dimanche 22 février 2015

La Leyenda de Gara y Jonay : la Légende de Gara et Jonay

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Volver de la Isla de La Gomera, Canarias...

[en una Leyenda y veintiuno imágenes]

Revenir de l'île de La Gomera, Canaries...

[en une Légende et vingt-et-une images]

[im. 1 : Las nubes sobre España]

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La Leyenda de Gara y Jonay constituye una de las narraciones aborígenes más populares de las Islas Canarias (España). Es la historia de amor de un príncipe y una princesa aborigen que debido la oposición de sus familias deciden suicidarse. 

La Légende de Gara et Jonay est l'une des plus populaires histoires autochtones des îles Canaries (Espagne)C'est l'histoire d'amour entre un prince et une princesse aborigènes qui, en raison de l'opposition de leurs familles, décident de se suicider.

[im. 2 : El sol sobre Los Cristianos, Tenerife-sur]

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Esta leyenda ha sido de hecho calificada como la versión canaria de Romeo y Julieta, aunque esta leyenda aborigen es considerablemente más antigua que aquella de William Shakespeare.

Cette légende a en effet été perçue comme la version canarienne de Roméo et Juliette, mais cette légende autochtone est beaucoup plus ancienne que l'oeuvre de William Shakespeare.

[im. 3 / El gato rojo en la playa de La Caleta, Hermigua -- La Gomera-norte]

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La tradición oral relata que en un pueblo de la isla de La Gomera vivía una hermosa muchacha, Gara. 

La tradition orale rapporte que dans un village de l'île de La Gomera vivait une belle jeune fille, Gara.

[im. 4 : El pico/volcáno El Teide -- Tenerife -- vista de La Gomera-sur]

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En esta isla, había unos chorros que podían predecir si los jóvenes encontrarían el amor o no, los (chorros de Epina).

 Sur cette île, il y avait des sources qui pouvaient prédire si les jeunes filles trouveraient l'amour ou non (sources d'Epine). 

[im. 5 : El perro jóven en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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 Si el agua se mantenía tranquila, indicaba que sí lo hallaría.

 Si l'eau se tenait tranquille [restait claire], cela indiquait que oui, la jeune fille le trouverait. 

[im. 6 : Punta y faro de San Cristóbal -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Si el agua se enturbiaba, era signo de desamor. 

Si l'eau se troublait, c'était un signe de désamour [d'indifférence].

[im. 7 : La oveja en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Entonces, Gara y más jóvenes gomeras decidieron saber si hallarían el amor en las fiestas que se celebraban en la isla. 

Donc, Gara et d'autres jeunes Gomériennes décidèrent de savoir si elles trouveraient l'amour au cours des fêtes célébrées dans l'île.

[im. 8 : Faro de San Cristóbal -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Cuando Gara se dispuso a mirar, el agua se mantuvo tranquila y serena, pero luego empezó a enturbiarse.

Quand Gara a commencé à regarder, l'eau est [d'abord] restée calme et sereine mais [ensuite] a commencé à se troubler.

[im. 9 : El perro jóven en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Inmediatamente, fue al sabio del lugar, el único que podía descifrar las indicaciones de los chorros, y le advirtió que se mantuviera lejos del fuego. 

Elle a immédiatement été voir le savant du lieu, le seul qui pouvait déchiffrer les significations des sources, et il l'a avertie de rester loin du feu.

[im. 10 : El candelabre y el sierra Lomo del Higueral -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Durante las fiestas, arribó a la isla Jonay, un apuesto joven guanche de la vecina isla de Tenerife, que junto con su padre y demás nobles, vinieron a la fiesta. 

Durant les fêtes, est arrivé à l'île, Jonay, un beau jeune Guanche de l'île voisine de Tenerife, qui, avec son père et d'autres nobles, est venu à la fête.

[im. 11 : Dos perros jóvenes en la hacienda de Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Más tarde, se encontraron sus miradas, y su amor se hizo eterno. Estuvieron a punto de decir su noticia en público, cuando el volcán Echeide (El Teide) empezó a escupir lava y fuego. 

Plus tard, leurs regards se croisèrent et devinrent amour éternel. Ils étaient sur le point de raconter leur histoire en public, lorsque le volcan Echeide (El Teide) a commencé à cracher lave et le feu. 

[im. 12 : caminando... Ermita Nostra Señora de Guadalupe -- La Gomera-sur]

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Entonces, una amiga de Gara, que había ido con ella a los chorros, le contó lo que había pasado. 

Puis, une amie de Gara, qui était allée avec elle aux sources, raconta ce qui s'était passé. 

[im. 13 : Faro de San Cristóbal -- San Sebastián, La Gomera-sur]

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Entonces, los padres de Jonay y de Gara les prohibieron estar juntos.

Ainsi, les parents de Jonay et Gara leur ont interdit d'être ensemble.

[im. 14 : Punta Llana y Ermita Nostra Señora de Guadalupe -- La Gomera-sur]

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Pero aun así, Jonay, príncipe del fuego, se lanzó al mar durante la noche y cruzó rumbo a la Gomera a bordo de dos pieles de cabra infladas. 

Cependant, Jonay, le prince du feu, a sauté dans la mer pendant la nuit et a traversé vers la Gomera à bord de deux peaux de chèvre gonflées. 

[im. 15 : El pico El Teide -- Tenerife -- vista de La Gomera-sur]

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Jonay se enamoró de ella y la muchacha también lo amó. 

Jonay aimait Gara et la jeune fille l'aimait aussi. 

[im. 16 : Ermita Nostra Señora de Guadalupe, La Gomera-sur]

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Ambos jóvenes huyeron hacia el Cedro, en lo más alto de la isla, pero se les persiguió.

Les deux amants se sont enfuis à El Cedro, au plus haut de l'île, mais ils ont été poursuivis.

[im. 17 : El burro de carga tradicional gomero en Ayamosna, San Sebastián -- La Gomera-sur]

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Los amantes subieron hasta el pico más alto de La Gomera, y al verse acorralados, tomaron un palo afilado por ambas puntas y, apoyándolo en sus pechos, se abrazaron y murieron atravesados. 

Les amants ont grimpé jusqu'au plus haut sommet de La Gomera, et une fois acculés, ont pris un bâton aiguisé aux deux extrémités et, l'appuyant sur leurs poitrines, se sont étreint et sont morts transperçés.

[im. 18 : El Roque de San Pedro, 430 m., Hermigua, La Gomera-norte]

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Desde entonces esa montaña de laurisilva se llama Garajonay, en recuerdo de los dos enamorados que prefirieron morir juntos a continuar su vida separados. 

Depuis, cette montagne de laurier [Laurisilva] est appelée Garajonay, en la mémoire des deux amants qui ont préféré mourir ensemble plutôt que continuer leur vie séparés. 

[im. 19 : vista de la silva, Hermigua, La Gomera-norte]

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Actualmente el lugar es un Parque Nacional, el Parque Nacional de Garajonay.

