dimanche 7 septembre 2014

La traversée du désert - toujours recommencée...

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Photographies :

Dourvac'h

... et à bientôt -- d'ici à quelques semaines ou quelques mois -- avec

 les jolies vies sentimentales de Julie W., Gerti W. & Franz K. ... (*) (**)

*

(*) Grâce à notre Amie Christiana,

Un amour de Franz K. vient de trouver preneur chez l'éditeur/artisan Stellamaris à Brest !

Merci aussi à nos Amies Barbara & Aurelia,

pour leurs aides précieuses, précises et désintéressées, tout aussi concrètes & déterminantes !!!

(**) Revoir notre grand article du 1er juin 2014 (...)

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dimanche 10 août 2014

"Irish ways and Irish Laws" (trad. irlandais)

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Once upon a time there was Irish ways and Irish laws,

Il était une fois des chemins irlandais et des lois irlandaises,

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Villages of Irish blood, waking to the morning...

Villages de sang irlandais, s'éveillant au matin ...

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Waking to the morning...

S'éveillant au matin...

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Then the Vikings came around, turned us up and turned us down,

Puis les Vikings sont venus nous encercler, nous ont tourné dessus et dessous,

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Started building boats and towns, they tried to change our living...

Commençèrent à construire des bateaux et des villes, essayèrent de changer notre vie...

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They tried to change our living...

Ils essayèrent de changer notre vie...

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Cromwell and the soldiers came, started centuries of shame,

Cromwell et ses soldats sont venus, commencèrent des siècles de honte, 

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But they could not make us turn, we are river flowing...

Mais ils ne pouvaient pas nous faire tourner, nous sommes rivière qui coule...

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We're a river flowing...

Nous sommes rivière qui coule...

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Again, again the soldiers came, burnt our houses, stole our grain,

Et encore et encore les soldats sont venus, ont brûlé nos maisons, volé notre grain,

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Shot the farmers in their fields, working for a living...

Tiré sur les fermiers dans leurs champs, pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

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They were working for a living...

Pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

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Eight hundred years we have been down, the secret of the water sound

Huit cents ans nous avons été soumis, le secret du son de l'eau

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Has kept the spirit of a man, above the pain descending...

A gardé l'esprit humain au-dessus de la souffrance qui l'abaisse ...

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Above the pain descending...

Au-dessus de la souffrance qui l'abaisse... 

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Today the struggle carries on, I wonder will I live so long

Aujourd'hui, l'affrontement continue, je me demande si je vivrais aussi longtemps

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To see the gates being opened up to a people and their freedom...

Pour voir les portes s'ouvrir à un peuple et sa liberté...

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A people and their freedom...

Un peuple et sa liberté...

 *

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Irish Ways and Irish Laws

Song : John Gibbs

(traduction : dourvac'h)

*

photographies : dourvac'h

[Ariège, juillet 2014 :]

(1) , (3), (4), (7), (12), (19) : commune de Viviès (juillet 2014)

*

[Haute-Savoie, juillet-août 2014 :]

(2), (10), (16), (17)  : chalets de la haute-vallée de l'Arve

(18) : fontaine au village d'Araches, vallée de l'Arve

(5), (6), (11) : sculptures sur bois mort signées "G.F.", forêt des Carroz d'Araches  

(8), (9), (10), (13), (14), (15) : cascades à Sixt-Fer-à-Cheval, vallée du Giffre

*

Avec ce RAPPEL aux éventuels "neu-neus sans idées" toujours de passage & autres minables copieurs/pompeurs/-ses d'à peu près TOUT, légendant leurs pompages éhontés de leurs jésuitiques, niais (et sans doute pour eux auto-disculpant...) "trouvé sur internet:

PAS de reproduction possible sans NOS autorisations... (GRRRR !!!)

*

Mais si vous souhaitiez joindre à nouveau (et facilement) l'irrascible auteur de ces photographies,

 vous pouvez maintenant TRES VITE le contacter sur :

dourvach@gmail.com

(Auriez-vous même la gentillesse, SVP, de bien vouloir retrouver, reproduire et ré-expédier à cette nouvelle adresse vos éventuels RECENTS messages que vous auriez pu adresser ces dernières semaines à mon ancienne boite e-mail "dourvac_h@live.fr", aujourd'hui - hélàs - probablement piratée, en tout cas pour moi inaccessible ... )

Posté par regardsfeeriques à 12:25 - Commentaires [14] - Permalien [#]
mardi 22 juillet 2014

"Heimat" d'Edgar Reisz (2013) & autres belles et grandes "nouvelles de l'Inactualité"...

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Die andere Heimat (Kronik einer Sehnsucht) (*)

(*) titre allemand : " L'autre Terre natale (Chronique d'un rêve) "

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Schabbach, en Rhénanie, 1842 à 1844. Des dizaines de milliers de paysans allemands, accablés par les famines, la mortalité infantile et la pauvreté, tentent d'émigrer en Amérique du Sud. Le Brésil est la Terre de tous leurs rêves...

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Jakob Simon rêve lui aussi d’un monde meilleur, mais surtout d’aventures.

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Mais voici toute l'histoire de la famille Simon...

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Jakob Simon : personnalité romantique, débitant de mémoire ses phrases magiques issues de dialectes amérindiens et dénichant en son environnement immédiat ces quinze variétés de vert connues "là-bas"... tel le protagoniste à la tête vide mais bruissante d'histoires de Joseph von Eichendorff, dans Aus dem Leben eines Taugenichts (ou Scènes de la vie d'un propre à rien, publié en 1826), sortant son violon dès que le Voyage commence...

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Le jeune Jakob sera donc notre Ulysse "presque immobile" (formidable Jan Dieter Schneider)... houspillé par son père Johann (Rüdiger Kriese), le forgeron-maréchal-ferrant de Schabbach...

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Fils cadet protégé par sa mère Margret (Marita Breuer), qui se consume peu à peu de tuberculose... Jakob profitant encore de la complicité "républicaine et laïque" de son oncle tisserand (Reinhard Paulus) quand les livres - ces ennemis du travail - lui sont arrachés des mains et envoyés sur le tas de fumier par un père enragé ...

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Le propre à rien tombe - plutôt maladroitement - amoureux de Jetchen (Antonia Bill) rencontrée en compagnie de son amie Florinchen (Philine Lembeck), un soir dans un pré en pente...

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Une idylle vite contrariée par le retour de son propre frère aîné  Gustav (Maximilian Scheidt), de retour du service militaire - sous son étrange casquette d'Etudiant de Prague... Non content de lui dérober sa dulcinée, il s'approprie même les rêves du cadet en devenant - à sa place - candidat à l'exil brésilien...

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Les visites clandestines de la soeur ainée Lena (Mélanie Fouché) réprouvée car mariée à un catholique d'un village voisin en terre protestante ; l'ombre bienveillante omniprésente de la grand-mère (Eva Zeidler),volontiers affairée à ses boudins de patates ; Margotchen (Zoé Wolf), la petite soeur au pied-bot, les morts d'enfants en cascade (impitoyable diphtérie...) dans le village hivernal... Enfin, Florinchen, l'amie inséparable de Jettchen,dévoile ses sentiments pour l'anti-héros rêveur...

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Passe sur ces vertigineux extérieurs et ces rudes intérieurs, en leurs gris nébuleux et par leur magie "claire obscure", tout le délicat souvenir des toiles de Millet et de Vermeer ...

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Film réalisé dans son Hunsrück natal en 2012-2013 par cet artiste alors âgé de 80 ans. Chef d'oeuvre incontestable... Au fond, grâce à quoi ? Au pari de l'exigence déterminant une oeuvre qui ait une "longue durée de vie"... Grâce au professionnalisme de son équipe technique et à la cohésion de sa "troupe" d'acteurs, d'actrices et de figurants (tous d'un charisme inouï, tout en étant de quasi-inconnus pour nous).

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Exception faite pour Marita Breuer - jouant la mère - émouvante actrice que reconnaitront les nombreux spectateurs de ses précédents films "de cinéma" : cette trilogie Heimat I, II et III d'une cinquantaine d'heures, produite par la télévision allemande et aujourd'hui disponible en DVD, à l'instar de ce dernier film en deux parties, d'une durée approchant 4 heures)...

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Après Heimat 1 sorti en 1984 (période 1919-1982), Heimat 2 en 1992 (période 1960-1970) et Heimat 3 en 2004 (période 1989-2000), Edgar Reitz nous livre aujourd'hui le prélude de sa saga antérieure en s'attachant à la très courte période 1842-1844.

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A la question : "Est-ce que vous regardez des séries ?", l'auteur répondit le 26/10/2013 à Jacques Morice pour l'hebdo "Télérama":

" Pas du tout. Au bout de dix minutes, j'abandonne, je trouve qu'il n'y a aucune qualité esthétique. Si les images étaient mieux faites, on ne les oublierait pas aussi vite. Elles se mélangent à plein d'autres dont on est abreuvé. De fait, je ne regarde pas la télévision. "

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Le format scope et le pointillisme coloré inattendu de certains plans en noir-et-blanc (idée née d'un incident lors du traitement de la pellicule, développée plus tard comme moyen esthétique additionnel : procédé rare et discret, d'une redoutable force émotionnelle) contribuent aux fortes qualités poétiques de l'oeuvre... 

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Re-création éblouissante d'un monde disparu...

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Un "classique moderne" inattendu...

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... avec l'empreinte (discrète) de Vermeer & Pieter de Hooch, bien sûr !

*

Et il y eut, bien sûr, de formidables "Grands Ancêtres" (cinématographiques planétaires) dans la généalogie d'Heimat :

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The Wind (Le Vent, 1928) de Victor Sjöström

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City Girl (1930) de Friedrich-Wilhelm Mürnau

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My darling Clementine (La poursuite infernale, 1946) de John Ford

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L'homme sauvage (The Stalking Moon, 1968) de Robert Mulligan

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L'arbre aux sabots (L'albero degli zoccoli, 1978) de Ermanno Olmi

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Days of Heaven (Les Moissons du Ciel, 1979) de Terrence Malick

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et peut-être ...

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The Hi-Lo Country (1999) de Stephen Frears

- adapté du formidable livre éponyme de Max Evans (1961)

*

Vient  cette question "secondaire" (mais lancinante) à laquelle la vision de ce chef d'oeuvre nous renvoit soudain : la production puis la réalisation d'un film de dimensions et d'ambition équivalentes, à propos de "notre passé paysan", qui posséderait cette même authenticité, cette confiance légitime en son modeste point de vue - et d'aussi évidentes (stupéfiantes) qualités esthétiques et éthiques - seraient-elles seulement envisageables en notre "petit pays", aujourd'hui bien défait ?

Je crains la réponse...

Car nos plus proches souvenirs français - en mode évidemment mineur si on les compare à la force esthétique et émotionnelle d'Heimat d'Edgar Reisz - restent, pour nous :

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Moi, Pierre Rivière... de René Allio (1976) 

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Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion (2001)

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On se rend bien compte - même en cherchant dans tous les coins - que par chez nous, "la moisson est maigre".

Ou alors : un jour, peut-être ?

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Et en attendant ce jour hypothétique ?

Un excellent FILM (allemand &) UNIVERSEL à vous...

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(Heimat existe en support DVD - qualité d'image magnifique, et en vente partout) !!!

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dimanche 1 juin 2014

Julie W. & Franz K. (Deux à trois coeurs romantiques)

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Julie Wohryzek & Franz Kafka

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... se rencontrèrent un jour (glacial) de janvier 1919 à Schelesen (Zelizy), dans une pension de Bohême au nord de Prague (Praha) : la République tchèque venait de naître l'année précédente.

Espérant simplement que notre futur petit roman sera digne de ces belles âmes et "vrais personnages"...

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(*) son titre provisoire : Un amour de Franz K.

* 

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[extrait : incipit]

 

I

  

LA PENSION

 

Poussant la lourde grille de la pension : comme j’aime son joli grincement ! Un chant dans la neige. 

Si près des yeux, sa double rangée de flèches. 

Ecailles de métal peint sous la pulpe des doigts – rouille émeraude qu’on aime caresser longtemps, comme le dos d’un lézard immobile.

 

Est-elle déjà là ? 

Pas un mouvement aux rideaux. 

Pas encore rentrée… 

*

Quand je l’ai aperçue ici pour la première fois, Julie avait ce regard grave – yeux sombres fixant la toile cirée dans la salle-à-manger obscure ; résolvant je ne sais quelle énigme dans les quadrillages rouges et blancs. 

Visage fragment de lune dont j’admirais le profil. 

Cou fléchi de jeune cygne malade.

  

Tu étais là, seule et voûtée dans un restant de jour ; semblant ne plus rien attendre de la fin d’un voyage exténuant. 

Derrière toi, la blancheur du dehors ; je la vois qui perce les minuscules carreaux des si hautes fenêtres de la Stüdl. 

* 

Solives de bois sombre par-dessus nos têtes ; je remarque dans ce moment l’odeur du plâtre humide ; cette parole criée par le vieil homme près de la fontaine : « L’Elbe s’est mise à geler au nord de Liboch. »

 

Tu es là et je dois me courber pour avancer. 

Avec cette peur que tu ne t’enfuies ; mon souffle retenu. 

N’as-tu pas senti mon approche ?

  

Devrais-je m’avancer davantage ? 

M’immobilisant près de toi : mon bras n’a qu’à se tendre vers ton épaule… 

* 

«  Chap nisht ! » (1)

  

Je me découvre immense – toujours debout. Trop près de toi. 

Combien d’heures avant ma venue ? A te surprendre, ainsi figée sur ton banc.

*

C’était à Schelesen, au cœur de l’hiver. Dans cette salle interminablement longue, basse et étroite : la pièce la plus énigmatique de la pension où nous allions demeurer – deux, seulement deux !

  

«  Der epel falt nisht veit fern dem boim. » (2) 

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(1) [yiddish] Ne te précipite pas ! 

(2) [yidd.] La pomme ne tombe pas loin de l’arbre.

*

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Gerti Wasner

(en souvenir nostalgique d'une belle rencontre sur les bords du Lac, Riva Della Garda : septembre 1913)

*

[extrait chap. 2]

Je ne sais pas parler du bonheur. 

N’est-il pas temps que j’apprenne ? 

Un pas, puis deux dans la lumière… 

Comme un enfant apprend à marcher.

