mardi 14 octobre 2014

La paix...

P1030970

... le soir tombé ...

P1030999

 ... sur les manteaux de cheminée ...

P1030989

 ... où sommeillent ...

P1030994

 ... quelques âmes, yeux blancs veillant...

P1040004

... sur la douceur d'être...

P1040029

" Bonsoir ! ... "

P1040032

" De douces nuits, aussi ! ... "

*

Photographies : Dourvac'h

Viviès (Ariège), septembre 2014

(1), (6) : Chat sur terrasse et tas de bois, le soir

(2), (3), (4)  & (5) Personnages et frises -- manteaux de cheminée, château de Gargas

(7) Sieste au soleil frisant 

Posté par regardsfeeriques à 08:32 - Commentaires [12] - Permalien [#]

dimanche 28 septembre 2014

Juste un hommage...

476px_Caspar_David_Friedrich_023

Kreidefelsen auf Rügen

(Falaises de craie à Rügen)

(après 1818) huile sur toile, 90,5 x 71 cm, Winterthur, Museum Oskar Reinhart am Stadtgarten

*

... à la belle vie d'Alan Henning, originaire de Manchester (Royaume-Uni), chauffeur de taxi... Il avait 47 ans.

(assassiné lâchement par des connards de psychopathes le 3 octobre 2014, en Syrie où il était venu -- à titre humanitaire -- aider la population civile)

*

caspar_david_friedrich_la_cascade_detail

Der Wasserfall

(La cascade - détail)

(vers 1830) crayon et aquarelle, 25 x 34 cm, Collection particulière

*

... à la belle vie d'Hervé Gourdel, né le 12 septembre 1959 à Nice, en France, guide de haute montagne... Il avait 55 ans.

(assassiné lâchement par des psychopathes bien nazes le 24 septembre 2014 en Kabylie, Algérie)

*

6000000_v1

Der Morgen (Tageszeiten-Zyklus)

(Le Matin / Cycle des heures du jour)

(vers1821) huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Hanover, Niedersächsisches Landesmuseum

*

... à la belle vie David Cawthorne Haines, né en 1970 au Royaume-Uni, travailleur humanitaire... Il avait 44 ans.

(assassiné lâchement par un groupe de sous-humains dans le désert syrien le 14 septembre 2014)

*

800px_Caspar_David_Friedrich_054

Ziehende Wolken

(Nuages passant)

(vers 1820) huile sur toile, 18,3 x 24,5 cm, Hamburg, Kunsthalle

*

... à la belle vie de Steven Sotloff, né le 11 mai 1983 à Miami, Floride, U.S.A., journaliste... Il avait 31 ans.

(assassiné lâchement par de lâches crétins - "moins que des animaux" - dans le désert syrien le 2 septembre 2014)

*

800px_Elbschiff_im_Fruehnebel__C_D_Friedrich_

Elbschiff im Fruehnebel 

(Bateau sur l'Elbe, le matin dans le brouillard) 

(1820-1825) huile sur toile, 22,5 x 30,8 cm, Köln, Wallraf-Richatz Museum

*

... à la belle vie de James Foley, né le 18 octobre 1973 à Rochester, New-Hampshire, U.S.A., photojournaliste indépendant... Il avait 40 ans. 

(assassiné lâchement par de tristes mutants dans le désert syrien le 19 août 2014)

*

Caspar_David_Friedrich_016

Erinnerung an das Riesengebirge

(Souvenir dans le massif des Géants)

(vers 1835) huile sur toile, 73,5 x 102,5 cm, St-Petersbourg, Musée de l'Ermitage

*

... aux quatre belles vies d'Emmanuel, comptable, originaire de Tel Aviv, Israël (54 ans) ... de Myriam, son épouse comptable, originaire de Tel Aviv, Israël (53 ans) ... de Dominique, employée bénévole au Musée (66 ans) ... d'Alexandre (25 ans), né à Schaerbeek, Belgique, d'un père kabyle et d'une mère de confession juive, étudiant à l'Université de Louvain (25 ans)...

 (Quatre personnes tombées le 26 mai 2014 : fauchées par les balles d'un triste con 100 % lâche, dit "tueur de Bruxelles"... Ne  surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut leur assassin !)