 Actuellement, le lieu est un Parc National, le Parc National de Garajonay

[im. 20 : El sol sobre Los Cristianos, Tenerife-sur]

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[im. 21 :  El anochecer a Los Cristianos, Tenerife-sur] 

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Texte : reproduction de l'article Leyenda de Gara y Jonay (accessible uniquement en langue espagnole), Wikipedia

Photographies : © Dourvac'h (février 2015)

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vendredi 26 décembre 2014

**************** Wim Wenders, années 70 ****************** ou "Sept pierres dans les jardins du 7ème art"

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Summer in the City

(1970)

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[synopsis du film :]

Sa peine accomplie, Hanns sort de prison avec l'idée de faire table rase du passé. Se sentant suivi, il erre dans les rues de Munich qu'il ne reconnait plus. Il décide alors de prendre un vol pour Berlin, avant de partir pour l'Amérique...

[source : Ciné-Club de Caen]

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interprètes : Hanns Zischler (Hanns)

Libgart Schwatz (Libgart)

Marie Bardischewski (Marie)

Gerd Stein

Muriel Werner

Helmut Färber

Edda Köchl

Wim Wenders (joueur de billard)

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[Et un avis du Ciné-Club de Caen... ]

Premier long métrage de Wenders, tourné pour son diplôme de fin d'études avec une caméra 16 mm et en noir-et-blanc : récit d'une errance dans les milieux urbains. Les références à l'Amérique (selon un processus mêlant attraction et rejet), les obstacles à la communication, évoquent déjà les films majeurs qui suivront...

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L'angoisse du gardien de but au moment du pénalty

(Die Angst des Tormanns beim Elfmeter

(1971)

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Adaptation du roman éponyme de Peter Handke.

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[synopsis du film :]

Joseph Bloch est gardien de but de classe internationale. Lors d'une rencontre à Wien, il « décroche », encaisse un but et se fait expulser par l'arbitre. Il entame alors une errance dans la métropole et finit par étrangler une caissière de cinéma avec qui il vient de passer la nuit.

Il part en autocar pour la petite ville de Bierbaum où il essaie de renouer avec une ancienne amie.

Scénario de Peter Handke

[source : Wikipedia]

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Arthur Brauss (Joseph Bloch)

Kai Fischer (Hertha Gabler)

Erika Pluhar (Gloria)

Libgart Schwartz (bonne)

Marie Bardischewski (servante de l'auberge)

Rüdiger Vogler (livreur de boissons)

Wim Wenders (piéton à la gare routière)

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[Et un avis :]

Difficile de faire plus existentialiste : meurtre de la caissière du cinéma qui semble commis "par hasard"...

Suivra l'errance -- en couleurs -- d'un (futur) repris de justice : assassin en liberté qui sera "serré" au final par un flic moustachu, à la sortie des gradins d'un match de foot (de dernière divison...). Et déjà la musique de Jürgen Knieper, à donner le blues à un Bavarois en pleine descente de "Bierfest"...

Interprètes -- professionnels comme non-professionnels -- tous sobres et magnifiques.

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La lettre écarlate

(Der Scharlachrote Buchstabe)

(1972)

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[synopsis du film :]

L'action se déroule à Salem, Nouvelle-Angleterre au XVIIème siècle. Esther Prynne vit seule depuis la disparition de son mari. Elle accouche d'une fille adultère et devra porter une lettre rouge, symbole de son infamie, puisqu'elle refuse de divulguer le nom de son amant.

Adaptation du roman éponyme (The Scarlet Letter, 1850) de Nathaniel Hawthorne.

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[synopsis du livre :]  

La Lettre écarlate compte parmi les premiers romans de la littérature américaine. C'est un roman historique à plusieurs points de vue. Tout d'abord, il est un pamphlet virulent contre la société puritaine, arrivée en Amérique en 1620 et fondatrice des treize colonies de la côte est. Les ancêtres de Nathaniel Hawthorne étaient eux-mêmes des puritains et avaient pris part à la chasse aux sorcières de 1692. Honteux de ce passé violent et intolérant, le jeune Nathaniel Hathorne changera même son nom de famille en Hawthorne.

C'est donc une dénonciation du puritanisme et de ses lois qui sont une entrave à la dignité et à la liberté individuelle. Hester Prynne n'est pas plus coupable que les autres. D'ailleurs à la fin du roman, elle se rachète à leurs yeux en aidant les plus démunis et en apportant une réponse aux femmes de la communauté.

La peinture que fait Hawthorne des autres membres de cette communauté, et en particulier celle de ses dirigeants, met en exergue l'hypocrisie de cette société, soucieuse de garder un équilibre moral digne mais incapable de voir les vrais travers des membres qui la constituent.

La Lettre écarlate est aussi, et surtout, un roman sur l'art. En effet, Hester Prynne a recouvert sa lettre de fil d'or pour mettre en valeur non seulement son péché mais aussi le fait qu'elle ne peut être réduite à celui-ci. Elle est aussi douée pour les travaux d'aiguille et ce travail se rapporte à celui d'un artiste. D'ailleurs, cet art échappe complètement aux puritains, car ils la laissent arborer fièrement ce qui, en réalité, constitue un affront à ce qu'ils défendent. 

[Source : Wikipedia]

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Senta Berger (Hester Prynne)

Hans Christian Blech (Roger Chillingworth)

Lou Castel (le Révérend Dimmesdale)

Yelena Samarina (Miss Hibbins, fille du Gouverneur Bellingham)

Yella Rottländer (Pearl)

William Mayton (le Gouverneur Bellingham)

Alfredo Mayo (le Gouverneur Fuller)

Angel Alvarez (le Révérend Wilson)

Laura Currie (Sarah)

Rüdiger Vogler (le marin)

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[Et un avis :]

Une très estimable adaptation du merveilleux roman "fondateur" de Hawthorne... Un film que "reniera" -- aux trois-quarts -- quelques années plus tard Wim Wenders, déjà malade de son perfectionnisme. Nous pensons, nous, qu'il se trompe totalement au sujet de la valeur esthétique de son oeuvre : celle-ci dégage beaucoup de charme !

L'actrice Senta Berger -- enceinte lors du tournage -- y est particulièrement lumineuse.

Même si la Nouvelle-Angleterre du XVIIème siècle "puritain" a été reconstituée en Galice pour des raisons d'économies... et  que les décors (également cheap) soient ceux d'une "ville de western" : tout cela ne nuit absolument pas au film et lui donne une étrangeté -- ou un onirisme -- supplémentaire !

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Alice dans les villes

(Alice in den Städten)

(1973)

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[synopsis du film :]

Philip Winter passe quatre semaines à arpenter les États-Unis pour écrire un texte sur le paysage américain. Cependant, il se sent complètement aliéné de soi-même et de son entourage : au lieu d'écrire, il ne fait que prendre des centaines de photos avec sa caméra polaroïd. Bientôt, il doit rentrer en Allemagne parce qu'il n'a plus d'argent. À l'aéroport de New York, il fait la connaissance d'une jeune femme, Lisa, et de sa fille Alice, âgée de neuf ans. Il n'y a pas de vols pour l'Allemagne et ils décident d'attendre ensemble. Le matin suivant, cependant, Lisa a disparu, ne laissant qu'une note dans laquelle elle prie Philip de ramener Alice à Amsterdam où elle compte les rejoindre quelques jours plus tard. Arrivés à Amsterdam, Philip et Alice attendent en vain Lisa. Ils décident de partir à la recherche des grands-parents d'Alice qui habitent à Wuppertal en Allemagne, d'après le souvenir d'Alice. Puisqu'elle ne se rappelle plus le nom de sa grand-mère, ils doivent chercher la maison en arpentant la ville, avec une vieille photo pour seul guide. Pendant leur périple, ils font la rencontre d'une jeune femme chez qui ils passent une nuit. Découragé de leur vaines recherches, et parce qu'il n'en peut plus de la jeune fille à la personnalité assez affirmée, Philip la dépose dans un poste de police. Mais la jeune fille s'en échappe, retrouve Philip qui accepte de continuer la recherche de la famille d'Alice. Bientôt, l'histoire trouvera une conclusion aussi surprenante que, malgré tout, optimiste.

