dimanche 29 décembre 2013

Les cinq saisons

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Digestion & rêverie des oeuvres de Robert Walser

... ou Rêveries d'après digestion des oeuvres de Robert Walser ...

(Un extrait de ses Enfants Tanner peut toujours être relu à l'article suivant)

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photographies :

Dourvac'h

Viviès, décembre 2013

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(Belles années... et à très bientôt !)

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dimanche 3 novembre 2013

" Plusieurs semaines s'écoulèrent...

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... et le nouveau printemps s'annonça ; l'air était plus humide et plus doux, on percevait des odeurs et des bruits indécis qui paraissaient monter de la terre.

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La terre était molle, on marchait sur elle comme sur de gros tapis élastiques.

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On s'obligeait à écouter chanter les oiseaux.

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" ça m'a tout l'air du printemps ", disaient pour s'aborder dans la rue les gens sensibles. Même les murs des maisons prenaient une certaine odeur, une couleur plus chargée.

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Tout avait l'air étrange alors qu'il s'agissait d'une chose si ancienne et si connue, mais on la ressentait comme entièrement nouvelle, elle provoquait un sentiment bizarre, violent.

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Le corps, les sens, la tête, les pensées, tout cela bougeait comme si cela voulait se remettre à pousser.

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L'eau du lac avait des reflets chauds et les ponts qui s'élançaient sur le fleuve paraissaient plus cambrés.

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Les drapeaux flottaient au vent et cela faisait plaisir de les voir flotter.

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Quand le soleil parut enfin, les gens sortirent par groupes et en rangs sur la chaussée blanche et bien propre. Ils s'arrêtaient pour mieux sentir la caresse de la chaleur. Il y eut beaucoup de manteaux laissés chez soi.

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On pouvait voir les hommes retrouver des gestes plus libres et les femmes faisaient des yeux étranges comme si l'âme allait leur sortir du coeur. "

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Robert WALSER :

Geschwister Tanner (Les enfants Tanner)

1907

(extrait de l'édition de poche "folio", pages 36-37)

traduit de l'allemand par Jean Launay (1985), éd. Gallimard

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Le manuscrit final des Enfants Tanner (représentant 332 pages dans cette édition de poche) est issu d'un "premier jet" réalisé en 3 à 4 semaines entre janvier et février 1906 dans l'appartement de son frère à Berlin... et n'ayant nécessité que de minimes corrections (syntaxe, ponctuation).

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Il y a donc eu cet été - du moins pour moi - la découverte de ce "roman", oeuvre si romantique et spontanée, écrite dans ces mêmes années par un Suisse germanophone, Robert Walser

Les enfants Tanner  ("Geschwister Tanner") est un ouvrage publié à Berlin pour la première fois en 1907 (disponible en collection "folio", Gallimard, excellemment traduit). Ses romans suivants seront :  Le Commis (1908) puis Institut Benjamenta (1909). La plasticité et l'imprévisibilité des psychologies et des actes des attachants personnages de Simon, Klara, Kaspar, Hedwig, tout comme le "chant" délié de la langue du jeune Walser (ouvrage composé en quelques mois, à l'âge de 27 ans...) nous fascinent immédiatement... Intemporels, on croit voir s'animer sous nos yeux les beaux visages de la liberté.

"On est fait pour les choses dont on rêve."

comme l'écrit dans le roman, le personnage de Klara...

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photographies : Dourvac'h

(Merci à l'avance de ne rien reproduire sans l'autorisation de l'auteur)

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(1) chemin dans la fin de l'été : vallée du Douctouyre (Ariège)

(2) chat inconnu la nuit : ruelle des hauts de Cagnes (Alpes Maritimes)

(3) Escalier d'honneur au château de Cagnes (Alpes M.), la nuit

(4) Clocher et maisons fortifiées autour du château de Cagnes (Alpes M.), la nuit

(5) Arbres sur le talus près la voie de chemin de fer désaffectée, Saint-Amadou (Ariège)

(6) Jeune chèvre près du Baou des Blancs, Vence (Alpes M.)

(7) Flots de l'Hers à Camon (Ariège)

(8) Arbres par-dessus le chemin de fer désaffecté, Saint-Amadou (Ariège)

(9) Bords du Douctouyre à Vira (Ariège)

(10) Lever de lune à Viviès (Ariège)

(11) Flots de l'Hers à Camon (Ariège)

(12), (12 bis) & (12ter) "Sam' Suffit" ou MJC a le blues... (Viviès, Ariège : 3 et 11 nov. 2013)

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samedi 12 octobre 2013

Cinq films d'Abdellatif Kechiche ou L'instinct de vie

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De son oeuvre, j'avoue jusqu'à présent n'avoir découvert - héberlué par sa justesse -

La graine et le mulet

(2007)

Là où se joue en permanence quelque chose de fragile, intemporel et poétique

qui m'a rappelé la grâce des films de Marcel Pagnol...

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Acteurs - non professionnels comme professionnels - donnant soudain

(et on sait désormais par quel secret : une formidable EXIGENCE du réalisateur !)

tout le MEILLEUR d'eux-même...

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Découverte de l'étonnante Hafsia Herzi,

son verbe logorrhéique et musical puis son silence chorégraphique : inoubliables...

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... quotidienneté et grâce...

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... au plus près des visages (des âmes ?) qui emplissent l'écran ...

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... éclairs de tendresse...

(Habib Boufares)

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... corps et âme altruistes qui s'abandonnent...

(Hafsia Herzi)

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... Sète comme jamais évoquée depuis Brassens...

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Notre génial compatriote

- et véritable artiste -

Abdellatif Kechiche

( عبد اللطيف كشيش )

avait tourné - auparavant puis juste après La graine... - bien d'autres films...

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(Elodie Bouchez, Samy Bouajila)

La Faute à Voltaire

(2000)

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(Osman Elkharraz)

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(Sara Forestier)

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L'esquive

(2003)

Cette improbable (et précieuse) rencontre entre jeunes "de banlieue" et le théâtre de Marivaux...

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La Vénus noire

(2010)

(Film "en costumes" dont le thème rappelle à la fois le magnifique Little Sénégal de Rachid Bouchareb

et le majestueux Nouveau Monde de Terrence Malick)

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Puis, tombant dans l'oeil avisé de Steven Spielberg et ses jurés,

et enfin défrayant la chronique cannoise (festivalière et post-festivalière)... 

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Vermeer ou Georges de la Tour ?

(Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux)

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Passion venant se déployer en "nos" salles obscures...

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(Double) passion féminine, bien sûr !

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La vie d'Adèle

(chapitres 1 & 2)

(2013)

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Je repense soudain à l'art cinématographique flamboyant de Louis Malle (Au revoir les enfants), aux deux films si ambitieux d'Eric Valli (tournés à l'autre bout du monde : Himalaya au Népal, La Piste en Namibie), à ceux de François Dupeyron (La chambre des officiers), à la réussite exceptionnelle de Jean-Pierre Denis (Les blessures  assassines), à la belle jeune carrière franco-marocaine de l'actrice Hafsia Herzi révélée par La graine et le mulet en 2007 (puis dans Française de Souad El Bouhati en 2007,  Les Secrets de Raja Amari en 2008, L'aube du monde d'Abbas Fahdel, etc. ) : tout un savoir-faire artistique et un professionnalisme finalement intacts... ouf !