*

xir78976

Landschaft im Riesengebirge 

(Paysage du massif des Géants)

(1810) huile sur toile, 45 x 58,3 cm, Moscou, Musée Pouchkine

*

... aux huit belles vies d'Imad Ibn-Ziaten, maréchal des logis-chef de l'armée française, d'origine marocaine... d'Abel Chennouf, soldat français, d'origine algérienne (26 ans) ... de Mohamed Legouad, soldat français, d'origine algérienne (24 ans) ... de Loïc Liber, soldat français qui survivra à ses blessures (paralysé à 28 ans) ... de Jonathan Sandler, professeur d'école et rabbin (30 ans) ... du petit Gabriel Sandler, élève (3 ans)... de sa soeur, la petite Aryeh Sandler, élève (8 ans) - que leur père essaya de protéger avant de succomber - ... de la petite Myriam Monsonégo, élève (6 ans) ...

(Les huit personnes tombées les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban, France : fauchées par les balles d'un triste con, 100 % lâche, dit "tueur de Toulouse"... Ne surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut leur assassin !)

*

homme_lune

Mann und Frau unter Mondschein

(Homme et femme contemplant la lune) 

(vers 1824) huile sur toile, 34 x 44 cm, Berlin, Nationalgalerie

*

... à la belle vie de Hasni Chakroun, dit "Cheb Hasni" (الشاب حسني), né le 1er février 1968 à Wahran/Oran, Algérie, il était le "roi du Raï sentimental et célébrait simplement l'amour entre les êtres humains... Il avait 26 ans.

(à l'angle de la rue où l'artiste vivait, dans son quartier natal de "Gambetta", asssassiné lâchement le 26 septembre 1994 par un malade mental "intégriste"- Ne surtout pas faire l'honneur de citer ici le nom de ce crétin qui fut son assassin !)

*

Caspar_David_Friedrich_032__The_wanderer_above_the_sea_of_fog_

Der Wanderer über dem Nebelmeer

(Le voyageur au-dessus de la Mer de nuages)

(vers 1817-1818) huile sur toile, 74,8 x 94,8 cm, Hamburg, Kunsthalle

*

... à toutes les victimes et à tous les "otages" d'hier, aujourd'hui ou demain...

(qui ont souffert, souffrent ou souffriront de se trouver un jour à l'entière merci de tels ou tels grands frustrés sexuels, complets ratés, petits-adolf-hitler & tristes mutants malades de leur énergie de mort : ceux-là qui resteront la honte de l'humanité !)

*

800px_Caspar_David_Friedrich_001

Abend mit Wolken 

(Soir avec nuages)

(1814) huile sur toile, 14 x 22,5 cm, Mannheim Kunsthalle

*

Que vivent l'amour et la vie...

et que vivent longtemps ces personnes, chères à nos coeurs & nos mémoires de vivants !!! 

( ... qui emmerdons définitivement chacun de leurs assassins, ces nazis faits de m... et de mort !)

*

200px_caspar_david_friedrich

Un grand merci à l'immortel talent du peintre Caspar David Friedrichné le 5 septembre 1774 à Greifswald (Royaume de Suède -- puis Poméranie, Prusse) , disparu le 7 mai 1840 à Dresden (Prusse), à l'âge de 65 ans...

*

Et pour admirer pas moins de 40 reproductions des chefs d'oeuvres de "notre" peintre romantique,

rendez-vous à l'article "Regards Féériques" du 9 juin 2013 !!!

Posté par regardsfeeriques à 11:45 - Commentaires [16] - Permalien [#]
dimanche 7 septembre 2014

La traversée du désert - toujours recommencée...

P1020246

P1020206

P1020922

P1030213

P1020205

P1010390

P1030949

P1030909

Photographies :

Dourvac'h

... et à bientôt -- d'ici à quelques semaines ou quelques mois -- avec

 les jolies vies sentimentales de Julie W., Gerti W. & Franz K. ... (*) (**)

*

(*) Grâce à notre Amie Christiana,

Un amour de Franz K. vient de trouver preneur chez l'éditeur/artisan Stellamaris à Brest !

Merci aussi à nos Amies Barbara & Aurelia,

pour leurs aides précieuses, précises et désintéressées, tout aussi concrètes & déterminantes !!!

(**) Revoir notre grand article du 1er juin 2014 (...)

