'il n'a plus d'argent. À l'aéroport de New York, il fait la connaissance d'une jeune femme, Lisa, et de sa fille Alice, âgée de neuf ans. Il n'y a pas de vols pour l'Allemagne et ils décident d'attendre ensemble. Le matin suivant, cependant, Lisa a disparu, ne laissant qu'une note dans laquelle elle prie Philip de ramener Alice à Amsterdam où elle compte les rejoindre quelques jours plus tard. Arrivés à Amsterdam, Philip et Alice attendent en vain Lisa. Ils décident de partir à la recherche des grands-parents d'Alice qui habitent à Wuppertal en Allemagne, d'après le souvenir d'Alice. Puisqu'elle ne se rappelle plus le nom de sa grand-mère, ils doivent chercher la maison en arpentant la ville, avec une vieille photo pour seul guide. Pendant leur périple, ils font la rencontre d'une jeune femme chez qui ils passent une nuit. Découragé de leur vaines recherches, et parce qu'il n'en peut plus de la jeune fille à la personnalité assez affirmée, Philip la dépose dans un poste de police. Mais la jeune fille s'en échappe, retrouve Philip qui accepte de continuer la recherche de la famille d'Alice. Bientôt, l'histoire trouvera une conclusion aussi surprenante que, malgré tout, optimiste.

[source : Wikipedia]

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Rüdiger Vogler (Philip Winter)

Yella Rottländer (Alice)

Lisa Kreuzer (la mère d'Alice)

Edda Köchl (une amie à New York)

Ernst Böehm (l'éditeur)

*

[Et un avis :]

Le film qui a fait découvrir en France le cinéma de Wim Wenders. Son quatrième long métrage qu'on peut revoir dix fois avec le même sentiment d'émerveillement : grain de la pellicule, musique bluesy, impression de road movie familier, à la fois ludique et sentimental, riche du jeu instinctif -- alternativement dans le registre chaleureux ou renfrogné -- et toujours inspiré de ses deux principaux protagonistes (un adulte mal dans sa vie et une gamine livrée à elle-même). Et cette infinie pudeur dans la mise en présence de ses personnages. La musique nostalgique de Can, et toujours la "photo magique" de l'ami Robby Müller...

Tout est parfait en Alice dans les villes...

*

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Faux mouvement

(Falsche Bewegung)

(1975)

*

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Inspiré "librement" du roman 

Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister 

(Wilhelm Meisters Lehrjahre, 1795-1796) 

de Johann Wolfgang von Goethe.

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[synopsis du livre :]

Wilhelm Meister est un jeune marchand qui se croit une vocation d’acteur dramatique, vocation qui se serait éveillée en lui le jour où ses parents auraient fait l’acquisition d’un théâtre de marionnettes. Il se fait engager dans une troupe errante et découvre le monde, l’amour, les sociétés. Pour lui, la littérature et le théâtre peuvent changer la société car ils permettent d’approcher la réalité et l’idéal qui sont deux pôles indissociables.

[source : Wikipedia]

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Le film fut réalisé sur un scénario de Peter Handke.

Il s'agit du voyage que Wilhelm Meister - qui ne porte pas par hasard, le nom du personnage de Goethe - entreprend à travers l'Allemagne, du Nord au Sud. Il voudrait devenir écrivain.

Le script du film sera édité en France par Christian Bourgois en 1980.

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Rüdiger Vogler (Wilhelm)

Hans Christian Blech (Laertes)

Hanna Schygulla (Therese Farner)

Nastassja Kinski (Mignon)

Peter Kern (Bernhard Landau)

Ivan Desny (l'industriel)

Marianne Hope (la mère de Wilhelm)

Lisa Kreuzer (Janine)

Adolf Hansen (Schaffner)

*

[Et un avis :]

Le premier plan en hélicoptère : une ville provinciale sous la pluie. Un jeune homme brise la vitre de sa chambre et se blesse. Plages infinies de la mer du nord que l'on parcourt en vélo. Une mère conseillant à son fils de quitter le giron familial. Un train qui démarre. Un viel homme au regard malicieux et l'adolecente espiègle qui l'accompagne. Le visage de Nastassja Kinski (13 ans, à l'époque), le paysage qui défile sous la pluie, la musique lancinante de Jürgen Knieper. Le hasard des rencontres. La déception future enfouie dans toute relation aux autres. Ce que l'on nomme communément "avoir le blues"... soit le romantisme à l'état pur, qu'on retrouvera également transcendé dans L'ami américain...

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Au fil du temps

(Im Lauf der Zeit)

(1976)

*

[synopsis du film :]

Bruno Winter est un réparateur de projecteurs de cinéma qui sillonne la région frontalière entre l'Allemagne de l'ouest et l'Allemagne de l'est avec son grand camion de déménagement dans lequel il vit. Il fait la rencontre de Robert Lander, qui vient de quitter sa femme. Au cours de leur périple, ils font la rencontre d'un homme dont la femme vient de mourir dans un accident de voiture qui était peut-être un suicide, Robert rend visite à son père tandis que Bruno fait la connaissance d'une jeune femme. Au terme d'une escapade en moto, ils échouent dans un ancien poste de surveillance de la frontière. Se séparant alors -- chacun sa route -- les deux semblent avoir retrouvé le désir de changer leur propre vie.

[d'après source : Wikipedia]

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Rüdiger Vogler (Bruno Winter)

Hanns Zischler (Robert Lander)

Lisa Kreuzer (Pauline, la caissière du cinéma)

Rudolf Schündler (le père de Robert)

Marquard Bohm (l'homme qui a perdu sa femme)

Hans Dieter Trayer (Paul, le garagiste)

Patrick Kreuzer (le gosse à la gare)

*

[Et un avis :]

Un film magnifiquement lent -- comme son titre peut nous l'indiquer -- et qu'on aime re-découvrir à chaque fois... Une histoire de frontière et d'amitié. Kings of the Road est son titre anglais... Les rencontres de hasard en forment la trame -- comme dans le film précédent... Et la magie du noir-et-blanc contrasté de Robby Müller (son chef opérateur depuis Summer in the City) fait à nouveau merveille. Magie de l'instant insaisissable qu'a poursuivie Wenders... "au fil du temps" du tournage itinérant -- et certainement éprouvant -- de ce premier road movie intégral du cinéma européen. A l'instar de Bruno, "réparateur de projecteurs de cinéma", personnage mutique inamovible au volant de son camion impressionnant, Wenders s'est lancé sur les traces des "salles de cinéma qui ferment" et de l'esprit des temps du cinéma de Fritz Lang...

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L'ami américain

(Der amerikanische Freund)

(1977)

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Adaptation du roman Ripley s'amuse (Ripley's Game, 1974) de Patricia Highsmith.

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[synopsis du film :]

Jonathan Zimmermann est un encadreur et restaurateur de tableaux vivant à Hambourg avec sa femme et leur jeune enfant. Depuis un certain temps, Zimmermann sait qu'il est atteint de leucémie, mais son état semble être stable. Lors d'une vente aux enchères de tableaux, Zimmermann fait la connaissance de Tom Ripley, trafiquant de contrefaçons qui fait la navette entre New York et Hambourg. Ripley apprend que Zimmermann est très malade. Il l'apprend à son tour à un de ses contacts dans le milieu criminel, un Français qui s'appelle Minot. Celui-ci va proposer à Zimmermann de commettre un meurtre à Paris, en contrepartie de quoi Zimmermann doit recevoir une importante somme d'argent qui lui permettrait d'assurer une certaine sécurité financière à sa femme dans le cas de sa mort prématurée des suites de la leucémie. Zimmermann finit par accepter, et à partir de ce moment-là les choses se compliquent...

[source : Wikipedia]

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Scénario de Wim Wenders.

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Denis Hopper (Tom Ripley)

Bruno Ganz (Jonathan Zimmermann)

Lisa Kreuzer (Marianne Zimmermann)

Gerard Blain (Minot/"Raoul Duplat")

Nicholas Ray (Pogash/"Derwatt")

Samuel Fuller (gangster américain)

Peter Lilienthal (Marcangelo)

Daniel Schmidt (Ingraham)

Jean Eustache (l'homme du bar)

Lou Castel (Rodolphe)

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[Et un avis :]

Sans doute LE chef d'oeuvre -- dans la plus pure tradition romantique -- de Wim Wenders. A la fois oeuvre de peintre et hommage foisonnant à l'univers d'Edward Hopper : de la belle ouvrage qui, comme on dit, "n'a pas pris une ride"... pas moins de 37 ans plus tard ! Le film peut supporter aisément quinze visions en une existence de spectateur. Donc rien à jeter ? Absolument : tout à retenir... Le génie de Bruno Ganz, l'instinct de Denis Hopper, la voix et le visage tourmenté de Lisa Kreuzer...

La musique de Jürgen Knieper et la photo de Robby Müller : également éblouissantes.

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mardi 16 décembre 2014

Message personnel, du coeur de la bruyère...

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... de Notre (bon) calife Haroun-el-Poussah de Viviès !

 (photographie : novembre 2014)

Posté par regardsfeeriques à 19:37 - Commentaires [4] - Permalien [#]

samedi 15 novembre 2014

Le cinéma révélé de Katell Quillévéré

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Un poison violent (2010)

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Déjà, histoire si peu banale... 

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... aux cadrages parfaits, aux lumières poétiques...

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... au ton perpétuellement juste.

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Kroaz-hent délicat de ses quatorze ans...

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... entre prégnante religiosité catholique (familiale, bretonne) et bien naturel éveil des sens...

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Soif d'absolu, de toute façon...

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Force des silences et des non-dits : peut-être le plus magnifique dans l'oeuvre.

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Un poison violent :  est-ce l'existence ? le plus pur des amours ?

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Un scénario original (signé Katell Quillévéré & Mariette Désert), une mise en scène inspirée...

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Bravo, Katell !!

(Source photographie : Le Télégramme de Brest, 18 juillet 2010)

*

Synopsis :

Anna est une adolescente de 14 ans qui passe les vacances d'été chez sa mère dans la maison familiale de son grand-père dont elle est très proche et qui vit retiré en ermite malade au dernier étage de la maison. En pleines difficultés de l'adolescence, aggravées par la séparation de ses parents, elle vit une crise mystique difficile : allant aux enterrements, hésitant pour sa confirmation religieuse, questionnant un prêtre qui remplace son père absent. Son corps de jeune femme lui attire les regards de ses proches, soit par désir timide (un petit ami), soit par jalousie (sa mère, qui vit elle-même une difficile crise de la quarantaine), et l'agite sur ses sentiments et désirs.

