jeudi 2 février 2012

Sur deux TRES beaux films d'Eric Valli...

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Himalaya, l'Enfance d'un chef

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 (en népalais :)

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La plus célèbre de ses deux oeuvres, sortie en 1999...

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Film format "scope", produit grâce à l'intelligence et au discernement de l'acteur Jacques Perrin...

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Odyssée somptueuse du jeune "orphelin de père" Tsering devenu Passang

(pour échapper aux démons de la montagne qui ont tué son père) ...

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 ... accompagnant sa mère Lhapka, plongée dans les affres muets de son veuvage précoce...

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Enfant "éclairé" également par l'ingénuité de son oncle Norbou...

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 - que son père a durement envoyé vivre au monastère dès l'âge de 6 ans,

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... devenu depuis frêle moine bouddhiste, peintre de fresques -

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" Enfant d'une famille de chefs" guidé aussi par un père de substitution : Karma...

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...vrai-faux rival du père "tué par la montagne" : bientôt amoureux de sa mère...

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Une équipée humaine dictée par la seule nécessité d'un voyage saisonnier, que veut absolument mener "à bonne fin" Tinlé... en partant à la seule date que les astres auront décidé...

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... ce "vieux" Tinlé, grand-père revanchard et entêté magnifique...

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Thilen Lhondup, acteur non professionnel génial et inoubliable,

découvert par Eric Valli : une grotte Cosquer à lui tout seul...- 

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La vie rude des Dolpopa il y a seulement un siècle, les convois de sel à dos de yacks, dangers et beautés mêlées du massif de l'Himaya entre printemps et hiver...

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Descente fabuleuse mais "de tous les périls" vers cet immense Lac de montagne...

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Musique de choeurs - si inspirée - composée par Bruno Coulais, se mariant harmonieusement à chaque plan...

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Bref, tout y est inoubliable !!!

Film tourné dans la langue même des habitants du Dolpo...

 (avec, bien sûr, sous-titres en français sur le DVD)

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Il se trouvait néammoins alors quelques "ânes (critiques vraiment peu) charitables"  pour se plaindre que ce film "manquait tout de même d'un peu d'émotion" !!! Je me demande dans quel monde mental vivent ces imbéciles sans goût (défendant parallèlement "becs et ongles" maints films plutôt mal fichus de leurs "p'tits copains & p'tites copines bobos-la-branchouille", voire pire, les exploits para-cinématographiques des pipôls du paralittéraire qui ont décidé de "se mettre au ciné" : gare à nous sur ce plan, car désormais Houellebecq, Foenkinoos et Beigbeder (et bientôt plusieurs de leurs petits copains) ont décidé d'exporter vers le ciné-franchouille leurs personnages méprisants, philosophes-de-comptoir pleins de thunes et vulgaires, ou improbables benêts sentimentaux !!! ... Je crois que pour ces critiques d'un "tout petit monde" (quelque peu racorni de la curiosité), Eric Valli avait eu le tort de quitter la Sainte-Capitale de la branchouillitude mondiale pour aller s'oxygéner (magré la raréfaction de l'oxygène à ces altitudes) à la rencontre de quelques "ploucs" d'acteurs non professionnels (sauf un) d'un pays Dolpo jusqu'alors pratiquement inconnu...

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La Piste

... météore apparue quelques années plus tard (en 2005), c'est aussi l'histoire d'un lent et périlleux voyage... Recherche (obstinée) d'un père disparu par une adolescente de quatorze ans à travers le pays Himba - savane puis désert menant à l'Atlantique des côtes de Namibie (il s'agit du désert de Kaokoland, frontière de l'Angola en guerre)... Recherche désespérée s'appuyant sur la seule solidité de son amour filial... et l'expérience d'un ancien proche de sa petite famille éclatéée : éleveur du pays Himba, souffrant d'alcoolisme... Une histoire magnifique et d'une extrême pudeur... La musique enveloppante d'Armand Amar magnifie les dialogues et les paysages d'une pureté cristalline... Les chutes d'Epupa à franchir... L'échouage dans cette ville ensablée où survivent et se cachent adultes et enfants-soldats preneurs d'otages... La grotte aux diamants (lieu  qui se nomme Kolmanskop)... Ce cimetière de bateaux où tout s'achève... Célébrer enfin ici le jeu si fin et sensible des trois principaux acteurs (Grace, l'ado déracinée... Kahdjiro, son guide himba... Gary, le père naufragé...). Film tourné en langue anglaise - ce qui ajoute encore au charme...

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L'histoire ?
 
Après une enfance heureuse au coeur de l'Afrique Australe, la petite Grace a dû retourner à la civilisation en compagnie de sa mère, laissant Gary, son père, derrière elle. Quelques années plus tard, elle rompt le silence qui la sépare de Gary et décide de venir à la rencontre de ce père, sur les traces de son enfance.

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 Camille Summers (Grace)
 
Grace découvre la vie et l'univers de Gary, sa tendresse, ses faiblesses et ses forces. Tout ce qu'elle a perdu et qui ne demande qu'à revivre. Mais le destin se mêle de les séparer trop vite, à la faveur d'une tempête qui fait s'écraser l'avion de Gary dans le désert.

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Julian Sands (Gary)
 
Recueilli, capturé, par une bande de desperados rescapés des guerres d'Angola, il ne doit sa survie qu'à ses compétences de géologue et  son espoir de revoir Grace vivante. Désormais contraint de leur prêter main-forte pour trouver les diamants aux abords d'une ville fantôme qui leur sert de refuge, Gary joue la montre en attendant les secours lancés à sa recherche.
 