*

Petit roman nouveau qui devrait être prêt - comme je l'espère - pour l'été 2015...

*

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Grand Large (2013)

(vu ici par une auteure et lectrice de notre site communautaire Babelio)

" La disparition d'un enfant... La déchirure d'un couple... Bruno subit les affres de la vie. Pourtant, parmi toutes les turpitudes, sur ce chemin de croix, brille un petit bijou : sa fille, Clara, qu'il est obligé de se partager désormais avec la maman depuis que le petit Aurélien a disparu, un beau jour, alors qu'il jouait au bord d'une falaise. Pas de corps mais un décès sous-entendu et un deuil qui ne peut pas se faire, inévitablement. Alors Bruno, peintre de son état, dessine, encore et toujours ces falaises... jusqu'à l'ultime rebondissement...

Waouh ! Quel texte ! D'une puissance, d'une finesse ! On oscille entre le vocabulaire de la petite Clara, enfantin et touchant, les descriptions picturales, petits tableaux magiques déclinés par petites touches et les pensées du narrateur, être torturé, tant mentalement que physiquement puisqu'il se laisse aller dans une déchéance crasse. Cet artiste tiraillé entre ses deux enfants, la mort d'un côté et la vie de l'autre, m'a fait penser à ces poètes romantiques du XIXe siècle, déchirés par la disparition de l'être aimé, clamant leurs vers douloureux dans des paysages souvent composés d'éléments aquatiques. Bruno est devant les falaises comme Lamartine devant son lac.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce texte délicat qui ne peut laisser indifférent. (...) "
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Lydia Bonnaventure, 10 mai 2014,
auteure de La maladie et la Foi au Moyen Âge, La Louve éditions, 2011

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*
" C’est une petite mélodie que l’on aimerait entendre plus souvent… Dourvac’h en est à son second roman.
Avec lui, l’écriture vient du cœur, elle prend une signification singulière quand il décrit ses personnages, il y a une dimension d’humanité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Bruno, un peintre raté qui après avoir perdu son fils sombre dans l’alcoolisme et la solitude. Seule sa petite princesse Clara lui permet de garder la tête hors de l’eau.
Jusqu’au jour où il rencontre Rose qui à travers la fraîcheur d’un de ses tableaux tombe sous le charme de cet homme cabossé par la vie. Et à partir de ce moment tout bascule, sa misérable existence prend un tour particulier… « les enfants sont des magiciens » tant il est vrai qu’ils peuvent transcender l’existence des adultes.
Un petit roman à l’écriture fluide qui se lit très vite, un style entre pudeur et retenue, entre nostalgie et espoir. Avec en écho des paysages à la Caspar David Friedrich. A découvrir pour prendre le large."
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Laurence Cabrol, 13 mai 2013, journaliste à "Ariège News",
article Grand Large, le second roman de Dourvac'h
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[extrait : incipit]
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   Regarder la mer empêche de mourir.

  Je l'ai ressenti la première fois ce printemps dernier. J'ai regardé l'heure à ma montre : des puits de lumière dansaient à la crête des vagues. J'ai dû fermer les yeux un moment...

  À qui confier pareils secrets ?

*

  L'air de ce matin m'enchante – aussi les cris stridents des sternes, leur doux manège de marée montante... Tant de points scintillants dans ce tableau, tant de lumière blanche !

  Un bruit sec, frais : elles ont plongé dans l'écume et les voici, têtes ruisselantes – issues des flots et se hissant jusqu'au ciel...

  Vous vient l'envie de parcourir avec elles cette langue de sable infinie...traverser ces parois de cristal... fuir dans l'absence de limites...

  Ne sommes-nous pas venus du fond des océans, un jour ? 

*

  Môminette chantonne près de moi, s'en donne à coeur joie... sa petite chanson bien en tête...

  Ne s'occupe pas du reste...

  Accoudée à sa petite table de camping gondolée – petit bras blanc recourbé sorti d'une manche de robe fleurie : Clara dessine.

  Un beau motif pour moi, son père et peintre en devenir...

*

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Et bien sûr, voici le petit dernier...
L'été et les ombres (2009/ rééd. 2014)
(en fait premier des trois romans ici présentés et ayant déjà fait l'objet d'une auto-édition artisanale en 2009 :
texte révisé et augmenté d'une préface)
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" C'est toujours avec impatience que j'attends de lire un nouveau récit de Dourvac'h. Ceux et celles qui parcourent son blog savent que ce magicien des mots sait trouver le terme, la phrase juste pour nous faire passer le seuil de Féerie et se retrouver le temps de quelques instants auprès des Belles Dames. L'été et les ombres, le dernier-né de « La Compagnie des Fées » ne fait pas exception à la règle. Ce récit poignant et réaliste nous fait plonger le temps d'un été en "Outremonde", où deux adolescents, Val et Chris, ont créé leur monde féerique au coeur des arbres, où le temps, tel dans le monde des fées, s'écoule lentement. Mais même la rêverie doit prendre fin et un soir d' été un événement va mettre fin à la songerie et Chris, telle une illusion, va partir, disparaître de la vie de Val. Mais heureusement, telle la fin d'un Conte de Fée, nos jeunes amoureux vont se retrouver quelques années après et la magie va renaître, comme si rien ne s'était passé... Une très belle histoire où magie et beauté se cachent entre les branches des arbres où un frêle esquif fait front au vent. "
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Laure - site "De l'autre côté du miroir", article L'été et les ombres (28 août 2009) 
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[extrait : incipit]
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Comme la vie était douce à Saint-Cernin !
J'avais treize ans et mon frère venait de se marier. Quelle année était-ce ? J'ai oublié... Sa chérie s'appelait Rosemarie.

Je ne sais pas pourquoi je m'en souviens puisque ce fut si vite fini, elle et lui...

A l'époque, non. A l'époque, tout était important...
Tout commençait ! ... pour lui... pour moi...
D'abord pour moi ! A cause de... (Honte à moi !)... son départ.
Pourtant je l'aime bien, mon frère !
Mais le plus chouette : sa chambre sous les toits...
Ce qui est devenu mon repaire.
Bon ou moins bon, je suis sûr que tout vient de là...
De là-haut...

*


L'été arrivant, j'étais certain qu'on m'y laisserait tranquille... Toute la nuit, je pourrais là-haut garder ma fenêtre grande ouverte sans qu'on croie m'obliger à la refermer ; l'air frais des grands arbres du fond de la combe viendrait me trouver dans cette chambre bizarre, haute et mansardée, où je pourrais m'enfermer... Lire jusqu'à ce que mes yeux brûlent... Savoir que je quitte pour toujours l'âge des gosses...

Cet été que j'aimerai longtemps.

Aussi à cause d'elle.

*


Au début, je la connaissais par son drôle de surnom. Elle se donnait des airs de garçon manqué et se faisait appeler Chris. Une vraie tête de mule...

J'ai pensé que c'était une façon de se donner un genre... Un genre qui collerait exactement à ses cheveux mi-longs et son air sauvage.
Avec sa tête bien féminine, « Chris » s'accorde finalement à ce qu'elle a décidé d'être : quelqu'un qui oublie de ressembler à d'autres...

En fait, elle déteste parler de Christine, qui était son premier prénom : « prénom de tout le monde »... (Mais où va-t-elle chercher ça ?)

Chris n'est vraiment pas comme les autres...

– Te faire appeler Chris… Tu trouves pas que ça fait garçon ?
– Et alors ?

Vite prendre l'air de s'en fiche :

« Et alors : rien. C'est toi qui sais... »

Vient le moment où son regard s'évade sous sa frange droite :

– Toi, tu t'appelles bien Valentin, non ? J'ai entendu tes parents bramer ton nom dans la combe...
– … bramer ! … y a qu' les cerfs qui brament. Laisse les parents en dehors de ça...
– Monsieur est vexé... Et c'est quoi, ça ?

( … mon secret... « ça »... notre rencontre...)

Changer de sujet ! Cette fouine aux longs cils renifle déjà autour de mon nom familier...

Comme si elle lisait dans mes pensées ; ses yeux noirs qui s'allument :

– Moi aussi je pourrais te dire... Val ?
– ... mmh... (froncer les sourcils) ... okay, miss Chris !

Dire « Okay, Miss ! » vous évite généralement d'avoir l'air idiot.
Bon sang, que j'aimais ses yeux, déjà !
Et son prénom qui crisse comme le crin des chevaux.

Val et Chris, le beau couple...
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Vous informer ENFIN d'une rencontre prochaine entre Vous tous & nos presque réels personnages de ces trois p'tits romans : du moins si vous le souhaitez, on pourra surtout parler d'eux puisque "L'auteur, on s'en fout !". Rencontre avec des chaises et deux tables autour d'un thé vert au lait devant la belle vitrine de la Librairie des Couverts à MIREPOIX le jour de la Saint-Jean, samedi 21 juin prochain, entre 15 h et 19 h... Les deux derniers romans sont évidemment vendables, commandables & recommandables (à 15,00 ou 14,95 euros !!!) en toutes "bonnes" Librairies, fnacqueries & amazoneries de votre connaissance...

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jeudi 1 mai 2014

.......... Robert Walser le Magnifique (1878-1956) .......... "LebensGeschichte mit Bilder" (Une Histoire de vie illustrée)

Ici comme toujours, ces (dernières) petites nouvelles de l'Inactualité (*) ...

(*) Grand merci de ce précieux concept, chère Aurélia !

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L'Oeuvre écrite de Robert Walser :

(liste non exhaustive)

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Les rédactions de Fritz Kocher 

(Fritz Kochers Aufsätze, 1904)

 (traduction de Jean Launay : 1999)

(suivi de Histoires et Petits Essais, édition Gallimard, collection "Du monde entier", 1999)

*

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Les enfants Tanner 

(Geschwister Tannerroman, 1907)

(traduction de Jean Launay : 1985)

(éditions Gallimard, collection "Du monde entier", 1985 / collection "folio", 1992)

*

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" Un beau matin, un jeune homme ayant plutôt l'air d'un adolescent entra chez un libraire et demanda qu'on voulût bien le présenter au patron. Ce que l'on fit. Le libraire, un vieil homme très digne, dévisagea avec attention ce garçon qui se tenait devant lui un peu gêné, et l'invita à parler. « Je veux être libraire, dit le jeune homme, c'est une envie que j'ai et je ne vois pas ce qui pourrait m'empêcher de la suivre jusqu'au bout. je me suis toujours imaginé le commerce des livres comme quelque chose de merveilleux, un bonheur, et il n'y a aucune raison pour que j'en sois privé plus longtemps. Regardez, monsieur, comme je suis là devant vous, je me sens une extraordinaire aptitude à vendre des livres dans votre magasin, en vendre autant que vous pourriez souhaiter. Je suis un vendeur-né : affable, vif, poli, rapide, parlant peu, décidant vite, comptant bien, attentif, honnête, mais pas non plus aussi bêtement honnête que j'en ai peut-être l'air. Je sais baisser un prix quand j'ai affaire à un pauvre diable d'étudiant et je sais aussi le faire monter s'il ne s'agit que de rendre service aux riches, dont je vois bien que parfois ils ne savent que faire de leur argent. Je crois malgré mon jeune âge posséder une certaine connaissance des hommes. D'autre part, j'aime les hommes, si différents soient-ils : je ne me servirais donc jamais de ma connaissance des hommes pour avantager l'un plutôt que l'autre, pas plus que mes concessions aux pauvres diables n'iraient jusqu'à nuire à l'intérêt de vos affaires, monsieur. En un mot : sur ma balance de vendeur l'amour des hommes sera en parfait équilibre avec la raison commerciale, laquelle me paraît tout aussi importante et nécessaire à la vie qu'une âme aimante et généreuse. Je saurai trouver le juste milieu, soyez-en dès maintenant convaincu. "

[pages 9-10 de l'édition de poche "folio"]

*

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" Plusieurs semaines s'écoulèrent et le nouveau printemps s'annonça ; l'air était plus humide et plus doux, on percevait des odeurs et des bruits indécis qui paraissaient monter de la terre. La terre était molle, on marchait sur elle comme sur de gros tapis élastiques. On s'obligeait à écouter chanter les oiseaux. " Ca m'a tout l'air du printemps ", disaient pour s'aborder dans la rue les gens sensibles. Même les murs des maisons prenaient une certaine odeur, une couleur plus chargée. Tout avait l'air étrange alors qu'il s'agissait d'une chose si ancienne et si connue, mais on la ressentait comme entièrement nouvelle, elle provoquait un sentiment bizarre, violent.
  Le corps, les sens, la tête, les pensées, tout cela bougeait comme si cela voulait se remettre à pousser. L'eau du lac avait des reflets chauds et les ponts qui s'élançaient sur le fleuve paraissaient plus cambrés. Les drapeaux flottaient au vent et cela faisait plaisir de les voir flotter. Quand le soleil parut enfin, les gens sortirent par groupes et en rangs sur la chaussée blanche et bien propre. Ils s'arrêtaient pour mieux sentir la caresse de la chaleur. Il y eut beaucoup de manteaux laissés chez soi. On pouvait voir les hommes retrouver des gestes plus libres et les femmes faisaient des yeux étranges comme si l'âme allait leur sortir du coeur. "

[pages 36-37 de l'édition de poche "folio"]
*

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" Ah, regarder vers l'avenir, c'est tellement mieux que de rêver du passé. On rêve aussi quand on se projette dans l'avenir. Ne serait-il pas plus sage, quand on possède un esprit sensible, de consacrer son énergie et son intelligence aux jours qui se préparent plutôt qu'à ceux qu'on a déjà vécus ? Les temps à venir sont comme nos enfants, qui ont bien plus besoin de notre attention que les morts dont nous fleurissons les tombes avec amour, et peut-être aussi un peu d'exagération. "

[pages 193 de l'édition de poche "folio"]
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" La dame l'embrassa.
« Non, dit-elle, vous ne sombrerez pas. Ou bien ce serait dommage, dommage pour vous. Vous ne devez plus jamais parler si mal de vous, c'est un crime, c'est un péché. Vous vous mettez trop bas et les autres trop haut. Je saurai vous empêcher d'être dur avec vous-même. Savez-vous ce qui vous manque ? Vous devez prendre un peu de bon temps. Vous devez apprendre à parler tout bas et à répondre aux caresses. Vous allez vous amollir autrement. Je vous montrerai ; tout ce que vous ne savez pas faire, je vous le montrerai. Venez. sortons dans la nuit d'hiver. Dans la forêt qui gronde. J'ai tant de choses à vous dire. Savez-vous que je suis votre pauvre, votre heureuse prisonnière ? Plus un lot, plus un mot. Venez -- "

[pages 399-400 (*) de l'édition de poche "folio"]
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(*) Me suis souvenu - relisant la fin si "ouverte" de ce chef d'oeuvre - de cette carte postale de 1906 retrouvée par son ami Max Brod dans les papiers de Franz Kafka (par ailleurs, fervent lecteur des "petits papiers" journalistiques de Robert Walser) :

" C'est une forêt et dans cette forêt on peut être heureux. Alors viens ! "
(écriture inconnue et signature illisible)
*
Etroites parentés d'âmes, tout de même...