Prix Jean-Vigo 2010

*

(Article en ligne : "Le Télégramme", 18 juillet 2010 -- pages "BREST")

Les pulsions sacrées de Katell Quillévéré

Katell Quillévéré était au cinéma Les Studios, vendredi soir, pour présenter «Un poison violent».

Les Studios ont fait salle comble, vendredi soir, lors de l'avant-première d'«Un poison violent» de Katell Quillévéré.

Rencontre avec une jeune réalisatrice qui vient de remporter le prix Jean-Vigo 2010 pour son premier long-métrage.

-- Pourquoi avoir choisi pour titre Un poison violent ?

" Déjà parce qu'il se réfère à la chanson de Gainsbourg [« Un poison violent, c'est ça l'amour », NDLR], qui désigne, sous cette formule, le sentiment amoureux. Dans mon film, je dirais plutôt que le poison violent, c'est la tension contradictoire qui habite tous les personnages : des pulsions qui les font se sentir vivants, mais qui les font également souffrir. "

-- Votre film explore, entre autres, les thèmes du passage à l'adolescence, de la religion catholique et des relations humaines. Serait-ce une oeuvre autobiographique ?

" Pas exactement, mais en partie. Il ya une citation de Truffaut que j'aime beaucoup et qui évoque bien cela : « Pour un cinéaste, un film est ce qu'il a vécu, ce qu'il a envie de vivre et ce qu'il a peur de vivre ». La question du catholicisme, je l'ai traversée. Je viens d'un milieu très croyant et je l'ai moi-même été, enfant. À 13 ans, j'ai perdu la foi, comme Anna, la protagoniste. Par contre, je n'ai pas grandi en Bretagne, ni évolué dans une famille comme celle qui est présentée dans le film. "

-- Avez-vous été inspirée par des cinéastes pour le scénario ou la mise en scène ?

" On a regardé pas mal de films de Bresson et Pialat avant le tournage, mais sans s'en inspirer directement. Je dirais que les couleurs et les plans nocturnes et d'intérieur (surtout en église) me rappellent le souffle baroque d'Argento. "

-- La musique est très importante dans votre film. Pourquoi avoir choisi une reprise de Creep, de Radiohead, comme chanson phare ?

" C'est une chanson magique! Je trouve qu'elle arrive à saisir quelque chose de l'essence des années adolescentes, le côté fragile et très douloureux. J'ai découvert la reprise de la chorale Scala, qui donnait une dimension presque sacrée au texte. Les thèmes conducteurs de mon film, l'amour et la religion catholique se rejoignent à travers cette interprétation. "

-- Avez-vous un autre projet sur le feu ?

" Je suis en pleine écriture d'un nouveau film, Suzanne. Mais je ne suis pas trop pressée, j'attends déjà les critiques de ce premier long-métrage. "

© Le Télégramme 

*

Interprêtes :

Clara Augarde (Anna)

Lio (Jeanne, mère d'Anna)

Stefano Cassetti (François, le prêtre)

Thierry Neuvic (Paul, père d'Anna)

Youen Leboulanger Gourvil (Pierre, l'amoureux d'Anna)

Michel Galabru (Jean, grand-père paternel d'Anna)

... et les lieux du tournage : Saint-Michel-de-Brasparts, calvaire et enclos paroissial de Notre-Dame-et-Saint-Tugen-de-Brasparts, ainsi qu'une brève échappée du père François et d'Anna vers la Chapelle Saint-Hervé (Ménez-Bré), Finistère.

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Suzanne (2013)

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Deux soeurs unies par la vie. Une mère absente, disparue...

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Ou vingt-cinq années d'existence familiale.

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Père routier, veuf qui dure : éduquant ses filles comme il peut...

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Film porté par une direction d'acteurs inspirés : tous émotionnellement unis - jamais laissés "en roue libre" ! (*)

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Force des regards, des silences...

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La marque intimiste (et universelle) de Katell Quillévéré.

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(Pas si loin du beau cinéma intimiste de James Gray, au fond !)

(*) Un prolifique scénario accidenté (à nouveau signé Katell Quillévéré & Mariette Désert), nous ayant semblé - en matière de crédibilité, et peut-être simplement par son happy ending un rien (celtiquement) entêté, s'inscrivant sereinement en "point d'orgue" de tant de malheurs - un tout petit cran en-deça du précédent... Mais de ma remarque pinailleuse (d'aborigène ariégeois mal dégrossi), je demande à l'avance pardon aux deux scénéraristes !

*

Interprêtes :

Sara Forestier (Suzanne)

Adèle Haenel (Maria)

François Damiens (Nicolas, le père)

Paul Hamy (Julien, le copain de Suzanne)

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(Un portrait de la réalisatrice-scénariste, née en 1980 à Abidjan)

Eh bé ! "Seulement" deux longs métrages à l'actif de Katell Quillévéré...

Et à l'évidence, une puissance créative hors modes !

*

NOTE IMPORTANTE : les deux films de Katell sont bien sûr

très facilement disponibles en DVD.

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jeudi 23 octobre 2014

Valerio Zurlini, d'un "Eté violent" au "Désert"...

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... fut ce film-météore de Valerio Zurlini ...

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(Estate violenta, 1959)

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 Feu dévorant des yeux d'Eleonora Rossi Drago (Roberta) ...

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Flamme vacillante et inquiète de Jean-Louis Trintignant (Carlo) ...

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Jacqueline Sassard (Rossana) au personnage délaissé -- si belle nuit d'été...

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Une bien trop jeune veuve, un fils de bourgeois fasciste dans l'Italie estivale...

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Beautés du mélodrame parfait, si constamment inspiré...

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L'indécidable des sentiments naissants...

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Nuits de juillet, année 1943...

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Chute imprévue du "Duce" au fronton de la "Casa Fascio" de Riccione...

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Cette guerre qui rejoint, et surprend toujours...

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Fulgurances, élans du coeur, âme qui semble sortir des yeux d'une actrice à la voix inoubliable...

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Chaque plan est une surprise -- ou pure merveille : inoubliable.

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Pincement de cordes de guitare, caresse d'archet de violons, d'un violoncelle : variations infinies...

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... pour vagues d'étreintes muettes en nocturne...

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Phrases que l'on peut se dire en se tournant le dos...

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-- sans doute l'une des plus pures et poétiques figures de style zurlinien...  --

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Incontestablement, l'un des plus beaux films de son auteur...

*

... dont la carrière fut patiente, discrète, belle et passionnante...

Pas moins de huit longs métrages, dont :

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(La Ragazza con la valigia, 1960)

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Aida (Claudia Cardinale)

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Lorenzo (Jacques Perrin), Aida (Claudia Cardinale)

Aida tente de retrouver Marcello Feinardi, jeune et riche playboy qui l'a abandonnée après quelques jours de liaison et des promesses. Elle sonne à la porte de la maison familiale de celui-ci, qui envoie son jeune frère, Lorenzo, l'éconduire en lui disant qu'elle s'est trompée d'adresse. Lorenzo est touché par la détresse et la beauté d'Aida. Débute alors une histoire d'amour impossible entre un innocent et idéaliste adolescent de la bourgeoisie et une jeune femme de province qui essaye de s'en sortir.

Une fille en errance et un amour impossible...

*

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(Cronaca familiare1962)

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Lorenzo (Jacques Perrin), Enrico (Marcello Mastroianni)

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Enrico (Marcello Mastroianni), Lorenzo (Jacques Perrin)

En Italie, Enrico, un journaliste, après avoir appris le décès de son frère, se souvient de leur enfance… Après le décès de leurs parents, les deux garçons se retrouvent séparés : Lorenzo, le cadet, adopté par un majordome aisé, aura une enfance heureuse tandis qu’Enrico, livré à lui-même, passera une adolescence misérable. Plus tard, on découvre que Lorenzo est atteint d’un mal incurable...

1945. Deux frères unis bientôt dans la pauvreté et la maladie...

D'après le roman autobiographique de Mario Missiroli (Cronaca familiare, 1947)

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(La prima notte di quiete, 1972)

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Daniele Dominici (Alain Delon)

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Vanina (Sonia Petrovna), Daniele (Alain Delon)

Daniele Dominici remplace un professeur malade au lycée de Rimini. Bien que séparé de sa femme, il vit toujours avec elle. Riches et oisifs, ses élèves l'ennuient, excepté Vanina, une jeune fille qui éveille son intérêt par la blessure secrète qu'il décèle en elle.

Solitudes, égarement des coeurs... ou ce qu'est l'hiver à Rimini.

*

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(Il deserto dei Tartari1976)

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 Ortiz (Max von Sydow)

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Drogo (Jacques Perrin), Siméon (Helmut Griem)

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Filimore (Vittorio Gassman), Drogo (Jacques Perrin)

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Siménon (Helmut Griem), Drogo (Jacques Perrin)

Le lieutenant Giovanni Drogo au fort Bastiani ( ... du roman-merveille de Dino Buzzati) : mythique forteresse d'argile retrouvée par le cinéaste à Arg-e-Bam, en plein désert iranien...

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Reproduction de la critique de Jean-Charles Lemeunier :

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Il est des livres qui ont la réputation d’être inadaptables à l’écran. Le désert des Tartares, chef-d’oeuvre de Dino Buzzati écrit en 1940, fut longtemps de ceux-là. Il avait inspiré Brel et son Zangra : « Je m’appelle Zangra et je suis lieutenant au fort de Belonzio qui domine la plaine d’où l’ennemi viendra qui me fera héros. »

En 1976, Valerio Zurlini prend le pari incroyable de traduire enfin en images Le désert des Tartares, avec un casting de rêve : Jacques Perrin, Vittorio Gassman, Max von Sydow, Laurent Terzieff, Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret, Fernando Rey, Helmut Griem, Francisco Rabal… Incroyable car il se passe finalement peu de choses dans ce récit philosophique d’un groupe de militaires cantonnés dans un fort du bout du monde (Bastiani dans le livre et non Belonzio) et attendant l’arrivée de l’ennemi. Zurlini s’est même payé le luxe de faire disparaître quelques épisodes et personnages du roman, telle la fiancée du héros (à peine aperçue au début du film). Dans le livre, et cela arrive aussi dans À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque, le personnage central a en horreur sa situation (le front de la guerre de 14-18 pour l’un, le fort Bastiani pour l’autre). Mais, quand il revient en ville, il s’ennuie et n’a qu’une envie, repartir : au front ou au fort. Ce personnage clef du Désert des Tartares, c’est le le lieutenant Drogo, incarné par Jacques Perrin, par ailleurs producteur du film.