Et que (re-)vive enfin le rayonnement international du cinéma français...

Alors merci cher Abdel, et longue vie à ton Adèle, aux démocraties française et tunisienne... et d'abord à ta créativité artistique !

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mercredi 25 septembre 2013

Ces quelques soirs d'automne...

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... où l'éventail de lumière...

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... s'est un instant replié...

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... reposé sur les rives...

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... cherchant à l'Orient son reflet...

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... de songes infinis...

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... qui s'estompent,

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... revivent, un temps...

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puis s'effacent...

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... pour renaître...

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... ici et là,

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fugitifs...

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Renaître...

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... et renaître encore...

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... Ailleurs...

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photographies :

Dourvac'h

(septembre 2013, ViraViviès - Ariège)

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dimanche 25 août 2013

Cinq films new-yorkais de James Gray

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Evidente difficulté à  "boucler" un éloge exhaustif des cinq films de James Gray sans s'émerveiller de la puissance de jeu - comme de la constance - de celle qui fut son actrice la plus fascinante (y compris l'hiver) : à savoir, la ville de New York.

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Célébrer aussi l'égal talent de ses directeurs-photo successifs...

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Héros suicidaires faisant un détour inattendu par la case "romantisme"...

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Pour le reste, on le sait : nul acteur au monde ne jouera aussi "juste" que dans un film dirigé par James Gray.

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D'abord une étonnante "famille" d'acteurs, incarnant magiquement des personnages comme surgis du réel , nous donnant à voir leurs trajectoires ordinaires, bientôt transfigurées par l'émergence (l'évidence) d'une passion...

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Cinq films pour cinq histoires de famille.

(Toutes les photos reproduites ci-dessus sont extraites de son 4ème long métrage, Two Lovers)

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Little Odessa (1994)

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Qu'on se souvienne des évidentes qualités formelles manifestées dès son premier film :

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Subtilité du jeu de Tim Roth, jouant "the old and bad brother" : sale petite frappe hyper-adaptée à son biotope d'adoption (Brooklyn, un des quartiers passablement déglingués de N-Y), dézinguant presque innocemment - naturellement - toutes les valeurs humanistes "ancestrales" auxquelles tente de se raccrocher le père...

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Jeu en parfaite en osmose avec ceux d'Edward Furlong (à peine sorti de l'adolescence, il est son "cadet sous influence"), de Moira Kelly, de Vanessa Redgrave et Maximilian Schell (jouant ce père de famille, patriarche juif orthodoxe new-yorkais, évidemment attaché au respect d'un certain nombre de "valeurs" et rejetant "le mauvais fils" de son foyer-ilôt précaire... acteur autrichien dont on avait découvert la formidable diction et la présence énigmatique dans Les Îles d'Iradj Azimi) ...

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The Yards (2000)

(Les Entrepôts)

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Un "bon gars" mais jeune délinquant (Mak Wahberg) tout juste sorti de taule pour vol de voiture, son cousin (Joaquin Phoenix) "homme à tout faire" de l'entreprise ferroviaire gérée par son oncle, un oncle bienveillant (James Caan) veillant généreusement à la réinsertion du "petit délinquant", deux mères légitimement inquiètes (Ellen Burstyn et Faye Dunaway), la même femme aimée (Charlize Théron) des 2 cousins désormais rivaux... 

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Qu'on se souvienne encore de l'épaisseur des personnages campés par Joaquin Phoenix (inaugurant sa galerie de personnages tourmentés, "hantant" viscéralement les quatre films qui suivront Little Odessa), beaucoup plus qu'un "acteur fétiche" et auquel s'adjoindront les personnages campés avec une remarquable finesse par Mark Wahlberg (pour The Yards puis pour We own the Night), Charlize Theron ou encore l'extraordinaire James Caan (qui fut l'écrivain accidenté de la Misery de Rob Reiner, en si "mauvaise posture"... ) : tous présents dans la "tragédie grecque" contemporaine que restera pour nous The Yards.

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Ce magnifique côté (discrètement) moraliste qui s'installe dans cette fable réaliste...

(Quoique depuis les célèbres Rougon-Macquart d'Emile Zola - qui firent autant école qu'éthique littéraire, il nous faille préférer : "naturaliste"... )

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Conte noir (ou grisâtre) nous immergeant en un drôle de monde ferroviaire....

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On pourrait visionner 15 fois de suite cette oeuvre-phare, en appréciant à chaque fois de nouveaux "détails" inaperçus aux précédentes visions : lumières en clair obscur ou magnifiquement tamisées, force des cadrages, justesse des dialogues et crédibilité des situations psychologiques traversées par chaque personnage...

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On pourrait évoquer la dramaturgie de Sophocle (Oedipe Roi et Ajax) pour cette danse des passions solitaires, juste en-dessous du volcan d'une nation étranglée de ses immémoriaux "petits arrangements" avec la Loi.

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Et cette peinture effrayante - mais loin d'être fataliste - de la corruption ordinaire...

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We own the Night (2007)

(La Nuit nous appartient)

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Nouvelle dualité, ici sur le mode alcoolisé/fraternel...

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Le "bon fils" (Mark Wahlberg) est flic comme son père (Robert Duvall) tandis que le "mauvais" (Joaquin Phoenix) est - bien sûr - gérant de boite de nuit, et tout naturellement flambeur...

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Ce n'est plus la violence liée à la corruption des services municipaux - comme dans The Yards - mais bien la "banale" violence propre aux rues de Brooklyn qui finira par contaminer les sphères publiques et privées des personnages, envahir et faire enfin communiquer entre elles - les faisant crever ensemble - des "bulles d'existence urbaine" qui se vivaient jusque-là (collectivement) sur un mode autarcique : le Milieu de la nuit, les fonctionnaires du N.Y.P.D. ...

Peinture hautement fascinante, bien entendu...

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Fascination que ne "racontent" surtout pas ces deux versions d'affiche accrocheuses, où l'artillerie eastwoodienne (du Clint mauvais genre - "réac-Républicain" - de l'Inspecteur Harry) luit dans l'ombre, en la pogne crispée de Joaquin Phoenix (avec coupe et allure James Dean-iennes)...

On s'intéressera une fois de plus aux Lumières de la ville en arrière-plan (contexte) des personnages : évoquant les films de Michaël Mann (Collatéral) ou les plans de "boulevards de nuit" de l'ultime Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick...

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(Pour la petite histoire, mes fils m'initièrent à cette néo-Tragédie grecque selon St-James Gray,

par le biais de ce seul DVD "oublié" devant l'écran, à l'affiche évidemment bien accrocheuse... )

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Two lovers (2008)

(Deux amants)

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Triangle amoureux, là encore... L'acteur Joaquin Phoenix qui tuait (maladroitement, impulsivement) à deux reprises - "par pur réflexe" un employé du rail puis "par jalousie possessive" la belle qui lui échappait - dans The Yards est ici un être solitaire, souffrant de troubles bipolaires et en rupture de traitement, couvé par des parents aimants et légitimement inquiets... Le père teinturier attend tout de même un arrangement matrimonial qui aimerait agrandir "la boutique"...  d'où l'apparition de la brune actrice Vinessa Shaw...