[source : Wikipedia]

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Rüdiger Vogler (Philip Winter)

Yella Rottländer (Alice)

Lisa Kreuzer (la mère d'Alice)

Edda Köchl (une amie à New York)

Ernst Böehm (l'éditeur)

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[Et un avis :]

Le film qui a fait découvrir en France le cinéma de Wim Wenders. Son quatrième long métrage qu'on peut revoir dix fois avec le même sentiment d'émerveillement : grain de la pellicule, musique bluesy, impression de road movie familier, à la fois ludique et sentimental, riche du jeu instinctif -- alternativement dans le registre chaleureux ou renfrogné -- et toujours inspiré de ses deux principaux protagonistes (un adulte mal dans sa vie et une gamine livrée à elle-même). Et cette infinie pudeur dans la mise en présence de ses personnages. La musique nostalgique de Can, et toujours la "photo magique" de l'ami Robby Müller...

Tout est parfait en Alice dans les villes...

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Faux mouvement

(Falsche Bewegung)

(1975)

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Inspiré "librement" du roman 

Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister 

(Wilhelm Meisters Lehrjahre, 1795-1796) 

de Johann Wolfgang von Goethe.

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[synopsis du livre :]

Wilhelm Meister est un jeune marchand qui se croit une vocation d’acteur dramatique, vocation qui se serait éveillée en lui le jour où ses parents auraient fait l’acquisition d’un théâtre de marionnettes. Il se fait engager dans une troupe errante et découvre le monde, l’amour, les sociétés. Pour lui, la littérature et le théâtre peuvent changer la société car ils permettent d’approcher la réalité et l’idéal qui sont deux pôles indissociables.

[source : Wikipedia]

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Le film fut réalisé sur un scénario de Peter Handke.

Il s'agit du voyage que Wilhelm Meister - qui ne porte pas par hasard, le nom du personnage de Goethe - entreprend à travers l'Allemagne, du Nord au Sud. Il voudrait devenir écrivain.

Le script du film sera édité en France par Christian Bourgois en 1980.

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Rüdiger Vogler (Wilhelm)

Hans Christian Blech (Laertes)

Hanna Schygulla (Therese Farner)

Nastassja Kinski (Mignon)

Peter Kern (Bernhard Landau)

Ivan Desny (l'industriel)

Marianne Hope (la mère de Wilhelm)

Lisa Kreuzer (Janine)

Adolf Hansen (Schaffner)

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[Et un avis :]

Le premier plan en hélicoptère : une ville provinciale sous la pluie. Un jeune homme brise la vitre de sa chambre et se blesse. Plages infinies de la mer du nord que l'on parcourt en vélo. Une mère conseillant à son fils de quitter le giron familial. Un train qui démarre. Un viel homme au regard malicieux et l'adolecente espiègle qui l'accompagne. Le visage de Nastassja Kinski (13 ans, à l'époque), le paysage qui défile sous la pluie, la musique lancinante de Jürgen Knieper. Le hasard des rencontres. La déception future enfouie dans toute relation aux autres. Ce que l'on nomme communément "avoir le blues"... soit le romantisme à l'état pur, qu'on retrouvera également transcendé dans L'ami américain...

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Au fil du temps

(Im Lauf der Zeit)

(1976)

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[synopsis du film :]

Bruno Winter est un réparateur de projecteurs de cinéma qui sillonne la région frontalière entre l'Allemagne de l'ouest et l'Allemagne de l'est avec son grand camion de déménagement dans lequel il vit. Il fait la rencontre de Robert Lander, qui vient de quitter sa femme. Au cours de leur périple, ils font la rencontre d'un homme dont la femme vient de mourir dans un accident de voiture qui était peut-être un suicide, Robert rend visite à son père tandis que Bruno fait la connaissance d'une jeune femme. Au terme d'une escapade en moto, ils échouent dans un ancien poste de surveillance de la frontière. Se séparant alors -- chacun sa route -- les deux semblent avoir retrouvé le désir de changer leur propre vie.

[d'après source : Wikipedia]

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Rüdiger Vogler (Bruno Winter)

Hanns Zischler (Robert Lander)

Lisa Kreuzer (Pauline, la caissière du cinéma)

Rudolf Schündler (le père de Robert)

Marquard Bohm (l'homme qui a perdu sa femme)

Hans Dieter Trayer (Paul, le garagiste)

Patrick Kreuzer (le gosse à la gare)

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[Et un avis :]

Un film magnifiquement lent -- comme son titre peut nous l'indiquer -- et qu'on aime re-découvrir à chaque fois... Une histoire de frontière et d'amitié. Kings of the Road est son titre anglais... Les rencontres de hasard en forment la trame -- comme dans le film précédent... Et la magie du noir-et-blanc contrasté de Robby Müller (son chef opérateur depuis Summer in the City) fait à nouveau merveille. Magie de l'instant insaisissable qu'a poursuivie Wenders... "au fil du temps" du tournage itinérant -- et certainement éprouvant -- de ce premier road movie intégral du cinéma européen. A l'instar de Bruno, "réparateur de projecteurs de cinéma", personnage mutique inamovible au volant de son camion impressionnant, Wenders s'est lancé sur les traces des "salles de cinéma qui ferment" et de l'esprit des temps du cinéma de Fritz Lang...

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L'ami américain

(Der amerikanische Freund)

(1977)

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Adaptation du roman Ripley s'amuse (Ripley's Game, 1974) de Patricia Highsmith.

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[synopsis du film :]

Jonathan Zimmermann est un encadreur et restaurateur de tableaux vivant à Hambourg avec sa femme et leur jeune enfant. Depuis un certain temps, Zimmermann sait qu'il est atteint de leucémie, mais son état semble être stable. Lors d'une vente aux enchères de tableaux, Zimmermann fait la connaissance de Tom Ripley, trafiquant de contrefaçons qui fait la navette entre New York et Hambourg. Ripley apprend que Zimmermann est très malade. Il l'apprend à son tour à un de ses contacts dans le milieu criminel, un Français qui s'appelle Minot. Celui-ci va proposer à Zimmermann de commettre un meurtre à Paris, en contrepartie de quoi Zimmermann doit recevoir une importante somme d'argent qui lui permettrait d'assurer une certaine sécurité financière à sa femme dans le cas de sa mort prématurée des suites de la leucémie. Zimmermann finit par accepter, et à partir de ce moment-là les choses se compliquent...

[source : Wikipedia]

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Scénario de Wim Wenders.