Posté par regardsfeeriques à 20:46 - Commentaires [17] - Permalien [#]
dimanche 10 août 2014

"Irish ways and Irish Laws" (trad. irlandais)

P1030534

Once upon a time there was Irish ways and Irish laws,

Il était une fois des chemins irlandais et des lois irlandaises,

P1030537

Villages of Irish blood, waking to the morning...

Villages de sang irlandais, s'éveillant au matin ...

P1030526

Waking to the morning...

S'éveillant au matin...

P1030522

Then the Vikings came around, turned us up and turned us down,

Puis les Vikings sont venus nous encercler, nous ont tourné dessus et dessous,

P1030552

Started building boats and towns, they tried to change our living...

Commençèrent à construire des bateaux et des villes, essayèrent de changer notre vie...

P1030556

They tried to change our living...

Ils essayèrent de changer notre vie...

P1030532

Cromwell and the soldiers came, started centuries of shame,

Cromwell et ses soldats sont venus, commencèrent des siècles de honte, 

P1030694

But they could not make us turn, we are river flowing...

Mais ils ne pouvaient pas nous faire tourner, nous sommes rivière qui coule...

P1030687

We're a river flowing...

Nous sommes rivière qui coule...

P1030592

Again, again the soldiers came, burnt our houses, stole our grain,

Et encore et encore les soldats sont venus, ont brûlé nos maisons, volé notre grain,

P1030553

Shot the farmers in their fields, working for a living...

Tiré sur les fermiers dans leurs champs, pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

P1030523

They were working for a living...

Pendant qu'ils travaillaient pour vivre...

P1030653

Eight hundred years we have been down, the secret of the water sound

Huit cents ans nous avons été soumis, le secret du son de l'eau

P1030652

Has kept the spirit of a man, above the pain descending...

A gardé l'esprit humain au-dessus de la souffrance qui l'abaisse ...

P1030593

Above the pain descending...

Au-dessus de la souffrance qui l'abaisse... 

P1030581

Today the struggle carries on, I wonder will I live so long

Aujourd'hui, l'affrontement continue, je me demande si je vivrais aussi longtemps

P1030761

To see the gates being opened up to a people and their freedom...

Pour voir les portes s'ouvrir à un peuple et sa liberté...

P1030732

A people and their freedom...

Un peuple et sa liberté...

 *

P1030535

Irish Ways and Irish Laws

Song : John Gibbs

(traduction : dourvac'h)

*

photographies : dourvac'h

[Ariège, juillet 2014 :]

(1) , (3), (4), (7), (12), (19) : commune de Viviès (juillet 2014)

*

[Haute-Savoie, juillet-août 2014 :]

(2), (10), (16), (17)  : chalets de la haute-vallée de l'Arve

(18) : fontaine au village d'Araches, vallée de l'Arve

(5), (6), (11) : sculptures sur bois mort signées "G.F.", forêt des Carroz d'Araches  

(8), (9), (10), (13), (14), (15) : cascades à Sixt-Fer-à-Cheval, vallée du Giffre

*

Avec ce RAPPEL aux éventuels "neu-neus sans idées" toujours de passage & autres minables copieurs/pompeurs/-ses d'à peu près TOUT, légendant leurs pompages éhontés de leurs jésuitiques, niais (et sans doute pour eux auto-disculpant...) "trouvé sur internet:

PAS de reproduction possible sans NOS autorisations... (GRRRR !!!)

*

Mais si vous souhaitiez joindre à nouveau (et facilement) l'irrascible auteur de ces photographies,

 vous pouvez maintenant TRES VITE le contacter sur :

dourvach@gmail.com

(Auriez-vous même la gentillesse, SVP, de bien vouloir retrouver, reproduire et ré-expédier à cette nouvelle adresse vos éventuels RECENTS messages que vous auriez pu adresser ces dernières semaines à mon ancienne boite e-mail "dourvac_h@live.fr", aujourd'hui - hélàs - probablement piratée, en tout cas pour moi inaccessible ... )

Posté par regardsfeeriques à 12:25 - Commentaires [14] - Permalien [#]
mardi 22 juillet 2014

"Heimat" d'Edgar Reisz (2013) & autres belles et grandes "nouvelles de l'Inactualité"...

heimat

Heimat

Die andere Heimat (Kronik einer Sehnsucht) (*)

(*) titre allemand : " L'autre Terre natale (Chronique d'un rêve) "