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Apparition inopinée dans l'escalier d'une blonde voisine (Gwyneth Paltrow) emménageant à l'appartement du dessus de chez papa-maman... où "notre héros" - après une nouvelle galère sentimentale lui donnant envie de se retirer de la vie - a eu l'instinct de revenir vivre...

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James Gray, en peintre du sentiment amoureux...

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... ou des solitudes ?

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Rien du Casanova bien sapé que représente l'affiche française, post-Cannoise... et là encore trompeuse ! Deux actrices ayant l'air de se pâmer devant l'être qui leur est "central" : quelle trahison là encore de l'esprit du film - ce mélange étonnant de réalisme et de romantisme !

Bien sûr, James Gray doit en avoir vu d'autres... Ce type de concession comme la mention réductrice "Une histoire d'amour" (censée lui offrir un plus large public dans l'hexagone où il a nombre de fans de ses films) lui offrent au moins son entière - définitive - liberté artistique, à la Kubrick). En fait, l'anti-héros traîne plus souvent en parka qu'en chemise immaculée (empreinte indélébile de James Dean dans La fureur de vivre de Nicholas Ray...) ; et il se retrouve - au final - délicatement mis à la porte d'une relation naissante plutôt qu'à être ce bellâtre qui hésiterait, face aux deux beautés qui le couvent et/ou lui seraient "tombées dessus"... (Bref, TRES stupide affiche française !)

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The Immigrant (2013)

(L'Immigrant)

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Emouvant hommage à The Immigrant ("Charlot émigrant"), le moyen métrage de Chaplin : on croirait d'ailleurs surprendre les ombres d'Edna Purviance et de Charlie Chaplin derrière ces silhouettes transies de Marion Cotillard et Joaquin Phoenix ...

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Sur le pont de ce paquebot, glissant sous la silhouette menaçante de la Statue de la Liberté...

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Statue qui soulevait l'épée, plutôt qu'un flambeau... selon les premières lignes du premier roman inachevé de Franz Kafka (qui ne posa jamais les pieds - autrement qu'en ses rêveries littéraires - sur ce Nouveau Monde) : une oeuvre souvent méconnue, pourtant aussi étonnante que "chaplinesque", intitulée L'Amérique par son ami Max Brod qui la sauva avec ses autres écrits inédits (Der Verschollene est le titre original du manuscrit : soit "Le Disparu"... ).

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*

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Martin Scorsese avait su nous montrer - lui aussi - par son Gangs of New York combien ce prétendu "Nouveau Monde" était né dans et par la violence...

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Nouveau Monde mortifère - qui n'a pu se construire que sur la sournoise et patiente destruction d'un autre - comme nous l'a rappelé Terrence Malick dans son récent et magnifique The New World (2006)... marchant sur les traces de Nathaniel Hawthorne et son flamboyant roman The Scarlet Letter ("La Lettre Ecarlate").

*

Toutes opinions & textes de :

Dourvac'h

*

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P.S. :  N'oubliez SURTOUT pas de jeter plus qu'un oeil sur le looooooooooong article littéraire ci-dessous et d'y laisser vos précieuses impressions et apports personnels le concernant (en 3 ou 4 épisodes, si vous préférez...).

La nouvelle périodicité mensuelle des articles n'est faite que pour PROLONGER un plaisir éventuel :

celui de votre temps de lecture attentive effective (vaste pléonasme).

Merci mille fois à l'avance de bien vouloir suivre ces merveilleux conseils et rituels...

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Note : ceci évitera certainement à l'auteur de devoir Vous faire son KK nerveux "cirque" habituel avec menaces (épuisantes pour tous) - et autres "résolutions" - de devoir arrêter le blogue. Cette dernière option se justifierait, certes, par le constat (facile à établir) d'un petit défaut d'attention au contenu de nos articles a priori "intéressants" MAIS nous réclamant un temps dingue... et que nous jugeons par là - peut-être à tort ? - dignes d'une lecture intégrale... Vous devinez bien qu'en ce domaine (pour nous bien sûr ultrasensible), évidemment "On ne nous la fait pas !". Pardonnez-moi donc - si vous le pouvez - d'être de ceux qui se fichent un peu des seuls et fatigants "Coucou ! Un p'tit bonjour en passant..." laissés par-ci par-là, et qui - c'est mon avis - plombent péniblement nos mille-et-un blogues... et la communication humaine, en général !)

MERCI  AUSSI, SVP - PAR AVANCE - DE NE PAS COMMENTER "L'ANECDOTIQUE" QUE REPRESENTENT NOS CI-PRESENTS "DERNIERS PROPOS"...

Et vous remarquerez que l'article se temine par la couleur "verte" du feu tricolore...

D'excellentes lectures et d'heureux visionnages à Vous !!!

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Et par ICI en prime

un petit cadeau de notre Amie Marie-Madeleine,

lectrice du Derborence de C.F. RAMUZ...

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photographies :

Dourvac'h

(1°) Le Plateau (calcaire) : "cadre naturel" de Grand Large à La Franqui-Cap Leucate (Aude), août 2013

(2°) Lever de Lune sur le Plantaurel à Viviès (Ariège), juillet 2013

(3°) Crépuscule sur la prairie, Viviès, novembre 2012

Posté par regardsfeeriques à 12:39 - Commentaires [23] - Permalien [#]

mercredi 31 juillet 2013

Quelques oeuvres de C.-F. Ramuz, Robert Walser, Tadeusz Konwicki, Richard Matheson, Julien Gracq & André Dhôtel

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La lecture de l'Oeuvre du Suisse francophone C.-F. Ramuz pourrait "idéalement" commencer par son premier ouvrage romanesque : Aline (première parution en1905, disponible aujourd'hui pour un prix très modique en édition de poche : la collection des "Cahiers Rouges" de l'éditeur Grasset - avec une très belle police de caractères) :

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"  Julien Damon rentrait de faucher. Il faisait une grande chaleur. Le ciel était comme de la tôle peinte, l'air ne bougeait pas. On voyait l'un à côté de l'autre, les carrés blanchissants de l'avoine et les carrés blonds du froment ; plus loin, les vergers entourainet le village avec ses toits rouges et ses toits bruns.

   Il était midi. C'est l'heure où les grenouilles souffrent au creux des mottes, à cause du soleil qui a bu la rosée, et leur gorge lisse saute à petits coups. Il y a sur les talus une odeur de corne brûlée." (...)

C.-F. RAMUZ, Aline (1905), chapitre I

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Barbara Delaplace a pu découvrir - du même auteur - Aimé Pache, peintre vaudois (poche, édition L'Âge d'Homme - première parution : 1911) et achève ces temps-ci la lecture de Vie de Samuel Belet (collection "L'Imaginaire", Gallimard - premère parution : 1913) que Crépusculine avait lu et apprécié : ce fut ma plus grande fierté qu'avoir contribué ainsi à ces belles découvertes ! Christiana Moreau a pu remarquer, quant à elle, l'étrange liberté de langue et de temporalités de La Beauté sur la Terre (poche, édition L'Âge d'Homme - première parution : 1926)... Quant à notre amie Marie-Madeleine, elle vient d'acquérir un exemplaire de Derborence (collection "Les Cahiers Rouges", Grasset - première parution :1934) ... dont je vénère - en particulier - tout le premier chapitre, bercé par la musique "innocente" des petits cailloux tombant sur les tuiles d'un châlet d'alpage, nous annonçant le drame à venir... "le destin en marche" (mais je cite là un écrit privé de Julien Gracq, qui mettait en avant ces ressorts de Tragédie grecque eschyllienne - son choeur au chant choral psalmodié - dans tous les romans-poèmes agrestes de Ramuz)...