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Il ignore que dans le même temps, Grace, partant à contresens des sauveteurs trop cartésiens, s'est enfoncée dans le désert en se guidant sur sa seule certitude de le retrouver…
 
(texte : Cinémovies.fr, le magazine du cinéma)

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Eriq Ebouaney (Kahdjiro) et la jeune Camille Summers (Grace)

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La Piste est (curieusement) un film aujourd'hui beaucoup moins "connu" que le précédent de son auteur...

Sans doute parce qu' il fut rapidement éreinté par "une certaine critique (branchouille/cynique) du marigot parigot" ... évoquant un "mélo" plus ou moins loupé... Mais quels menteurs !!!  Il s'est trouvé quelques rares exceptions dans toute cette malveillance se croyant "éclairée", et comme d'habitude si paresseuse ! A cause de ce quarteron-de-cr(rrrrr)étins-hélàs-pas-en-r'traite (et aux goûts de m...) , ce film a donc subi - fort injustement - un cuisant échec commercial...

Fort heureusement, on peut se procurer aujoud'hui facilement ce film en support DVD... comme le précédent ! 

(au moins pour vérifier que ces damnés abrutis-sans-honneur-et-sans-goût nous ont menti... )

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Depuis l'échec commercial de La Piste, Eric Valli, qui exerce par ailleurs son métier de photographe aux quatre coins du monde, a pu tourner quelques films documentaires pour différentes chaines de télévisions au long de ces dernières années, mais n'a visiblement (pour l'instant) pu  retrouver de "courageux créanciers" pour produire un nouveau long métrage qui soit fait "pour le cinéma"... Souhaitons-lui du courage pour que cette injustice se termine !!!

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Certes il y a eu - récemment - ces magnifiques (et inattendus) succès publics de deux plutôt excellents films (ambitieux, et sans l'annoncer... ) : Polisse (de Maïwenn, 2011) et Intouchables (d'Eric Toledano & Olivier Nakache, 2011)... qui nous ont à nouveau "réunis"  dans les salles obscures - comme l'avait fait l' Himalaya... d'Eric Valli il y a 12 ans...

On a pu aussi reconnaître cette même "belle envergure" dans quelques films français des vingt dernières années, tout aussi ambitieux, "solides" et pareillement ouverts sur le réel-qui-(enfin !)-sonne-juste... Je pense pour ma part à : Des hommes et des dieux (de Xavier Beauvois, 2011),  Liberté (de Tony Gatlif, 2010),  Un Prophète (de Jacques Audiard, 2009),  La graine et le mulet (d'Abdellatif Kechiche, 2007),  Le dernier trappeur (de Nicolas Vanier, 2004),  Une hirondelle a fait le printemps (de Christian Carion, 2001),  Samia (de Philippe Faucon, 2001), La chambre des officiers (de François Dupeyron, 2001), Les blessures assassines (de Jean-Pierre Denis, 2000), Gadjo Dilo (de Tony Gatlif, 1997),  Bye-bye (de Karim Dridi, 1995)...  et, enfin, au somptueux Latcho Drom (de Tony Gatlif, 1993) .

 Mais  avouons que ces films possédant - au final - cette même exigence artistique, cette ambition universaliste, cette qualité de jeu de TOUS les acteurs, cette crédibilité-là (ou, disons-le encore plus simplement : ce professionnalisme...) deviennent curieusement des "accidents" trop rares en notre pays !!! 

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Le malheur d'un artiste de la valeur d'Eric Valli ??? Et bien, de devoir surnager (comme nous) dans un pays aussi "plombé" de médiocrités : ce "tout petit pays" qu'est devenu le nôtre... Pays où un type qui a agrandi "notre" déficit national de 520 milliards d'euros en cinq ans disposait - il y a encore quelques jours - de pas moins de huit chaînes de télévision (évidemment bien serviles) pour - Ne riez pas !!! -  nous "donner un cours sur l'économie"... Mais quel culot !!! Et pour quel résultat, croyez-vous ? Et bé, le résultat est qu'il s'est trouvé encore 16 millions de soumis pour aller mécaniquement regarder "ça"... "Mais... c'était par simple curiosité", nous répondraient-ils... !!! Sauf que le prési-paon  en question peut désormais se vanter de son "score".... Tout cela  me rappelle furieusement et tristement  "La Plus Grande Tour du Monde" qu'on essaye, je crois, d'édifier à Dubaï ou Taïpeh... ou, plus trivialement, les histoires de savoir "qui a la plus grande ... " qu'on entendait en cour de récré...

Je reviens à mes lubies... mes dadas... mes moulins-à-vent-et-à néant... Un peu comme pour le procès de ce bien triste règne (français) du "non-littéraire le plus agressif" (Je cite là Julien Gracq, La littérature à l'estomac, 1950 : son descriptif était prophétique !) : procès que j'ai besoin d' "instruire" régulièrement dans mes p'tits articles... tout en défendant la rareté progressive (que je ressens chez nous, du moins) de ce qui a fait "la Littérature authentique", encore lue par une petite minorité d'entre nous... Toute cette oppression sournoise n'existe en fait que par NOUS qui "collaborons" inconsciemment à "ca" (par pure passivité ou "habitudes" : nous nous laissons formater nos goûts par cette "infra-culture"... ) : en regardant, en nous intéressant à... et/ou en finissant par acheter et finir par apprécier "ça"... : ce que je nommerai "la pensée vulgaire"... (Je n'ai pas dit : "la m..." !). Nous broûtons massivement ce qu'on veut bien nous offrir après moult battages médiatiques bien connivents, pendant que la valeur boursière de l'imbécilité autosatisfaite (celle de ces pseudo-"auteurs" de supermarchés... ) monte en flêche... J'observe que "Notre" cinéma a tout de même mieux résisté à la crétinisation programmée du peuple !