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L'auteur en 1907

(année de la parution de Les enfants Tanner)

Découvert cet été, ce météorique "premier roman" : une oeuvre totalement spontanée et incroyablement lyrique, au ton extrêmement original, aux allures de manifeste romantique...

Elle fut créée par un Suisse germanophone né à Bienne en 1878 : Robert WALSER. Geschwister Tanner (Les enfants Tanner) a été publié à Berlin pour la première fois en 1907. Son manuscrit est issu d'un "premier jet" réalisé en 3 à 4 semaines entre janvier et février 1906 dans l'appartement berlinois de son frère Karl, peintre et décorateur très estimé en son temps... Le texte n'a nécessité que de minimes corrections (syntaxe, ponctuation) avant sa parution.

La traduction de Jean Launay pour les éditions Gallimard est remarquable : elle représente 332 pages dans l'édition de poche "folio" qui suivra (seule édition actuellement disponible en France). 

La plasticité et l'imprévisibilité des psychologies et des actes des attachants personnages de Simon, Klara, Kaspar, Hedwig, tout comme le "chant" délié de la langue du jeune Walser (à l'âge de 27 ans...) nous fascinent immédiatement... " On est fait pour les choses dont on rêve. " (comme l'écrit dans le roman, le doux personnage de Klara...).

Ses deux romans ultérieurs seront : Der Gehülfe (Le Commis) publié en 1908, puis Jakob von Gunten. Ein Tagebuch (L'institut Benjamenta) qui paraîtra en 1909. Pour l'avoir découverte intégralement depuis, il me semble qu'on puisse parler pour Robert Walser de "Trilogie romanesque magique" (*) ... Romans et personnages intemporels, face auxquels on croirait voir s'animer - juste sous nos yeux - les beaux visages de la liberté. 

(*) à l'instar de ce qu'on peut ressentir face à la tout aussi fabuleuse "Trilogie" des trois premiers romans de Dino BUZZATI : Barnabo delle montagne (Barnabo des montagnes), 1933 / Il segreto del Bosco Vecchio (Le secret du Bosco Vecchio), 1935 / Il deserto dei Tartari (Le Désert Des Tartares), 1940.

*

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Le Commis 

(Der Gehülfe, roman, 1908) 

(sous le titre Le Commis, traduction de Bernard Lortholary : 1985)

(éditions Gallimard, collection "Du monde entier", 1985/1986)

*

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(sous le titre L'Homme à tout faire, traduction de Walter Weideli : 2000)

(édition L'âge d'Homme : 2000)

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" C'est étrange mais dès qu'on entend les pas d'une personne connue, c'est comme si au lieu d'approcher elle était déjà là en chair et en os, jamais son apparition effective n'est plus une surprise, quel que soit son air.
Tobler était fatigué et énervé, mais il n'y avait là rien de surpenant, car c'est toujours dans ces états qu'il rentrait à la maison. Il s'assit, soupira bruyamment ; corpulent comme il l'était, la montée de la pente lui avait été pénible ; puis il demanda ses pipes. Joseph bondit comme un dératé jusqu'à la maison pour satisafaire aussitôt ce désir, heureux d'éviter son supérieur ne fut-ce qu'une demi-minute.
Lorsqu'il revint muni du nécessaire à fumeur, la situation avait déjà changé. Tobler faisait une tête effrayante. Sa femme lui avait tout dit en peu de mots. A présent, elle était là debout, avec une audace que Joseph trouva inouïe et regardait tranquillement son mari. Celui-ci avait l'air d'un homme qui ne peut pas se répandre en malédictions, parce qu'il sent qu'il passerait les bornes.
-- Alors, M. Fischer est venu, à ce que j'apprends, dit-il, comment a-t-il trouvé les choses ?
-- Très bien.
-- L'horloge-réclame ?
-- Oui, elle lui a plu tout particulièrement. Il a dit qu'il lui semblait que c'était un projet tout à fait excellent.
-- Lui avez-vous aussi montré le distributeur automatique pour tireurs ?
-- Non.
-- Et pourquoi ?
-- M. Fischer était tellement pressé, à cause de sa femme, qui attendait en bas, à la grille du jardin.
-- Et vous avez laissé cette dame attendre ?
Joseph ne répondait rien.
-- Et il faut que j'aie comme employé un abruti pareil ! cria Tobler, incapable de contenir plus longtemps la fureur et la désolation commerciale qui le rongeaient. Il faut que j'aie le malheur d'être trompé par ma propre femme et par un commis qui n'est bon à rien. Le diable lui-même aurait peine à faire des affaires, dans des conditions pareilles !
Il aurait fracassé du poing la lampe à pétrole si, à cet instant, avant que la main ne s'abatte, Mme Tobler n'avait heureusement un peu écarté l'objet. "

[pages 75-76, éditions Gallimard, collection "du monde entier"]

*

P1030170

" Il resta un peu plus longtemps au lit ce jour-là ; il ouvrit les fenêtres et, sur son lit, laissa le soleil blanc du matin l'éclairer et l'aveugler car enfin c'était là quelque chose qu'il fallait déguster, comme diverses autres choses, par exemple l'idée du petit déjeuner. Comme tout était aujourd'hui ensoleillé et dominical ! Le soleil et le dimanche semblaient avoir fraternisé depuis fort longtemps et la pensée douillette d'un petit déjeuner tranquille, et bien elle était elle aussi tissée de soleil et de dimanche, cela se sentait nettement en ce moment. Comment aurait-il été possible de se sentir aujourd'hui chagrin ou, encore moins, maussade ou, encore moins, mélancolique ? Il y avait un mystère dans toute chose, dans toute pensée, on le sentait dans ses jambes, dans les vêtements posés sur la chaise, dans l'armoire, entre les rideaux éclatants de propreté, dans la table de toilette ; mais ce mystère n'était pas inquiétant, au contraire il était tranquille et souriant, et il vous instillait littéralement la paix. En fait, on ne pensait à rien, et on ne sentait pas du tout pourquoi (...) "
*
[page 78 de l'édition Gallimard, collection Du monde entier"]
*

P1030145

" Pour le moment, la maison Tobler répand encore dans les riants environs une odeur de propreté et de bienséance, et comment ! Auréolée comme par les éclairs du plein soleil, rehaussée sur une colline verdoyante qui se penche, merveilleusement riante, vers le lac et la plaine, cernée et embrassée par un jardin vraiment "de maîtres", elle est l'image même d'une joie réservée et méditative. Ce n'est pas pour rien qu'elle est contemplée par les promeneurs qui passent par hasard, car c'est un véritable régal pour les yeux. "
[ page 94 de l'édition Gallimard, "Du monde entier"]
*

Autant Les enfants Tanner nous semblait un néo-manifeste romantique où fantasmagorie et réalisme se mêlaient indissociablement, autant Le Commis restera pour nous un EXTRAORDINAIRE roman "réaliste" - imprégné du plus pur réalisme poétique - où se mêle curieusement une ironie tendre (empathique et inconditionnellement bienveillante à l'égard de chaque protagoniste : l'impression que Walser ait inventé pour la Terre entière un mode d'acceptation de l'Autre qu'on nommerait : "ironie bienveillante"), une charge picturale que dégage chaque ligne descriptive (la promenade en barque, la nuit) et une description (fine et sans illusion) des rapports entre classes sociales... sans oublier d'évoquer ici le thème évidemment central de l'échec : à savoir la dégringolade programmée de "La Maison Tobler" sous l'oeil du témoin (impliqué) Joseph Marti, 6 mois durant...

Deux saisons à peine, à vivre au jour le jour : le suc de chaque journée nous restant au fond de la gorge, la chaleur d'un rayon de soleil sur la peau.

Car nous épousons immédiatement la psyché de Joseph Marti, "l'homme à tout faire" de la Maison Tobler, hébergé dans la plus belle chambre - la chambre de la Tour - avec vue imprenable sur le Lac...
Monsieur l'Ingénieur Tobler et ses inventions sérieuses, pompeuses... qui ne trouveront (évidemment) jamais preneur !

Ah, ces formidables "horloges-réclames" et autres "distributeurs de muntions pour chasseurs"... à la recherche d'un "capitaliste bienveillant" (association d'idées totalement improbable...) d'où notre sentiment d'une naïveté sans fond et même de profonde compassion pour la figure PRESQUE attendrissante du "Patron" tyrannique de Joseph : ce "Herr Tobler" - bourgeois à son aise, toujours si sûr de lui - condamné peu à peu, sous l'oeil infailliblement obéissant de son employé - à l'échec et la ruine...

Ce livre est un chef d'oeuvre par la finesse de l'analyse psychologique - et par sa langue, évidemment unique... 

Oeuvre dont la thématique se rapproche aussi du presque contemporain et "flaubertien" second roman de C.F. RAMUZ : Les Circonstances de la vie (1907) : l'étude du notaire Emile Magnenat - pauvre hère bientôt entiché de sa jeune fille au pair - n'ouvrait chaque matin pas si loin de la "Villa Tobler"...

Et elle est un véritable régal pour l'âme, cette langue malicieuse de Robert WALSER ! Quel "chef d'oeuvre inconnu" reste pour nous cet empathique Der Gehülfe, magnifique gros roman de 1908, sommet de Littérature encore quasi-ignoré des lecteurs d'outre-Helvétie - chez nous, par exemple... , et cela plus de 100 ans après sa parution.

*

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L'Institut Benjamenta 

(Jakob von Gunten. Ein Tagebuch, roman, 1909)

(traduction de Marthe Robert : 1960)

(éditions Grasset, 1960 / réédition collection "L'Imaginaire", éditions Gallimard, 1981 /1993)

*

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" Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l’institut Benjamenta, nous n’arriverons à rien, c’est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes. "

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P1030024

" Rendre service à quelqu’un qu’on ne connaît pas et qui ne vous concerne en rien, voilà qui est charmant, cela vous fait entrevoir des paradis divinement vagues. "

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P1030042

" Sa nature, sa personne sont constellées de vertus. C’est à peine si on peut l’aimer, encore bien moins le haïr. On a du goût pour le joli et l’attirant, c’est pourquoi le beau et le joli sont tellement exposés au danger d’être dévorés ou employés de façon abusive. "

*

Que de mystères enfouis dans les "ambiances" et les psychologies d'un livre si court : des enfants-adolescents perdus, comme échoués là pour être "éduqués à l'obéissance absolue"... Une Fée et un Ogre - soeur et frère - comme "patrons" de l'Institut Benjamenta. L'étrange magie Walser, une fois de plus ! L'ambiance y est tout de même fort crépusculaire... Pour Jacob von Gunten, le jeune narrateur, la vie semble s'achever à la fin de l'ouvrage : s'en remettant à Dieu et au bon vouloir de l'Ogre... (puisque Lise Benjamenta, la soeur-fée de ce dernier vient de mourir). On sait qu'à cette époque, son créateur-vagabond avait à peine 31 ans.

Le dernier, très bref et très énigmatique roman de "la trilogie magique" de Robert Walser.

 *

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Au bureau 

(40 poèmes, 1909 - illustrations de Karl WALSER, frère de l'auteur)

(réédition ZOE : 2009)

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Histoires 

(Geschichten, 1914)

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Petits textes poétiques 

(Kleine Dichtungen, 1914)

(traduction de Nicolas Toubes, éditions Gallimard, collection "Du monde entier" : 2005)

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Morceaux de prose 

(Prosastücke, 1916-1917)

(édition ZOE : 2008)

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Petite Prose 

(Kleine Prosa, 1917)

(édition ZOE : 2010)

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La Promenade 

(Der Spaziergang, 1917)

(traduit de l'allemand par Bernard Lortholary : 1987)

(édition Gallimard, collection "Du monde entier", 1987 /collection "L'Imaginaire", 2007 /collection bilingue "folio", 2000)

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 « Un matin, l'envie me prenant de faire une promenade, je mis le chapeau sur la tête et, en courant, quittai le cabinet de travail ou de fantasmagorie pour dévaler l'escalier et me précipiter dans la rue. Dans l'escalier, je fus croisé par une femme qui avait l'air d'une Espagnole, d'une Péruvienne ou d'une créole, et qui affichait quelque majesté pâle et fanée.
Pour autant que je m'en souvienne, je me trouvai, en débouchant dans la rue vaste et claire, d'une humeur aventureuse et romantique qui m'emplit d'aise. Le monde matinal qui s'étalait devant moi me parut si beau que j'eus le sentiment de le voir pour la première fois... »

*

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Vie de poète 

(Poetenleben, 1917)

(édition ZOE, 2006)

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Tobold

(1918-1919) 

[roman disparu]

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Seeland 

(Seeland, 1920)

(édition ZOE, 2004)

Soit "Le pays des Lacs", cadre enchanteur des Enfants Tanner et du Commis...