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A ce sujet, on peut tenter - entre autres articles - l'exploration des pâturages de Derborence relatée par notre chère Webmaster du site tourangeau des Amis de Ramuz (Liliane Jouanet) :

 http://bulletindesamisramuz.blogspot.com

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 " Mais j'ai besoin d'être seul, c'est pourquoi je vais ainsi au petit débarcadère, et j'amène à moi la chaîne, et je fais tomber le crochet.

   Je m'assieds sur le banc du milieu, j'empoigne les rames ; je tire dessus de tout mon poids, me renversant ; et eux alors, là-bas, n'est-ce pas ? ils m'attendent, et je me dis bien qu'ils me voient venir.

   La terre m'a quitté, avec tout ce qui est petit ; je laisse derrière moi ce qui change pour ce qui ne change pas. Que je tourne seulement un peu et la rive disparaît tout entière ; il ne reste plus que le ciel et l'eau. (...) "

C.-F. RAMUZ, Vie de Samuel Belet, IIIème partie, chapitre III

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I l y a eu - pour moi - la découverte cet été du livre si romantique et spontané,écrit dans ces mêmes années par un Suisse germanophone, Robert Walser. Il s'agit de :  Les enfants Tanner  ("Geschwister Tanner"), un ouvrage édité pour la première fois en 1907 (disponible en collection "folio", Gallimard, excellemment traduit). Ses romans suivants seront :  Le Commis (1908) puis Institut Benjamenta (1909). La plasticité et l'imprévisibilité des psychologies et des actes des attachants personnages de Simon, Klara, Kaspar, Hedwig, tout comme le "chant" délié de la langue du jeune Walser (ouvrage composé en quelques mois, à l'âge de 27 ans...) nous fascinent immédiatement... Intemporels, on croit voir s'animer sous nos yeux les beaux visages de la liberté.

"On est fait pour les choses dont on rêve.", écrit le personnage de Klara...

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Me sont revenues alors en mémoire les résonnances du fascinant et indéfinissablement romantique Somewhere in Time (Le jeune homme, la mort et le temps, 1975, collection "présence du futur" Denoël puis "folio" Gallimard) et la pure magie du style de son auteur, l'excellent romancier "excellant" dans le genre Fantastique (L'homme qui rétrécit, Je suis une légende, La Maison des damnés), scénariste et nouvelliste (Duel - adapté par Steven Speielberg) : j'ai nommé Richard Matheson, tout récemment disparu. On plonge et s'éloigne corps et âme dans "ces années-là" (un passé qui attire, inexplicablement...) tout en partageant le destin de son attendrissant héros moribond qui souhaite échapper à "son" futur (pour lui irrémédiable) : un Amour absolu se trouve sur le chemin... De cette lecture nous reste l'envie de demeurer tel le héros dans cette immortalité du sentiment, "quelque part dans le temps"...

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Même thème pour Chronique des événements amoureux Kronika wypadków miłosnych - Tadeusz Konwicki - Lubimy Czytać ) du Polonais Tadeusz Konwicki (voir aussi ce lien avec un article passionnant en français) : roman qui fut excellemment adapté au cinéma par Andrzej Wajda (Kronika wypadków miłosnych), très finement traduit en français et édité par "P.O.F " (Presses Orientales de France). La géographie des sentiments par lesquels Witek et Alina "se cherchent et se trouvent", adolescents... tandis qu'en cette fin d'été 1939, la bêtise mortifère du monde leur fond dessus - comme sur "toute âme qui vive" - en leur Pologne paisible, multiconfessionnelle, passablement idéaliste et irréaliste d'alors...

Cette Pologne-là, définitivement réduite à néant, qui fut celle du dessinateur-graveur-poète-conteur Bruno Schulz (Le Printemps, Les boutiques de cannelle, Le sanatorium sous la clepsydre) qui finira assassiné dans son quartier devenu "ghetto" par un obscur gestapiste en 1942. Le piège se referma sournoisement à Drohobycz comme en tant d'autres lieux - je pense à Varsovie et ce que nous conte le magnétique et terrible récit de Wladyslaw Szpilman, Le Pianiste lui aussi brillamment adapté au cinéma par Roman Polanski.

Ici, pour cette Chronique magnifique, un style narratif discrètement lyrique, délicatement teinté d'humour et de romantisme... Magie des bords de rivières à la fin de l'été.

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Je suis charmé qu'une amie vienne de commander un exemplaire d' Un balcon en forêt (1958) de Julien Gracq qui est - là encore - un grand livre romantique et le plus "immédiatement accessible" (récit intimiste de "la drôle de guerre" dans les Ardennes, plus accessible - je le crois - que l'ultra-romantique et intemporel Le Rivage des Syrtes (1951), gros livre quasi-minéral que j'adore, et que mon fils a souhaité lire lui aussi - ce qu'il a fit en quelques semaines, in extenso... ) de son auteur, notre "géographe sentimental". A l'abri de son magique pseudonyme, Louis Poirier vivait de son salaire de professeur de géographie. Homme rare (par ailleurs réfractaire aux singeries goncourtiennes) qui m'a personnellement fait découvrir toute la littérature française du XIXème siècle dont je n'avais cure avant la lecture de ses merveilleux essais (Lettrines, Lettrines 2, Les eaux étroites, En lisant en écrivant, Carnets du Grand Chemin, Entretiens - un livre de 6 entretiens avec l'auteur, qui vous donne furieusement envie d'écrire à votre tour "un roman"...).

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Magie toujours vivace du Pays natal (éditions Phébus) d'un inimitable et si "rimbaldien" romancier ardennais : j'ai nommé André Dhôtel, disparu en 1991 (Le Pays où l'on n'arrive jamais, Un jour viendra, Ma chère âme,  ... ).

   "Au village de Bergeloup, quand on joue aux billes sur la pavé, les billes tintent d'une façon extraordinaire. Elles chantent véritablement.

   Si l'on parle dans la rue, la voix résonne comme au creux d'une vaste caverne. Lorsqu'un enfant court, on croirait un petit cheval lancé au galop.

   Dès qu'on n'entend plus rien, le silence vous entre dans les oreilles et vous tombe sur le dos. Alors on n'ose plus bouger, et on a l'idée que quelqu'un vous guette.

   C'est que le village de Bergeloup s'élève dans la profondeur de la forêt. Entre les maisons et la lisière, il y a seulement, par endroits, l'intervalle de quelques jardins. (...) " 

André DHÔTEL, Les lumières de la forêt (lecture suivie pour le Cours moyen première année) éd. Nathan, 1964

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"Mots-matière" simenoniens de ce passage emblématique de Dhôtel... Grande simplicité et impression de pureté, de "chant s'élargissant"... L'auteur a donc inventé SA langue, érigeant ainsi SON propre monde - qui nous semble si vaste et en lequel nous aurions envie de demeurer pour toujours ! Ne sommes-nous pas, au fond, tout près des divins poèmes musicaux chantés que demeurent Les Marquises de Jacques Brel, ou la Supplique pour être enterré sur la plage de Sète ou encore Les ricochets de Georges Brassens ?