 

Posté par regardsfeeriques à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

mercredi 1 février 2012

Etats d'âme...

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" Toute petite déjà, tu étais sensible. Des détails te touchaient et provoquaient en toi ébranlements et ravissements : un geste, un mot, un visage triste, le passage d'un nuage ou le bruit du vent.

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... ça t'a longtemps gênée, ces glissades de l'âme. Tu aurais préféré en toi moins de sensibilité et davantage de sérénité. Tu cherchais à devenir adulte et ces réactions de petite fille dans ta vie adulte t'embarassaient. Tu ne savais pas bien quoi en faire. Tu essayais de fermer les yeux et de passer ton chemin, face à ces minuscules déchirures du quotidien. Tu sentais qu'elles pouvaient être bouleversantes mais, justement : tu n'avais pas envie d'être bouleversée.
 
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Puis, peu à peu, tu as appris à les accueillir, ces moments qui nous touchent et nous éveillent. Et à accueillir aussi tous ces états d'âme, heureux ou douloureux, qui naissent à leur contact, vivent dans leur sillage.
 
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Nos états d'âme, c'est ce qui reste en nous après que le train de la vie est passé. On peut rester alors, à écouter, regarder, ressentir. Toi tu aimes bien, finalement, rester un peu... Tu as enfin compris cela : les états d'âme sont le coeur battant de notre lien au monde.
 
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Maintenant il te semble souvent que ton âme s'est mise à exister, à respirer plus fort. Tu ne sais toujours pas ce que c'est que "ton âme", mais tu sens confusément que "ça" existe.
 
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Et tu sais aussi que ta vie peut être paisible et sereine...
 
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Tu as changé tout doucement. Grâce à ces petits instants de rien du tout. Copeaux d'existence, plumes de vie tombées du ciel. Métamorphose silencieuse (...) "
 
"Petite fille qui tombe" (extrait du texte initial de l'ouvrage "Les états d'âme")
 
Christophe ANDRE, Les Etats d'âme - Un apprentissage de la sérénité  (2009), Odile Jacob poches - psychologie (prix de vente : env. 8 euros)
 
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(illustration p. I de couverture choisie par l'auteur : "Marlaguette" de Marie Colmont - illustratrice : Gerda Müller, "Les Classiques du Père Castor", éd. Flammarion, 1952)
 
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photographies & détails autres peintures : Dourvac'h
 
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Un texte qui peut déclencher beaucoup d'échos en nous... même si décliné (ou peut-être même dédié) au féminin, et quelle que soit l'étoffe de notre personnalité, un texte sans fonction "littéraire" mais à l'intense poésie - que j'apprécie beaucoup...

Posté par regardsfeeriques à 22:58 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
dimanche 22 janvier 2012

" Comme une image...

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... féminine...

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... bienveillante...

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... silencieuse, aussi...

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Fenêtre...

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... ouverte...

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... où naître...

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 et renaître...

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Se reconnaître...

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(Peut-être... )

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" ... est-ce moi, là aussi ? "

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... Grands yeux chargés de rêves... "

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détails peintures (huile et acrylique sur toile) + dessin

& parcours introspectif :

Dourvac'h

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(1), (2), (3), (11)  & (13)  Adolescence,

(d'après l'esquisse aux crayons couleurs, ci-dessus)

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(4), (5), (6), (7), (8), (9), (10), (12) ,(14) & (15)

 Peintre au miroir de l'âme,

avancées d'août 2011 à janvier 2012 (et toujours inachevée... )

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PS : mais voilà que le tout PREMIER album en couleurs entièrement illustré par notre Amie Isaly,

 "Le Magasin de Souvenirs" de Jeanne Taboni-Misérazzi vient de paraître ce 16 janvier aux éditions 2 Vives Voix !!!

Allez très vite sur son site pour en admirer quelques images, et sûrement le commander !!!

C'est sur :

http://www.isa-ly.blogspot.com/

Et nous y reviendrons ici quand je l'aurai découvert "en vrai"...

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Et Vous êtes invité/e/s...

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... à aller lire...

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... TOUTES nos longues réponses à vos cha(t)rmants Commentaires...

avec au moins six "conseils de lecture" :

 c'est à l'article suivant !

Posté par regardsfeeriques à 19:57 - Commentaires [28] - Permalien [#]
lundi 9 janvier 2012

Je... (intériorité, extériorités)

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Je... lis beaucoup, vraiment beaucoup en ce moment...

... Le Rouge et le noir de Stendhal (Le Livre de poche). Extrême finesse psychologique dans la description du lien entre Julien Sorel et Louise de Rénal, avec surplomb de Monsieur de Rénal, puis de ce "Vallenod" qui envie le jeune précepteur, tableau balzacien (succulent) de Ferrières dans toute sa (petite mais ambitieuse) vie de province jurassienne : histoire terrible et attachante dite "Chronique de 1830"... Comme c'est frais, profond, inégalé, subtil, "classique" et taillé dans le marbre des sentiments, d'un style qui "invente" et chante chaque phrase, et dans l'ambivalence de personnages "ni tout blancs ni tout noirs" à tout moment de l'intrigue...

(Tout y est parfait, évidemment à cent mille lieues des interchangeables houellebecquées & foenkinooseries prédigérées donnant actuellement le "la" au goût du public : triste règne du paralittéraire français en vogue, phénomène de foire assez minable mais toujours hégémonique et "triomphant"...) ! 