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Denis Hopper (Tom Ripley)

Bruno Ganz (Jonathan Zimmermann)

Lisa Kreuzer (Marianne Zimmermann)

Gerard Blain (Minot/"Raoul Duplat")

Nicholas Ray (Pogash/"Derwatt")

Samuel Fuller (gangster américain)

Peter Lilienthal (Marcangelo)

Daniel Schmidt (Ingraham)

Jean Eustache (l'homme du bar)

Lou Castel (Rodolphe)

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[Et un avis :]

Sans doute LE chef d'oeuvre -- dans la plus pure tradition romantique -- de Wim Wenders. A la fois oeuvre de peintre et hommage foisonnant à l'univers d'Edward Hopper : de la belle ouvrage qui, comme on dit, "n'a pas pris une ride"... pas moins de 37 ans plus tard ! Le film peut supporter aisément quinze visions en une existence de spectateur. Donc rien à jeter ? Absolument : tout à retenir... Le génie de Bruno Ganz, l'instinct de Denis Hopper, la voix et le visage tourmenté de Lisa Kreuzer...

La musique de Jürgen Knieper et la photo de Robby Müller : également éblouissantes.

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mardi 16 décembre 2014

Message personnel, du coeur de la bruyère...

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... de Notre (bon) calife Haroun-el-Poussah de Viviès !

 (photographie : novembre 2014)

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samedi 15 novembre 2014

Le cinéma révélé de Katell Quillévéré

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Un poison violent (2010)

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Déjà, histoire si peu banale... 

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... aux cadrages parfaits, aux lumières poétiques...

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... au ton perpétuellement juste.

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Kroaz-hent délicat de ses quatorze ans...

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... entre prégnante religiosité catholique (familiale, bretonne) et bien naturel éveil des sens...

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Soif d'absolu, de toute façon...

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Force des silences et des non-dits : peut-être le plus magnifique dans l'oeuvre.

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Un poison violent :  est-ce l'existence ? le plus pur des amours ?

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Un scénario original (signé Katell Quillévéré & Mariette Désert), une mise en scène inspirée...

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Bravo, Katell !!

(Source photographie : Le Télégramme de Brest, 18 juillet 2010)

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Synopsis :

Anna est une adolescente de 14 ans qui passe les vacances d'été chez sa mère dans la maison familiale de son grand-père dont elle est très proche et qui vit retiré en ermite malade au dernier étage de la maison. En pleines difficultés de l'adolescence, aggravées par la séparation de ses parents, elle vit une crise mystique difficile : allant aux enterrements, hésitant pour sa confirmation religieuse, questionnant un prêtre qui remplace son père absent. Son corps de jeune femme lui attire les regards de ses proches, soit par désir timide (un petit ami), soit par jalousie (sa mère, qui vit elle-même une difficile crise de la quarantaine), et l'agite sur ses sentiments et désirs.

Prix Jean-Vigo 2010

*

(Article en ligne : "Le Télégramme", 18 juillet 2010 -- pages "BREST")

Les pulsions sacrées de Katell Quillévéré

Katell Quillévéré était au cinéma Les Studios, vendredi soir, pour présenter «Un poison violent».

Les Studios ont fait salle comble, vendredi soir, lors de l'avant-première d'«Un poison violent» de Katell Quillévéré.

Rencontre avec une jeune réalisatrice qui vient de remporter le prix Jean-Vigo 2010 pour son premier long-métrage.

-- Pourquoi avoir choisi pour titre Un poison violent ?

" Déjà parce qu'il se réfère à la chanson de Gainsbourg [« Un poison violent, c'est ça l'amour », NDLR], qui désigne, sous cette formule, le sentiment amoureux. Dans mon film, je dirais plutôt que le poison violent, c'est la tension contradictoire qui habite tous les personnages : des pulsions qui les font se sentir vivants, mais qui les font également souffrir. "

-- Votre film explore, entre autres, les thèmes du passage à l'adolescence, de la religion catholique et des relations humaines. Serait-ce une oeuvre autobiographique ?

" Pas exactement, mais en partie. Il ya une citation de Truffaut que j'aime beaucoup et qui évoque bien cela : « Pour un cinéaste, un film est ce qu'il a vécu, ce qu'il a envie de vivre et ce qu'il a peur de vivre ». La question du catholicisme, je l'ai traversée. Je viens d'un milieu très croyant et je l'ai moi-même été, enfant. À 13 ans, j'ai perdu la foi, comme Anna, la protagoniste. Par contre, je n'ai pas grandi en Bretagne, ni évolué dans une famille comme celle qui est présentée dans le film. "

-- Avez-vous été inspirée par des cinéastes pour le scénario ou la mise en scène ?

" On a regardé pas mal de films de Bresson et Pialat avant le tournage, mais sans s'en inspirer directement. Je dirais que les couleurs et les plans nocturnes et d'intérieur (surtout en église) me rappellent le souffle baroque d'Argento. "

-- La musique est très importante dans votre film. Pourquoi avoir choisi une reprise de Creep, de Radiohead, comme chanson phare ?

" C'est une chanson magique! Je trouve qu'elle arrive à saisir quelque chose de l'essence des années adolescentes, le côté fragile et très douloureux. J'ai découvert la reprise de la chorale Scala, qui donnait une dimension presque sacrée au texte. Les thèmes conducteurs de mon film, l'amour et la religion catholique se rejoignent à travers cette interprétation. "

-- Avez-vous un autre projet sur le feu ?

" Je suis en pleine écriture d'un nouveau film, Suzanne. Mais je ne suis pas trop pressée, j'attends déjà les critiques de ce premier long-métrage. "

© Le Télégramme 

*

Interprêtes :

Clara Augarde (Anna)

Lio (Jeanne, mère d'Anna)

Stefano Cassetti (François, le prêtre)

Thierry Neuvic (Paul, père d'Anna)

Youen Leboulanger Gourvil (Pierre, l'amoureux d'Anna)

Michel Galabru (Jean, grand-père paternel d'Anna)

... et les lieux du tournage : Saint-Michel-de-Brasparts, calvaire et enclos paroissial de Notre-Dame-et-Saint-Tugen-de-Brasparts, ainsi qu'une brève échappée du père François et d'Anna vers la Chapelle Saint-Hervé (Ménez-Bré), Finistère.

*

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Suzanne (2013)

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Deux soeurs unies par la vie. Une mère absente, disparue...

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Ou vingt-cinq années d'existence familiale.

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Père routier, veuf qui dure : éduquant ses filles comme il peut...

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Film porté par une direction d'acteurs inspirés : tous émotionnellement unis - jamais laissés "en roue libre" ! (*)

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Force des regards, des silences...

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La marque intimiste (et universelle) de Katell Quillévéré.

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(Pas si loin du beau cinéma intimiste de James Gray, au fond !)

(*) Un prolifique scénario accidenté (à nouveau signé Katell Quillévéré & Mariette Désert), nous ayant semblé - en matière de crédibilité, et peut-être simplement par son happy ending un rien (celtiquement) entêté, s'inscrivant sereinement en "point d'orgue" de tant de malheurs - un tout petit cran en-deça du précédent... Mais de ma remarque pinailleuse (d'aborigène ariégeois mal dégrossi), je demande à l'avance pardon aux deux scénéraristes !