Zurlini choisit de ne se concentrer que sur les militaires. Aucune femme ici, aucune éventualité d’amour, contrairement à la chanson de Brel où Zangra, en présence des femmes, parle de ses chevaux quand elles lui parlent d’amour, jusqu’au moment où il commencera à parler d’amour et elles, de ses chevaux. Certes, dès le générique, Zurlini nous montre en quelques plans Drogo avec sa mère et sa fiancée. Il les quitte le cœur léger, prêt à foncer vers son destin. Du seul retour de Drogo à la ville, pour raccompagner le corps d’Amerling, Zurlini ne filmera que la visite au général.

Écrit par André G. Brunelin et Jean-Louis Bertuccelli, le traitement de Zurlini est une réussite d’autant plus forte que le cinéaste italien a eu le génie de trouver le lieu approprié pour installer tous ses soldats : la magnifique citadelle de Bam, en Iran, malheureusement détruite par un séisme en 2003. Ce décor, les murailles, la ville en ruines à leur pied, le désert autour et les montagnes enneigées, est sans aucun doute le personnage central du film.

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Jacques Perrin (Giovanni Drogo), Chantal Perrin (Maria)

Le désert des Tartares s’ouvre sur le jeune Drogo qui part vers Bastiani pour sa première affectation. Rien n’est daté ni localisé précisément mais on pourrait être à la fin du XIXe siècle dans l’empire austro-hongrois. Drogo va vite faire connaissance avec l’état-major du fort (et l’on admirera le casting impeccable réuni par Zurlini) : Vittorio Gassman détient le grade suprême dans la forteresse, Giuliano Gemma en est le commandant et Fernando Rey un vieux colonel cacochyme tenant à peine debout. Sous leurs ordres, on reconnaît Max von Sydow, Laurent Terzieff, Helmut Griem et le médecin Jean-Louis Trintignant. La vie s’écoule, avec son cérémonial (les repas du soir), son emploi du temps réglé (les manœuvres, les sorties) et ses événements inattendus, de la visite d’un général (Philippe Noiret) au soldat qui a récupéré un cheval et veut revenir au fort. Cet acte aura des conséquences fortes, décrites dans le détail comme pour mieux confirmer la bêtise de l’armée.

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Fidèle à Buzzati, Zurlini traite de l’ambition, de l’attente, de l’ennui, de la vie perdue et en profite pour critiquer l’armée et son manque de perception et de modernité. De toutes ces séquences, Luciano Tovoli livre des images très belles. Le chef op’ n’oubliera visiblement pas cette expérience : quand sept ans plus tard, en 1983, pour le seul film qu’il réalise (Le général de l’armée morte), il va chercher un scénario du côté d’Ismaïl Kadaré (un écrivain aussi inadaptable que Buzzati), planter sa caméra dans les montagnes d’Albanie et faire défiler devant elle des militaires tout aussi prestigieux (Mastroianni, Piccoli, Sergio Castellito, Gérard Klein). La frontière est un autre grand thème traité par le roman et le film. Cette ligne de partage que le fort est censé surveiller, que nul ne peut franchir alors que personne n’est là pour le voir, que représente-t-elle exactement ? Ce qui nous sépare du mythe, de l’inconnu ? Qui nous laisse dans cet état humain si ennuyeux et si angoissant, métaphysiquement parlant ?

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En lisant Le désert des Tartares, en regardant le film, comment ne pas penser à Kafka et à son personnage qui fait l’ouverture du Procès (1962) d’Orson Welles ? Devant la grande porte de la Loi, un homme veut entrer. Le gardien lui refuse l’accès et lui explique qu’il n’a aucune chance de passer. L’homme vieillit patiemment devant la porte et fait tout pour entrer mais le gardien ne cède pas. Devenu un vieillard, mourant, il fait signe au gardien qui s’approche. Si la Loi est accessible à tous, demande-t-il, pourquoi personne ne s’est jamais présenté devant la porte ? Parce que nul autre n’aurait pu franchir ce portail, il n’était destiné qu’à toi, répond le gardien.
La logique de cette histoire, rappelle la voix-off d’Orson Welles, est la logique d’un rêve. Ou d’un cauchemar.
Bercé par la belle musique mélancolique d’Ennio Morricone, Le désert des Tartares est un cauchemar, celui d’une vie perdue à attendre un mythe, l’ambition d’un avenir glorieux, la mort sans doute. Et, lorsqu’elle arrive enfin, tandis que pour d’autres elle est délivrance (c’est le cas d’Amerling), elle surprend encore celui qui pense que son destin n’est pas tout à fait accompli alors qu’il est déjà loin derrière lui.

Jean-Charles Lemeunier

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Valerio Zurlini est né le 19 mars 1926 à Bologne, disparu le 28 octobre 1982 à Vérone.

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mardi 14 octobre 2014

La paix...

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... le soir tombé ...

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 ... sur les manteaux de cheminée ...

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 ... où sommeillent ...

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 ... quelques âmes, yeux blancs veillant...

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... sur la douceur d'être...

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" Bonsoir ! ... "

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" De douces nuits, aussi ! ... "

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Photographies : Dourvac'h

Viviès (Ariège), septembre 2014

(1), (6) : Chat sur terrasse et tas de bois, le soir

(2), (3), (4)  & (5) Personnages et frises -- manteaux de cheminée, château de Gargas

(7) Sieste au soleil frisant 

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dimanche 28 septembre 2014

Juste un hommage...

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Kreidefelsen auf Rügen

(Falaises de craie à Rügen)

(après 1818) huile sur toile, 90,5 x 71 cm, Winterthur, Museum Oskar Reinhart am Stadtgarten

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... à la belle vie d'Alan Henning, originaire de Manchester (Royaume-Uni), chauffeur de taxi... Il avait 47 ans.

(assassiné lâchement par des connards de psychopathes le 3 octobre 2014, en Syrie où il était venu -- à titre humanitaire -- aider la population civile)

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Der Wasserfall

(La cascade - détail)

(vers 1830) crayon et aquarelle, 25 x 34 cm, Collection particulière

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... à la belle vie d'Hervé Gourdel, né le 12 septembre 1959 à Nice, en France, guide de haute montagne... Il avait 55 ans.

(assassiné lâchement par des psychopathes bien nazes le 24 septembre 2014 en Kabylie, Algérie)

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Der Morgen (Tageszeiten-Zyklus)

(Le Matin / Cycle des heures du jour)

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum

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... à la belle vie David Cawthorne Haines, né en 1970 au Royaume-Uni, travailleur humanitaire... Il avait 44 ans.

(assassiné lâchement par un groupe de sous-humains dans le désert syrien le 14 septembre 2014)

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Ziehende Wolken

(Nuages passant)

(vers 1820) huile sur toile, 18,3 x 24,5 cm, Hamburg, Kunsthalle

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... à la belle vie de Steven Sotloff, né le 11 mai 1983 à Miami, Floride, U.S.A., journaliste... Il avait 31 ans.

(assassiné lâchement par de lâches crétins - "moins que des animaux" - dans le désert syrien le 2 septembre 2014)

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Elbschiff im Fruehnebel 

(Bateau sur l'Elbe, le matin dans le brouillard) 

(1820-1825) huile sur toile, 22,5 x 30,8 cm, Köln, Wallraf-Richatz Museum

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... à la belle vie de James Foley, né le 18 octobre 1973 à Rochester, New-Hampshire, U.S.A., photojournaliste indépendant... Il avait 40 ans. 

(assassiné lâchement par de tristes mutants dans le désert syrien le 19 août 2014)

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Erinnerung an das Riesengebirge

(Souvenir dans le massif des Géants)

(vers 1835) huile sur toile, 73,5 x 102,5 cm, St-Petersbourg, Musée de l'Ermitage

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... aux quatre belles vies d'Emmanuel, comptable, originaire de Tel Aviv, Israël (54 ans) ... de Myriam, son épouse comptable, originaire de Tel Aviv, Israël (53 ans) ... de Dominique, employée bénévole au Musée (66 ans) ... d'Alexandre (25 ans), né à Schaerbeek, Belgique, d'un père kabyle et d'une mère de confession juive, étudiant à l'Université de Louvain (25 ans)...

 (Quatre personnes tombées le 26 mai 2014 : fauchées par les balles d'un triste con 100 % lâche, dit "tueur de Bruxelles"... Ne  surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut leur assassin !)

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Landschaft im Riesengebirge 

(Paysage du massif des Géants)

(1810) huile sur toile, 45 x 58,3 cm, Moscou, Musée Pouchkine

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... aux huit belles vies d'Imad Ibn-Ziaten, maréchal des logis-chef de l'armée française, d'origine marocaine... d'Abel Chennouf, soldat français, d'origine algérienne (26 ans) ... de Mohamed Legouad, soldat français, d'origine algérienne (24 ans) ... de Loïc Liber, soldat français qui survivra à ses blessures (paralysé à 28 ans) ... de Jonathan Sandler, professeur d'école et rabbin (30 ans) ... du petit Gabriel Sandler, élève (3 ans)... de sa soeur, la petite Aryeh Sandler, élève (8 ans) - que leur père essaya de protéger avant de succomber - ... de la petite Myriam Monsonégo, élève (6 ans) ...

(Les huit personnes tombées les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban, France : fauchées par les balles d'un triste con, 100 % lâche, dit "tueur de Toulouse"... Ne surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut leur assassin !)

*

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Mann und Frau unter Mondschein

(Homme et femme contemplant la lune) 

(vers 1824) huile sur toile, 34 x 44 cm, Berlin, Nationalgalerie

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... à la belle vie de Hasni Chakroun, dit "Cheb Hasni" (الشاب حسني), né le 1er février 1968 à Wahran/Oran, Algérie, il était le "roi du Raï sentimental et célébrait simplement l'amour entre les êtres humains... Il avait 26 ans.