" Après ses années berlinoises et avant de s’installer à Berne, Robert Walser passe sept ans (1913-1921) à Bienne, sa ville natale. Plusieurs recueils paraissent durant ces années, dont Seeland. Cet ensemble de six nouvelles constitue l’aboutissement de la période biennoise de l’écrivain, avec sa dualité caractéristique de ferveur romantique et de truculence, de rêverie et de réflexion, d’observation espiègle et d’abstraction. "

[extrait de la fiche de l'éditeur suisse ZOE]

*

Theodor

(1921) 

[roman disparu]

* 

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La Rose 

(Die Rose, 1925)

(traduction de Bernard Lortholary : 1987) 

(éditions Gallimard : collection "Du monde entier", 1987 / collection "L'Etrangère", 1995 / collection "L'Imaginaire", 2009)

[courtes proses - dernier ouvrage paru du vivant de l'auteur]

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Cendrillon

(traduction de Gérard Lewinter : 1990)

(édition Gérard Lebovici, 1990 / réédition ZOE : 2006)

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Sur quelques-uns et sur lui-même

(traduction de Jean-Claude Schneider : 1994)

(éditions Gallimard, 1994)

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Le Brigand

(Der Raüber, 1925)

(traduction de Jean Launay : 1993)

(éditions Gallimard : collection "Du monde entier", 1993 / collection "folio", 1996 / collection "L'Imaginaire", 2014)

[roman inachevé - parution posthume]

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["Silence littéraire" - hélàs définitif - de l'auteur à partir de 1933]

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Autres ouvrages, de parution posthume :

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Felix

(traduction de Gilbert Musy)

(édition ZOE : 1985/1997)

*

Rêveries et autres petites proses

(traduction de Julien Hervier : 1996)

(édition Le Passeur, 1996)

*

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Retour dans la neige. Proses brèves

(traduction de Golnaz Houdichar : 1999)

(édition ZOE, 1999)

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« Un soir, après le repas, j’allai encore en hâte au bord du lac drapé de je ne sais plus très bien quelle mélancolie pluvieuse et sombre. Je m’assis sur un banc sous les branches dégagées d’un saule et ainsi, m’abandonnant à des pensées vagues, je voulus m’imaginer que je n’étais nulle part, une philosophie qui me procura un bien-être étrange et délicieux. L’image de la tristesse sur le lac, sous la pluie, était magnifique. Dans son eau chaude et grise tombait une pluie minutieuse et pour ainsi dire prudente. Mon vieux père avec ses cheveux blancs m’apparut en pensées, ce qui fit de moi un enfant timide et insignifiant, et le portrait de ma mère se mêla au doux et paisible murmure et à la caresse des vagues. Avec l’étendue du lac qui me regardait comme je le faisais moi-même, je découvris l’enfance qui me considérait elle aussi, comme avec de beaux yeux limpides et bons. Tantôt j’oubliais tout à fait où je me trouvais, tantôt je le savais de nouveau. Quelques promeneurs silencieux allaient et venaient tranquillement sur la rive, deux jeunes ouvrières s’assirent sur le banc voisin et commencèrent à bavarder et là-bas sur l’eau, là-bas sur le lac bien-aimé, où les larmes douces et sereines coulaient paisiblement, des amateurs de navigation voguaient encore dans des bateaux ou des barques, le parapluie ouvert au-dessus de leurs têtes, une image qui me fit rêver que j’étais en Chine ou au Japon ou dans un autre pays de poésie et de rêve. Il pleuvait si gentiment et si tendrement dans l’eau et il faisait si sombre. Toutes les pensées sommeillaient puis toutes les pensées étaient de nouveau en éveil. Un vapeur sortit sur le lac; ses lumières scintillaient à merveille dans l’eau lisse et gris argent du lac qui portait ce beau bateau comme s’il éprouvait de la joie à cette apparition féerique. La nuit tomba peu après, et avec elle l’aimable invitation à se lever du banc sous les arbres, à s’éloigner de la rive et à prendre le chemin du retour. »

*

La Dame blanche et autres petites proses

(éditions Ulysse, 1999)

*

L’Étang

(édition ZOE, 1999)

*

Cigogne et porc-epic

(édition ZOE, 2000)

*

Porcelaine. Scènes dialoguées

(traduction de Marion Graf :  2000)

(édition ZOE, 2000)

*

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Nouvelles du jour

(Proses brèves II)

(édition ZOE, 2000 / 2009)

*

Blanche-Neige

(traduction de Hans Hartje et Claude Mouchard : 2001)

(édition bilingue José Corti, collection "Merveilleux", 2001)

*

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Le Territoire du crayon. Microgrammes

(édition ZOE, 2013)

*

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Histoires d’images (1920-1933)

(édition ZOE, 2006)

*

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Poèmes

(édition bilingue ZOE, 2008)

*

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L'écriture miniature

(édition ZOE)

*

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Lettres  de 1897 à 1949

(édition ZOE, 2012)

*

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Robert Walser, toujours...

(ici peut-être photographié par son éditeur et ami Carl Seelig ?)

... peu de temps avant l'hiver (25 décembre) de sa disparition (*) à Herisau

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(*) vous évitant la triste "célèbre" photographie de la découverte de son corps dans la neige...

(Non "immortalisé" ainsi, Nerval y aura au moins échappé !)

 *

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Signalons aussi le très émouvant livre de son ami éditeur Carl Seelig :

Promenades avec Robert Walser

*

Enfin, ce film sorti en 1976, du réalisateur suisse Thomas Koërfer :

Der Gehülfe 

(L'Homme à tout faire)

(adapté du - merveilleux - roman Le Commis... qui restera peut-être LE chef d'oeuvre de Robert Walser)

DVD L'Homme à tout faire

Résumé : " L'inventeur Tobler fait venir à son domicile, la villa Abendstern (Etoile du Soir), le jeune Joseph Marti, recruté au bureau de chomage. Ce nouvel emploi ne cantonne pas le jeune homme uniquement dans les tâches de bureau. Au cours des longues soirées, Joseph devient le conseiller de la maîtresse de maison, une femme sensible, avec laquelle il vit les prémices d'un rapport amoureux. Mais la situation financière de la maison Tobler se dégrade de plus en plus... Une transposition extrêmement sensible du roman de Robert Walser, de surcroît merveilleusement filmée. "

(pour ce DVD = Langue : Deutsch (allemand) / Sous-titres : Deutsch, Français, English / Format : 16:9 / Durée : 116 min)

*

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NOTE :

Hors les photographies noir & blanc et

les reproductions des couvertures d'ouvrages de Robert Walser,

toutes les photographies couleurs "illustratives" sont de 

Dourvac'h

(Ne surtout rien reproduire sans mon autorisation, MERCI !)

*

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 " La presse. Si l’on considère comment tous les grands événements politiques, de nos jours encore, se glissent de façon furtive et voilée sur la scène, comment ils sont recouverts par des épisodes insignifiants à côté desquels ils paraissent mesquins, comment ils ne montrent leurs effets en profondeur et ne font trembler le sol que longtemps après s’être produits, quelle signification peut-on accorder à la presse, telle qu’elle est maintenant, avec ce souffle qu’elle prodigue quotidiennement à crier, à étourdir, à exciter, à effrayer ? Est-elle plus qu’une fausse alerte permanente, qui détourne les oreilles et les sens dans la mauvaise direction ? (...) Encore un siècle de journalisme - et tous les mots pueront."

(Friedrich NIETZSCHE)

Une citation-cadeau de notre Amie Aurélia ! (*)

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(*) ... qui m'enseigna jadis son concept-phare :

" Mais comment font-ils, tous, pour lire tant de bouses ? "

... frère-siamois (en plus élégant) du mien :

" Gros public va direct à la Mangeoire-à-Gros-Blaireaux... "

*

Et bé voilà, c'est tout !

Et au 1er juin pour la réédition de L'été et les ombres (revue et augmentée) de Dourvac'h !

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samedi 5 avril 2014

" L'Adolescence "

P1030073

" C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,
Blotti entre la jungle infernale des grands
Et le petit jardin tranquillet de l'Enfance,
C'est une île inconnue de vos cartes adultes,
Un lagon épargné, une prairie inculte,
Une lande battue où les korrigans dansent,
L'Adolescence, l'Adolescence...

P1030001

C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,
Debout dans le miroir c'est la cousine nue
Qui s'émerveille et crie au fond de mon silence,
C'est un baiser volé à la barbe du Temps,
C'est deux enfants qui s´aiment à l'ombre d'un cadran
Où sous chaque seconde l'Immortalité danse,
L'Adolescence, l'Adolescence...

P1030087

C'est "Toujours", c´est "Jamais", c'est éternellement
Le cœur au bord des lèvres, le spleen à fleur de dents
Et au ventre-volcan l'Amour-incandescence,
C'est " Je t'aime : on se tient ! ", c'est " Je t'aime : on se tue ! "
C'est la Vallée d' la Mort de l'autr' côté d' la rue,
Vers les noirs pâturages la haute transhumance,
L'Adolescence, l'Adolescence...

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C'est les poings dans les poches fermés à double tour,
C'est " Familles, je vous hais ! ", c'est René à Combourg,
Ophélie qui se noie, c'est Lucile qui s´avance,
C'est notre Diable au corps, c'est le Grand Meaulnes en route,
Cest ce vieux Bateau Ivre qui reviendra sans doute
Les flancs chargés d'oiseaux, de fleurs et d'innocence,
L'Adolescence, l'Adolescence...

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Depuis plus de vingt ans que j'y ai jeté l'ancre
Dans ce pays de fous, de chiens tièdes et de cancres,
Depuis plus de vingt ans j'y passe mes vacances,
Et comme ce vieillard de quatre-vingts printemps
Qui s'endort, un beau soir, et qu'on couche dedans
Son petit, tout petit coin de terre de Provence,
Couchez-moi, je vous prie, quand viendra le moment,
Dans ma terre, mon pays, couchez-moi doucement
En Adolescence, en Adolescence... "

Henri TACHAN

(1975)

Copyright : AZ disques

(C'est - à mon avis - une des plus belles chansons qui existent...

Aussi, écoutez-la très vite sur Deezer !)

*

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Et rendez-vous également sur Ghost World,

notre article adolescent, ci-après sur "Regards Féériques"...

... et jusqu'ici scandaleusement ignoré !

*

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Alors, à très bientôt, Ami/e/s... par chez vous ou par ici !!!

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Sachez encore que notre prochain article du 1er mai sera consacré

aux trois romans du Printemps de notre cher

Robert WALSER

*

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Quant à notre article du 1er juin prochain, il sera entièrement consacré à la réédition de

L'été et les Ombres

(par Dourvac'h, nouvelle version : 2014, Mon petit Editeur : 14,95 euros)

Posté par regardsfeeriques à 16:04 - Commentaires [16] - Permalien [#]
samedi 8 mars 2014

" Ghost World " ("Monde fantôme") ...

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(Enid : Thora Birch)

... de Terry Zwigoff

- sorti en 2001 -

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(Rebecca : Scarlett Johansson)

- d'après la bande dessinée, créée en 1997 puis scénarisée par Daniel Clowes pour les besoins du film  -

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(Scarlett Johansson & Thora Birch)

... restera sans doute...

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(so seriously)

... définitivement...

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(Enid & Seymour : Thora Birch & Steve Buscemi)

... le film le plus réjouissant, ...

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(Norman - l'homme seul - avec Rebecca & Enid : Charles C. Stevenson JR., Scarlett Johansson & Thora Birch)

... le plus joliment triste aussi...

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(Enid & Seymour : Thora Birch & Steve Buscemi) 

... l'un des plus justes, enfin !... 

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(Enid & Josh : Thora Birch & Brad Renfro)

...ce " Taj-Mahal des faux Diner's des années 50 "...

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(Scarlett Johansson & Thora Birch)

... qu'on ait tourné jamais...

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(Scarlett Johansson & Thora Birch)

... en Adolescence...

*

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Enid a fini - comme ses acolytes - par décrocher son diplôme, croyant en avoir fini avec ces "tous ces tarés et pseudo-branchés" qui peuplaient jusque-là ses interminables années de lycée : à savoir TOUS les autres élèves qu'elle supportait stoïquement grâce à l'ironie glacée de sa meilleure amie Rebecca.

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(Fuir tous ces tocards... mais comment faire ?)

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 Chercher à travailler l'été ? Peut-être bien...

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Penser à danser devant sa télé, le son bien réglé à fond...

(Magie pure des cassettes VHS  Made in Bollywood : 100 % Pure Premium...)

Jaan Pehechaan ho ! "

(performed by Mohammed Rafi)... Yeaaah !

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Ne pas oublier de s'inventer des souffre-douleur (habituels ou extraordinaires) !

Josh qui bosse à l'épicerie... ou ce ringard inconnu qui passa - l'imprudent ! - une petite annonce...

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Passer à l'âge adulte : toujours (un peu) plus compliqué que prévu...

*

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" I just hate all these extroverted, obnoxious, pseudo-bohemian losers ! "

(qui, tous, veulent faire Maîtrise de Gestion avec option Communication...)

*

Real, that Ghost World ?

Petite ville de Nulle Part et partout...

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Devil got my woman "

(written and performed by Nehemiah "Skip" James)

*

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Passées mille étincelles de bonheur, atteindre une mélancolie sans retour :

la course sinueuse - enchanteresse - des meilleurs films de Chaplin !

(The Kid, The Circus, City Lights, Modern Times...)

*

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Cette fameuse année "2001" : il y a bientôt 15 ans...

(33 ans d'attente de stations orbitales géantes - en roue de char - qui suivraient le 2001 de Kubrick... )

Ghost World...

Petites fusées - discrètes - de ses feux d'artifices aux couleurs immortelles ! 

Comme quoi... 2001 ne fut pas QUE l'odyssée (navrante) de la connerie (banale) de Bîn Ladîn' le crétin !

Partageons - un max - avec Enid sa (réjouissante) psychologie Punk d'origine...

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Merci à Vous...

Thora Birch, Scarlett Johansson, Steve Buscemi, ... Daniel Crowes & Terry Zwigoff !

... aussi, à toutes Celles & tous Ceux qui furent "de l'aventure" !

*

Quel bonheur donnera toujours votre film (*) (**) !

(*) toujours disponible en DVD, et à goûter exclusivement en v.o. américaine sous-titrée "in french" : musique inoubliable des voix de Thora Birch - si mélodieuse ! - , Scarlett Johansson - si étonamment rocailleuse ! -, Steve Buscemi, Brad Renfro, etc. )

(**) ... et je vous conseille aussi la superbe b.o. du film : notamment pour l'extraordinaire thème mélancolique (piano et violoncelle) de David Kitay, sans parler des 3 morceaux "années 20" de Lionel Belasco ("Venezuela" et "Miranda", entre autres merveilles... ) !!!

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samedi 1 mars 2014

"C'était nos quinze ans" : souvenirs sur Ronald Stein & "2001" de Kubrick...

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Ah ! cette satanée, "diabolique" partition de Ronald Stein pour

The Haunted Palace !