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... Dracula de Bram Stoker, publié en 1897 (en poche aux éditions "J'ai lu") : un comte aux yeux rouges et à la face blême qui sort la nuit par la fenêtre de son vertigineux château des Carpates - rampant comme un lézard contre la muraille au-dessu de l'abîme, Jonathan Harker qui en devient le prisonnier, la belle somnambule Lucy se perdant dans les ruines d'une l'Abbaye, Renfield le fou qui capture des mouches pour nourrir des araignées, et ce bon Docteur Van Helsing qui s'en va patiemment et bravement "traquer le monstre"... Tout un imaginaire à la fois romantique et fantastique... Le journal de bord tenu par le capitaine du navire (bientôt bateau-fantôme) transportant un cercueil "suspect" est un bel exemple de la montée d'un suspense angoissant...

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Je... préfère de loin ne pas être étiqueté : ni éclaireur ("Scouts, toujours..."), ni enchanteur (la place étant déjà occupée par "Marzhin", toujours vivant en sa prison aérienne - éternelle - de "Bréchéliant"... ) et surtout pas poète ("Le genre poète-pouêt" ! disait un copain il y a longtemps...) : simplement, la caractéristique d'être humain - comme Vous toutes & tous - m'irait très-très bien...

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Je... peins si lentement... si lentement et si naïvement !

Et ne jamais se décourager de cela...

Couvrir et recouvrir... Enluminer des contours... accentuer certains reliefs...

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Ne pas louper le drapé d'un rideau, un dégradé de plafond, rehausser les couleurs de vitraux, "soigner" bientôt des mules brodées de roses, donner les reliefs aux replis d'une robe...

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Sans oublier le chromatisme des deux papillons qui se poseront sur le pinceau-rameau de la Fée, sa palette, son récipient à pinceau, un pot de grès aux deux roses...

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Et toujours cette impression de peindre mon "moi" d'une autre existence...

 La jeune fille du tableau semble d'ailleurs avoir idéalement "tout son temps"... et toute la vie qu'il lui faut pour apprendre à peindre "correctement", et avec passion, même !!! ... 

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Evidemment, je ne puis m'empêcher de l'envier - toute imaginaire que puisse être la belle artiste-fée !

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Je... et les faux-semblants... Ne pas y arriver...Faire risette quand pas envie ?  Se forcer ? Impossible ! Et ne pas savoir "pardonner"... Tout cela manque sacrément de charité chrétienne... Les dieux de ma "bible" à moi : la bienveillance... (Croire encore aux Fées, à notre âge !!!)... l'effort (Quel mot horrible, n'est-ce pas !)... dont l'effort d'apprendre (y compris sur soi-même)...  détestant particulièrement les bons sentiments affichés lorsqu'ils se trouvent en décalage complet avec les actes (Résultat de trois millénaires d'hypocrisie propre à trois tristes religions monothéistes !) et vénérant cependant l'énergie collective...

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Je... dois croire en mes chances (infimes) de trouver un éditeur pour mon dernier "petit récit", Grand Large... (Quatre Amies lectrices et un spécialiste de Ramuz m'ayant assuré que la version finale du roman leur "convenait" !)... Donc, mobiliser encore de l'énergie vitale (il m'en reste parfois si peu!) pour acheter une nouvelle cartouche d'imprimante, tirer deux ou trois exemplaires nouveaux du manuscrit, les porter "pour reliure spiralée" chez le duplicopieur de Foix (Ariège), acheter des enveloppes-bulles... pour, après celle d'Actes Sud, trouver les adresses des Editions du Rouergue et d'Edilivre, sans oublier d'écrire la traditionnelle "lettre d'accompagnement", humble et polie... (bien qu'inutile !) : bref, y croire un minimum pour effectuer toute la série de ces "pénibles" (car délicates) opérations... et attendre stoïquement les lettres (impersonnelles) de refus poli... et d'ici deux à trois mois - sans trop ruminer mon sentiment d'échec et d'injustice - trouver à nouveau de l'énergie pour mettre en page et vraisemblablement devoir auto-éditer (péniblement) ce petit opus pour Vous...

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Bin, oui... et tout cela pendant que la masse des lecteurs/lectrices continueront à acheter leurs annuels Catherine Millet-Michel Houellebecq-Virginie Despentes-David Foenkinoos-Frédéric Beigbeder- ... et autres écrivassiers paresseux : se souvenir de l'emblématique "Je suis un point de pipi dans l'espace." de la narratrice d'Alina Reyes ou de la délicatesse de "Cette connasse m'avait vraiment énervé !" du narrateur du dernier David Foenkinoos... Vrai grand concours permanent d'élégances du "roman" (?) français contemporain !!! ... sans deviner que parallèlement à la publication-promotion tonitruante de tant d'ouvrages "inoubliables", d'obscurs écriveurs de manuscrits galèrent de leur côté, pour se faire seulement "lire une fois EN VRAI" (et pas en diagonale ou en pas du tout) par un(e) jeune stagiaire sous-payé(e) chez Gallimard-Gasset-Seuil-Stock-Plon-P.O.L-L'Olivier and Co... qui reçoivent et classent stoïquement les 300 à 500 manuscrits mensuels émanant d'inconnus... (Triple Grrrr-Grrrr-Grrr !!!)

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... Règle de conduite simple : ne jamais admirer les personnes (Ah, cette idôlatrie suspecte pour "les artistes" et "les écrivains" !!!) mais bien les oeuvres réalisées par elles, et parvenir à dire précisément ce que l'on aime en cette oeuvre, voire POURQUOI on l'apprécie, ce qui nous touche personnellement dans l'oeuvre, etc. ...