(à l'angle de la rue où l'artiste vivait, dans son quartier natal de "Gambetta", asssassiné lâchement le 26 septembre 1994 par un malade mental "intégriste"- Ne surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut son assassin !)

*

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Der Wanderer über dem Nebelmeer

(Le voyageur au-dessus de la Mer de nuages)

(vers 1817-1818) huile sur toile, 74,8 x 94,8 cm, Hamburg, Kunsthalle

*

... à toutes les victimes et à tous les "otages" d'hier, aujourd'hui ou demain...

(qui ont souffert, souffrent ou souffriront de se trouver un jour à l'entière merci de tels ou tels grands frustrés sexuels, complets ratés, petits-adolf-hitler & tristes mutants malades de leur énergie de mort : ceux-là qui resteront la honte de l'humanité !)

*

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Abend mit Wolken 

(Soir avec nuages)

(1814) huile sur toile, 14 x 22,5 cm, Mannheim Kunsthalle

*

Que vivent l'amour et la vie...

et que vivent longtemps ces personnes, chères à nos coeurs & nos mémoires de vivants !!! 

( ... qui emmerdons définitivement chacun de leurs assassins, ces nazis faits de m... et de mort !)

*

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Un grand merci à l'immortel talent du peintre Caspar David Friedrichné le 5 septembre 1774 à Greifswald (Royaume de Suède -- puis Poméranie, Prusse) , disparu le 7 mai 1840 à Dresden (Prusse), à l'âge de 65 ans...

*

Et pour admirer pas moins de 40 reproductions des chefs d'oeuvres de "notre" peintre romantique,

rendez-vous à l'article "Regards Féériques" du 9 juin 2013 !!!

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dimanche 7 septembre 2014

La traversée du désert - toujours recommencée...

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Photographies :

Dourvac'h

... et à bientôt -- d'ici à quelques semaines ou quelques mois -- avec

 les jolies vies sentimentales de Julie W., Gerti W. & Franz K. ... (*) (**)

*

(*) Grâce à notre Amie Christiana,

Un amour de Franz K. vient de trouver preneur chez l'éditeur/artisan Stellamaris à Brest !

Merci aussi à nos Amies Barbara & Aurelia,

pour leurs aides précieuses, précises et désintéressées, tout aussi concrètes & déterminantes !!!

(**) Revoir notre grand article du 1er juin 2014 (...)

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dimanche 10 août 2014

"Irish ways and Irish Laws" (trad. irlandais)

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Once upon a time there was Irish ways and Irish laws,

Il était une fois des chemins irlandais et des lois irlandaises,

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Villages of Irish blood, waking to the morning...

Villages de sang irlandais, s'éveillant au matin ...

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Waking to the morning...

S'éveillant au matin...

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Then the Vikings came around, turned us up and turned us down,

Puis les Vikings sont venus nous encercler, nous ont tourné dessus et dessous,

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Started building boats and towns, they tried to change our living...

Commençèrent à construire des bateaux et des villes, essayèrent de changer notre vie...

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They tried to change our living...

Ils essayèrent de changer notre vie...

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Cromwell and the soldiers came, started centuries of shame,

Cromwell et ses soldats sont venus, commencèrent des siècles de honte, 

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But they could not make us turn, we are river flowing...

Mais ils ne pouvaient pas nous faire tourner, nous sommes rivière qui coule...

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We're a river flowing...

Nous sommes rivière qui coule...

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Again, again the soldiers came, burnt our houses, stole our grain,

Et encore et encore les soldats sont venus, ont brûlé nos maisons, volé notre grain,

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Shot the farmers in their fields, working for a living...

Tiré sur les fermiers dans leurs champs, pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

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They were working for a living...

Pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

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Eight hundred years we have been down, the secret of the water sound

Huit cents ans nous avons été soumis, le secret du son de l'eau

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Has kept the spirit of a man, above the pain descending...

A gardé l'esprit humain au-dessus de la souffrance qui l'abaisse ...

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Above the pain descending...

Au-dessus de la souffrance qui l'abaisse... 

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Today the struggle carries on, I wonder will I live so long

Aujourd'hui, l'affrontement continue, je me demande si je vivrais aussi longtemps

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To see the gates being opened up to a people and their freedom...

Pour voir les portes s'ouvrir à un peuple et sa liberté...

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A people and their freedom...

Un peuple et sa liberté...

 *

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Irish Ways and Irish Laws

Song : John Gibbs

(traduction : dourvac'h)

*

photographies : dourvac'h

[Ariège, juillet 2014 :]

(1) , (3), (4), (7), (12), (19) : commune de Viviès (juillet 2014)

*

[Haute-Savoie, juillet-août 2014 :]

(2), (10), (16), (17)  : chalets de la haute-vallée de l'Arve

(18) : fontaine au village d'Araches, vallée de l'Arve

(5), (6), (11) : sculptures sur bois mort signées "G.F.", forêt des Carroz d'Araches  

(8), (9), (10), (13), (14), (15) : cascades à Sixt-Fer-à-Cheval, vallée du Giffre

*

Avec ce RAPPEL aux éventuels "neu-neus sans idées" toujours de passage & autres minables copieurs/pompeurs/-ses d'à peu près TOUT, légendant leurs pompages éhontés de leurs jésuitiques, niais (et sans doute pour eux auto-disculpant...) "trouvé sur internet:

PAS de reproduction possible sans NOS autorisations... (GRRRR !!!)

*

Mais si vous souhaitiez joindre à nouveau (et facilement) l'irrascible auteur de ces photographies,

 vous pouvez maintenant TRES VITE le contacter sur :

dourvach@gmail.com

(Auriez-vous même la gentillesse, SVP, de bien vouloir retrouver, reproduire et ré-expédier à cette nouvelle adresse vos éventuels RECENTS messages que vous auriez pu adresser ces dernières semaines à mon ancienne boite e-mail "dourvac_h@live.fr", aujourd'hui - hélàs - probablement piratée, en tout cas pour moi inaccessible ... )

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mardi 22 juillet 2014

"Heimat" d'Edgar Reisz (2013) & autres belles et grandes "nouvelles de l'Inactualité"...

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Die andere Heimat (Kronik einer Sehnsucht) (*)

(*) titre allemand : " L'autre Terre natale (Chronique d'un rêve) "

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Schabbach, en Rhénanie, 1842 à 1844. Des dizaines de milliers de paysans allemands, accablés par les famines, la mortalité infantile et la pauvreté, tentent d'émigrer en Amérique du Sud. Le Brésil est la Terre de tous leurs rêves...

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Jakob Simon rêve lui aussi d’un monde meilleur, mais surtout d’aventures.

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Mais voici toute l'histoire de la famille Simon...

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Jakob Simon : personnalité romantique, débitant de mémoire ses phrases magiques issues de dialectes amérindiens et dénichant en son environnement immédiat ces quinze variétés de vert connues "là-bas"... tel le protagoniste à la tête vide mais bruissante d'histoires de Joseph von Eichendorff, dans Aus dem Leben eines Taugenichts (ou Scènes de la vie d'un propre à rien, publié en 1826), sortant son violon dès que le Voyage commence...

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Le jeune Jakob sera donc notre Ulysse "presque immobile" (formidable Jan Dieter Schneider)... houspillé par son père Johann (Rüdiger Kriese), le forgeron-maréchal-ferrant de Schabbach...

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Fils cadet protégé par sa mère Margret (Marita Breuer), qui se consume peu à peu de tuberculose... Jakob profitant encore de la complicité "républicaine et laïque" de son oncle tisserand (Reinhard Paulus) quand les livres - ces ennemis du travail - lui sont arrachés des mains et envoyés sur le tas de fumier par un père enragé ...

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Le propre à rien tombe - plutôt maladroitement - amoureux de Jetchen (Antonia Bill) rencontrée en compagnie de son amie Florinchen (Philine Lembeck), un soir dans un pré en pente...

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Une idylle vite contrariée par le retour de son propre frère aîné  Gustav (Maximilian Scheidt), de retour du service militaire - sous son étrange casquette d'Etudiant de Prague... Non content de lui dérober sa dulcinée, il s'approprie même les rêves du cadet en devenant - à sa place - candidat à l'exil brésilien...

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Les visites clandestines de la soeur ainée Lena (Mélanie Fouché) réprouvée car mariée à un catholique d'un village voisin en terre protestante ; l'ombre bienveillante omniprésente de la grand-mère (Eva Zeidler),volontiers affairée à ses boudins de patates ; Margotchen (Zoé Wolf), la petite soeur au pied-bot, les morts d'enfants en cascade (impitoyable diphtérie...) dans le village hivernal... Enfin, Florinchen, l'amie inséparable de Jettchen,dévoile ses sentiments pour l'anti-héros rêveur...

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Passe sur ces vertigineux extérieurs et ces rudes intérieurs, en leurs gris nébuleux et par leur magie "claire obscure", tout le délicat souvenir des toiles de Millet et de Vermeer ...

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Film réalisé dans son Hunsrück natal en 2012-2013 par cet artiste alors âgé de 80 ans. Chef d'oeuvre incontestable... Au fond, grâce à quoi ? Au pari de l'exigence déterminant une oeuvre qui ait une "longue durée de vie"... Grâce au professionnalisme de son équipe technique et à la cohésion de sa "troupe" d'acteurs, d'actrices et de figurants (tous d'un charisme inouï, tout en étant de quasi-inconnus pour nous).

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Exception faite pour Marita Breuer - jouant la mère - émouvante actrice que reconnaitront les nombreux spectateurs de ses précédents films "de cinéma" : cette trilogie Heimat I, II et III d'une cinquantaine d'heures, produite par la télévision allemande et aujourd'hui disponible en DVD, à l'instar de ce dernier film en deux parties, d'une durée approchant 4 heures)...

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Après Heimat 1 sorti en 1984 (période 1919-1982), Heimat 2 en 1992 (période 1960-1970) et Heimat 3 en 2004 (période 1989-2000), Edgar Reitz nous livre aujourd'hui le prélude de sa saga antérieure en s'attachant à la très courte période 1842-1844.