Souvenir ému de la bande sonore originale de ce film "à très petit budget", qui fut tourné en quelques jours - en 1963 - par un certain Roger Corman... Adaptation qui me fit aussitôt découvrir une première longue nouvelle du romancier américain Howard-Philip (dit "H.-P.") Lovecraft, ayant donné - à l'instar d'Edgar Allan Poe - ses lettres de Noblesse au genre Fantastique...

L'affaire Charles Dexter Ward fut donc le point de départ du scénario du film The Haunted Palace - in french : La malédiction d'Arkham .

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Puis je rencontrais - en leurs géniales collections de poche ("Présence du Futur" et "J'ai Lu-fantastique") :  La couleur tombée du ciel, Dagon, Les montagnes hallucinées, Le cauchemar d'Innsmouth, L'abomination de Dunwich, Je suis D'ailleurs... (Bon sang, quels titres !)

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Bref, j'avais quinze ou seize ans ; c'était la "petite vie du lycée" avec la magie de son "Ciné-Club"... Les effets de brume, l'écran large (Panavision), et ce froid mordant - de "Bassin Parisien" - qui vous attend à la sortie de la salle... A-gla-gla... et ce monstre verdâtre - finalement inquiétant parce que TRES flou... - qui, lui, attendait Mrs Ward (Debra Paget) : sorte de Cthulhu tapi au fond d'une cuve dont on lève lentement le couvercle... 

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Mais revenons à notre "petit film"...

L'acteur Vincent Price y composait un être fascinant, "à double personnalité" : tout d'abord naïf héritier (Charles Ward) arrivant au bras de sa Belle au sinistre village d'Arkham ... puis incarnant peu à peu son diabolique aïeul (le sorcier Joseh Curwen) : celui qui fut brûlé vif par les villageois apeurés mais dont - malheureusement - le Portrait se trouve toujours "en vie" juste au-dessus de la cheminée du grand manoir... Portrait d'un terrifiant personnage au regard magnétique - aux allures de Van Gogh diabolique, et qu'on peignit évidemment en "bleu de fou" : portrait qui s'empare peu à peu de la conscience de l'héritier ... Acteur revu depuis, dans ses magistraux premiers rôles en bien d'autres films : dans l'excellent Le Château du Dragon (Dragonwyck) de Joseph L. Manckiewicz, puis Laura, cette oeuvre mythique - magnifique - d'Otto Preminger, sans oublier non plus ses ultimes compositions, auto-parodiques & débridées dans L'abominable Docteur Phibes et Théâtre de sang...

Et comment oublier la belle et sensible Debra Paget au vrai visage de porcelaine, que j'irai revoir - avec dévotion, quelques années plus tard - dans Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou de Fritz Lang ?

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Film retrouvé tout récemment en DVD...

Une oeuvre curieuse et talentueuse, "presque naïve", qui me fascinera toujours autant !!!

Est-ce à cause des fumigènes, du flamboyant technicolor, des décors peints (attendrissants), de la taverne "The Burning Man", du portrait fou, d'un acteur et d'une actrice pareillement  magnétiques, ou - plus certainement encore - de cette belle musique inquiétante qui, depuis, n'a  jamais plus quitté mon esprit ?

(Nevermore left my mind ?)

Et comme en tout bon film fantastique, j'ai rejoué longtemps - quasi-clandestinement - son thème principal ("Main Theme") sur l'harmonium d'une certaine église de ces temps disparus...

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Gloire donc au regretté Ronald Stein (1930-1988),

musicien d'ambiances fantastiques !

*

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Souvenirs d'une première vision adolescente du "fantastique" 2001 de Stanley Kubrick...

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C'était dans une salle parisienne équipée en Cinérama et 70 mm...

(Deux tickets gratuits gagnés à un improbable concours...)

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Comment décrire - aujourd'hui - pareil émerveillement ?

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... Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathoustra, Richard Strauss, An der schönen blauen Donau, les Australopithèques, "L'Aurore de L'Humanité", Keir Dullea, Gary Lockwood, Hal 9000, Györgi Ligeti...

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... et puis ?

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La Porte des Etoiles, bien sûr...

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Gloire à Stanley Kubrick (1928-1999)hypnotiseur de ces Temps  !

*

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Soit quelques souvenirs (surtout l'affiche de "2001") qui resteront au jeune Val - "Val pour Valentin" : notre ado de L'été et les ombres que certaines et certains d'entre Vous ont déjà sûrement cotoyé...

Un "petit éditeur" que vous connaissez aussi peut-être (Mon Petit Editeur : celui qui tire de leurs Ombres lovecraftiennes les "Grands Obscurs" qu'éternellement et fort heureusement nous demeurerons... ) a, en effet, opportunément accepté de (re)publier et commercialiser ce "petit roman" tout juste avant l'été prochain... évidemment une fois notre habituel travail de Romain "préparatoire" terminé : mise-en-page et corrections réalisées par nous-mêmes ! Economie de main d'oeuvre...

Et puis ? Rien.

" C'était nos quinze ans... "

(Michel Delpech)

*

Ultime photographie : 

Dourvac'h

 Rives du Douctouyre en été (Ariège, été 2013)

Illustration choisie pour la page I de couverture de

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L'été et les ombres

- roman de Dourvac'h : remanié et nouvellement préfacé par son auteur -

"Mon Petit Editeur" - prix de vente : 14, 95 euros (!!!)

(à paraître dès avril-mai 2014)

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samedi 8 février 2014

************ Cinéma et Littérature de Turquie ************ De quelques "oeuvres ouvertes"

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Les Climats (Iklimler)

un film de Nuri Bilge Ceylan (2006) - d'après un scénario de l'auteur

(On peut voir ce film comme une célébration du visage et de l'âme de l'épouse de l'auteur : Ebru Ceylan qui joue le personnage si attachant de "Bahar", face à son mari joué par le réalisateur lui-même - "Isa" dans le film) ; la disparition fantômatique de celle-ci à la fin du film est comme le point d'orgue d'une oeuvre qui sait rendre intéressante sa supposée "lenteur", rendre situations et personnages universels (car "ils" sont "nous" !) et apparaît - après réminiscence - comme détachée du temps ; la neige qui tombe semble s'immobiliser "à la fin" (fin du film et de la liaison des personnages) alors que les chiens continuent d'aboyer... Merveilleux "film de photographe inspiré", tourné en vidéo Haute Définition... Le personnage masculin (veule, égocentré, infantile et peu reluisant) est - du propre constat de l'auteur - "le salaud qu'il pourrait être", entrevu dans toute sa noirceur et son inconséquence : quelle excellente thérapie est l'art, au fond - à la fois pour l'artiste comme pour le lecteur ou spectateur de son beau travail ! Un film de poète, au final... )

(disponible en DVD)

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 Il était une fois en Anatolie (Bir zamanlar Anadolu'da)

un film de Nuri Bilge Ceylan (2011) - d'après un scénario de l'auteur

(disponible en DVD)

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Uzak (*)

(*) signifie "Lointain"

un film de Nuri Bilge Ceylan (2003) - d'après un scénario de l'auteur

(La rencontre de deux solitudes (un cousin de province, encore plein d'illusion" devant "temporairement" partager l'appartement d'un photographe "qui a réussi à la ville"... ) dans une Istanbul hivernale... Sens magique du cadre pour magnifier ce drame du chômage et nous rendre perceptible - finement et avec quel courage ! - la prison mentale d'une masculinité égocentrée... Les bateaux passent comme les existences - au ralenti - au fil du Bosphore.)

(disponible en DVD)

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Les Trois Singes (Üç maymun)

un film de Nuri Bilge Ceylan (2008) - d'après un scénario de l'auteur

(pas encore vu par l'auteur de l'article)

(disponible en DVD)

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Nuages de mai  (Mayis sikintisi)

un film de Nuri Bilge Ceylan (2000) - d'après un scénario de l'auteur

 

(pas encore vu par l'auteur de l'article)

 

(disponible en DVD)

 

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(*) signifie "La petite ville"

un film de Nuri Bilge Ceylan (1998) - d'après un scénario de l'auteur

 

(pas encore vu par l'auteur de l'article)

 

(disponible en DVD)

 

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Une saison à Hakkâri (Hakkâri'de bir mevsim)

film de Erden Kiral (1982) - adaptation du roman de Ferit Edgü

(Un instituteur - sans doute "puni" pour ses opinions gauchistes - est muté dans les confins sud-orientaux de l'Anatolie en plein hiver : la région d'Hakkâri... Son parcours croisera le chemin de l'agha" local - sinistre crétin qui épouse ces temps-ci la plus jolie fille du village... Mais je n'en dis pas plus... Une femme mal mariée fond en larme devant un miroir quand la neige encercle le village coupé du monde pour des mois... Film d'une très grande qualité poétique, découvert il y a de cela 25 ans dans une salle de cinéma... et - tout comme le film suivant - toujours pas diffusé en France en DVD !!)

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Dilan (Dilan)

un film de Erden Kiral (1986) - adaptation du roman de Ömer Polat

(Une passion contrariée en Anatolie ; "Dilan" l'héroïne, prend le parti d'assouvir sa "faim de revanche" en se saisissant des rènes de sa propre existence : un drame parfaitement romantique... Film d'une très grande force plastique et émotionnelle, découvert il y a de cela 25 ans dans une salle de cinéma... et malheureusement et injustement - comme le précédent - toujours pas diffusé en France en DVD)

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Terre de fer, ciel de cuivre (Yer demir, Gök bakir)

un film de Omer Zülfü Livaleni (1987) - adaptation du roman de Yachar Kemal

(Une excellente adaptation d'un des chefs d'oeuvre romanesques de Yachar Kemal par un très grand musicien vivant à Istanbul - devenu depuis peu également romancier et traduit en français (La Maison de Leyla, Une saison de solitude, Délivrance) ; il s'agit par ailleurs d'un "premier film" qui a pu être financé grâce à Wim Wenders - et toujours malheureusement indisponible en DVD en France !)

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- photographie de la première édition de Ince Memed (Mèmed le Mince) parue à Istanbul en 1955 -

*

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Certains paysans le connaissent comme un personnage réel dans le Taurus des montagnes d'Anatolie... dans une Turquie sans âge où, face à l'injustice, un homme s'est levé et est parti avec sa fiancée affronter tous les périls, trouvant mille refuges dans la nature sauvage de son pays...

Son personnage a pourtant été "créé" par Yachar Kemal (Yaşar Kemal), auteur d'origine kurde exerçant alors la profession de journaliste et dont ce fut la troisième oeuvre romanesque :

Ince Memed (Mèmed le Mince) (1955)

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*

Trois autres romans suivront et finiront par former, de loin en loin, un "cycle romanesque" :

Ince Memed II (Mèmed le Faucon) (1969)

Ince Memed III (Le retour de Mèmed le Mince) (1984)

Ince Memed IV (Le dernier combat de Mèmed le Mince) (1987)

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 Grotte de la Cunha - Montagne de la Frau (Ariège)

La scène de Mèmed, pourtant pudique, où les amants s'enlacent face à un feu crépitant dans une grotte reste l'une des scènes les plus lyriques de la littérature universelle...

Yachar Kemal est devenu ce romancier prolifique en inventant une langue poétique profondément originale, qui semble ruisseler sur des espaces infinis... Il est à la fois, aède et rhapsode : "poète à la lyre" et "couseur de récits" - digne continuateur d'Homère...

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Et qu'on découvre ou relise encore le somptueux La légende des Mille Taureaux (1971) - récit lyrique et poignant de cette lente déchéance des nomades Yörüks, perçue depuis le moi intérieur de "Maître Haydar"... - ou encore l'un de ses cycles épiques les plus célèbres, Les Seigneurs de l'Akchasaz comprenant : Meurtre au Marché des Forgerons (1973) et Tourterelle, ma Tourterelle (1975) ...

La plupart de ses livres ont été magnifiquement traduit en français : initialement par Güzin Dino, puis par (l'excellente) Munevver Andac...

*

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L'excellent ouvrage de son ami romancier Nedim GÜRSEL consacré à l'univers "kémalien" (éd. L'Harmattan)

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Yachar Kemal

(en turc Yaşar Kemal, de son vrai nom Kemal Sadık Gökçeli)

Romancier, conteur et journaliste turc, d'origine kurde, né en 1923 dans le village de Hemite près d'Osmaniye en Cilicie (Anatolie) : sa famille ayant émigré dans la plaine dite de la "Tchoukourova" ("La plaine creuse" ) qui formera le cadre de bon nombre de ses premiers romans ; Istanbul étant le cadre de ses plus récents.

Il est sans doute le "père de la Littérature turque" (moderne) et un redoutable "homme de gauche" (1 année de prison en 1950 pour "activités communistes" ; voir par ailleurs la couverture turque de son premier "Mèmed", histoire d'un bandit d'honneur révolté contre l'injustice, se résolvant à dépouiller les riches pour rendre ce qui a été dérobé aux pauvres... Il a contribué comme son "collègue" Orhan Pamuk à parler du passé génocidaire en terre turque (Massacre des Arméniens... )

Vertigineux romancier - car héritier direct du "savoir-conter" des Achik (ces bardes itinérants anatoliens)...

Prix mondial Cino Del Duca pour l'ensemble de son oeuvre obtenu en 1982

Et puis... ? 

TOUT EST A LIRE CHEZ KEMAL !

(Je crois... j'en suis même certain... et tout simplement parce que la langue y VIT !)