Car tout le reste ne se révèle bien souvent qu'être du "flatte-flatte" (flagorneries intéressées ou dites "de connivence"). Je prendrai pour exemple la connivence journalistique  - véritable "réflexe de survie" qui s'impose aux professionnels n'ayant d'autres "choix" qu' avoir à  parler (plus ou moins longuement) d'oeuvres qu'ils savent totalement insignifiantes. Cette soumission s'explique par l'humain souci de "garder sa place" face aux logiques commerciales prédéterminées "enrôlant" les journaux et chaînes de télé dans lesquels ils travaillent...  : flagorneries de commande, bien sûr strictement sans intérêt pour nous, mais permettant au journaliste de "faire illusion" : cela ressemble effectivement à "du travail de professionnel"... Pourtant, nulle attention réelle et aucun rapport critique véritable (objectif) à l'oeuvre présentée, généralement encensée avec large usage du Culte de la Personnalité de "L'Auteur incontournable" (Quelle marque de slip porte-t-il ? Où part-il en vacances ?) et de son dernier ouvrage évidemment "jubilatoire" !!! ...... 

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... mais comment dire "vrai" (être sincère) tout en restant positif, aidant... et "sobre" (mesuré et crédible) lorsque nous encourageons et commentons les oeuvres d'Autrui  ?

Je lis parfois aussi, hélàs ! (et avec effarement) des propos mielleux, superlatifs et lénifiants - jusqu'à l'écoeurement - en commentaires réciproques jusque sur nos sites... et voudrais m'empêcher - pas toujours efficacement - d'aller moi aussi TROP dans cette direction-là, qui effectivement nous permet de croire "faire plaisir" et de "gagner du temps" mais aussi de masquer notre propre inattention à ce qui est exprimé, produit avec beaucoup d'efforts par la personne... Aimant l'effort, l'ayant déjà dit plus haut... et préférant toujours le silence prudent aux faux-semblants pressés ou aux excuses de soi-disant "incompétence" lorsque nous n'osons pas "développer" un peu plus notre ressenti PERSONNEL...

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D'ailleurs, ne passons-nous pas nos existences "ombreuses" à nous sous-estimer et auto-déprécier la valeur de nos propres oeuvres, ou celle de nos propres regards critiques ?

Ceci, justement, quand tant d'imbéciles et autres paons - imposteurs sans talent, cependant suffisamment avertis et habiles - "l'ouvrent" sans cesse, armés simplement de leur culot, leurs mégaphones médiatiques,leur belle plastique, leur look étudié...  et toujours soutenus à bout de bras par quelques solides connivences et autres liens d'endogamie journalistico-commerciale... Pensons ainsi aux"grosses ficelles" dissimulées à la plupart des spectateurs et lecteurs, censés rester éternellement crédules, faisant confiance à des animateurs de TV qui, pour la plupart, n'ont même pas lu l'ouvrage qu'ils présentent mais qu'ils ont pour mission de "faire acheter" tout en faisant mousser l'Auteur... ("Vu à la télé")...  Avant de recevoir leur "prestigieux invité" (le Houellebecq méprisant, la môme Nothomb et ses" joulis chapiôts", etc., qui feront correctement leur numéro habituel), ces excellents vendeurs-promoteurs de lessive narcissique se font faire des "fiches" par une petite équipe de jeunes lecteurs "mercenaires", restant évidemment invisibles à l'écran... Ainsi, ils ont l'air de savoir de quoi ils parlent... (Lu chez mon dentiste un article - accablant - consacré à ce futile sujet dans un "Marianne" tout récent...)

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... Ah, ce clacissisme merveilleusement descriptif de Tess d'Urberville de Thomas Hardy, ("Le livre de poche", dans la traduction magnifique de Madeleine Rolland), avec ses 59 chapitres, ses 504 pages et ses sept "phases" (Jeune fille / Femme / Le réveil de la vie / La conséquence / La femme paie : le converti / L'achèvement)... Roman publié en Angleterre en 1891... A la lecture se superposent en filigrane les merveilleux souvenirs du visage de Nastassia Kinski dans l'adaptation cinématographique "Tess" (1979) de Roman Polanski - comme les traits de son visage adolescent dès les premiers plans (scènes de train) de "Faux mouvement" (1975) de Wim Wenders, son cinéaste découvreur...

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... puis le journal inattendu du lieutenant Louis Poirier (mobilisé dès la fin août 1939) au printemps 1940 de la "Blitzkrieg" : Manuscrits de guerre de Julien Gracq (éditions José Corti, 2011 : publication de deux cahiers posthumes) - fascination pour cet esprit libre et toujours distant, pris dans la routine absurde d'une guerre perdue d'avance (20 mai au 2 juin - date où les deux soldats seront cernés dans une cave au bord d'un canal et devront se rendre (cf. page reproduite ci-dessous) ... Une expérience humaine qu'il réenchantera de belle fiction ardennaise dix-huit années plus tard, en un "récit" magique et discrètement romantique : Un balcon en forêt ...

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Vous pourrez en apprendre beaucoup plus sur l'oeuvre de Julien Gracq en allant visiter, soit ici le lien "José Corti" - colonne de droite en "L'art d'éditer" - , soit le tout premier article de mon "petit site" littéraire, par trop ambitieux... depuis, abandonné aux corbeaux (Son tout premier article était consacré aux oeuvres de Julien Gracq, son second à un roman célèbre d' Henry James et son troisième et dernier aux romans de Dino Buzzati ) : 

Le fleuve Littérature

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... découvrir encore, non loin du XVIIIème siècle enchanté de Joseph von Eichendorff (Ces Scènes de la vie d'un propre à rien que découvrait l'écrivain itinérant du film "Faux mouvement" de Wenders), la magie de la langue triomphante et de la narration flamboyante (Une vision impitoyable et poétique des premiers âges d'un "Nouveau monde" : l'Amérique puritaine finissant d'écraser la civilisation amérindienne...) éclatant avec mille détails fascinants dans La lettre écarlate (1850) et les dix-neufs Contes et récits du recueil de Nathaniel Hawthorne