*

Interprêtes :

Sara Forestier (Suzanne)

Adèle Haenel (Maria)

François Damiens (Nicolas, le père)

Paul Hamy (Julien, le copain de Suzanne)

*

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(Un portrait de la réalisatrice-scénariste, née en 1980 à Abidjan)

Eh bé ! "Seulement" deux longs métrages à l'actif de Katell Quillévéré...

Et à l'évidence, une puissance créative hors modes !

*

NOTE IMPORTANTE : les deux films de Katell sont bien sûr

très facilement disponibles en DVD.

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jeudi 23 octobre 2014

Valerio Zurlini, d'un "Eté violent" au "Désert"...

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... fut ce film-météore de Valerio Zurlini ...

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(Estate violenta, 1959)

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 Feu dévorant des yeux d'Eleonora Rossi Drago (Roberta) ...

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Flamme vacillante et inquiète de Jean-Louis Trintignant (Carlo) ...

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Jacqueline Sassard (Rossana) au personnage délaissé -- si belle nuit d'été...

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Une bien trop jeune veuve, un fils de bourgeois fasciste dans l'Italie estivale...

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Beautés du mélodrame parfait, si constamment inspiré...

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L'indécidable des sentiments naissants...

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Nuits de juillet, année 1943...

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Chute imprévue du "Duce" au fronton de la "Casa Fascio" de Riccione...

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Cette guerre qui rejoint, et surprend toujours...

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Fulgurances, élans du coeur, âme qui semble sortir des yeux d'une actrice à la voix inoubliable...

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Chaque plan est une surprise -- ou pure merveille : inoubliable.

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Pincement de cordes de guitare, caresse d'archet de violons, d'un violoncelle : variations infinies...

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... pour vagues d'étreintes muettes en nocturne...

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Phrases que l'on peut se dire en se tournant le dos...

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-- sans doute l'une des plus pures et poétiques figures de style zurlinien...  --

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Incontestablement, l'un des plus beaux films de son auteur...

*

... dont la carrière fut patiente, discrète, belle et passionnante...

Pas moins de huit longs métrages, dont :

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(La Ragazza con la valigia, 1960)

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Aida (Claudia Cardinale)

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Lorenzo (Jacques Perrin), Aida (Claudia Cardinale)

Aida tente de retrouver Marcello Feinardi, jeune et riche playboy qui l'a abandonnée après quelques jours de liaison et des promesses. Elle sonne à la porte de la maison familiale de celui-ci, qui envoie son jeune frère, Lorenzo, l'éconduire en lui disant qu'elle s'est trompée d'adresse. Lorenzo est touché par la détresse et la beauté d'Aida. Débute alors une histoire d'amour impossible entre un innocent et idéaliste adolescent de la bourgeoisie et une jeune femme de province qui essaye de s'en sortir.

Une fille en errance et un amour impossible...

*

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(Cronaca familiare1962)

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Lorenzo (Jacques Perrin), Enrico (Marcello Mastroianni)

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Enrico (Marcello Mastroianni), Lorenzo (Jacques Perrin)

En Italie, Enrico, un journaliste, après avoir appris le décès de son frère, se souvient de leur enfance… Après le décès de leurs parents, les deux garçons se retrouvent séparés : Lorenzo, le cadet, adopté par un majordome aisé, aura une enfance heureuse tandis qu’Enrico, livré à lui-même, passera une adolescence misérable. Plus tard, on découvre que Lorenzo est atteint d’un mal incurable...

1945. Deux frères unis bientôt dans la pauvreté et la maladie...

D'après le roman autobiographique de Mario Missiroli (Cronaca familiare, 1947)

*

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(La prima notte di quiete, 1972)

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Daniele Dominici (Alain Delon)

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Vanina (Sonia Petrovna), Daniele (Alain Delon)

Daniele Dominici remplace un professeur malade au lycée de Rimini. Bien que séparé de sa femme, il vit toujours avec elle. Riches et oisifs, ses élèves l'ennuient, excepté Vanina, une jeune fille qui éveille son intérêt par la blessure secrète qu'il décèle en elle.

Solitudes, égarement des coeurs... ou ce qu'est l'hiver à Rimini.

*

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(Il deserto dei Tartari1976)

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 Ortiz (Max von Sydow)

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Drogo (Jacques Perrin), Siméon (Helmut Griem)

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Filimore (Vittorio Gassman), Drogo (Jacques Perrin)

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Siménon (Helmut Griem), Drogo (Jacques Perrin)

Le lieutenant Giovanni Drogo au fort Bastiani ( ... du roman-merveille de Dino Buzzati) : mythique forteresse d'argile retrouvée par le cinéaste à Arg-e-Bam, en plein désert iranien...

*

Reproduction de la critique de Jean-Charles Lemeunier :

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Il est des livres qui ont la réputation d’être inadaptables à l’écran. Le désert des Tartares, chef-d’oeuvre de Dino Buzzati écrit en 1940, fut longtemps de ceux-là. Il avait inspiré Brel et son Zangra : « Je m’appelle Zangra et je suis lieutenant au fort de Belonzio qui domine la plaine d’où l’ennemi viendra qui me fera héros. »

En 1976, Valerio Zurlini prend le pari incroyable de traduire enfin en images Le désert des Tartares, avec un casting de rêve : Jacques Perrin, Vittorio Gassman, Max von Sydow, Laurent Terzieff, Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret, Fernando Rey, Helmut Griem, Francisco Rabal… Incroyable car il se passe finalement peu de choses dans ce récit philosophique d’un groupe de militaires cantonnés dans un fort du bout du monde (Bastiani dans le livre et non Belonzio) et attendant l’arrivée de l’ennemi. Zurlini s’est même payé le luxe de faire disparaître quelques épisodes et personnages du roman, telle la fiancée du héros (à peine aperçue au début du film). Dans le livre, et cela arrive aussi dans À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque, le personnage central a en horreur sa situation (le front de la guerre de 14-18 pour l’un, le fort Bastiani pour l’autre). Mais, quand il revient en ville, il s’ennuie et n’a qu’une envie, repartir : au front ou au fort. Ce personnage clef du Désert des Tartares, c’est le le lieutenant Drogo, incarné par Jacques Perrin, par ailleurs producteur du film.

Zurlini choisit de ne se concentrer que sur les militaires. Aucune femme ici, aucune éventualité d’amour, contrairement à la chanson de Brel où Zangra, en présence des femmes, parle de ses chevaux quand elles lui parlent d’amour, jusqu’au moment où il commencera à parler d’amour et elles, de ses chevaux. Certes, dès le générique, Zurlini nous montre en quelques plans Drogo avec sa mère et sa fiancée. Il les quitte le cœur léger, prêt à foncer vers son destin. Du seul retour de Drogo à la ville, pour raccompagner le corps d’Amerling, Zurlini ne filmera que la visite au général.

Écrit par André G. Brunelin et Jean-Louis Bertuccelli, le traitement de Zurlini est une réussite d’autant plus forte que le cinéaste italien a eu le génie de trouver le lieu approprié pour installer tous ses soldats : la magnifique citadelle de Bam, en Iran, malheureusement détruite par un séisme en 2003. Ce décor, les murailles, la ville en ruines à leur pied, le désert autour et les montagnes enneigées, est sans aucun doute le personnage central du film.