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" Du soir montent des feux

et des points de silence

qui vont s'élargissant,

et la lune s'avance."

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 Mais nous ne nous ferons guère plus d'illusions... car "on" continuera longtemps à tenter de nous faire broûter tranquillement - ici ou là - ce qu'on nous met à disposition dans La Mangeoire : à savoir la "pâtouille" habituelle Musso-Lévy-Foenkinoos-Nothomb-Despentes-Houellebecq (ce dernier goncourtisé par ses copains et nous professant en "Une" de Libé : "Ce monde ne mérite pas la poésie !" Mais qu'est-ce qu'il en sait, cet andouille ???) -Dan Brown-etc. et tous les "polaroïds" industriels (scandinaves et autres) "tendance" du moment... Appelons ce trop vaste ensemble "L'élixir d'Oubli". Oubli alzheimérien de ce qu'a été un jour (et depuis Homère) "La Littérature". Se substituant donc peu à peu à cette dernière, un infâme brouet (s'apparentant à la "malbouffe" ou au fameux Soleil vert - future nourriture mondiale du film de Richard Fleischer), à la formule parfaitement mise au point au point par des industriels de la vague pâtée "clichetonnante", force de frappe d'une formidable efficacité anti-littéraire et anti-artistique ! D'insignifiance en anecdotisme, de personnages-fantoches (schématiques ou inexistants) en pathétiques exhibitions d'égos ennuyeux d'auteurs autofictionnants paresseux, ils nous conditionnent la cervelle en nous la décapant sournoisement "du sol au plafond" !!! Je suis devenu incapable de lire plus de trois lignes de ces "choses"... Aucune image ne vient à ma cervelle par la grâce de leurs expressions-clichés, leurs tournures stupides et attendues... Végétation de pacotille, bavardage sans attrait qui peu à peu nous cache la vision et nous brouille le souvenir de la profondeur d'une Grande Forêt mystérieuse qui s'étend à l'infini, comme en surplomb de leurs petitesses : cette vaste forêt immémoriale qu'ont forgé les productions d'un "Art littéraire" véritable, haute futaie que tant de médiocres faiseurs tentent obstinément de parasiter, Art lumineux dont ils redoutent le voisinage (tel le Nosferatu de Friedrich-Wilhelm Mürnau, qui craint tant la lumière splendide de l'aurore !), Littérature dont ces emplâtres nous feraient "presque" oublier l'existence... Constat quotidien du pouvoir virulent de cette vaste offensive anesthésiante (en toute inconscience de leur propre médiocrité coagulante, se coalisant avec la médiocrité du voisin - résultant chez eux d'un "simple" manque d'exigence esthétique individuelle : quel "oubli" déplorable mais "sans importance", n'est-ce pas ?). Certains en sont réduits - pour attirer l'attention sur leur "génie" ? - à se mettre à la place d'un commandant de camp de concentration pendant 800 pages ou d'un abruti fascistoïde de "tueur de masse" sur une île norvégienne : quelle éthique formidable pour auteurs-prostitués et lecteurs-voyeurs !!! Oui, nous "radoterons" toujours et encore ici sur ce thème, en nous acharnant sur l'absence d'ambition artistique de ces feignasses - n'oubliant jamais qu'il s'agit par là de défendre "parallèlement" la simple survie d'un Art littéraire sans frontières.

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Car fort heureusement nos contemporains Orhan Pamuk, "le vétéran" Yachar Kemal, Khaled Hosseini, Guo XiaoluPhilippe Claudel, Drago Jancar, Su Tong, et quelques autres - de par le monde entier - maintiennent encore isolément "le flambeau" d'une Littérature par l'invention d'une langue qui leur est propre, un effort de lyrisme et d'universalisme et par une simple exigence stylistique et esthétique (caractéristiques qui ne se sont jamais démenties, d'ouvrage en ouvrage) ... Des artistes tels Franz Kafka, André Breton, John Steinbeck, Dino Buzzati, Knut Hamsun, Tarjei Vesaas, Rabindranath Tagore, Louis Guilloux, François Mauriac, Stefan Zweig, Hermann Hesse, Thomas Mann, Hayashi Fumiko, Edogawa Ranpo, Jaroslaw Iwaskiewicz, Jorge Luis Borges (mais méfions-nous de Borges, car quelque journaleux-superficiel-national (pléonasme) pourrait un jour stupidement traiter telle ou telle de ses géniales nouvelles fantastiques - La mort et la boussole, Le jardin aux sentiers qui bifurquent ou La loterie à Babylone - de "polar métaphysique" !) ont donc - de par notre vaste monde - aujourd'hui quelques talentueux continuateurs : de véritables artistes contemporains, tout aussi affirmés et sans complexes que leurs illustres prédécesseurs, luttant eux aussi par leur professionnalisme, leur éthique, leurs convictions naïves, leur très grande culture et tous les "petits moyens" artisanaux modestes et personnels qu'ils se sont inventés... pour tenir tête à la Déferlante contemporaine qu'est la paralittérature (océan étouffant de vulgarité et de platitudes, phénomène que nous subissons tous et que je qualifierai plutôt d'anti-littérature avec bien des arguments, au sens où cette entité monstrueuse, toute lovecraftienne, parvient à étouffer sournoisement, "innocemment" - vraiment inconsciemment ? mais bien sûr le plus commercialement du monde - un Art littéraire immémorial, vite dépassé par cette concurrence proliférante, avec l'appui décisif de notre complicité acheteuse passive... ).

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Pour ma part et modestement, je me dois de terminer ces jours-ci la rédaction de ma préface à la réédition (chez "Mon Petit Editeur", toujours !) de L'été et les ombres (2009) pour 20 ou 30 lectrices & lecteurs nouveaux (premier petit roman tellement influencé par la belle Chronique des événements amoureux de Tadeusz Konwicki et le merveilleux Pays natal d'André Dhôtel, je m'en rends bien compte aujourd'hui !!) et je tiens à remercier encore ici "mes" 70 lectrices & lecteurs de Grand Large (2013), ces personnes chères qui sauveront probablement les existences fragiles de Bruno, Clara, Aurélien, Rose et Charlène et de quelques autre personnages "secondaires" (pour moi pareillement "réellement vivants" : Mme Sültaniyé, le petit tailleur au costume-parachute, ... ) : lectrices et lecteurs fidèles que vous êtes, qui sauveront les uns et les autres de l'oubli et de l'inattention "de masse" - phénomène sans remède possible...

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"The past is a foreign country (...)"

("Le passé est une terre étrangère.")

Leslie Poles HARTLEY, The Go-Between (Le Messager)

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Prochains articles (d'ici à 1 mois, et à rythme mensuel) :

Cinq films new-yorkais de James Gray / La trilogie romanesque de Dino Buzzati  / L'oeuvre-iceberg de Stefan Zweig

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Légendes des photographies :

Ariègemois de juillet 2013

(1) Nuages de beau temps à Viviès

(2) Robiniers faux-acacias au crépuscule (Viviès)

(3) Champ de blé fauché et bois à Camon

(4) Vue de la rive du lac de Montbel

(5), (6) & (7) L'Hers s'écoulant à Camon / bosquet de peupliers sur sa rive droite

(8) Cascade près des étangs et du refuge gardé de Bassiès

(9) M.J.C. attentif au repos (Viviès)

(10) Vallée glaciaire entre le Port de Lhers et les étangs de Bassiès (au fond, la Pica d'Estats et le Montcalm)

(11) Ciel d'orage au-dessus de Viviès

(12) Méandres des sources des étangs de Bassiès

(13) "Rocher-guetteur" (gracquien ou buzzatien) près de névés, entre le Port de Lhers et les étangs de Bassiès

(14) Bouleaux sur le versant sud de la vallée du Douctouyre

(15) Jument paissant près du bois de Viviès

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Merci de ne rien reproduire sans l'autorisation de l'auteur. 