HEIMAT_1_CHRONIQUE_D_UN_REVE

Schabbach, en Rhénanie, 1842 à 1844. Des dizaines de milliers de paysans allemands, accablés par les famines, la mortalité infantile et la pauvreté, tentent d'émigrer en Amérique du Sud. Le Brésil est la Terre de tous leurs rêves...

christian_ludeke_AH10

Jakob Simon rêve lui aussi d’un monde meilleur, mais surtout d’aventures.

die_andere_heimat_1

Mais voici toute l'histoire de la famille Simon...

die_andere_heimat_5_c_christian_ludeke_1

Jakob Simon : personnalité romantique, débitant de mémoire ses phrases magiques issues de dialectes amérindiens et dénichant en son environnement immédiat ces quinze variétés de vert connues "là-bas"... tel le protagoniste à la tête vide mais bruissante d'histoires de Joseph von Eichendorff, dans Aus dem Leben eines Taugenichts (ou Scènes de la vie d'un propre à rien, publié en 1826), sortant son violon dès que le Voyage commence...

die_andere_heimat___chronik_einer_sehnsucht__2_

Le jeune Jakob sera donc notre Ulysse "presque immobile" (formidable Jan Dieter Schneider)... houspillé par son père Johann (Rüdiger Kriese), le forgeron-maréchal-ferrant de Schabbach...

die_andere_heimat_2

Fils cadet protégé par sa mère Margret (Marita Breuer), qui se consume peu à peu de tuberculose... Jakob profitant encore de la complicité "républicaine et laïque" de son oncle tisserand (Reinhard Paulus) quand les livres - ces ennemis du travail - lui sont arrachés des mains et envoyés sur le tas de fumier par un père enragé ...

Die_Andere_Heimat_010

Le propre à rien tombe - plutôt maladroitement - amoureux de Jetchen (Antonia Bill) rencontrée en compagnie de son amie Florinchen (Philine Lembeck), un soir dans un pré en pente...

heimat_chronique_dun_reve

Une idylle vite contrariée par le retour de son propre frère aîné  Gustav (Maximilian Scheidt), de retour du service militaire - sous son étrange casquette d'Etudiant de Prague... Non content de lui dérober sa dulcinée, il s'approprie même les rêves du cadet en devenant - à sa place - candidat à l'exil brésilien...

phpThumb_generated_thumbnailjpg

Les visites clandestines de la soeur ainée Lena (Mélanie Fouché) réprouvée car mariée à un catholique d'un village voisin en terre protestante ; l'ombre bienveillante omniprésente de la grand-mère (Eva Zeidler),volontiers affairée à ses boudins de patates ; Margotchen (Zoé Wolf), la petite soeur au pied-bot, les morts d'enfants en cascade (impitoyable diphtérie...) dans le village hivernal... Enfin, Florinchen, l'amie inséparable de Jettchen,dévoile ses sentiments pour l'anti-héros rêveur...

phpThumb_generated_thumbnailjpg__1_

Passe sur ces vertigineux extérieurs et ces rudes intérieurs, en leurs gris nébuleux et par leur magie "claire obscure", tout le délicat souvenir des toiles de Millet et de Vermeer ...

die_andere_heimat_3

Film réalisé dans son Hunsrück natal en 2012-2013 par cet artiste alors âgé de 80 ans. Chef d'oeuvre incontestable... Au fond, grâce à quoi ? Au pari de l'exigence déterminant une oeuvre qui ait une "longue durée de vie"... Grâce au professionnalisme de son équipe technique et à la cohésion de sa "troupe" d'acteurs, d'actrices et de figurants (tous d'un charisme inouï, tout en étant de quasi-inconnus pour nous).

retour_sur_heimat_la_monumentale_trilogie_d_edgar_reitz_M130833

Exception faite pour Marita Breuer - jouant la mère - émouvante actrice que reconnaitront les nombreux spectateurs de ses précédents films "de cinéma" : cette trilogie Heimat I, II et III d'une cinquantaine d'heures, produite par la télévision allemande et aujourd'hui disponible en DVD, à l'instar de ce dernier film en deux parties, d'une durée approchant 4 heures)...

christian_ludeka_AH6

Après Heimat 1 sorti en 1984 (période 1919-1982), Heimat 2 en 1992 (période 1960-1970) et Heimat 3 en 2004 (période 1989-2000), Edgar Reitz nous livre aujourd'hui le prélude de sa saga antérieure en s'attachant à la très courte période 1842-1844.