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Jacques Perrin (Giovanni Drogo), Chantal Perrin (Maria)

Le désert des Tartares s’ouvre sur le jeune Drogo qui part vers Bastiani pour sa première affectation. Rien n’est daté ni localisé précisément mais on pourrait être à la fin du XIXe siècle dans l’empire austro-hongrois. Drogo va vite faire connaissance avec l’état-major du fort (et l’on admirera le casting impeccable réuni par Zurlini) : Vittorio Gassman détient le grade suprême dans la forteresse, Giuliano Gemma en est le commandant et Fernando Rey un vieux colonel cacochyme tenant à peine debout. Sous leurs ordres, on reconnaît Max von Sydow, Laurent Terzieff, Helmut Griem et le médecin Jean-Louis Trintignant. La vie s’écoule, avec son cérémonial (les repas du soir), son emploi du temps réglé (les manœuvres, les sorties) et ses événements inattendus, de la visite d’un général (Philippe Noiret) au soldat qui a récupéré un cheval et veut revenir au fort. Cet acte aura des conséquences fortes, décrites dans le détail comme pour mieux confirmer la bêtise de l’armée.

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Fidèle à Buzzati, Zurlini traite de l’ambition, de l’attente, de l’ennui, de la vie perdue et en profite pour critiquer l’armée et son manque de perception et de modernité. De toutes ces séquences, Luciano Tovoli livre des images très belles. Le chef op’ n’oubliera visiblement pas cette expérience : quand sept ans plus tard, en 1983, pour le seul film qu’il réalise (Le général de l’armée morte), il va chercher un scénario du côté d’Ismaïl Kadaré (un écrivain aussi inadaptable que Buzzati), planter sa caméra dans les montagnes d’Albanie et faire défiler devant elle des militaires tout aussi prestigieux (Mastroianni, Piccoli, Sergio Castellito, Gérard Klein). La frontière est un autre grand thème traité par le roman et le film. Cette ligne de partage que le fort est censé surveiller, que nul ne peut franchir alors que personne n’est là pour le voir, que représente-t-elle exactement ? Ce qui nous sépare du mythe, de l’inconnu ? Qui nous laisse dans cet état humain si ennuyeux et si angoissant, métaphysiquement parlant ?

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En lisant Le désert des Tartares, en regardant le film, comment ne pas penser à Kafka et à son personnage qui fait l’ouverture du Procès (1962) d’Orson Welles ? Devant la grande porte de la Loi, un homme veut entrer. Le gardien lui refuse l’accès et lui explique qu’il n’a aucune chance de passer. L’homme vieillit patiemment devant la porte et fait tout pour entrer mais le gardien ne cède pas. Devenu un vieillard, mourant, il fait signe au gardien qui s’approche. Si la Loi est accessible à tous, demande-t-il, pourquoi personne ne s’est jamais présenté devant la porte ? Parce que nul autre n’aurait pu franchir ce portail, il n’était destiné qu’à toi, répond le gardien.
La logique de cette histoire, rappelle la voix-off d’Orson Welles, est la logique d’un rêve. Ou d’un cauchemar.
Bercé par la belle musique mélancolique d’Ennio Morricone, Le désert des Tartares est un cauchemar, celui d’une vie perdue à attendre un mythe, l’ambition d’un avenir glorieux, la mort sans doute. Et, lorsqu’elle arrive enfin, tandis que pour d’autres elle est délivrance (c’est le cas d’Amerling), elle surprend encore celui qui pense que son destin n’est pas tout à fait accompli alors qu’il est déjà loin derrière lui.

Jean-Charles Lemeunier

*

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Valerio Zurlini est né le 19 mars 1926 à Bologne, disparu le 28 octobre 1982 à Vérone.

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mardi 14 octobre 2014

La paix...

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... le soir tombé ...

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 ... sur les manteaux de cheminée ...

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 ... où sommeillent ...

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 ... quelques âmes, yeux blancs veillant...

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... sur la douceur d'être...

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" Bonsoir ! ... "

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" De douces nuits, aussi ! ... "

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Photographies : Dourvac'h

Viviès (Ariège), septembre 2014

(1), (6) : Chat sur terrasse et tas de bois, le soir

(2), (3), (4)  & (5) Personnages et frises -- manteaux de cheminée, château de Gargas

(7) Sieste au soleil frisant 

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dimanche 28 septembre 2014

Juste un hommage...

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Kreidefelsen auf Rügen

(Falaises de craie à Rügen)

(après 1818) huile sur toile, 90,5 x 71 cm, Winterthur, Museum Oskar Reinhart am Stadtgarten

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... à la belle vie d'Alan Henning, originaire de Manchester (Royaume-Uni), chauffeur de taxi... Il avait 47 ans.

(assassiné lâchement par des connards de psychopathes le 3 octobre 2014, en Syrie où il était venu -- à titre humanitaire -- aider la population civile)

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Der Wasserfall

(La cascade - détail)

(vers 1830) crayon et aquarelle, 25 x 34 cm, Collection particulière

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... à la belle vie d'Hervé Gourdel, né le 12 septembre 1959 à Nice, en France, guide de haute montagne... Il avait 55 ans.

(assassiné lâchement par des psychopathes bien nazes le 24 septembre 2014 en Kabylie, Algérie)

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Der Morgen (Tageszeiten-Zyklus)

(Le Matin / Cycle des heures du jour)

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum

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... à la belle vie David Cawthorne Haines, né en 1970 au Royaume-Uni, travailleur humanitaire... Il avait 44 ans.

(assassiné lâchement par un groupe de sous-humains dans le désert syrien le 14 septembre 2014)

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Ziehende Wolken

(Nuages passant)

(vers 1820) huile sur toile, 18,3 x 24,5 cm, Hamburg, Kunsthalle

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... à la belle vie de Steven Sotloff, né le 11 mai 1983 à Miami, Floride, U.S.A., journaliste... Il avait 31 ans.

(assassiné lâchement par de lâches crétins - "moins que des animaux" - dans le désert syrien le 2 septembre 2014)

*

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Elbschiff im Fruehnebel 

(Bateau sur l'Elbe, le matin dans le brouillard) 

(1820-1825) huile sur toile, 22,5 x 30,8 cm, Köln, Wallraf-Richatz Museum

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... à la belle vie de James Foley, né le 18 octobre 1973 à Rochester, New-Hampshire, U.S.A., photojournaliste indépendant... Il avait 40 ans. 

(assassiné lâchement par de tristes mutants dans le désert syrien le 19 août 2014)

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Erinnerung an das Riesengebirge

(Souvenir dans le massif des Géants)

(vers 1835) huile sur toile, 73,5 x 102,5 cm, St-Petersbourg, Musée de l'Ermitage

*

... aux quatre belles vies d'Emmanuel, comptable, originaire de Tel Aviv, Israël (54 ans) ... de Myriam, son épouse comptable, originaire de Tel Aviv, Israël (53 ans) ... de Dominique, employée bénévole au Musée (66 ans) ... d'Alexandre (25 ans), né à Schaerbeek, Belgique, d'un père kabyle et d'une mère de confession juive, étudiant à l'Université de Louvain (25 ans)...

 (Quatre personnes tombées le 26 mai 2014 : fauchées par les balles d'un triste con 100 % lâche, dit "tueur de Bruxelles"... Ne  surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut leur assassin !)