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A la question : "Est-ce que vous regardez des séries ?", l'auteur répondit le 26/10/2013 à Jacques Morice pour l'hebdo "Télérama":

" Pas du tout. Au bout de dix minutes, j'abandonne, je trouve qu'il n'y a aucune qualité esthétique. Si les images étaient mieux faites, on ne les oublierait pas aussi vite. Elles se mélangent à plein d'autres dont on est abreuvé. De fait, je ne regarde pas la télévision. "

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Le format scope et le pointillisme coloré inattendu de certains plans en noir-et-blanc (idée née d'un incident lors du traitement de la pellicule, développée plus tard comme moyen esthétique additionnel : procédé rare et discret, d'une redoutable force émotionnelle) contribuent aux fortes qualités poétiques de l'oeuvre... 

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Re-création éblouissante d'un monde disparu...

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Un "classique moderne" inattendu...

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... avec l'empreinte (discrète) de Vermeer & Pieter de Hooch, bien sûr !

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Et il y eut, bien sûr, de formidables "Grands Ancêtres" (cinématographiques planétaires) dans la généalogie d'Heimat :

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The Wind (Le Vent, 1928) de Victor Sjöström

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City Girl (1930) de Friedrich-Wilhelm Mürnau

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My darling Clementine (La poursuite infernale, 1946) de John Ford

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L'homme sauvage (The Stalking Moon, 1968) de Robert Mulligan

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L'arbre aux sabots (L'albero degli zoccoli, 1978) de Ermanno Olmi

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Days of Heaven (Les Moissons du Ciel, 1979) de Terrence Malick

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et peut-être ...

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The Hi-Lo Country (1999) de Stephen Frears

- adapté du formidable livre éponyme de Max Evans (1961)

*

Vient  cette question "secondaire" (mais lancinante) à laquelle la vision de ce chef d'oeuvre nous renvoit soudain : la production puis la réalisation d'un film de dimensions et d'ambition équivalentes, à propos de "notre passé paysan", qui posséderait cette même authenticité, cette confiance légitime en son modeste point de vue - et d'aussi évidentes (stupéfiantes) qualités esthétiques et éthiques - seraient-elles seulement envisageables en notre "petit pays", aujourd'hui bien défait ?

Je crains la réponse...

Car nos plus proches souvenirs français - en mode évidemment mineur si on les compare à la force esthétique et émotionnelle d'Heimat d'Edgar Reisz - restent, pour nous :

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Moi, Pierre Rivière... de René Allio (1976) 

*

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Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion (2001)

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On se rend bien compte - même en cherchant dans tous les coins - que par chez nous, "la moisson est maigre".

Ou alors : un jour, peut-être ?

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Et en attendant ce jour hypothétique ?

Un excellent FILM (allemand &) UNIVERSEL à vous...

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(Heimat existe en support DVD - qualité d'image magnifique, et en vente partout) !!!

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dimanche 1 juin 2014

Julie W. & Franz K. (Deux à trois coeurs romantiques)

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Julie Wohryzek & Franz Kafka

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... se rencontrèrent un jour (glacial) de janvier 1919 à Schelesen (Zelizy), dans une pension de Bohême au nord de Prague (Praha) : la République tchèque venait de naître l'année précédente.

Espérant simplement que notre futur petit roman sera digne de ces belles âmes et "vrais personnages"...

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(*) son titre provisoire : Un amour de Franz K.

* 

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[extrait : incipit]

 

I

  

LA PENSION

 

Poussant la lourde grille de la pension : comme j’aime son joli grincement ! Un chant dans la neige. 

Si près des yeux, sa double rangée de flèches. 

Ecailles de métal peint sous la pulpe des doigts – rouille émeraude qu’on aime caresser longtemps, comme le dos d’un lézard immobile.

 

Est-elle déjà là ? 

Pas un mouvement aux rideaux. 

Pas encore rentrée… 

*

Quand je l’ai aperçue ici pour la première fois, Julie avait ce regard grave – yeux sombres fixant la toile cirée dans la salle-à-manger obscure ; résolvant je ne sais quelle énigme dans les quadrillages rouges et blancs. 

Visage fragment de lune dont j’admirais le profil. 

Cou fléchi de jeune cygne malade.

  

Tu étais là, seule et voûtée dans un restant de jour ; semblant ne plus rien attendre de la fin d’un voyage exténuant. 

Derrière toi, la blancheur du dehors ; je la vois qui perce les minuscules carreaux des si hautes fenêtres de la Stüdl. 

* 

Solives de bois sombre par-dessus nos têtes ; je remarque dans ce moment l’odeur du plâtre humide ; cette parole criée par le vieil homme près de la fontaine : « L’Elbe s’est mise à geler au nord de Liboch. »

 

Tu es là et je dois me courber pour avancer. 

Avec cette peur que tu ne t’enfuies ; mon souffle retenu. 

N’as-tu pas senti mon approche ?

  

Devrais-je m’avancer davantage ? 

M’immobilisant près de toi : mon bras n’a qu’à se tendre vers ton épaule… 

* 

«  Chap nisht ! » (1)

  

Je me découvre immense – toujours debout. Trop près de toi. 

Combien d’heures avant ma venue ? A te surprendre, ainsi figée sur ton banc.

*

C’était à Schelesen, au cœur de l’hiver. Dans cette salle interminablement longue, basse et étroite : la pièce la plus énigmatique de la pension où nous allions demeurer – deux, seulement deux !

  

«  Der epel falt nisht veit fern dem boim. » (2) 

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(1) [yiddish] Ne te précipite pas ! 

(2) [yidd.] La pomme ne tombe pas loin de l’arbre.

*

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Gerti Wasner

(en souvenir nostalgique d'une belle rencontre sur les bords du Lac, Riva Della Garda : septembre 1913)

*

[extrait chap. 2]

Je ne sais pas parler du bonheur. 

N’est-il pas temps que j’apprenne ? 

Un pas, puis deux dans la lumière… 

Comme un enfant apprend à marcher.

*

Petit roman nouveau qui devrait être prêt - comme je l'espère - pour l'été 2015...

*

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Grand Large (2013)

(vu ici par une auteure et lectrice de notre site communautaire Babelio)

" La disparition d'un enfant... La déchirure d'un couple... Bruno subit les affres de la vie. Pourtant, parmi toutes les turpitudes, sur ce chemin de croix, brille un petit bijou : sa fille, Clara, qu'il est obligé de se partager désormais avec la maman depuis que le petit Aurélien a disparu, un beau jour, alors qu'il jouait au bord d'une falaise. Pas de corps mais un décès sous-entendu et un deuil qui ne peut pas se faire, inévitablement. Alors Bruno, peintre de son état, dessine, encore et toujours ces falaises... jusqu'à l'ultime rebondissement...

Waouh ! Quel texte ! D'une puissance, d'une finesse ! On oscille entre le vocabulaire de la petite Clara, enfantin et touchant, les descriptions picturales, petits tableaux magiques déclinés par petites touches et les pensées du narrateur, être torturé, tant mentalement que physiquement puisqu'il se laisse aller dans une déchéance crasse. Cet artiste tiraillé entre ses deux enfants, la mort d'un côté et la vie de l'autre, m'a fait penser à ces poètes romantiques du XIXe siècle, déchirés par la disparition de l'être aimé, clamant leurs vers douloureux dans des paysages souvent composés d'éléments aquatiques. Bruno est devant les falaises comme Lamartine devant son lac.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce texte délicat qui ne peut laisser indifférent. (...) "
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Lydia Bonnaventure, 10 mai 2014,
auteure de La maladie et la Foi au Moyen Âge, La Louve éditions, 2011

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" C’est une petite mélodie que l’on aimerait entendre plus souvent… Dourvac’h en est à son second roman.
Avec lui, l’écriture vient du cœur, elle prend une signification singulière quand il décrit ses personnages, il y a une dimension d’humanité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Bruno, un peintre raté qui après avoir perdu son fils sombre dans l’alcoolisme et la solitude. Seule sa petite princesse Clara lui permet de garder la tête hors de l’eau.
Jusqu’au jour où il rencontre Rose qui à travers la fraîcheur d’un de ses tableaux tombe sous le charme de cet homme cabossé par la vie. Et à partir de ce moment tout bascule, sa misérable existence prend un tour particulier… « les enfants sont des magiciens » tant il est vrai qu’ils peuvent transcender l’existence des adultes.
Un petit roman à l’écriture fluide qui se lit très vite, un style entre pudeur et retenue, entre nostalgie et espoir. Avec en écho des paysages à la Caspar David Friedrich. A découvrir pour prendre le large."
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Laurence Cabrol, 13 mai 2013, journaliste à "Ariège News",
article Grand Large, le second roman de Dourvac'h
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[extrait : incipit]
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   Regarder la mer empêche de mourir.

  Je l'ai ressenti la première fois ce printemps dernier. J'ai regardé l'heure à ma montre : des puits de lumière dansaient à la crête des vagues. J'ai dû fermer les yeux un moment...

  À qui confier pareils secrets ?

*

  L'air de ce matin m'enchante – aussi les cris stridents des sternes, leur doux manège de marée montante... Tant de points scintillants dans ce tableau, tant de lumière blanche !

  Un bruit sec, frais : elles ont plongé dans l'écume et les voici, têtes ruisselantes – issues des flots et se hissant jusqu'au ciel...

  Vous vient l'envie de parcourir avec elles cette langue de sable infinie...traverser ces parois de cristal... fuir dans l'absence de limites...

  Ne sommes-nous pas venus du fond des océans, un jour ? 

*

  Môminette chantonne près de moi, s'en donne à coeur joie... sa petite chanson bien en tête...

  Ne s'occupe pas du reste...

  Accoudée à sa petite table de camping gondolée – petit bras blanc recourbé sorti d'une manche de robe fleurie : Clara dessine.

  Un beau motif pour moi, son père et peintre en devenir...