*

Teneke (1955)

Le rafiot (non encore trad. en français)


Beyaz Mendil (1955) (non encore trad. en français)

*
İnce Memed I (1955)

Mèmed le Mince (trad. du turc par Güzin Dino : 1975) 

*
Namus Düşmanı (1957) (non encore trad. en français)

*
Ala Geyik (1959) (non encore trad. en français)

*

Orta direk (1960)

Le pilier (trad. du turc par Guzine Dino : 1966) (Au-delà de la montagne -1)

*

Yer Demir, Gök Bakır (1963)

 Terre de fer, ciel de cuivre (trad. du turc par Münevver Andaç : 1978) (Au delà de la montagne -2)

*

Ölüm Tarlası (1966) (non encore trad. en français)

*

Üç Anadolu Efsanesi (1967)

Trois légendes anatoliennes (encore non trad. en français)

Ölmez Otu (1968)

 L'herbe qui ne meurt pas (trad. du turc par Münevver Andaç : 1977) (Au-delà de la montagne - 3)


İnce Memed II (1969)

Mèmed le Faucon  (trad. du turc par Münevver Andaç : 1976) (Mèmed le Mince -2)

*

Ağrı Dağı Efsanesi (1970)

La légende du Mont Ararat (trad. du turc par Münevver Andaç : 1998) 

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Binbogalar Efsanesi (1971)

La légende des mille taureaux (trad. du turc par Münevver Andaç : 1972) 

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Çakırcalı Efe (1972) (non encore trad. en français)

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Demirciler Çarşısı Cinayeti (1973)

Meurtre au marché des forgerons (trad. du turc par Münevver Andaç : 1981) (Les Seigneurs de l'Atchasaz - 1)

*

Yusufçuk Yusuf (1975)

Tourterelle, ma tourterelle (trad. du turc par Münevver Andaç : 1982) (Les Seigneurs de l'Atchasaz - 2)
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Al Gözüm Seyreyle Salih (1976)

Salih l'émerveillé (trad. du turc par Münevver Andaç : 1990)


Kuşlar da Gitti (1978)

Alors les oiseaux sont partis... (trad. du turc par Münevver Andaç : 1983)


Deniz Küstü (1978)

Et la mer se fâcha... (trad. du turc par Münevver Andaç : 1985)

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Yumurcuk Kuşu (Kimsecik I) (1980)

Salman le solitaire   (trad. du turc par Münevver Andaç : 1984) (Salman le solitaire -1)

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Yılanı Öldürseler (1981)

Tu écraseras le serpent (trad. du turc par Münevver Andaç : 1982)

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İnce Memed III (1984)

Le retour de Mèmed le Mince (trad. du turc par Münevver Andaç : 1987) (Mèmed le Mince - 3)

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Hüyükteki Nar Ağacı (1982) (non encore trad. en français)

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Kale kapisi (Kimsecik II) (1985)

La grotte (trad. du turc par Münevver Andaç : 1992) (Salman le solitaire - 2)

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İnce Memed IV (1987)

Le dernier combat de Mèmed le Mince (trad. du turc par Münevver Andaç : 1989) (Mèmed le Mince - 4)

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Kanin sesi (Kimsecik III) (1991)

La voix du sang (trad. du turc par Münevver Andaç : 1995) (Salman le solitaire - 3)

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Regarde donc l’Euphrate charrier le sang (trad. du turc par Altan Gokalp : 2004) (Une histoire d'île - 1)

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La tempête des gazelles (trad. du turc par Alfred Depeyrat : 2010) (Une histoire d'île - 2)

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Orhan Pamuk

romancier  & essayiste né en 1952 à Istanbul

Prix Nobel de Littérature en 2006

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Cevdet Bey ve Oğulları, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1982

Cevdet bey et ses fils (non encore trad. en français)

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Sessiz Ev, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1983 (non encore trad. en français)

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Beyaz Kale, roman, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1985

La Maison du silence [1988], trad. du turc par Münevver Andaç

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Kara Kitap, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1990 

Le Livre noir [1995], trad. du turc par Münevver Andaç

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Gizli Yüz, scénario, İstanbul, Can Yayınları, 1992

Le Château blanc [1996], trad. du turc par Münevver Andaç

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Yeni Hayat, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 1994

La Vie nouvelle [1999], trad. du turc par Münevver Andaç

(Mince, quelle déception ! Evidente faiblesse de ce récit qui démarre comme une quête métaphysique "à la manière" des superbes et lumineuses nouvelles de Jorge Luis Borges... La maîtrise faisait à l'évidence défaut au futur "Prix Nobel de Littérature de 2006" (justement couronné pour le quasi parfait Neige - le voyage en autocar "d'où l'on ne reviendra sans doute pas - roman fascinant dont La vie nouvelle constitue peut-être un lointain et besogneux brouillon... Personnages mal construits, imprécis, avec lesquels on s'ennuie vite... Existentialisme presque infantile et situations improbables... L'histoire insistante d'un "Livre lumineux" donnant accès à un Autre Monde ( ... La Mort ? Les Limbes ? La vraie vie ?)  évoquera - pour ceux qui la connaissent - la merveilleuse nouvelle fantastique Le Livre de Bruno Schulz... mais toute la magie de Schulz et la brièveté de ses enchantements en moins, sans parler de la récurrence insistante (et non-poétique) des mots "vie nouvelle", fantômes" et du bric-à-brac des mots, objets, situations, gares routières, morts et cars accidentés enchevêtrés ! Il ne s'en dégage pas grand chose à l'exception du sentiment d'un joli ratage assez prétentieux.. et bien entendu mille lieues en-deça des promesses de son titre ! Ceci dit, je mets au défi Orhan Pamuk de relire intégralement son oeuvre de 1994 sans - euh ... - s'emm... copieusement et sans prendre conscience de ses (banaux, multiples) "gros défauts" stylistiques... Faut-il ici un argument sans contrepartie ? Et bien, il me semble qu'Osman, Djanan et Mehmet "n'existent" toujours pas lorsqu'on est parvenu - comme moi, péniblement - page 104 de la lecture du roman ! Et que l'on doit passer tout le livre - les 444 pages de l'édition "folio"- avec eux !!! Aïe, aïe, aïe, et 2 ans pour l'élaborer et l'écrire ("1992-1994"), on imagine dès lors aisément quelles souffrances furent endurées... )

*

Benim Adım Kırmızı, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 1998

Mon nom est Rouge [2001], trad. du turc par Gilles Authier

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Öteki Renkler, yazılarından ve söyleşilerinden seçmeler, 1999

D'autres couleurs [2009], 76 essais, discours ou récits, trad. du turc par Valérie Gay-Aksoy

*

Kar, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 2002

Neige [2005], trad. du turc par Jean-François Pérouse

(Voici un pur chef d'oeuvre qui agrandit pour longtemps les mystères de la Littérature (et pas au sens habituellement usurpé de ce mot... ) : on est immédiatement happé par l'intrigue, les personnages, le mystère de la neige qui tombe au ralenti - comme dans la scène finale de Les Climats de Nuri Bilge Ceylan, cette ville fantômatiques où les jeunes filles se suicident - une véritable épidémie... Ceylan a d'ailleurs a déjà pensé à adapter Neige ! Sans doute pas un hasard et tant mieux... )

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İstanbul: Hatıralar ve Şehir, essai, İstanbul, Yapı Kredi Yayınları (YKY), 2003

Istanbul, souvenirs d'une ville [2007], trad. du turc par Jean-François Pérouse, Savas Demirel et Valérie Gay-Aksoy

(Merveilleux récit qui mêle l'histoire d'une vie - celle de l'auteur - et celle d'une ville aujourd'hui tentaculaire... Tout y devient fascinant, avec l'entrelac des photos du grand Ara Güler (L'Istanbul "d'avant") et les "clichés de famille" de l'auteur : pudeur, célébration des "Grands - et petits - Mystères d'Istanbul" et de toute la Littérature, en fait ! Tout y est vivant, intéressant, "universel"...  Quel livre ! Sans doute ce "Livre lumineux" dont l'existence fut involontairement prophétisée par l'auteur - notamment dans La vie nouvelle... ce roman "brouillonnant" de 1994, que je me suis permis ici de "démolir", sans crier gare (routière) !) 

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Masumiyet Müzesi, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 2008

Le Musée de l'innocence [2011], trad. du turc par Valérie Gay-Aksoy

(Une oeuvre magnifique et véritablement universelle, tout emplie de son esprit stendhalien... (L'envol de l'inattendu y éclatant à chaque page !). Belle économie de moyens et force étonnante des personnages qu'on pourrait qualifier de "banaux"... Une des mes - belles - lectures "en cours" ! Personnages attachants car faussement "habituels", toujours riches de leur potentiel de changement, situations psychologiques complexes, imprévisibles et toujours crédibles : beaucoup de charme et de magie d'écriture...)

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samedi 11 janvier 2014

"Grand Large" (article TRES largement augmenté)

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Cherchant tous notre Ailleurs, si peu accessible...

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... notre Grand Large à nous...

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... un Amour, une tendresse, une lumière...

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*

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   Regarder la mer empêche de mourir.

  Je l’ai ressenti la première fois ce printemps dernier. J’ai regardé l’heure à ma montre : des puits de lumière dansaient à la crête des vagues. J’ai dû fermer les yeux un moment…

  À qui confier pareils secrets ?

*

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  L’air de ce matin m’enchante – aussi les cris stridents des sternes, leur doux manège de marée montante… Tant de points scintillants dans ce tableau, tant de lumière blanche !

  Un bruit sec, frais : elles ont plongé dans l’écume et les voici, têtes ruisselantes – issues des flots et se hissant jusqu’au ciel…

  Vous vient l’envie de parcourir avec elles cette langue de sable infinie…traverser ces parois de cristal… fuir dans l’absence de limites

  Ne sommes-nous pas venus du fond des océans, un jour ? 

*

  Môminette chantonne près de moi, s’en donne à coeur joie… sa petite chanson bien en tête…

  Ne s’occupe pas du reste…

  Accoudée à sa petite table de camping gondolée – petit bras blanc recourbé sorti d’une manche de robe fleurie : Clara dessine.

  Un beau motif pour moi, son père et peintre en devenir...

(...)

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*

" Le rôle de l'écrivain n'est pas de trouver un remède à sa propre solitude ou de satisfaire son amour-propre, mais d'offrir aux lecteurs un moyen de se sentir moins seuls, eux, en compagnie de personnages qui valent la peine d'être connus et aimés."

Björn LARSSON

*

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Il faut inciter les lecteurs de polars à s'aventurer vers autre chose."

En phrase conclusive d'un long interview que cet auteur a accordé à L'Express 

(article dont nous fit cadeau notre Amie Aurelia Flint)

*

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POUR INFO : la diffusion de "mon" Grand Large a été de 71 exemplaires durant toute l'année 2013 : sans juger de la valeur intrinsèque de cette oeuvre, ce petit chiffre de diffusion est à comparer avec les tirages des productions des Foenkinoos, Levy, Musso, Houellebecq (*), Khadra, Angot, peopleX, peopleY, acteur Machin, actrice Machine, etc., etc., toutes "généreusement" mises à disposition de nos yeux, mains et consciences (sous influence) en "La Mangeoire". La Mangeoire à Gros Blaireaux est en effet cet alléchant bric-à-brac de couvertures glacées bien mis en évidence sous les néons, c'est-à-dire malheureusement partout, en nos nouveaux Temples marchands avec - en amont du déversoir - un formidable dispositif de 100 médias bien conditionneurs (chaînes de TV, radios, puis la plupart de nos blogs... ).

*

(*) Tiens, et vlan ! un extrait de La Carte et le Territoire (Tadâââmm, LE titre grandiloquent genre : fait-exprès-pour-mecs-qui-s'-la-pêtent-vrai-de-vrai !) de MÔSSIEUR Michel Houellebecq (extrait découvert au hasard au rayon "livres" de mon SuperU habituel, avant d'aller y acquérir mes yaourts "VRAI" à O %), tenez-vous bien :

" (...) Le type avec un air de situationniste belge lui adressa la parole (...) ".

Et moi je commente : Ha ! Ha ! Ha ! "situationniste belge", qu'il a écrit ! Genre le Houell'b' qui susurre à son gros blaireau d' lecteur : "Alors mon gros blaireau d' lecteur, on est bien ent' nous, hein mon p'tit ? On s' la joue fine, hein ? On enfonce ensemble les mêmes portes ouvertes, hein, mais tu t' sens vach'ment intelligent avec moi, passe que hein, maint'nant ch'uis L' GRAND-ECRIVAIN qui peut rigoler au 50ème visionnage de "Le Gendarme et les extra-terrestres" en passant un ouikênnd' avec mon pote journaleux-qui-m' fera ensuite un gros pavé d' reportage exclusif "Mon ouikênnd' avec Michel Houellebecq" de 4 pages dans "Marianne"... On rit aux mêmes effets d'intello-d''Prisunic, hein ? T'es d'ac ? "...

Grrrrrr... mais comment tant d' braves gens parviennent-ils à prendre au sérieux pareilles conneries ? Car, pardonne-moi ou pardonne-moi pas, M'ssieur Houell'b', mais c'est - pour moi, en tout cas - ABSOLUMENT SANS AUCUN INTERET ARTISTIQUE (ni même intellectuel) - tes bouquins, même dix-mille fois goncourtisés par tes potes !

*

Comme on dit : "L'air du temps" ... mais qui m'a tout l'air d'un con, du coup !

Mais  donc, maint'nant, qu'y-z-ont planquée la Littérature dans ç' pays, nom d'un chien ?

* 

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Gloire d'autant plus à nos valeureux - fort insulaires - Amies lectrices & Amis lecteurs qui surent faire confiance à nos "petits personnages" : Clara, Bruno, Aurélien, Rose & Charlène... - et sans doute rejoindre leur coeur silencieux...

Ne rencontreront-ils pas aussi, peut-être un jour prochain, Les Enfants Tanner de Robert Walser (à tenter d'approcher aux articles ci-après) ?

*

Mais voici l'ensemble réactualisé de VOS impressions & avis critiques (21 reçues à ce jour) :

" Grand Large, le second roman de Dourvac'h

C’est une petite mélodie que l’on aimerait entendre plus souvent… Dourvac’h en est à son second roman.

Avec lui, l’écriture vient du cœur, elle prend une signification singulière quand il décrit ses personnages, il y a une dimension d’humanité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Bruno, un peintre raté qui après avoir perdu son fils sombre dans l’alcoolisme et la solitude. Seule sa petite princesse Clara lui permet de garder la tête hors de l’eau.

Jusqu’au jour où il rencontre Rose qui à travers la fraîcheur d’un de ses tableaux tombe sous le charme de cet homme cabossé par la vie. Et à partir de ce moment tout bascule, sa misérable existence prend un tour particulier… «les enfants sont des magiciens» tant il est vrai qu’ils peuvent transcender l’existence des adultes.