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... puis l'âpre poésie des monts du Taurus et de la plaine de la Tchoukourova dans les quatre tomes homériques de La saga de Mèmed le Mince, soit la réunion des quatre romans Mèmed le Mince (1955) / Mèmed le Faucon (1969) / Le retour de Mèmed le Mince (1984)  / Le dernier combat de Mèmed le Mince (1987) du prince des conteurs Yachar Kemal : 1642 pages avec de magnifiques photos noir-et-blanc (ainsi que l'admirable photo-couverture de Roland et Sabrina Michaud)

" La nuit était très sombre. L'obscurité était épaisse comme un mur. L'odeur des herbes, le parfum tenace des fleurs emplissaient la tente. Le coussin sentait la menthe des montagnes. J'étais depuis deux jours l'hôte de Müslüm Bey. Depuis deux jours je ne fermais pas l'oeil. (...) "

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... enfin, célébrer le chef d'oeuvre de C.-F. Ramuz, Vie de Samuel Belet (sa première parution en 1913 - ses rééditions en collection de poche aux éditions L'âge d'Homme (Lausanne) et chez Gallimard) : la vie sentimentale d'un orphelin qui n'aura "pas de chance" et trouvera une certaine sérénité à l'âge vieillissant... Magnifique récit humaniste, d'une grande pureté d'expression... On ne changerait pas un mot !

Quand on songe qu'aujourd'hui, grand nombre de nos concitoyens ont entendu parler  en long et en large de "La possibilité d'une île" ou de "La carte et le territoire" de M. Houellebeq (le premier est un bien médiocre récit, le second reste un pompeux recueil de réflexions philosophiques-de-comptoir, dûment "goncourtisé" par un archipel TRES intimidant de puissantes petites "mafias" journalistico-éditoriales)... mais ces mêmes lecteurs de "littérature" n'ont toujours jamais pu entendre nos "experts" (!!!) critiques littéraires les entretenir de l'existence et l'actualité intemporelle de pareil chef d'oeuvre méconnu de Ramuz, oeuvre d'art bientôt centenaire... Comme s'ils voulaient nous fabriquer un pays de crétins amnésiques, à leur image...

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... aussi, ne pas oublier de signaler qu'il "me" reste sur les bras (en tant qu'auto-éditeur besogneux, tirant bravement ses objets artisanaux à 30 ou 50 exemplaires, et les "cédant" à leur prix de fabrication et d'envoi) encore cinq exemplaires du livre illustré Au Jardin de Dourvach et Isaly (2008) et dix du petit recueil de nouvelles Fées, rêves et glaces (2009) du même Dourvac'h (disponibles à prix d'ami, bien sûr, à "La Compagnie des Fées auto-édition-diffusion" en envoyant simplement votre courriel-demande à dourvac_h@live.fr)

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Ah, bin tiens... je sais désormais que vous appréciez grandement les commentaires "longs, personnels... et intéressants"... et bien sachez que je les apprécie tout autant !!! (rires)... et les attend donc de Vous à nouveau ... et Vous remercierait pour cela avec infiniment de gratitude et de sincérité !!!

Heum... n°1 : cet article "kolossal" (m'ayant coûté beaucoup-beaucoup d'efforts et de temps rédactionnel)

restera en place jusqu'au dimanche 22 janvier, minimum...

... pour recevoir Vos éventuels commentaires SUR LE CONTENU, S.V.P. !

("Ugh ! J'ai dit..." comme dit le sachem de mes vieux Lucky Luke...)

Heum...  n°2 : disons que les "Joyeuses Pâques ! Tu es le meilleur ! Un heureux noël ! Ah, qu'est-ce qu'on est bien chez toi ! (etc.) " ne me suffisent pas tout à fait... et que...  (Heum... n°3) ... j'attende évidemment encore "un peu plus" de Vous, pour simplement me donner envie de continuer l'aventure du site...

Comprenons ainsi que je reste un "client" TRES emm...dant ... euh, juste un peu exigeant et difficile à apprivoiser, au fond !

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Bises... pour une grande & riche année de contournement de mafias, avec beaucoup d'exigence et d'efforts individuels de notre part... de petits bonheurs, d'épanouissements et de belles luttes collectives !!!

*

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photographies & peinture : Dourvac'h

*

Araches (Haute-Savoie) & Viviès (Ariège), décembre 2011

Peintre au miroir de l'âme (huile et acrylique sur toile, 130 cm x 195 cm) - en cours : 2011-2012

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mardi 27 décembre 2011

"Good night, Irene !" (Lead Belly /Johnny Cash)

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Last Saturday night I got married

Me and my wife settled down

Now me and my wife have parted

Gonna take another stroll downtown

Samedi soir dernier, je me suis marié

Ma femme et moi nous sommes installés

Ma femme et moi maintenant nous sommes séparés

Et allons faire une autre balade en ville

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Irene, good night !

Irene, good night !

Good night, Irene !

Good night, Irene ! 

I'll see you in my dreams

Irène, bonne nuit ! (bis)

Bonne nuit, Irène ! (bis)

Je te verrai dans mes rêves...

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Sometimes I live in the country

Sometimes I live in town

Sometimes I take a fool notion

To jump in the river and drown

Parfois, je vis dans la campagne,

Parfois je vis en ville

Parfois me prend l'idée imbécile

De sauter dans la rivière et me noyer

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Irene, good night  !

Irene, good night

Good night, Irene ! 

Good night Irene ! 

I'll see you in my dreams...

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Stop your ramblin'

Stop your gamblin'

Stop stayin' out late at night

Go home to your wife and family

Stay there by the fireside bright

Arrête ton errance

Arrête tes jeux d'argent

Arrête de veiller tard dans la nuit

Reviens chez toi, à ton épouse et ta famille,

Reste au coin du feu lumineux

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Irene, good night !