(Dourvac'h)

Posté par regardsfeeriques à 18:50 - Commentaires [29] - Permalien [#]
mardi 2 juillet 2013

Mystères

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" Il y avait un charme puissant à se tenir là,

si longtemps après que minuit avait sonné aux églises de la terre, (...)

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(...) sur cette gâtine sans lieu épaissement saucée de flaques de brume (...)

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(...) et toute mouillée de la sueur confuse des rêves (...)

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(...) à l'heure où les vapeurs sortaient des bois comme des esprits. "

*

Julien Gracq

Un balcon en forêt

(1958, librairie José Corti)

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Julien Gracq, qui reste notre dernier écrivain romantique, écrivait - toujours avec justesse -

que la moitié d'une oeuvre naît de l'imaginaire de son auteur, et l'autre moitié de celui de son lecteur...

(Les dix-neuf (+ une) oeuvres littéraires de Julien Gracq sont disponibles chez José Corti éditeur)

*

Photographies : Viviès (Ariège), juin & juillet 2013 - Dourvac'h

(Prière de ne pas reproduire sans l'autorisation de l'auteur)

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... en modeste contrepoint à l'Oeuvre de

Caspar David FRIEDRICH

dont vous trouverez 40 "aperçus" à l'article précédent !

*

( ... ET DE "BELLES LECTURES" POUR VOTRE ETE SOUS LA PLUIE ... ? )

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Tout "notre" dossier critique Grand Large est consultable sur :

https://www.facebook.com/pages/Dourvach/463413650411841

(Mille mercis encore à toi, chère Christiana !)

*

 

C’est une petite mélodie que l’on aimerait entendre plus souvent… Dourvac’h en est à son second roman.

Avec lui, l’écriture vient du cœur, elle prend une signification singulière quand il décrit ses personnages, il y a une dimension d’humanité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Bruno, un peintre raté qui après avoir perdu son fils sombre dans l’alcoolisme et la solitude. Seule sa petite princesse Clara lui permet de garder la tête hors de l’eau.

Jusqu’au jour où il rencontre Rose qui à travers la fraîcheur d’un de ses tableaux tombe sous le charme de cet homme cabossé par la vie. Et à partir de ce moment tout bascule, sa misérable existence prend un tour particulier… «Les enfants sont nos magiciens» tant il est vrai qu’ils peuvent transcender l’existence des adultes.

Un petit roman à l’écriture fluide qui se lit très vite, un style entre pudeur et retenue, entre nostalgie et espoir. Avec en écho des paysages à la Caspar David Friedrich. A découvrir pour prendre le large.

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Grand Large de Dourvac’h

http://www.monpetitediteur.com/librairie
ISBN: 9782748398151 - Romans - Edition brochée
Mon Petit Editeur 15 €

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/05/2013 | 18:28 | Lu: 9592 fois

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Le roman Grand Large 

peut également être commandé chez l'auteur

(5 exemplaires y sont encore disponibles, qu'on peut acquérir à 15 euros/ex., frais d'envoi compris)

Il vous suffit donc d'écrire à :

 dourvac_h@live.fr

*

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Autres titres disponibles chez l'auteur :

Au Jardin (conte fantastique, version illustrée par Isaly, La Compagnie des Fées auto-édition-diffusion, 2008) : nous restent 3 exemplaires qu'on peut acquérir à leur prix de fabrication + frais d'envoi = 15 euros/ex.

Fées, Rêves et Glaces (recueil de 3 nouvelles fantastiques,  La Compagnie des Fées auto-édition-diffusion, 2008) : nous restent 7 exemplaires qu'on peut acquérir à leur prix de fabrication + frais d'envoi = 14 euros/ex.

Un retour à l'Algérie Heureuse (récit ethnographique en vers libres !!!, auto-édition An-Nâfs, 2005) : nous restent 3 exemplaires qu'on peut acquérir à leur prix de fabrication + frais d'envoi = 16 euros/ex.

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L'été et les ombres  (roman, La Compagnie des Fées auto-édition-diffusion, 2009 : précédent tirage épuisé) est ré-édité par Mon Petit Editeur (corrections et fabrication en cours) et sera disponible fin 2013.

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MERCI POUR VOTRE SI GRANDE CONFIANCE "LITTERAIRE"... quasi en toutes circonstances !!!

Posté par regardsfeeriques à 21:12 - Commentaires [12] - Permalien [#]
dimanche 9 juin 2013

Caspar David Friedrich : quarante oeuvres

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Der Wanderer über dem Nebelmeer

(Le voyageur au-dessus de la Mer de nuages)

(vers 1817-1818) huile sur toile, 74,8 x 94,8 cm, Hamburg, Kunsthalle

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Kreidefelsen auf Rügen

(Falaises de craie à Rügen / Les blanches falaises de Rügen)

(après 1818) huile sur toile, 90,5 x 71 cm, Winterthur, Museum Oskar Reinhart am Stadtgarten

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Frau am Fenster

(Femme à la fenêtre)

(1822) huile sur toile, 44 x 37 cm, Berlin Nationalgalerie

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Frau vor untergehender Sonne / Sonnenuntergang / Sonnenaufgang / Frau in der Morgensonne

(Femme devant le coucher du soleil / Crépuscule / Soleil levant / Femme au soleil levant)

(vers 1818) huile sur toile, 22 x 30 cm, Essen, Museum Volkwang

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Auf dem Segler

(A bord du voilier / En bateau)

(1818-1819) huile sur toile, 71 x 56 cm, Saint-Petersbourg, Musée de l'Ermitage

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Mann und Frau unter Mondschein

(Homme et femme contemplant la lune)

(vers 1824) huile sur toile, 34 x 44 cm, Berlin, Nationalgalerie

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Gartenlaube

(La tonnelle)

(1818) huile sur toile, 30 x 22 cm, München, Neue Pinakothek

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Schwannen

(Les cygnes / Cygnes au crépuscule)

(1820) huile sur toile, 35 x 44 cm, Frankfurt-am-Mein, Goethemuseum

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Mondaufgang am Meer

(Lever de lune sur la mer)

(1822) huile sur toile, 55 x 71 cm, Berlin, Nationalgalerie

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Die Stern am Abend

(L'étoile du soir)

(1830-1835) huile sur toile, 32,5 x 45 cm, Frankfurt-am-Mein, Deutches Hochstift

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Der Sommer

(L'été)

(1807) huile sur toile, 71,4 x 103,6 cm, München, Neue Pinakothek

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Blick auf Arkona mit aufgehendem Mond und Netzen

(Vue sur Arkona au lever de la lune / Arkona)

(1805-1806) crayon et sépia, 60,9 x 100 cm, Vienne, Albertina

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Landschaft im Riesengebirge

(Paysage du massif des Géants / Paysage du Riesengebirge)