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Et bien sûr, voici le petit dernier...
L'été et les ombres (2009/ rééd. 2014)
(en fait premier des trois romans ici présentés et ayant déjà fait l'objet d'une auto-édition artisanale en 2009 :
texte révisé et augmenté d'une préface)
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" C'est toujours avec impatience que j'attends de lire un nouveau récit de Dourvac'h. Ceux et celles qui parcourent son blog savent que ce magicien des mots sait trouver le terme, la phrase juste pour nous faire passer le seuil de Féerie et se retrouver le temps de quelques instants auprès des Belles Dames. L'été et les ombres, le dernier-né de « La Compagnie des Fées » ne fait pas exception à la règle. Ce récit poignant et réaliste nous fait plonger le temps d'un été en "Outremonde", où deux adolescents, Val et Chris, ont créé leur monde féerique au coeur des arbres, où le temps, tel dans le monde des fées, s'écoule lentement. Mais même la rêverie doit prendre fin et un soir d' été un événement va mettre fin à la songerie et Chris, telle une illusion, va partir, disparaître de la vie de Val. Mais heureusement, telle la fin d'un Conte de Fée, nos jeunes amoureux vont se retrouver quelques années après et la magie va renaître, comme si rien ne s'était passé... Une très belle histoire où magie et beauté se cachent entre les branches des arbres où un frêle esquif fait front au vent. "
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Laure - site "De l'autre côté du miroir", article L'été et les ombres (28 août 2009) 
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[extrait : incipit]
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Comme la vie était douce à Saint-Cernin !
J'avais treize ans et mon frère venait de se marier. Quelle année était-ce ? J'ai oublié... Sa chérie s'appelait Rosemarie.

Je ne sais pas pourquoi je m'en souviens puisque ce fut si vite fini, elle et lui...

A l'époque, non. A l'époque, tout était important...
Tout commençait ! ... pour lui... pour moi...
D'abord pour moi ! A cause de... (Honte à moi !)... son départ.
Pourtant je l'aime bien, mon frère !
Mais le plus chouette : sa chambre sous les toits...
Ce qui est devenu mon repaire.
Bon ou moins bon, je suis sûr que tout vient de là...
De là-haut...

*


L'été arrivant, j'étais certain qu'on m'y laisserait tranquille... Toute la nuit, je pourrais là-haut garder ma fenêtre grande ouverte sans qu'on croie m'obliger à la refermer ; l'air frais des grands arbres du fond de la combe viendrait me trouver dans cette chambre bizarre, haute et mansardée, où je pourrais m'enfermer... Lire jusqu'à ce que mes yeux brûlent... Savoir que je quitte pour toujours l'âge des gosses...

Cet été que j'aimerai longtemps.

Aussi à cause d'elle.

*


Au début, je la connaissais par son drôle de surnom. Elle se donnait des airs de garçon manqué et se faisait appeler Chris. Une vraie tête de mule...

J'ai pensé que c'était une façon de se donner un genre... Un genre qui collerait exactement à ses cheveux mi-longs et son air sauvage.
Avec sa tête bien féminine, « Chris » s'accorde finalement à ce qu'elle a décidé d'être : quelqu'un qui oublie de ressembler à d'autres...

En fait, elle déteste parler de Christine, qui était son premier prénom : « prénom de tout le monde »... (Mais où va-t-elle chercher ça ?)

Chris n'est vraiment pas comme les autres...

– Te faire appeler Chris… Tu trouves pas que ça fait garçon ?
– Et alors ?

Vite prendre l'air de s'en fiche :

« Et alors : rien. C'est toi qui sais... »

Vient le moment où son regard s'évade sous sa frange droite :

– Toi, tu t'appelles bien Valentin, non ? J'ai entendu tes parents bramer ton nom dans la combe...
– … bramer ! … y a qu' les cerfs qui brament. Laisse les parents en dehors de ça...
– Monsieur est vexé... Et c'est quoi, ça ?

( … mon secret... « ça »... notre rencontre...)

Changer de sujet ! Cette fouine aux longs cils renifle déjà autour de mon nom familier...

Comme si elle lisait dans mes pensées ; ses yeux noirs qui s'allument :

– Moi aussi je pourrais te dire... Val ?
– ... mmh... (froncer les sourcils) ... okay, miss Chris !

Dire « Okay, Miss ! » vous évite généralement d'avoir l'air idiot.
Bon sang, que j'aimais ses yeux, déjà !
Et son prénom qui crisse comme le crin des chevaux.

Val et Chris, le beau couple...
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Vous informer ENFIN d'une rencontre prochaine entre Vous tous & nos presque réels personnages de ces trois p'tits romans : du moins si vous le souhaitez, on pourra surtout parler d'eux puisque "L'auteur, on s'en fout !". Rencontre avec des chaises et deux tables autour d'un thé vert au lait devant la belle vitrine de la Librairie des Couverts à MIREPOIX le jour de la Saint-Jean, samedi 21 juin prochain, entre 15 h et 19 h... Les deux derniers romans sont évidemment vendables, commandables & recommandables (à 15,00 ou 14,95 euros !!!) en toutes "bonnes" Librairies, fnacqueries & amazoneries de votre connaissance...

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jeudi 1 mai 2014

.......... Robert Walser le Magnifique (1878-1956) .......... "LebensGeschichte mit Bilder" (Une Histoire de vie illustrée)

Ici comme toujours, ces (dernières) petites nouvelles de l'Inactualité (*) ...

(*) Grand merci de ce précieux concept, chère Aurélia !

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L'Oeuvre écrite de Robert Walser :

(liste non exhaustive)

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Les rédactions de Fritz Kocher 

(Fritz Kochers Aufsätze, 1904)

 (traduction de Jean Launay : 1999)

(suivi de Histoires et Petits Essais, édition Gallimard, collection "Du monde entier", 1999)

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Les enfants Tanner 

(Geschwister Tannerroman, 1907)

(traduction de Jean Launay : 1985)

(éditions Gallimard, collection "Du monde entier", 1985 / collection "folio", 1992)

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" Un beau matin, un jeune homme ayant plutôt l'air d'un adolescent entra chez un libraire et demanda qu'on voulût bien le présenter au patron. Ce que l'on fit. Le libraire, un vieil homme très digne, dévisagea avec attention ce garçon qui se tenait devant lui un peu gêné, et l'invita à parler. « Je veux être libraire, dit le jeune homme, c'est une envie que j'ai et je ne vois pas ce qui pourrait m'empêcher de la suivre jusqu'au bout. je me suis toujours imaginé le commerce des livres comme quelque chose de merveilleux, un bonheur, et il n'y a aucune raison pour que j'en sois privé plus longtemps. Regardez, monsieur, comme je suis là devant vous, je me sens une extraordinaire aptitude à vendre des livres dans votre magasin, en vendre autant que vous pourriez souhaiter. Je suis un vendeur-né : affable, vif, poli, rapide, parlant peu, décidant vite, comptant bien, attentif, honnête, mais pas non plus aussi bêtement honnête que j'en ai peut-être l'air. Je sais baisser un prix quand j'ai affaire à un pauvre diable d'étudiant et je sais aussi le faire monter s'il ne s'agit que de rendre service aux riches, dont je vois bien que parfois ils ne savent que faire de leur argent. Je crois malgré mon jeune âge posséder une certaine connaissance des hommes. D'autre part, j'aime les hommes, si différents soient-ils : je ne me servirais donc jamais de ma connaissance des hommes pour avantager l'un plutôt que l'autre, pas plus que mes concessions aux pauvres diables n'iraient jusqu'à nuire à l'intérêt de vos affaires, monsieur. En un mot : sur ma balance de vendeur l'amour des hommes sera en parfait équilibre avec la raison commerciale, laquelle me paraît tout aussi importante et nécessaire à la vie qu'une âme aimante et généreuse. Je saurai trouver le juste milieu, soyez-en dès maintenant convaincu. "

[pages 9-10 de l'édition de poche "folio"]

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" Plusieurs semaines s'écoulèrent et le nouveau printemps s'annonça ; l'air était plus humide et plus doux, on percevait des odeurs et des bruits indécis qui paraissaient monter de la terre. La terre était molle, on marchait sur elle comme sur de gros tapis élastiques. On s'obligeait à écouter chanter les oiseaux. " Ca m'a tout l'air du printemps ", disaient pour s'aborder dans la rue les gens sensibles. Même les murs des maisons prenaient une certaine odeur, une couleur plus chargée. Tout avait l'air étrange alors qu'il s'agissait d'une chose si ancienne et si connue, mais on la ressentait comme entièrement nouvelle, elle provoquait un sentiment bizarre, violent.
  Le corps, les sens, la tête, les pensées, tout cela bougeait comme si cela voulait se remettre à pousser. L'eau du lac avait des reflets chauds et les ponts qui s'élançaient sur le fleuve paraissaient plus cambrés. Les drapeaux flottaient au vent et cela faisait plaisir de les voir flotter. Quand le soleil parut enfin, les gens sortirent par groupes et en rangs sur la chaussée blanche et bien propre. Ils s'arrêtaient pour mieux sentir la caresse de la chaleur. Il y eut beaucoup de manteaux laissés chez soi. On pouvait voir les hommes retrouver des gestes plus libres et les femmes faisaient des yeux étranges comme si l'âme allait leur sortir du coeur. "

[pages 36-37 de l'édition de poche "folio"]
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" Ah, regarder vers l'avenir, c'est tellement mieux que de rêver du passé. On rêve aussi quand on se projette dans l'avenir. Ne serait-il pas plus sage, quand on possède un esprit sensible, de consacrer son énergie et son intelligence aux jours qui se préparent plutôt qu'à ceux qu'on a déjà vécus ? Les temps à venir sont comme nos enfants, qui ont bien plus besoin de notre attention que les morts dont nous fleurissons les tombes avec amour, et peut-être aussi un peu d'exagération. "

[pages 193 de l'édition de poche "folio"]
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" La dame l'embrassa.
« Non, dit-elle, vous ne sombrerez pas. Ou bien ce serait dommage, dommage pour vous. Vous ne devez plus jamais parler si mal de vous, c'est un crime, c'est un péché. Vous vous mettez trop bas et les autres trop haut. Je saurai vous empêcher d'être dur avec vous-même. Savez-vous ce qui vous manque ? Vous devez prendre un peu de bon temps. Vous devez apprendre à parler tout bas et à répondre aux caresses. Vous allez vous amollir autrement. Je vous montrerai ; tout ce que vous ne savez pas faire, je vous le montrerai. Venez. sortons dans la nuit d'hiver. Dans la forêt qui gronde. J'ai tant de choses à vous dire. Savez-vous que je suis votre pauvre, votre heureuse prisonnière ? Plus un lot, plus un mot. Venez -- "

[pages 399-400 (*) de l'édition de poche "folio"]
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(*) Me suis souvenu - relisant la fin si "ouverte" de ce chef d'oeuvre - de cette carte postale de 1906 retrouvée par son ami Max Brod dans les papiers de Franz Kafka (par ailleurs, fervent lecteur des "petits papiers" journalistiques de Robert Walser) :

" C'est une forêt et dans cette forêt on peut être heureux. Alors viens ! "
(écriture inconnue et signature illisible)
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Etroites parentés d'âmes, tout de même...