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Landschaft im Riesengebirge 

(Paysage du massif des Géants)

(1810) huile sur toile, 45 x 58,3 cm, Moscou, Musée Pouchkine

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... aux huit belles vies d'Imad Ibn-Ziaten, maréchal des logis-chef de l'armée française, d'origine marocaine... d'Abel Chennouf, soldat français, d'origine algérienne (26 ans) ... de Mohamed Legouad, soldat français, d'origine algérienne (24 ans) ... de Loïc Liber, soldat français qui survivra à ses blessures (paralysé à 28 ans) ... de Jonathan Sandler, professeur d'école et rabbin (30 ans) ... du petit Gabriel Sandler, élève (3 ans)... de sa soeur, la petite Aryeh Sandler, élève (8 ans) - que leur père essaya de protéger avant de succomber - ... de la petite Myriam Monsonégo, élève (6 ans) ...

(Les huit personnes tombées les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban, France : fauchées par les balles d'un triste con, 100 % lâche, dit "tueur de Toulouse"... Ne surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut leur assassin !)

*

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Mann und Frau unter Mondschein

(Homme et femme contemplant la lune) 

(vers 1824) huile sur toile, 34 x 44 cm, Berlin, Nationalgalerie

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... à la belle vie de Hasni Chakroun, dit "Cheb Hasni" (الشاب حسني), né le 1er février 1968 à Wahran/Oran, Algérie, il était le "roi du Raï sentimental et célébrait simplement l'amour entre les êtres humains... Il avait 26 ans.

(à l'angle de la rue où l'artiste vivait, dans son quartier natal de "Gambetta", asssassiné lâchement le 26 septembre 1994 par un malade mental "intégriste"- Ne surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut son assassin !)

*

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Der Wanderer über dem Nebelmeer

(Le voyageur au-dessus de la Mer de nuages)

(vers 1817-1818) huile sur toile, 74,8 x 94,8 cm, Hamburg, Kunsthalle

*

... à toutes les victimes et à tous les "otages" d'hier, aujourd'hui ou demain...

(qui ont souffert, souffrent ou souffriront de se trouver un jour à l'entière merci de tels ou tels grands frustrés sexuels, complets ratés, petits-adolf-hitler & tristes mutants malades de leur énergie de mort : ceux-là qui resteront la honte de l'humanité !)

*

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Abend mit Wolken 

(Soir avec nuages)

(1814) huile sur toile, 14 x 22,5 cm, Mannheim Kunsthalle

*

Que vivent l'amour et la vie...

et que vivent longtemps ces personnes, chères à nos coeurs & nos mémoires de vivants !!! 

( ... qui emmerdons définitivement chacun de leurs assassins, ces nazis faits de m... et de mort !)

*

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Un grand merci à l'immortel talent du peintre Caspar David Friedrichné le 5 septembre 1774 à Greifswald (Royaume de Suède -- puis Poméranie, Prusse) , disparu le 7 mai 1840 à Dresden (Prusse), à l'âge de 65 ans...

*

Et pour admirer pas moins de 40 reproductions des chefs d'oeuvres de "notre" peintre romantique,

rendez-vous à l'article "Regards Féériques" du 9 juin 2013 !!!

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dimanche 7 septembre 2014

La traversée du désert - toujours recommencée...

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Photographies :

Dourvac'h

... et à bientôt -- d'ici à quelques semaines ou quelques mois -- avec

 les jolies vies sentimentales de Julie W., Gerti W. & Franz K. ... (*) (**)

*

(*) Grâce à notre Amie Christiana,

Un amour de Franz K. vient de trouver preneur chez l'éditeur/artisan Stellamaris à Brest !

Merci aussi à nos Amies Barbara & Aurelia,

pour leurs aides précieuses, précises et désintéressées, tout aussi concrètes & déterminantes !!!

(**) Revoir notre grand article du 1er juin 2014 (...)

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dimanche 10 août 2014

"Irish ways and Irish Laws" (trad. irlandais)

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Once upon a time there was Irish ways and Irish laws,

Il était une fois des chemins irlandais et des lois irlandaises,

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Villages of Irish blood, waking to the morning...

Villages de sang irlandais, s'éveillant au matin ...

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Waking to the morning...

S'éveillant au matin...

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Then the Vikings came around, turned us up and turned us down,

Puis les Vikings sont venus nous encercler, nous ont tourné dessus et dessous,

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Started building boats and towns, they tried to change our living...

Commençèrent à construire des bateaux et des villes, essayèrent de changer notre vie...

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They tried to change our living...

Ils essayèrent de changer notre vie...

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Cromwell and the soldiers came, started centuries of shame,

Cromwell et ses soldats sont venus, commencèrent des siècles de honte, 

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But they could not make us turn, we are river flowing...

Mais ils ne pouvaient pas nous faire tourner, nous sommes rivière qui coule...

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We're a river flowing...

Nous sommes rivière qui coule...

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Again, again the soldiers came, burnt our houses, stole our grain,

Et encore et encore les soldats sont venus, ont brûlé nos maisons, volé notre grain,

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Shot the farmers in their fields, working for a living...

Tiré sur les fermiers dans leurs champs, pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

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They were working for a living...

Pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

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Eight hundred years we have been down, the secret of the water sound

Huit cents ans nous avons été soumis, le secret du son de l'eau

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Has kept the spirit of a man, above the pain descending...

A gardé l'esprit humain au-dessus de la souffrance qui l'abaisse ...

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Above the pain descending...

Au-dessus de la souffrance qui l'abaisse... 

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Today the struggle carries on, I wonder will I live so long

Aujourd'hui, l'affrontement continue, je me demande si je vivrais aussi longtemps

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To see the gates being opened up to a people and their freedom...

Pour voir les portes s'ouvrir à un peuple et sa liberté...

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A people and their freedom...

Un peuple et sa liberté...

 *

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Irish Ways and Irish Laws

Song : John Gibbs

(traduction : dourvac'h)

*

photographies : dourvac'h

[Ariège, juillet 2014 :]

(1) , (3), (4), (7), (12), (19) : commune de Viviès (juillet 2014)

*

[Haute-Savoie, juillet-août 2014 :]

(2), (10), (16), (17)  : chalets de la haute-vallée de l'Arve

(18) : fontaine au village d'Araches, vallée de l'Arve

(5), (6), (11) : sculptures sur bois mort signées "G.F.", forêt des Carroz d'Araches  

(8), (9), (10), (13), (14), (15) : cascades à Sixt-Fer-à-Cheval, vallée du Giffre

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Avec ce RAPPEL aux éventuels "neu-neus sans idées" toujours de passage & autres minables copieurs/pompeurs/-ses d'à peu près TOUT, légendant leurs pompages éhontés de leurs jésuitiques, niais (et sans doute pour eux auto-disculpant...) "trouvé sur internet:

PAS de reproduction possible sans NOS autorisations... (GRRRR !!!)

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Mais si vous souhaitiez joindre à nouveau (et facilement) l'irrascible auteur de ces photographies,

 vous pouvez maintenant TRES VITE le contacter sur :

dourvach@gmail.com

(Auriez-vous même la gentillesse, SVP, de bien vouloir retrouver, reproduire et ré-expédier à cette nouvelle adresse vos éventuels RECENTS messages que vous auriez pu adresser ces dernières semaines à mon ancienne boite e-mail "dourvac_h@live.fr", aujourd'hui - hélàs - probablement piratée, en tout cas pour moi inaccessible ... )

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mardi 22 juillet 2014

"Heimat" d'Edgar Reisz (2013) & autres belles et grandes "nouvelles de l'Inactualité"...