(1810) huile sur toile 45 x 58,3 cm, Moscou, Musée Pouchkine

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Morgennebel im Gebirge

(Brouillard Matinal sur la montagne / Paysage de montagne dans la brume)

(1808) huile sur toile, 71 x 104 cm, Rudolstadt, Staalliches Museum Scloss Heideckburg

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Am Morgen im Riesengebirge

(Matin dans le Riesengebirge)

(1810-1811) huile sur toile, 108 x 170 cm, Berlin, Nationalgalerie

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Am Morgen in Bergen

(Le matin en montagne)

(vers 1822-1823) huile sir toile, 135 x 170 cm, Saint-Petersbourg, Musée national de l'Ermitage

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Felsenlandschaft im Elbsandsteingebirge

(Paysage rocheux dans la Elbsandsteingebirge)

(1822-1823) huile sur toile, 91 x 72 cm, Vienne, Österreichische Galerie Belvedere

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Ziehende Wolken

(Nuages passant)

(vers 1820) huile sur toile, 18,3 x 24,5 cm, Hamburg, Kunsthalle

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Erinnerungen an das Riesengebirge

(Souvenirs dans le Massif des Géants / Brume sur le Riesengebirge)

(vers1820-1821), huile sur toile, 54,9 x 70,3 cm München, Neue Pinakothek

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Das Eismeer

(La Mer de glace) (Le naufrage)

(1823-1824) huile sur toile, 96,7 x 126,9 cm, Hamburg, Kunsthalle

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Der Mönch am Meer

(Le moine au bord de la mer)

(vers 1809) huile sur toile, 110 x 171,5 cm, Berlin Nationalgalerie

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Greifswald, am Morgen

(Greifswald, le matin / Prairies près de Greifswald)

(vers 1822) huile sur toile, 34,5 x 48,3 cm, Hamburg, Hamburger Kunsthalle

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Greifswald am Mondschein

(Greifswald au lever de lune)

(vers 1817) huile sur toile, 22,5 x 30,5 cm, Oslo, Nasjonalgalleriet

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Elbschiff im Fruehnebel

(Bateau sur l'Elbe, le matin dans le brouillard)

(1820-1825) huile sur toile, 22,5 x 30,8 cm, Köln, Wallraf-Richatz Museum

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Frau bei Meer in Rügen

(Femme au bord de la mer à Rügen)

(1818) huile sur toile

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Das Große Gehege (Ostra-Gehege) bei Dresden

(La grande réserve)

(vers 1832) huile sur toile, 73,5 × 102,5 cm, Dresden, Gemäldegalerie

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Abend mit Wolken

(Soir avec nuages)

(1814) huile sur toile, 14 x 22,5 cm, Mannheim Kunsthalle

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 Hünengrab im Schnee

(Tumulus hünnique sous la neige / Tombeau hun sous la neige)

(1807) huile sur toile, 62 x 80 cm, Dresden, Galerie Neue Meister

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Oybin am Mondschein

(Ruines d'Oybin au clair de lune)

huile sur toile

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Klosterfriedhof im Schnee

(Cimetière d'un cloître sous la neige)

(1819) huile sur toile

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Eldena Ruins

(Les ruines d'Eldena)

(vers 1825) huile sur toile, 35 x 49 cm, Berlin Nationalgalerie

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Abtei im Eichwald

(L'abbaye dans une forêt de chênes)

(1809-1810) huile sur toile, 110,4 x 171 cm, Berlin, Alte Nationalgalerie

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Einsamer Baum

(Arbre solitaire / Paysage champêtre, le matin)

1822) huile sur toile, 55 x 71 cm, Berlin, Nationalgalerie

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Eichbaum im Schnee

(Chêne sous la neige) 

(1829) huile sur toile, 71 x 48 cm, Berlin, Alte Nationalgalerie

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Der Mann am Mondschein

(Homme au clair de lune)

huile sur toile

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Der Morgen (Tageszeiten-Zyklus)

(Le Matin / Cycle des heures du jour)

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum

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midday

Der Mittag (Tageszeiten-Zyklus)

(Le Midi / Cycle des heures du jour) 

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum 

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Der Nachmittag

(L'après-midi / Cycle des heures du jour) 

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum

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Der Abend

(Le soir / Cycle des heures du jour)

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum

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Fichtendickicht im Walde

(Taille de sapins dans la forêt)

(1828) huile sur toile, 30 x 24 cm, München, Neue Pinakothek

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Früh Schnee

(La première neige)

huile sur toile

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Der Jäger in Wald

(Le chasseur dans la forêt)

huile sur toile

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Krähen auf einem Baum

(Corbeaux sur un arbre / L'arbre aux corbeaux)

(1822) huile sur toile, 54 x 71 cm, Paris, Musée du Louvre

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Steine im Meer

(Récif sur la plage)

(vers 1824) huile sur toile, 22 x 31 cm, Karlqruhe, Staatliche Kunsthalle

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Seestueck bei Mond

(Navire sous la lune / Vue sur la Baltique)

(vers 1820-1825) huile sur toile, 34,5 x 44 cm, Düsseldorf, Museumkunstpalast

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Flachlandschaft am Greifswalder Bodden (Seestück, Abend an der Ostsee)

(Paysage plat dans la baie de Greifswald : Marine, soir sur la Mer Baltique)

(1830-1834) huile sur toile, 25,7 x 31,5 cm, SchweinFurt, Museum Georg Schäffer

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Die Lebensstufen

(Les trois âges de la vie / Les Trois Âges de l'Homme)

huile sur toile, 72,5 x 94 cm, Leipzig, Museum der bildenden Künste

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Waldinneres bei Mondschein

(A l'intérieur de la forêt au clair de lune)

(entre 1823 et 1830), huile sur toile

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Friedhofseingang

(L'entrée du cimetière)

(1824-1826, inachevé) huile sur toile, 143 x 110 cm, Dresden, Gemäldegalerie Neue Meister

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" Il se peut que l'art soit un jeu, mais c'est un jeu sérieux. "

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Winterlandschaft

(Paysage d'hiver avec église)

(1811) huile sur toile, 33 x 45 cm, Dotmund, Museum für Kunst und Kulturgeschichte

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" L'art est infini. "

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Caspar David Friedrich

- né en 1774 à Greifswald (Royaume de Suède), disparu à Dresden (Prusse) en 1840 -

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Nebel

(Brume)

(1807) huile sur toile, 34,5 x 52 cm, Wien, Österreichische Galerie Belvedere

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J'ai essayé - patiemment - de retrouver les titres originaux en allemand (quand ils existent !), les traductions françaises littérales et les traductions plus connues de quarante de ses oeuvres ainsi que la reproduction la moins sombre et qui soit la mieux photographiée et avec la meilleure définition possible ! Un véritable travail de "Friedrichien" !!!!

J'ai dû effectuer une sélection personnelle parmi toutes les reproductions des plusieurs centaines d'oeuvres graphiques de C.D. Friedrich que je puisse "saisir" sur le net... J'ai préféré exclure les quelques tableaux de ses amis peintres (Gerhard von Kügelgen, Georg Friedrich Kersting, ...) ayant représenté l'artiste (pardon, Christiana !) ainsi que le fameux Watzmann d'Adrian Ludwig Richter, souvent pris pour une toile de Friedrich ! ...