Irene, good night !

Good night, Irene !

Good night, Irene !

I'll see you in my dreams...

*

Paroles & première interprétation :

Lead Belly (Huddie Ledbetter) 1908 & 1934

*

Photographies :

Dourvac'h

L'automne à Viviès (Ariège), novembre 2011

*

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Cette chanson a été magnifiquement interprêtée par Johnny Cash

(Son enregistrement date de 1958)

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samedi 17 décembre 2011

"La alma : La que Sabe..." (L'âme : Celle qui Sait... )

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"Comme l'art est lent et difficile ! " ...

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se plaignait-elle sans cesse...

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(Peut-être est-ce de s'obliger à vivre de tout autre chose ?)

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*

Dourvac'h

Peintre au miroir de l'âme

(huile et acrylique sur toile 1,30 x 1,95 m - toujours "en cours" depuis septembre 2011)

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vendredi 9 décembre 2011

" Lorsque l'enfant était enfant... " : histoire sans paroles

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" Als das Kind...

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Kind war... "

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* * *

... ou suite sans fin du poème de Peter Handke...

( ... ou prière de vous perdre - encore un peu - à l'article ci-dessous... )

*

photographies :

Dourvac'h

(1) & (3) : Une Enfance en Pays d'Auge, 1991

(2) : Enfance féline en Ariège, 2011

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samedi 3 décembre 2011

" Als das Kind Kind war..." / "Alice in den Städten"

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Als das Kind Kind war,

ging es mit hängenden Armen,

wollte der Bach sei ein Fluß,

der Fluß sei ein Strom,

und diese Pfütze das Meer.

*

Lorsque l'enfant était enfant,

il marchait les bras ballants...

Il voulait que le ruisseau soit une rivière,

la rivière un fleuve

et cette flaque d'eau la mer.

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Als das Kind Kind war,

wußte es nicht, daß es Kind war,

alles war ihm beseelt,

und alle Seelen waren eins.

*

Lorsque l'enfant était enfant,

il ne savait pas qu'il était enfant,

tout avait une âme pour lui

et toutes les âmes étaient une.

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Als das Kind Kind war,

hatte es von nichts eine Meinung,

hatte keine Gewohnheit,

saß oft im Schneidersitz,

lief aus dem Stand,

hatte einen Wirbel im Haar

und machte kein Gesicht beim fotografieren.

*

Lorsque l'enfant était enfant,

il n'avait d'opinion sur rien,

 il n'avait pas d'habitudes...

Souvent il s'asseyait en tailleur,

il partait en courant...

Il avait une mèche rebelle

et ne faisait pas de mines quand on le photographiait.

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Als das Kind Kind war,

war es die Zeit der folgenden Fragen :

Warum bin ich ich und warum nicht du ?

Warum bin ich hier und warum nicht dort ?

Wann begann die Zeit und wo endet der Raum?

Ist das Leben unter der Sonne nicht bloß ein Traum ?

Ist was ich sehe und höre

und rieche nicht bloß der Schein einer Welt vor der Welt ?

Gibt es tatsächlich das Böse und Leute,

die wirklich die Bösen sind ?

Wie kann es sein, daß ich, der ich bin,

bevor ich wurde, nicht war,

und daß einmal ich, der ich bin,

nicht mehr der ich bin, sein werde ?

*

Lorsque l'enfant était enfant...

Puis vint le temps des questions comme celle-ci :

Pourquoi est-ce que je suis moi ?

Et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi ?

Pourquoi est-ce que je suis ici ?

Et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs ?

Quand a commencé le temps ?

Et où finit l'espace ?

La vie sur le soleil n'est-elle rien d'autre qu'un rêve ?

Ce que je vois, ce que j'entends

Ce que je sens

N'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde ?

Est-ce que le mal existe véritablement ?

Est-ce qu'il y a des gens qui sont vraiment mauvais ?

Comment se fait-il que moi qui suis moi,

Avant que je devienne, je n'étais pas

Et qu'un jour moi qui suis moi

Je ne serai plus ce moi que je suis ?

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Als das Kind Kind war,

würgte es am Spinat, an den Erbsen, am Milchreis,

und am gedünsteten Blumenkohl.

und ißt jetzt das alles und nicht nur zur Not.

*

Lorsque l'enfant était enfant,

il s'est étouffé avec les épinards, les pois, le riz au lait,

et ​le chou-fleur cuit à la vapeur.

et les mange tous maintenant, et pas seulement une pincée.

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Als das Kind Kind war,

erwachte es einmal in einem fremden Bett

und jetzt immer wieder,

erschienen ihm viele Menschen schön

und jetzt nur noch im Glücksfall,

stellte es sich klar ein Paradies vor

und kann es jetzt höchstens ahnen,

konnte es sich

Nichts nicht denken

und schaudert heute davor.

*

Lorsque l'enfant était enfant,

il se réveilla dans un lit inconnu

et maintenant encore pour lui

beaucoup de gens ont l'air gentil,

et maintenant simplement par chance

il s'est clairement avéré être devant un Paradis

et il peut maintenant deviner

qu'il pouvait ne penser à rien

et frémit maintenant de se souvenir.

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Als das Kind Kind war,

spielte es mit Begeisterung

und jetzt, so ganz bei der Sache wie damals,

nur noch, wenn diese Sache seine Arbeit ist.

*

Lorsque l'enfant était enfant,

il a joué avec enthousiasme

et maintenant, si la chose est tout à fait au point comme autrefois,

seulement alors, cette chose est son oeuvre.

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Als das Kind Kind war,

genügten ihm als Nahrung Apfel, Brot,

und so ist es immer noch.

*

Lorsque l’enfant était enfant,

Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,

Et il en est toujours ainsi.