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Heimat

Die andere Heimat (Kronik einer Sehnsucht) (*)

(*) titre allemand : " L'autre Terre natale (Chronique d'un rêve) "

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Schabbach, en Rhénanie, 1842 à 1844. Des dizaines de milliers de paysans allemands, accablés par les famines, la mortalité infantile et la pauvreté, tentent d'émigrer en Amérique du Sud. Le Brésil est la Terre de tous leurs rêves...

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Jakob Simon rêve lui aussi d’un monde meilleur, mais surtout d’aventures.

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Mais voici toute l'histoire de la famille Simon...

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Jakob Simon : personnalité romantique, débitant de mémoire ses phrases magiques issues de dialectes amérindiens et dénichant en son environnement immédiat ces quinze variétés de vert connues "là-bas"... tel le protagoniste à la tête vide mais bruissante d'histoires de Joseph von Eichendorff, dans Aus dem Leben eines Taugenichts (ou Scènes de la vie d'un propre à rien, publié en 1826), sortant son violon dès que le Voyage commence...

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Le jeune Jakob sera donc notre Ulysse "presque immobile" (formidable Jan Dieter Schneider)... houspillé par son père Johann (Rüdiger Kriese), le forgeron-maréchal-ferrant de Schabbach...

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Fils cadet protégé par sa mère Margret (Marita Breuer), qui se consume peu à peu de tuberculose... Jakob profitant encore de la complicité "républicaine et laïque" de son oncle tisserand (Reinhard Paulus) quand les livres - ces ennemis du travail - lui sont arrachés des mains et envoyés sur le tas de fumier par un père enragé ...

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Le propre à rien tombe - plutôt maladroitement - amoureux de Jetchen (Antonia Bill) rencontrée en compagnie de son amie Florinchen (Philine Lembeck), un soir dans un pré en pente...

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Une idylle vite contrariée par le retour de son propre frère aîné  Gustav (Maximilian Scheidt), de retour du service militaire - sous son étrange casquette d'Etudiant de Prague... Non content de lui dérober sa dulcinée, il s'approprie même les rêves du cadet en devenant - à sa place - candidat à l'exil brésilien...

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Les visites clandestines de la soeur ainée Lena (Mélanie Fouché) réprouvée car mariée à un catholique d'un village voisin en terre protestante ; l'ombre bienveillante omniprésente de la grand-mère (Eva Zeidler),volontiers affairée à ses boudins de patates ; Margotchen (Zoé Wolf), la petite soeur au pied-bot, les morts d'enfants en cascade (impitoyable diphtérie...) dans le village hivernal... Enfin, Florinchen, l'amie inséparable de Jettchen,dévoile ses sentiments pour l'anti-héros rêveur...

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Passe sur ces vertigineux extérieurs et ces rudes intérieurs, en leurs gris nébuleux et par leur magie "claire obscure", tout le délicat souvenir des toiles de Millet et de Vermeer ...

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Film réalisé dans son Hunsrück natal en 2012-2013 par cet artiste alors âgé de 80 ans. Chef d'oeuvre incontestable... Au fond, grâce à quoi ? Au pari de l'exigence déterminant une oeuvre qui ait une "longue durée de vie"... Grâce au professionnalisme de son équipe technique et à la cohésion de sa "troupe" d'acteurs, d'actrices et de figurants (tous d'un charisme inouï, tout en étant de quasi-inconnus pour nous).

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Exception faite pour Marita Breuer - jouant la mère - émouvante actrice que reconnaitront les nombreux spectateurs de ses précédents films "de cinéma" : cette trilogie Heimat I, II et III d'une cinquantaine d'heures, produite par la télévision allemande et aujourd'hui disponible en DVD, à l'instar de ce dernier film en deux parties, d'une durée approchant 4 heures)...

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Après Heimat 1 sorti en 1984 (période 1919-1982), Heimat 2 en 1992 (période 1960-1970) et Heimat 3 en 2004 (période 1989-2000), Edgar Reitz nous livre aujourd'hui le prélude de sa saga antérieure en s'attachant à la très courte période 1842-1844.

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A la question : "Est-ce que vous regardez des séries ?", l'auteur répondit le 26/10/2013 à Jacques Morice pour l'hebdo "Télérama":

" Pas du tout. Au bout de dix minutes, j'abandonne, je trouve qu'il n'y a aucune qualité esthétique. Si les images étaient mieux faites, on ne les oublierait pas aussi vite. Elles se mélangent à plein d'autres dont on est abreuvé. De fait, je ne regarde pas la télévision. "

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Le format scope et le pointillisme coloré inattendu de certains plans en noir-et-blanc (idée née d'un incident lors du traitement de la pellicule, développée plus tard comme moyen esthétique additionnel : procédé rare et discret, d'une redoutable force émotionnelle) contribuent aux fortes qualités poétiques de l'oeuvre... 

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Re-création éblouissante d'un monde disparu...

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Un "classique moderne" inattendu...

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... avec l'empreinte (discrète) de Vermeer & Pieter de Hooch, bien sûr !

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Et il y eut, bien sûr, de formidables "Grands Ancêtres" (cinématographiques planétaires) dans la généalogie d'Heimat :

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The Wind (Le Vent, 1928) de Victor Sjöström

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City Girl (1930) de Friedrich-Wilhelm Mürnau

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My darling Clementine (La poursuite infernale, 1946) de John Ford

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L'homme sauvage (The Stalking Moon, 1968) de Robert Mulligan

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L'arbre aux sabots (L'albero degli zoccoli, 1978) de Ermanno Olmi

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Days of Heaven (Les Moissons du Ciel, 1979) de Terrence Malick

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et peut-être ...

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The Hi-Lo Country (1999) de Stephen Frears

- adapté du formidable livre éponyme de Max Evans (1961)

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Vient  cette question "secondaire" (mais lancinante) à laquelle la vision de ce chef d'oeuvre nous renvoit soudain : la production puis la réalisation d'un film de dimensions et d'ambition équivalentes, à propos de "notre passé paysan", qui posséderait cette même authenticité, cette confiance légitime en son modeste point de vue - et d'aussi évidentes (stupéfiantes) qualités esthétiques et éthiques - seraient-elles seulement envisageables en notre "petit pays", aujourd'hui bien défait ?

Je crains la réponse...

Car nos plus proches souvenirs français - en mode évidemment mineur si on les compare à la force esthétique et émotionnelle d'Heimat d'Edgar Reisz - restent, pour nous :

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Moi, Pierre Rivière... de René Allio (1976) 

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Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion (2001)

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On se rend bien compte - même en cherchant dans tous les coins - que par chez nous, "la moisson est maigre".

Ou alors : un jour, peut-être ?

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Et en attendant ce jour hypothétique ?

Un excellent FILM (allemand &) UNIVERSEL à vous...

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(Heimat existe en support DVD - qualité d'image magnifique, et en vente partout) !!!

Posté par regardsfeeriques à 18:09 - Commentaires [16] - Permalien [#]