Un petit roman à l’écriture fluide qui se lit très vite, un style entre pudeur et retenue, entre nostalgie et espoir. Avec en écho des paysages à la Caspar David Friedrich. A découvrir pour prendre le large. "

(Laurence Cabrol, "Ariège News", le 13/05/2013)

"Grand Large" de Dourvac’h
http://www.monpetitediteur.com/librairie
ISBN: 9782748398151 - Romans - Edition brochée
Mon Petit Editeur 15 €

*

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" Pour ma part, c'est mon livre préféré parmi tous ceux que j'ai pu lire de toi. J'ai le sentiment que Grand Large est la somme aboutie de tes autres livres, qu'à travers ce Grand Large quelque chose en toi a réussi à s'exprimer mais qui se cachait encore dans tes autres livres... mais c'est un sentiment personnel et peut-être n'est-il pas le tien. Il y a toujours ce côté onirique qui les caractérise, mais aussi ce côté réaliste et dur avec le père qui plonge dans l'alcoolisme, maladie que tu connais bien... Et ce mal-être de Bruno, je l'ai ressenti vraiment, j'ai ressenti son désarroi et l'injustice de sa situation. Cela m'a fait penser à  Au Jardin : on voyage dans un monde enchanteur, mais on s'aperçoit vite finalement qu'il est sombre et trompeur... Que les belles fleurs s'avèrent vite empoisonnées... Tu arrives à faire basculer ton monde de la lumière à l'ombre et de l'ombre à la lumière très facilement et à entraîner tout aussi facilement le lecteur dans ces variations périlleuses... Cela me fait penser aux Grandes Espérances, où Dickens nous fait marcher sur le fil ténu et fébrile qui sépare le rêve du cauchemar, et jusqu'au bout l'on ignore de quel côté l'on tombera définitivement, ni si l'on tombera jamais vraiment, d'ailleurs...

Comme chantait Joy Division dans "Heart & Soul", sur l'album Closer (1980) : "Beyond all this good is the terror / The grip of a mercenary hand"...

Je pense que la seule critique que l'on peut faire (que je t'avais formulée en juin et que d'autres lecteurs t'avaient formulée également, je crois), c'est la façon irréelle avec laquelle Bruno retrouve son fils. Bien que ton livre ait un aspect onirique, de telles recherches et de telles retrouvailles ne peuvent que s'intégrer au monde réel dans lequel les personnages évoluent quand même, et la découverte d'Aurélien par son père ne saurait être justifiée par conséquent par le merveilleux.

Je comprends tout à fait les motifs qui t'ont poussé à créer cette intrigue autour de la découverte d'Aurélien par son père, et pour tout te dire que je ne l'avais pas vu comme ça. Au final, je trouve que tu as eu raison et surtout, tu es conscient de ce que ce choix implique. Je comprends maintenant tout à fait ta logique et la trouve saine et cohérente. J'y adhère et je te dis même bravo, sincèrement !
Ce qui peut sembler être une maladresse et une inconscience d'écrivain au premier abord s'avère en fait être un choix fait consciemment et surtout très réfléchi, et même si bien sûr le rendu peut continuer à insatisfaire le lecteur, il n'en reste pas moins que c'était le "moins pire" des choix faire afin de garder l'oeuvre entière, homogène et cohérente dans son ensemble.

De toute façon, si ce point peut gêner, il ne gâche en rien la lecture générale de ton joli livre. 
"

(Aurélia F.)

*

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" Grand Large, c'est pas la mer à boire et pourtant je l'ai bue d'un seul trait : j'ai fait "cul sec" ! Donc une première lecture pour m'imprégner, mais trop vite... la curiosité est forte.

Décantation... puis je replonge. Mais là, vitesse de croisière. Je veux sentir toutes les nuances, le rêve, la poésie, la délicatesse, l'étrange aussi car tu abordes un univers qui m'échappe avec ce personnage déchiré. Il voudrait mais ne peut pas. Manque de force ou de volonté ? Il essaie mais retombe. En gros c'est comme nager la brasse, une fois la tête sous l'eau, une fois la tête hors de l'eau. Le principal c'est de regagner la rive et il va y arriver.

Ta façon d'écrire me rappelle un film marquant que j'ai vu à sa sortie, The Wall : pas par l'histoire - qui ne me semble qu'un prétexte à écrire - mais par cette faculté que tu as de nous emporter dans l'imaginaire, dans l'apesanteur, de nous élever dans l'éther (...) "

(Chantal G.)

*

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 " Je voulais te dire que j'ai bien reçu Grand Large que j'ai déjà bien entamé. Je l'ai commencé ce jour, assis dans l'herbe du parc de la Tête d'Or, à l'ombre et pret à découvrir ce récit que j'attendais de lire avec impatience. Je suis ravi ! Après avoir été un peu dérouté par les premières pages, j'ai plongé dans cette histoire d'enfant disparu sans laisser d'adresse, de ce père attentionné et perdu dans ses toiles et les volutes d'alcool depuis la perte d'Aurélien, se raccrochant au sourire et à la naïveté (et la curiosité précoce !) de Clara. Je me régale et je t'en remercie ! "

(Jerry Ox)

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"Je ne vais pas te faire une analyse ou critique détaillée de Grand Large, juste te faire part en vrac de ce qui me vient à l'esprit en relisant et repensant au texte (les choses que j'ai appréciées) : le style, la richesse et le choix du vocabulaire (choix soigneux), l'humour et le dosage légéreté/gravité, un texte respirant naturellement, non forcé ("dans le bon temps", on dirait en musique), l'humanité des personnages, description par leur intérieur et non pas de descriptions idéologiques de l'extérieur (sauf pour la vieille femme kidnappeuse : c'est peut-être cela qui ne m'a pas plu dans ce passage), descriptions par touches successives qui compose petit à petit le personnage, les personnages, et les rendent très riches (pas au niveau du porte-monnaie, bien sûr!). Un bon suspense, pas au sens du polar, au sens de : on a envie de poursuivre le livre, il accroch bien la lecture (grosse grosse qualité !).

Bon, en gros je crois que ce qui caractérise tous ces points positifs se résume en deux mots : justesse et équilibre.

Justesse : adéquation style/fond ; réalité des personnages/situations/relations ; mots

Equilibre : tu ne tombes pas du fil du funambule dans des exercices dangereux (pour moi !) : faire parler des enfants sans tomber dans le gnangnan ou le gâtisme, faire parler des "amoureux" aussi, insérer des citations d'artistes ou des descriptions de tableaux.

J'aime beaucoup les inserts sur Caspar D. Friedrich et aussi le chapitre sur le type de la Tour Eiffel.

Voilà, le passage que je n'aime pas trop est l'arrivée en Touraine et l' "explication", trop abrupte à mon sens et avec un style très clinique, "extérieur".

Après, on retrouve la poésie du début, la vraisemblance (pas de happy end, pas de résurrection mais la force des sentiments est tours là, ce qui est une forme de fin que je trouve très positive et très bien (là encore, exercice dangereux bien négocié !).

Bon, je m'arrête là, mais si ce texte peut t'éclairer, têtre util dans la partie "travail" de ton art, tant mieux ! Quant à la partie "intuitive", ne bouge rien, tu peu lui faire confiance ! "

(Olivier C., 12 septembre 2013)

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" J'ai lu Grand Large. J'ai aimé l'écriture sensible et toute en nuances. Étonnant comme les mots sont posés par touches, un peu comme on prend la couleur sur une palette pour les utiliser sur la toile. J'apprécie la force des sentiments et la retenue de l'expression malgré la gravité de la situation. Belle pudeur riche de profondeur. La seule chose qui me gêne, c'est la disposition sur le papier : trop d'espaces blancs à mon goût. Merci pour ce partage où je sens la vie intérieure. J'ai lu Grand Large avec plaisir du début à la fin. "

(Marie-Madeleine)

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" Je viens de terminer Grand Large. Le peintre n'est pas loin derrière l'écrivain ; il lui tient la main. Touches subtiles, palette sensible , qui sait créer l'émotion chez la lectrice. Âme sensible où la part de féminité affleure mais où la pudeur persiste néanmoins. Prose fluide. Typographie aérée qui favorise quant à elle les pauses et la rêverie - comme a toujours su le faire ton blog. Maman, attirée par la photo de couverture s'est plongée dans la lecture du livre. Tu vois, la chaîne se forme au delà des générations... "

(La chuchoteuse)

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" J'ai relu Grand Large avec autant de plaisir que la première fois, et pourtant je relis rarement un livre. Peut être parce qu'au contraire de beaucoup d'autres livres, l'envie de connaître la fin n'est pas la seule raison de le lire. Ce qui compte aussi, c'est ton style simple et évocateur, où chaque mot n'est pas choisi au hasard, et aussi ce qu'on devine des caractères du peintre, de Clara, de Rose, de Charlène, l'atmosphère nostalgique qui baigne le lecteur. Et puis, la force de tes descriptions fait voir chaque chapitre comme un tableau impressionniste, ou alors comme une scène de film.... Je te l'ai déjà dit, je verrais bien Grand Large transposé au cinéma. Et en même temps, j'imagine ton exigence sur le choix des acteurs, les lieux... A nouveau, je te dis mon admiration. "

(Barbara Delaplace)

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" J'ai lu et relu Grand Large afin de pouvoir  m'imprégner de tes personnages. Quelle belle écriture !! (...) J'ai beaucoup aimé, beaucoup apprécié. Ton écriture est très claire et tu nous fais vivre la vie de tes personnages et du lieu où leur histoire se déroule. Les images viennent tout de suite à notre esprit. Quant aux détails du travail du peintre que tu es, on les ressent tout de suite. Continue de nous émerveiller ! "

(Luce B.)

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" Alors, ça y est, j’ai lu Grand Large ! Yes, c’est vrai – je l’ai lu en un week-end.

Je ne suis pas une critique littéraire et donc je ne saurai faire une vraie critique  - je donne juste mes impressions – je l’ai aimé, j’étais prise par l’histoire et les personnages (donc bravo !) et j’ai apprécié le choix des mots et le style.  J’aurais juste aimé que ce soit plus long, que l’histoire dure plus longtemps. C’est sans doute parce que je suis habituée à lire des livres plus longs ? Je n’en sais rien.

De toute manière, je te félicite pour ce beau travail ! "

(Janet S.)

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" Moi aussi j'ai lu et relu ton Grand Large... et j'ai adoré ! Je l'ai reçu par la poste un jour vers midi. Je n'ai pu m'empêcher de jeter un p'tit coup d'oeil comme ça par curiosité, j'ai lu la première page... Et puis quelques minutes après je l'ai ré-ouvert et ne l'ai refermé qu'en fin d'après-midi, après l'avoir terminé. Quel plaisir j'ai eu à lire ton livre ! J'ai été complètement embarquée par l'histoire et les personnages... Au début, et à d'autres moments du livre également, j'y ai vu un tableau. On te lit et on a l'impression qu'une toile prend forme, chaque nouvelle ligne apporte une petite touche de couleur supplémentaire sur la toile. J'ai aimé le suspense.... On a envie de savoir pourquoi et puis après on a envie de savoir comment et puis après.... on n'ose y croire et pourtant... Il y a les livres qu'on aime, que l'on referme après les avoir lu en se disant " Ah, c'était bien ! " et puis il y a les livres, peu nombreux en ce qui me concerne, où tu sens que la fin est proche car il ne reste que très peu de pages à tourner. Ton coeur se met à battre plus fort, tu veux ralentir ta lecture. Et tu ralentis... Les deux premières lignes... Puis tu oublies. Tu tournes la dernière page, il n'y a rien derrière.... et là tu te rends compte que tu pourrais lire ce livre indéfiniment. Pour moi, ton livre fait partie de ceux-là. Je n'avais pas envie de refermer ton Grand Large. J'aurais voulu continuer encore et encore, savoir pour Aurélien, pour Clara, pour Grand Large... Après la lecture, je suis restée un long moment à imaginer la suite, ce qu'ils allaient faire, comment allait continuer leur vie, quels acteurs pourraient interpréter les rôles des personnages... Je te remercie sincèrement, Dourvac'h, pour tout le plaisir que j'ai eu à lire ton livre. Merci de l'avoir écrit et de l'avoir partagé avec nous en le faisant publier. Chapeau bas, Monsieur Dourvac'h ! "

(Zia)

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" Je viens de refermer Grand Large, après avoir eu le privilège de le lire en ligne... mais quel beau livre !!! ... Les personnages si réalistes, si intenses que je les visualise à merveille, et ces paysages que je connais et affectionne, tu le sais... Cette narration à la fois sombre et tendre, et ce fil de l'intrigue qui se dénoue avec tant de délicatesse mais aussi des tensions extrêmes... (...)  il y des mots pépites qui m'inspirent des toiles mais à toi aussi, j'en suis sûre, comme ce petit bras blanc sorti d'une manche fleurie. (...)

La force de ce roman réside pour moi dans une écriture fluide, chantante, habitée... mais aussi habillée de nostalgie, de sombre, de mystère, de non-dit... et d'une pudeur intense.

Et puis ces personnages si vivants... je les vois dans un film... je les connais, ils sont plus que réalistes mais aussi romanesques et si humains. Le sombre Bruno se definit comme peintre "raté", sur ce seul point dans le livre je ne suis pas d'accord... il est loin d'être raté, cet artiste ; il est juste incompatible avec les règles qui regissent ce petit monde de l'art. Papa imparfait, qui a failli et s'en torture, les tourments de son coeur sont retranscrits avec tant de retenue, c'est réellement touchant.