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Als das Kind Kind war,

fielen ihm die Beeren wie nur Beeren in die Hand

und jetzt immer noch,

machten ihm die frischen Walnüsse eine rauhe Zunge

und jetzt immer noch,

*

 Lorsque l’enfant était enfant,

Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,

Et c'est toujours ainsi,

Les noix fraîches lui irritaient la langue,

Et c’est toujours ainsi,

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Hatte es auf jedem Berg

die Sehnsucht nach dem immer höheren Berg,

und in jeder Stadt die Sehnsucht nach der noch größeren Stadt,

und das ist immer noch so,

griff im Wipfel eines Baums

nach dem Kirschen in einem Hochgefühl

wie auch heute noch,

eine Scheu vor jedem Fremden

und hat sie immer noch,

wartete es auf den ersten Schnee,

und wartet so immer noch.

*

Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,

Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,

Et il en est toujours ainsi.

Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises, exalté

Comme aujourd’hui encore,

Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,

Il attendait la première neige et il l’attend toujours.

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Als das Kind Kind war,

warf es einen Stock als Lanze gegen den Baum,

und sie zittert da heute noch.

*

Lorsque l’enfant était enfant

il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,

Et elle y vibre toujours.

* * *

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Rüdiger Vogler (Philip Winter)

* * *

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Lisa Kreuzer (Lisa, la mère)

* * *

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Yella Rottländer (Alice)

* *

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Toutes photographies & affiches ci-dessus :

Yella Rottländer (Alice), Lisa Kreuzer (Lisa, sa mère) et Rüdiger Vogler (Philip Winter)

dans le film de Wim Wenders :

Alice in den Städten

("Alice dans les villes")

 N. & B., 1973

(directeur de la photographie : Robbie Müller)

*

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Bruno Ganz (Damiel, l'ange récitant du film "Les ailes du désir")

*

poème :

Peter Handke

Lied von Kindsein

("Chant sur être-enfant")

*

Ce poème était lu (en voix off) par l'acteur Bruno Ganz tout au long du film

Der Himmel über Berlin

 ("Les ailes du désir")

de Wim Wenders (1987)

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Solveig Dommartin (la trapéziste du film "Les ailes du désir")

*

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samedi 26 novembre 2011

" Est-ce que j'existe pour quelqu'un ? "

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Mais à ce sujet ...

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... serions-nous (*) beaucoup ...

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... plus avancés en nos réponses ...

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 ... que notre ami ...

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... black-and-white ... ?

*

His name's "Mister Johnny Cash" !

(alias : "M.J.C.", chat d'atelier)

*

(*) ... nous, qui n'existons réellement que par ces LIENS - solides ou précaires -

 qu'en une brève existence nous parviendrons à créer...

*

Peinture et photographies :

DOURVAC'H

Adolescence (détails) huile & acrylique sur toile, 2011

Chat au panier, Viviès,26 novembre 2011

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lundi 21 novembre 2011

"I walk the line" (Johnny Cash)

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I keep a close watch on this heart of mine

I keep my eyes wide open all the time

Je continue à surveiller de près ce coeur qui est mien
Je garde mes yeux grand ouverts tout le temps


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I keep the ends out for the tie that binds

Because you're mine, I walk the line

Je garde les bouts en dehors du lien qui unit
Parce que tu es à moi, j
e marche droit


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I find it very, very easy to be true

I find myself alone when each day is through

 Je trouve cela très, très facile pour être vrai
Je me retrouve seul quand chaque jour est au travers

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Yes, I'll admit that I'm a fool for you

Because you're mine, I walk the line

Oui, je vais admettre que je suis un imbécile pour toi
Parce que tu es à moi, je marche droit

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As sure as night is dark and day is light

I keep you on my mind both day and night

Aussi sûr que la nuit est noire et le jour est lumière
Je te garde dans mon esprit tout le jour et la nuit

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And happiness I've known proves that it's right

Because you're mine, I walk the line

Et le bonheur que j'ai connu prouve que c'est juste
Parce que tu es à moi, je marche droit 

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You've got a way to keep me on your side

You give me cause for love that I can't hide

Tu as une façon de me tenir à tes côtés
Tu me donnes la raison de l'amour que je ne peux cacher


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For you I know I'd even try to turn the tide

Because you're mine, I walk the line

Pour toi je sais que j'essaierai de renverser la donne
Parce que tu es à moi, j
e marche droit




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I keep a close watch on this heart of mine

I keep my eyes wide open all the time

Je continue à surveiller de près ce coeur qui est mien
Je garde mes yeux grand ouverts tout le temps


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I keep the ends out for the tie that binds

Because you're mine, I walk the line

Je garde les bouts en dehors du lien qui unit
Parce que tu es à moi, j
e marche droit



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paroles & musique : Johnny Cash

(chanson probablement inspirée par June Carter,

 artiste de country que J.C. adulait depuis son enfance)

*

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Et retrouvez l'excellent Joaquin Phoenix incarnant Johnny Cash

dans le superbe film que réalisa James Mangold en 2005 : Walk the line

 (and with Reese Witherspoon as June Carter)...

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L'enfance douloureuse d'un artiste et la naissance du rock' n' roll' 

(années cinquante-soixante) entre Arkansas et Memphis :

Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Elvis Presley...

(DVD du film américain, s.t. français, à s'offrir pour noël... )

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Photos : Dourvac'h

Me too, I'd walk the line... between Viviès and Vira, till the River Douctouyre...

(Occitan' Ariègea, november 20th, year 2011)

*

Euh, les eaux du Douctouyre commencent à être sacrément froides...

C'était dimanche, dernier bain de l'année...

Bon gré mal gré, aussi dans nos "pays de soleil", l'été s'éloigne...

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