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L'auteur en 1907

(année de la parution de Les enfants Tanner)

Découvert cet été, ce météorique "premier roman" : une oeuvre totalement spontanée et incroyablement lyrique, au ton extrêmement original, aux allures de manifeste romantique...

Elle fut créée par un Suisse germanophone né à Bienne en 1878 : Robert WALSER. Geschwister Tanner (Les enfants Tanner) a été publié à Berlin pour la première fois en 1907. Son manuscrit est issu d'un "premier jet" réalisé en 3 à 4 semaines entre janvier et février 1906 dans l'appartement berlinois de son frère Karl, peintre et décorateur très estimé en son temps... Le texte n'a nécessité que de minimes corrections (syntaxe, ponctuation) avant sa parution.

La traduction de Jean Launay pour les éditions Gallimard est remarquable : elle représente 332 pages dans l'édition de poche "folio" qui suivra (seule édition actuellement disponible en France). 

La plasticité et l'imprévisibilité des psychologies et des actes des attachants personnages de Simon, Klara, Kaspar, Hedwig, tout comme le "chant" délié de la langue du jeune Walser (à l'âge de 27 ans...) nous fascinent immédiatement... " On est fait pour les choses dont on rêve. " (comme l'écrit dans le roman, le doux personnage de Klara...).

Ses deux romans ultérieurs seront : Der Gehülfe (Le Commis) publié en 1908, puis Jakob von Gunten. Ein Tagebuch (L'institut Benjamenta) qui paraîtra en 1909. Pour l'avoir découverte intégralement depuis, il me semble qu'on puisse parler pour Robert Walser de "Trilogie romanesque magique" (*) ... Romans et personnages intemporels, face auxquels on croirait voir s'animer - juste sous nos yeux - les beaux visages de la liberté. 

(*) à l'instar de ce qu'on peut ressentir face à la tout aussi fabuleuse "Trilogie" des trois premiers romans de Dino BUZZATI : Barnabo delle montagne (Barnabo des montagnes), 1933 / Il segreto del Bosco Vecchio (Le secret du Bosco Vecchio), 1935 / Il deserto dei Tartari (Le Désert Des Tartares), 1940.

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Le Commis 

(Der Gehülfe, roman, 1908) 

(sous le titre Le Commis, traduction de Bernard Lortholary : 1985)

(éditions Gallimard, collection "Du monde entier", 1985/1986)

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(sous le titre L'Homme à tout faire, traduction de Walter Weideli : 2000)

(édition L'âge d'Homme : 2000)

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" C'est étrange mais dès qu'on entend les pas d'une personne connue, c'est comme si au lieu d'approcher elle était déjà là en chair et en os, jamais son apparition effective n'est plus une surprise, quel que soit son air.
Tobler était fatigué et énervé, mais il n'y avait là rien de surpenant, car c'est toujours dans ces états qu'il rentrait à la maison. Il s'assit, soupira bruyamment ; corpulent comme il l'était, la montée de la pente lui avait été pénible ; puis il demanda ses pipes. Joseph bondit comme un dératé jusqu'à la maison pour satisafaire aussitôt ce désir, heureux d'éviter son supérieur ne fut-ce qu'une demi-minute.
Lorsqu'il revint muni du nécessaire à fumeur, la situation avait déjà changé. Tobler faisait une tête effrayante. Sa femme lui avait tout dit en peu de mots. A présent, elle était là debout, avec une audace que Joseph trouva inouïe et regardait tranquillement son mari. Celui-ci avait l'air d'un homme qui ne peut pas se répandre en malédictions, parce qu'il sent qu'il passerait les bornes.
-- Alors, M. Fischer est venu, à ce que j'apprends, dit-il, comment a-t-il trouvé les choses ?
-- Très bien.
-- L'horloge-réclame ?
-- Oui, elle lui a plu tout particulièrement. Il a dit qu'il lui semblait que c'était un projet tout à fait excellent.
-- Lui avez-vous aussi montré le distributeur automatique pour tireurs ?
-- Non.
-- Et pourquoi ?
-- M. Fischer était tellement pressé, à cause de sa femme, qui attendait en bas, à la grille du jardin.
-- Et vous avez laissé cette dame attendre ?
Joseph ne répondait rien.
-- Et il faut que j'aie comme employé un abruti pareil ! cria Tobler, incapable de contenir plus longtemps la fureur et la désolation commerciale qui le rongeaient. Il faut que j'aie le malheur d'être trompé par ma propre femme et par un commis qui n'est bon à rien. Le diable lui-même aurait peine à faire des affaires, dans des conditions pareilles !
Il aurait fracassé du poing la lampe à pétrole si, à cet instant, avant que la main ne s'abatte, Mme Tobler n'avait heureusement un peu écarté l'objet. "

[pages 75-76, éditions Gallimard, collection "du monde entier"]

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" Il resta un peu plus longtemps au lit ce jour-là ; il ouvrit les fenêtres et, sur son lit, laissa le soleil blanc du matin l'éclairer et l'aveugler car enfin c'était là quelque chose qu'il fallait déguster, comme diverses autres choses, par exemple l'idée du petit déjeuner. Comme tout était aujourd'hui ensoleillé et dominical ! Le soleil et le dimanche semblaient avoir fraternisé depuis fort longtemps et la pensée douillette d'un petit déjeuner tranquille, et bien elle était elle aussi tissée de soleil et de dimanche, cela se sentait nettement en ce moment. Comment aurait-il été possible de se sentir aujourd'hui chagrin ou, encore moins, maussade ou, encore moins, mélancolique ? Il y avait un mystère dans toute chose, dans toute pensée, on le sentait dans ses jambes, dans les vêtements posés sur la chaise, dans l'armoire, entre les rideaux éclatants de propreté, dans la table de toilette ; mais ce mystère n'était pas inquiétant, au contraire il était tranquille et souriant, et il vous instillait littéralement la paix. En fait, on ne pensait à rien, et on ne sentait pas du tout pourquoi (...) "
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[page 78 de l'édition Gallimard, collection Du monde entier"]
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" Pour le moment, la maison Tobler répand encore dans les riants environs une odeur de propreté et de bienséance, et comment ! Auréolée comme par les éclairs du plein soleil, rehaussée sur une colline verdoyante qui se penche, merveilleusement riante, vers le lac et la plaine, cernée et embrassée par un jardin vraiment "de maîtres", elle est l'image même d'une joie réservée et méditative. Ce n'est pas pour rien qu'elle est contemplée par les promeneurs qui passent par hasard, car c'est un véritable régal pour les yeux. "
[ page 94 de l'édition Gallimard, "Du monde entier"]
*

Autant Les enfants Tanner nous semblait un néo-manifeste romantique où fantasmagorie et réalisme se mêlaient indissociablement, autant Le Commis restera pour nous un EXTRAORDINAIRE roman "réaliste" - imprégné du plus pur réalisme poétique - où se mêle curieusement une ironie tendre (empathique et inconditionnellement bienveillante à l'égard de chaque protagoniste : l'impression que Walser ait inventé pour la Terre entière un mode d'acceptation de l'Autre qu'on nommerait : "ironie bienveillante"), une charge picturale que dégage chaque ligne descriptive (la promenade en barque, la nuit) et une description (fine et sans illusion) des rapports entre classes sociales... sans oublier d'évoquer ici le thème évidemment central de l'échec : à savoir la dégringolade programmée de "La Maison Tobler" sous l'oeil du témoin (impliqué) Joseph Marti, 6 mois durant...

Deux saisons à peine, à vivre au jour le jour : le suc de chaque journée nous restant au fond de la gorge, la chaleur d'un rayon de soleil sur la peau.

Car nous épousons immédiatement la psyché de Joseph Marti, "l'homme à tout faire" de la Maison Tobler, hébergé dans la plus belle chambre - la chambre de la Tour - avec vue imprenable sur le Lac...
Monsieur l'Ingénieur Tobler et ses inventions sérieuses, pompeuses... qui ne trouveront (évidemment) jamais preneur !

Ah, ces formidables "horloges-réclames" et autres "distributeurs de muntions pour chasseurs"... à la recherche d'un "capitaliste bienveillant" (association d'idées totalement improbable...) d'où notre sentiment d'une naïveté sans fond et même de profonde compassion pour la figure PRESQUE attendrissante du "Patron" tyrannique de Joseph : ce "Herr Tobler" - bourgeois à son aise, toujours si sûr de lui - condamné peu à peu, sous l'oeil infailliblement obéissant de son employé - à l'échec et la ruine...

Ce livre est un chef d'oeuvre par la finesse de l'analyse psychologique - et par sa langue, évidemment unique... 

Oeuvre dont la thématique se rapproche aussi du presque contemporain et "flaubertien" second roman de C.F. RAMUZ : Les Circonstances de la vie (1907) : l'étude du notaire Emile Magnenat - pauvre hère bientôt entiché de sa jeune fille au pair - n'ouvrait chaque matin pas si loin de la "Villa Tobler"...

Et elle est un véritable régal pour l'âme, cette langue malicieuse de Robert WALSER ! Quel "chef d'oeuvre inconnu" reste pour nous cet empathique Der Gehülfe, magnifique gros roman de 1908, sommet de Littérature encore quasi-ignoré des lecteurs d'outre-Helvétie - chez nous, par exemple... , et cela plus de 100 ans après sa parution.

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L'Institut Benjamenta 

(Jakob von Gunten. Ein Tagebuch, roman, 1909)

(traduction de Marthe Robert : 1960)

(éditions Grasset, 1960 / réédition collection "L'Imaginaire", éditions Gallimard, 1981 /1993)

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" Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l’institut Benjamenta, nous n’arriverons à rien, c’est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes. "

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" Rendre service à quelqu’un qu’on ne connaît pas et qui ne vous concerne en rien, voilà qui est charmant, cela vous fait entrevoir des paradis divinement vagues. "

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" Sa nature, sa personne sont constellées de vertus. C’est à peine si on peut l’aimer, encore bien moins le haïr. On a du goût pour le joli et l’attirant, c’est pourquoi le beau et le joli sont tellement exposés au danger d’être dévorés ou employés de façon abusive. "

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Que de mystères enfouis dans les "ambiances" et les psychologies d'un livre si court : des enfants-adolescents perdus, comme échoués là pour être "éduqués à l'obéissance absolue"... Une Fée et un Ogre - soeur et frère - comme "patrons" de l'Institut Benjamenta. L'étrange magie Walser, une fois de plus ! L'ambiance y est tout de même fort crépusculaire... Pour Jacob von Gunten, le jeune narrateur, la vie semble s'achever à la fin de l'ouvrage : s'en remettant à Dieu et au bon vouloir de l'Ogre... (puisque Lise Benjamenta, la soeur-fée de ce dernier vient de mourir). On sait qu'à cette époque, son créateur-vagabond avait à peine 31 ans.