Et puis un fil d'intrigue parfait, mené d'une main de maître avec un rythme formidable... comme le ressac des vagues, un peu de fougue, tempéré par le repli de l'ecume. Dourvac'h est pour moi le roi du contraste et c'est la force de ce merveilleux livre. "

(Loëtitia Pillault)

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" Je viens de terminer ton livre que j'ai dévoré... C'est si beau, si touchant, si sublime ! Ton histoire m'a bouleversée, ta poésie des mots m'a conquise. Est-ce le récit de ton vécu ou bien est-ce seulement le fruit de ton imagination ? (...) Quoi qu'il en soit, je revoyais en te lisant tous tes tableaux d'enfants. Personne ne parle mieux que toi de la nature marine. Bravo et merci pour l'émotion que tu m'as donnée. "

(Annie Lasry)

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" Ce torrent de montagne sinueux me fait penser au parcours d'une vie... Et étrangement à la vie du héros de Grand Large, surtout si cette vue est suivie de celle de l'océan... Les chemins hasardeux de la vie qui dédouchent dans leurs finalités sur le Grand Large de tous les possibles... Tu te doutes que j'ai reçu ton livre et que j'ai lu Grand Large d'une traite.... Quel parcours que celui de ton héros !... "

(Michèle)

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" J'ai eu le privilège de lire le manuscrit avant de pouvoir lire le livre que j'ai commandé par la suite et je vous le conseille.
   Un petit bijou qui oscille entre blessures de la vie, mystère et poésie... "

(Christiana Moreau)

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« Un jour, en insistant, est-ce que je saurai peut-être ?…»
N’est-ce pas là toute la question ? N’est-ce pas là notre quête à tous ? En tout cas ce genre de questionnement est selon moi le moteur et la motivation de notre chemin… Et ce roman est en lui-même une quête je crois, celle du « comment vivre ? comment vivre, malgré...tout ... ». Sujet passionnant, forcément !
J’ai aimé cet univers où les faits violents, tragiques cohabitent avec la sensibilité des émotions traversées, si finement perçues, si finement rendues. J’ai été touchée par ce narrateur qui, à défaut de trouver le sens de ce qui lui arrive, y cherche tout de même un sens, se débat, entre chimères et illusions, dans une réalité douloureuse, parfois sordide, se raccroche à ce qu’il peut, le babillage de la petite Clara, la présence discrète de Rose… « C’est peu dire que les gens s’inventent le monde qu’ils veulent ! »… Et oui, là encore je fais mienne, si tu le permets, Dourvac’h, cette jolie phrase, c’est bien là tout notre pouvoir et notre fragilité d’humains, ce qui nous perd et qui nous sauve en même temps…
Un grand merci à toi pour ce moment de poésie profonde. "

(Sarah)

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" J’ai eu grand plaisir à lire Grand Large, il y a deux livres dans ce livre, le chapitre XV engage la seconde partie de ton roman, c'est-à-dire grâce à Rose lorsqu’elle a dit au chapitre XIV :

« Fais-le. »

Et le narrateur qui répond : « Me soigner, oui puisque c’est toi qui le dis ! ».

D’ailleurs ce chapitre est si court, à peine une page, il s’agit bien d’une transition.

La première partie, plus fluide se laisse lire aisément, nous faisons connaissance avec les personnages, et le narrateur bien englué dans son alcool, essaie de vivre au mieux avec sa « drogue ».

Deuxième partie, brisure brutale, il se soigne avec les manques à vivre, décrit très pudiquement, pas de misérabilisme, jamais. Puis il part, on le retrouve dans sa guimbarde, envie d’agir, retrouver toute sa lucidité, et faire quelque chose pour retrouver Aurélien, puisque lui il sait qu’il n’a « que disparu », il croit  et se persuade (avec raison) qu’il peut le retrouver.

Je pense qu’une influence professionnelle guide ta plume, un environnement difficile, « qui te bouffe » , une envie d’extraire cette lourdeur, on dit que l’écriture peut être une thérapie. Grand bien t’en a pris.

Le peintre et l’écrivain, les deux sont fusionnels, une écriture colorée, j’ai retrouvé les grands yeux de Clara, la petite robe à fleurs, les manches à volants de Rose, sans parler de la façon si poétique de parler de l’océan, du ciel, des falaises et de ses roches, une écriture très visuelle.

Et parler si pudiquement d’un tel drame, le personnage est tout en retenue, sa déchéance n’est pas du tout morbide.

De toute façon j’ai aussitôt eu les acteurs en tête, Michel Simon pour le narrateur, mais en plus jeune et moins moche (une grande sensibilité chez Michel Simon) et pour Clara, Audrey Hepburn (enfant), un joli minois, un peu coquine, et très sensible et très intelligente. Aurélien serait Guillaume Canet (j’adore), pour Rose, Michèle Morgan, belle, douce mais aussi volontaire (puisqu’elle a su convaincre tout naturellement le narrateur de se soigner) ; évidemment tous ces acteurs en plus jeunes ! beaucoup plus jeunes !

Et toujours tes références de qualité, Caspar David Friedrich, Ramuz, Buzzati (oui, cet incroyable Désert des Tartares que tu m’as fait découvrir!) sans oublier ton cher Julien Gracq, et la petite touche sur Jack London pour Martin Eden qui m’a touchée.

Un style précis, un vocabulaire poétique soutenu par une palette de couleurs, un style vivant, une grande sensibilité, une fin que l’on ne pouvait absolument pas deviner au début de la lecture, influence de Simenon. Et tous les tourments de son âme, son sentiment de culpabilité, l’attitude de sa femme, décrits sans violence, sans hargne, avec une grande lucidité, une acceptation mais pas résignée, puisque l’amour pour Rose, et l’attitude de Rose furent son déclencheur pour enfin sortir de sa torpeur d’alcoolique.

Et la façon dont le narrateur retrouve Aurélien, et surtout la description de ce qu’est devenu Aurélien est narrée d’une façon juste, modeste, intelligente.

Ton talent d'écrivain a parlé, et j'ai beaucoup aimé. "

(Crépusculine)

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" J'ai lu votre livre dimanche, premier jour de soleil, et c'était agréable. Léger comme l'air printanier. Facile à lire. Vite lu car très ajouré. Beaucoup d'espaces blancs entre les phrases. J'ai eu l'impression que l'histoire n'était qu'un prétexte pour écrire le mot roman sur la couverture mais que ce qui comptait était la tournure des phrases. Chaque phrase comme un bijou. Je l'ai lu comme un poème d'errance, de souffrance, de beauté et d'espoir plutôt que comme roman. C'était un long poème en vers libres. Très original comme écriture et agréable à lire. Bravo et merci. "

(Dominique Duflot)

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 " Merci cher ami pour ce livre : c'est un véritable bain de poésie ! "

(Christian B.)

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" (...) Puis c'est le plongeon... déchirure, mort, abîme, tourments. 

Mais aussi : envol, pudeur, couleurs, intrigue, peinture, LITTERATURE.

 Bravo et merci pour ce roman  qui transporte vers tant d'émotions sur lequelles vous mettez des mots

 (des mots sur des maux).

Sincèrement."

(Sandrine C.)

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Interview = dialogue Souamie-Dourvac'h publié dans Le petit journal de Viviès, mars 2013 :

Souamie : Ce livre, Grand Large , que tu nous as présenté sous le nom de ton pseudo "Dourvac’h", en décembre dernier sous les Couverts à Mirepoix (...) est ton dernier roman, d’une longue série déjà. Cette histoire, qui est un moment de la vie d’un artiste peintre, se déroule en petites touches d’instants colorés comme celles sur les toiles de l’artiste. Les personnages, l’histoire, sont dépeints avec sensibilité. Le monde est vu avec un regard plein d’acuité, ce qui donne le sentiment d’une profonde réalité et en même temps d’innocence. La nature, la peinture, le monde de l’enfance y ont une place de choix. Il se dégage beaucoup de poésie malgré la trame de l'histoire un peu sombre. Même si la mort apparait c’est juste cette trame légère de la vie qui coule sans que rien ne puisse vraiment accrocher au monde de la souffrance.
Je sais que tu ne tiens pas à parler spécialement de toi, tu préfères qu’on parle de ton livre. Y a-t-il une part de vécu dans cette histoire ? Et que veux-tu faire passer ?
Dourvac’h : c’est purement imaginaire à l’opposé même de la vie de l’auteur. Mon intention était d’imaginer des épisodes de vie au travers de personnages, des ressentis très forts pour les traduire en mots et que ce que j’ai imaginé se reproduise presque exactement dans l’esprit du lecteur, en espérant que l’imaginaire du lecteur rejoigne le mien et que la force que j’ai pu donner au personnage vive longtemps dans son esprit.
Souamie : Pourtant, tu te réfères indirectement à ton vécu professionnel, je pense à ton personnage qui a tendance à boire un peu trop et qui parle des conseils de son toubib avec un petit ras-le-bol ! Cela m’a fait rire (...) Tu sembles aussi ne pas apprécier que j’utilise le terme "poétique"...
Dourvac’h : Je préfère me référer au style littéraire romantique du XIXème siècle ou, en peinture, à Caspar David Friedrich qui est l'artiste le plus "significatif" de la peinture romantique allemande. Je préférerais avoir écrit Grand Large dans l’univers artistique du XIXème ! Pour moi, le dernier écrivain romantique restera Julien Gracq, qui fut notre contemporain : son style est fort et intemporel. Une œuvre, c’est comme un tableau que l’on crée avec force pour que cela puisse exister vraiment dans l’esprit du lecteur, on le fait d’abord pour soi, on recrée le monde réel puis on le reprend, on le transforme jusqu’à sa quintessence. 
En matière de "romantisme", on cherche un lyrisme des phrases qui aient d'abord un rythme, une musique, et qu'il n’y ait rien de sordide... et même s’il y a des choses violentes et moches, on n’insiste pas dessus.
C’est comme Simenon qui sublime ses histoires. Ses personnages peuvent avoir de la haine en eux, mais le style de son écriture est vraiment beau, même si l’histoire est sordide, cela devient poétique. Avec du banal on peut faire passer de la poésie : Simenon était d'abord un artiste...
De nos jours, peu d’auteurs français pensent au lyrisme, à l’universalité, et pourtant... une histoire construite autour de personnages qu'on rendrait un rien "universels" devrait aussi intéresser les gens. Pour moi, le lyrisme devrait être inhérent à la littérature. Maintenant, les auteurs - surtout en France - répondent à la pression d’un système, et ce ne sont plus les qualités esthétiques d'un ouvrage qui font reconnaître un auteur. Il suffit juste que les médias nous abreuvent du nom et de l'image de l’auteur, et passe muscade...
Souamie : Quels sont les lieux qui t’ont inspiré ?
Dourvac’h : La Franqui, le château de Leucate et les falaises du Cap Leucate...
Souamie : Encore quelques mots sur ton livre. Tu mêles la poésie des mots et des couleurs. C’est sans doute cela le lyrisme romantique ! Ton écriture est remplie d’images très belles par exemple : " Les mains marguerites de Clara. Petite fille blonde, nez retroussé. Sa robe couverte de petites fleurs des champs. " (...) " Regarder la mer empêche de mourir." (…) " Des puits de lumière dansaient à la crête des vagues " (…) " En peignant, j’ai l’impression que la musique sort de mon propre cœur. " (...) "

(texte rédigé par Souamie - avec retouches de l'auteur)

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Merci à Vous - Amies & Amis si attentifs - pour la richesse et de vos impressions et votre confiance inespérée !

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(27) photographies : Dourvac'h

- Copyright -

(1) : Le Teide (culminant à 3.700 m.sur l'île de Tenerife) vu du sentier côtier près San-Sebastian de La Gomera 

(2) : L'Atlantique vu du sentier côtier près San-Sebastian de La Gomera

(3) : Barranco (torrent) près la Playa de la Guancha en amont d'El Cabrito - côte occidentale de San-Sebastian de la Gomera 

(4) : Massif côtier près San-Sebastian de la Gomera

(5) : page I de couverture Grand Large (2013)

(6) :  Les eaux de l'Océan Atlantique d'entre "Las Islas Canarias"

(7), (8) & (9) : La côte en Catalogne

(10) : Arrosage des maïs dans la vallée du Douctouyre (été 2013)

(11), (12) (13) & (14) : L'automne à Viviès (Ariège), 2013

(15) & (16) : Statue d'Athena à l'Hôtel Del LagoPuigcerda (Cerdanya), 3 février 2013

(17) : Une prairie à Viviès (Ariège), août 2012

(18) & (19) : Ruines du Château médiéval de Leucate-village (Aude), août 2012 (*)

(20) : Prairie sur la rive droite du Douctouyre à Vira (Ariège), juin 2012

(21) : L'Atlantique vu du sentier côtier près San-Sebastian de La Gomera (Canarias), mars 2013

(22) : Chat au crépuscule dans une prairie à Viviès (Ariège),août 2012

(23) :  Barranco (torrent) en amont d'El Cabrito près San-Sebastian de La Gomera (Canarias), mars 2013

(24), (25) & (26) : Côte rocheuse entre San-Sebastian de La Gomera et El Cabrito (Canarias), mars 2013

(27)  :  L'Atlantique vu du sentier côtier près San-Sebastian de La Gomera (Canarias), mars 2013

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(*) Rappelons ici - à nouveau - que la petite station balnéaire de La Franqui, le château de Leucate et tout l'espace du Cap Leucate (Aude) furent ces Génies du Lieu sans lequels Grand Large n'aurait pu (ex nihilo) ni naître ni prospérer...

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Ouvrages toujours disponibles chez l'auteur :

(On peut les obtenir en adressant un simple courriel à : dourvac_h@live.fr)

Grand Large (roman, Mon Petit Editeur, 2013) : nous en reste actuellement 0 exemplaire (donc je vais en recommander pour vous...), qu'on pourra acquérir à leur "prix auteur" + frais d'envoi = 15 euros/ex. (ou encore chez l'Editeur ou chez votre Libraire, bien sûr !)

Au Jardin (conte fantastique, version illustrée par IsalyLa Compagnie des Fées auto-édition-diffusion, 2008) : nous en reste 1 seul exemplaire, qu'on peut acquérir à son prix de fabrication + frais d'envoi = 15 euros/ex.

Fées, Rêves et Glaces (recueil de 3 nouvelles fantastiques,  La Compagnie des Fées auto-édition-difusion, 2008) : nous en reste 6 exemplaires qu'on peut acquérir à leur prix de fabrication + frais d'envoi = 14 euros/ex.

Un retour à l'Algérie Heureuse (récit ethnographique en vers libres !!!, auto-édition An-Nâfs, 2005) : nous en reste 3 exemplaires qu'on peut acquérir à leur prix de fabrication + frais d'envoi = 16 euros/ex.

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Dernière minute :

Souvenirs d'Algérie Heureuse (récit illustré de photos en noir & blanc, L'Harmattan, 1992) : toujours disponible chez l'éditeur à Paris !

Plantes médicinales de Kabylie - écrit sous le pseudonyme "Mohand AIT YOUSSEF" - (Ibis Press, 2005) est malheureusement épuisé ; pas de nouveau tirage envisagé pour le moment...

L'été et les ombres (roman, La Compagnie des Fées auto-édition-diffusion, 2009 : précédent tirage épuisé) sera ré-édité - avec petits changements - chez Mon Petit Editeur (bon à tirer signé et fabrication en cours) et sera à nouveau disponible juste avant l'été 2014 !

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NOTRE PROCHAIN ARTICLE :

(à paraître le samedi 8 février 2014... et "en actualité" pour les 21 jours qui suivront !)

Cinéma et Littérature de Turquie : De quelques "oeuvres ouvertes"...

Posté par regardsfeeriques à 08:42 - Commentaires [15] - Permalien [#]