Bref, cela se nomme une (humble) "célébration"...

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lundi 27 mai 2013

Un très beau cadeau fait-mains par Christiana Moreau !

Consultez ce lien magique :

https://www.facebook.com/pages/Dourvach/463413650411841

Ah, la sophistication de ce "LIVRE d'OR" reprenant les 16 formidables "papiers" de  nos Amies & Amis d'ici, chaque (court ou plus long) texte bien en regard de "sa" photo de l'article "Ailleurs" du 10 mars 2013 !!! Que de temps passé et de générosité sans limites pour fabriquer pareil soigneux écrin "face-boucanesque" à la petite oeuvre romanesque Grand Large... Denrées (devenant rares) qui témoignent de la généreuse Amie que tu es, au même titre qu'une artiste épanouie, une VRAIE !!! Gratitude totale pour ce coup de main inespéré : un si beau et si patient travail, si agréable à la vue !! Et belle carrière en parallèle à ta propre belle ouvrage romanesque, La Sans par !!!

Alors encore mille fois MERCI à toi, Notre chère grande Amie de Wallonie !!!!

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lundi 13 mai 2013

................... Ecriture-regard, écriture-peinture................. ("All about C.-F. Ramuz")

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La "Langue-geste" de Ramuz...

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... nous restera ...

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 ... cet Or stylistique

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... qu'on voit paisiblement...

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... miroiter dans les romans-poèmes...

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... et les (merveilleux) essais...

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... de notre (cher) Vaudois universel, disparu en 1947...

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Beaucoup de critiques parisiens, pinailleurs et (autoproclamés) experts de la "pureté de la langue française", n'y ont d'ailleurs - immédiatement - RIEN compris :

Ramuz "écrit mal", mélange les temps, répète cycliquement certains mots... est sans doute un pittoresque lourdaud de "paysan vaudois" ou de "montagnard valaisian", un banal "régionaliste à la Giono-Pourrat" (ben, puisqu'y n'est pas d' Paris !), bref une étrangeté quelconque qui souhaite seulement "se singulariser" à Nos yeux (à Nous-Zaut's, les-Prestigieux-d'-la-Capitale dont le seul AVIS comptera et vaudra toujours quelque chose !)

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Incompréhension de la plupart, avant-guerre...

Il est cependant cocasse de constater que leurs successeurs feront un tabac snobinard à l'illisible Ulysse de James Joyce (que tout le Grand Peuple des Branchouilles feindra bien sûr d'avoir lu en entier, terrorisés à la seule idée de risquer d'avoir loupé une nouveauté stylistique, même parfaitement abominable !!!)

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Ramuz inventait donc silencieusement sa langue : celle qui lui convenait... Celle qu'aurait parlé spontanément le viticulteur des coteaux de Cully s'il avait eu accès à ce que nous nommons aujourd'hui et assez prétentieusement "La Culture"...

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Et cette langue (fruit mûr de l'oralité, s'assumant comme "lente et lourde" et forgée durant 12 années d'"exil" parisien volontaire en se souvenant des compatriotes vaudois des bords du Lac) est un miracle qui dure ! 

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Et cette si modeste langue (pur fruit de l'oralité, s'assumant comme "lente et lourde", patiemment forgée et perfectionnée durant 12 années d'"exil" parisien volontaire en se souvenant des compatriotes vaudois des bords du Lac) est encore un miracle qui dure et s'avance en sifflotant vers nous !

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Et bien sûr, "ça" n'est pas non plus "du style paysan de commande, insincère et surjoué" (rires) ! Ramuz avait évidemment bien d'autres motivations créatives que "jouer à faire l'intéressant" aux yeux des Parisiens blasés du moment : ayant simplement le souci de créer sa propre musique de mots, son propre langage artistique (Cf. Vincent Van Gogh , Paul Gauguin, Paul Cézanne, et tant d'autres) et son éventuelle "universalité" propre ! Alors, quel mystère cristallin, tout de même, dans la survivance et la belle réfraction de cette Oeuvre, aujourd'hui !!! Il lui manquera toujours - évidemment - la prose informative, les marques rassurantes de la banalité, les poteaux indicateurs et le surlignage fluo usuel à tant d'auteurs médiocres et aujourd'hui fort lus... L'auteur paye encore et paiera toujours (post mortem, plus de 75 ans après... ) d'être parvenu en 50 années - à force d'efforts stylistiques évolutifs et d'oralité créative, enfin valorisée - à s'affranchir totalement des pauvres modes de son temps, de la fameuse "concordance des temps" et autres babioles... Résultat ? Seuls le Lyrisme, le mystère et la poésie des êtres et des tableaux brossés en ses pages (et en nous) demeurent ! Comprenons aussi par là que l'heureux Ramuz - un rien "trop" intemporel - ne sera jamais "auteur à la mode"... (Ouf !)

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Perfectionnisme inouï de ce travail sur une écriture-argile parfois 3 ou 4 fois remodelée (jusqu'au moment de la parution des "oeuvres complètes" - durant la guerre 39-45).

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Cependant, je dois me souvenir de ma première réaction à 18 ou 20 ans, tombant - par hasard - sur Si le soleil ne revenait pas. L'histoire de ce devin "porteur de poisse" pour son village et de cette jeune fille amoureuse "qui cherche le soleil" me fascinait, tous ces beaux personnages mystérieux et attirants... " Mais... (me répétais-je stupidement) pourquoi c'est écrit si bizarre ? ". Puis vinrent les découvertes de La grande peur dans la montagne... (les Anciens et les Modernes, la malédiction des maladies qui rôdent et que l'on va ramener des alpages, le Destin en marche... /1926), de Derborence (d'après un "faits divers" antique, une histoire d'ensevelissement et de résurrection sous une avalanche de pierriers dévalant les hauts pâturages /1934) puis Aline (histoire immortelle et touchante de petite villageoise séduite et abandonnée... /1905)... puis Aimé Pache peintre vaudois (transposition de l'épopée intimiste parisienne de l'auteur /1911)...  le chef d'oeuvre existentialiste inclassable que demeurera pour nous Vie de Samuel Belet (/1913)... l'émerveillement que crée la langue du Conteur pour La guerre dans le Haut-Pays (/1915)... la pureté cristalline de L'amour du monde (l'arrivée conjointe du cinéma muet et d'un fou qui se prend pour le Christ dans une petite ville des bords du lac /1928)la pureté flaubertiennne de l'éblouissante chronique provinciale que reste Les circonstances de la vie (/1907)l'éblouissement et l'inventivité si contrastée de l'essai Paris (Notes d'un Vaudois) (/1939) ...

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Bref, après le désarçonnement du premier contact "accidentel" avec son style (Cf. également la réaction de notre Amie Christiana), pouvoir en arriver 30 ans plus tard à cette non moins étrange pensée :

"Ah, tout ce temps perdu - d'avant - sans avoir connu l'Oeuvre de Ramuz !" (rime)

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Et puis ce lien à un superbe article inattendu dans le media "Ariège News" :

http://www.ariegenews.com/ariege/culture/2013/61968/grand-large-le-second-roman-de-dourvac-h.html

... qui s'ajoute à vos 15 merveilleux et si riches longs petits "papiers" déjà publiés ICI

en notre article du 10 mars 2013

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