Le dernier, très bref et très énigmatique roman de "la trilogie magique" de Robert Walser.

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Au bureau 

(40 poèmes, 1909 - illustrations de Karl WALSER, frère de l'auteur)

(réédition ZOE : 2009)

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Histoires 

(Geschichten, 1914)

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Petits textes poétiques 

(Kleine Dichtungen, 1914)

(traduction de Nicolas Toubes, éditions Gallimard, collection "Du monde entier" : 2005)

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Morceaux de prose 

(Prosastücke, 1916-1917)

(édition ZOE : 2008)

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Petite Prose 

(Kleine Prosa, 1917)

(édition ZOE : 2010)

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La Promenade 

(Der Spaziergang, 1917)

(traduit de l'allemand par Bernard Lortholary : 1987)

(édition Gallimard, collection "Du monde entier", 1987 /collection "L'Imaginaire", 2007 /collection bilingue "folio", 2000)

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 « Un matin, l'envie me prenant de faire une promenade, je mis le chapeau sur la tête et, en courant, quittai le cabinet de travail ou de fantasmagorie pour dévaler l'escalier et me précipiter dans la rue. Dans l'escalier, je fus croisé par une femme qui avait l'air d'une Espagnole, d'une Péruvienne ou d'une créole, et qui affichait quelque majesté pâle et fanée.
Pour autant que je m'en souvienne, je me trouvai, en débouchant dans la rue vaste et claire, d'une humeur aventureuse et romantique qui m'emplit d'aise. Le monde matinal qui s'étalait devant moi me parut si beau que j'eus le sentiment de le voir pour la première fois... »

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Vie de poète 

(Poetenleben, 1917)

(édition ZOE, 2006)

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Tobold

(1918-1919) 

[roman disparu]

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Seeland 

(Seeland, 1920)

(édition ZOE, 2004)

Soit "Le pays des Lacs", cadre enchanteur des Enfants Tanner et du Commis...

" Après ses années berlinoises et avant de s’installer à Berne, Robert Walser passe sept ans (1913-1921) à Bienne, sa ville natale. Plusieurs recueils paraissent durant ces années, dont Seeland. Cet ensemble de six nouvelles constitue l’aboutissement de la période biennoise de l’écrivain, avec sa dualité caractéristique de ferveur romantique et de truculence, de rêverie et de réflexion, d’observation espiègle et d’abstraction. "

[extrait de la fiche de l'éditeur suisse ZOE]

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Theodor

(1921) 

[roman disparu]

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La Rose 

(Die Rose, 1925)

(traduction de Bernard Lortholary : 1987) 

(éditions Gallimard : collection "Du monde entier", 1987 / collection "L'Etrangère", 1995 / collection "L'Imaginaire", 2009)

[courtes proses - dernier ouvrage paru du vivant de l'auteur]

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Cendrillon

(traduction de Gérard Lewinter : 1990)

(édition Gérard Lebovici, 1990 / réédition ZOE : 2006)

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Sur quelques-uns et sur lui-même

(traduction de Jean-Claude Schneider : 1994)

(éditions Gallimard, 1994)

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Le Brigand

(Der Raüber, 1925)

(traduction de Jean Launay : 1993)

(éditions Gallimard : collection "Du monde entier", 1993 / collection "folio", 1996 / collection "L'Imaginaire", 2014)

[roman inachevé - parution posthume]

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["Silence littéraire" - hélàs définitif - de l'auteur à partir de 1933]

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Autres ouvrages, de parution posthume :

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Felix

(traduction de Gilbert Musy)

(édition ZOE : 1985/1997)

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Rêveries et autres petites proses

(traduction de Julien Hervier : 1996)

(édition Le Passeur, 1996)

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Retour dans la neige. Proses brèves

(traduction de Golnaz Houdichar : 1999)

(édition ZOE, 1999)

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« Un soir, après le repas, j’allai encore en hâte au bord du lac drapé de je ne sais plus très bien quelle mélancolie pluvieuse et sombre. Je m’assis sur un banc sous les branches dégagées d’un saule et ainsi, m’abandonnant à des pensées vagues, je voulus m’imaginer que je n’étais nulle part, une philosophie qui me procura un bien-être étrange et délicieux. L’image de la tristesse sur le lac, sous la pluie, était magnifique. Dans son eau chaude et grise tombait une pluie minutieuse et pour ainsi dire prudente. Mon vieux père avec ses cheveux blancs m’apparut en pensées, ce qui fit de moi un enfant timide et insignifiant, et le portrait de ma mère se mêla au doux et paisible murmure et à la caresse des vagues. Avec l’étendue du lac qui me regardait comme je le faisais moi-même, je découvris l’enfance qui me considérait elle aussi, comme avec de beaux yeux limpides et bons. Tantôt j’oubliais tout à fait où je me trouvais, tantôt je le savais de nouveau. Quelques promeneurs silencieux allaient et venaient tranquillement sur la rive, deux jeunes ouvrières s’assirent sur le banc voisin et commencèrent à bavarder et là-bas sur l’eau, là-bas sur le lac bien-aimé, où les larmes douces et sereines coulaient paisiblement, des amateurs de navigation voguaient encore dans des bateaux ou des barques, le parapluie ouvert au-dessus de leurs têtes, une image qui me fit rêver que j’étais en Chine ou au Japon ou dans un autre pays de poésie et de rêve. Il pleuvait si gentiment et si tendrement dans l’eau et il faisait si sombre. Toutes les pensées sommeillaient puis toutes les pensées étaient de nouveau en éveil. Un vapeur sortit sur le lac; ses lumières scintillaient à merveille dans l’eau lisse et gris argent du lac qui portait ce beau bateau comme s’il éprouvait de la joie à cette apparition féerique. La nuit tomba peu après, et avec elle l’aimable invitation à se lever du banc sous les arbres, à s’éloigner de la rive et à prendre le chemin du retour. »

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La Dame blanche et autres petites proses

(éditions Ulysse, 1999)

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L’Étang

(édition ZOE, 1999)

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Cigogne et porc-epic

(édition ZOE, 2000)

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Porcelaine. Scènes dialoguées

(traduction de Marion Graf :  2000)

(édition ZOE, 2000)

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Nouvelles du jour

(Proses brèves II)

(édition ZOE, 2000 / 2009)

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Blanche-Neige

(traduction de Hans Hartje et Claude Mouchard : 2001)

(édition bilingue José Corti, collection "Merveilleux", 2001)

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Le Territoire du crayon. Microgrammes

(édition ZOE, 2013)

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Histoires d’images (1920-1933)

(édition ZOE, 2006)

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Poèmes

(édition bilingue ZOE, 2008)

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L'écriture miniature

(édition ZOE)

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Lettres  de 1897 à 1949

(édition ZOE, 2012)

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Robert Walser, toujours...

(ici peut-être photographié par son éditeur et ami Carl Seelig ?)

... peu de temps avant l'hiver (25 décembre) de sa disparition (*) à Herisau

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(*) vous évitant la triste "célèbre" photographie de la découverte de son corps dans la neige...

(Non "immortalisé" ainsi, Nerval y aura au moins échappé !)

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Signalons aussi le très émouvant livre de son ami éditeur Carl Seelig :

Promenades avec Robert Walser

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Enfin, ce film sorti en 1976, du réalisateur suisse Thomas Koërfer :

Der Gehülfe 

(L'Homme à tout faire)

(adapté du - merveilleux - roman Le Commis... qui restera peut-être LE chef d'oeuvre de Robert Walser)

DVD L'Homme à tout faire

Résumé : " L'inventeur Tobler fait venir à son domicile, la villa Abendstern (Etoile du Soir), le jeune Joseph Marti, recruté au bureau de chomage. Ce nouvel emploi ne cantonne pas le jeune homme uniquement dans les tâches de bureau. Au cours des longues soirées, Joseph devient le conseiller de la maîtresse de maison, une femme sensible, avec laquelle il vit les prémices d'un rapport amoureux. Mais la situation financière de la maison Tobler se dégrade de plus en plus... Une transposition extrêmement sensible du roman de Robert Walser, de surcroît merveilleusement filmée. "

(pour ce DVD = Langue : Deutsch (allemand) / Sous-titres : Deutsch, Français, English / Format : 16:9 / Durée : 116 min)

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NOTE :

Hors les photographies noir & blanc et

les reproductions des couvertures d'ouvrages de Robert Walser,

toutes les photographies couleurs "illustratives" sont de 

Dourvac'h

(Ne surtout rien reproduire sans mon autorisation, MERCI !)

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 " La presse. Si l’on considère comment tous les grands événements politiques, de nos jours encore, se glissent de façon furtive et voilée sur la scène, comment ils sont recouverts par des épisodes insignifiants à côté desquels ils paraissent mesquins, comment ils ne montrent leurs effets en profondeur et ne font trembler le sol que longtemps après s’être produits, quelle signification peut-on accorder à la presse, telle qu’elle est maintenant, avec ce souffle qu’elle prodigue quotidiennement à crier, à étourdir, à exciter, à effrayer ? Est-elle plus qu’une fausse alerte permanente, qui détourne les oreilles et les sens dans la mauvaise direction ? (...) Encore un siècle de journalisme - et tous les mots pueront."

(Friedrich NIETZSCHE)

Une citation-cadeau de notre Amie Aurélia ! (*)

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(*) ... qui m'enseigna jadis son concept-phare :

" Mais comment font-ils, tous, pour lire tant de bouses ? "

... frère-siamois (en plus élégant) du mien :

" Gros public va direct à la Mangeoire-à-Gros-Blaireaux... "

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Et bé voilà, c'est tout !

Et au 1er juin pour la réédition de L'été et les ombres (revue et augmentée) de Dourvac'h !

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