Heimat_1_La_Chronique_Allemande_DVD_Zone_2_876828477_MLheimat2_jacket          heimat__1_

A la question : "Est-ce que vous regardez des séries ?", l'auteur répondit le 26/10/2013 à Jacques Morice pour l'hebdo "Télérama":

" Pas du tout. Au bout de dix minutes, j'abandonne, je trouve qu'il n'y a aucune qualité esthétique. Si les images étaient mieux faites, on ne les oublierait pas aussi vite. Elles se mélangent à plein d'autres dont on est abreuvé. De fait, je ne regarde pas la télévision. "

heimat_chronique_d_un_reve__1_

Le format scope et le pointillisme coloré inattendu de certains plans en noir-et-blanc (idée née d'un incident lors du traitement de la pellicule, développée plus tard comme moyen esthétique additionnel : procédé rare et discret, d'une redoutable force émotionnelle) contribuent aux fortes qualités poétiques de l'oeuvre... 

edgar_reitz_M131071

Re-création éblouissante d'un monde disparu...

christian_ludeke_AH5

Un "classique moderne" inattendu...

christian_ludeke_AH2

... avec l'empreinte (discrète) de Vermeer & Pieter de Hooch, bien sûr !

*

Et il y eut, bien sûr, de formidables "Grands Ancêtres" (cinématographiques planétaires) dans la généalogie d'Heimat :

80828018_o

1274186302_1270148555_THE_WIND_DO_LUCHT

The Wind (Le Vent, 1928) de Victor Sjöström

*

city_girl_affiche_333828_21833

movie_city_girl_by_f_w_murnau_still_mask9

City Girl (1930) de Friedrich-Wilhelm Mürnau

*

my_darling_clementine_c6s_14902_stl_lb_nm

Clementine51

My darling Clementine (La poursuite infernale, 1946) de John Ford

*

en13557

stalking01

L'homme sauvage (The Stalking Moon, 1968) de Robert Mulligan

*

l_arbre_aux_sabots

l_arbre_aux_sabots_1978_portrait_w858

L'arbre aux sabots (L'albero degli zoccoli, 1978) de Ermanno Olmi

*

19347072

days_of_heaven_3

Days of Heaven (Les Moissons du Ciel, 1979) de Terrence Malick

*

et peut-être ...

48593

600full_the_hi__lo_country_screenshot

The Hi-Lo Country (1999) de Stephen Frears

- adapté du formidable livre éponyme de Max Evans (1961)

*

Vient  cette question "secondaire" (mais lancinante) à laquelle la vision de ce chef d'oeuvre nous renvoit soudain : la production puis la réalisation d'un film de dimensions et d'ambition équivalentes, à propos de "notre passé paysan", qui posséderait cette même authenticité, cette confiance légitime en son modeste point de vue - et d'aussi évidentes (stupéfiantes) qualités esthétiques et éthiques - seraient-elles seulement envisageables en notre "petit pays", aujourd'hui bien défait ?

Je crains la réponse...

Car nos plus proches souvenirs français - en mode évidemment mineur si on les compare à la force esthétique et émotionnelle d'Heimat d'Edgar Reisz - restent, pour nous :

18827481

Moi, Pierre Rivière... de René Allio (1976) 

*

69216099_af

Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion (2001)

*

On se rend bien compte - même en cherchant dans tous les coins - que par chez nous, "la moisson est maigre".

Ou alors : un jour, peut-être ?

*

christian_ludeke_AH1

Et en attendant ce jour hypothétique ?

Un excellent FILM (allemand &) UNIVERSEL à vous...

christian_ludeke_AH10

(Heimat existe en support DVD - qualité d'image magnifique, et en vente partout) !!!

Posté par regardsfeeriques à 18:09 - Commentaires [16] - Permalien [#]

dimanche 1 juin 2014

Julie W. & Franz K. (Deux à trois coeurs romantiques)

kafka_vohryzkova franz_kafka_1910

Julie Wohryzek & Franz Kafka

Julie_Wohryzek

Franz_Kafka_Prague_1922

... se rencontrèrent un jour (glacial) de janvier 1919 à Schelesen (Zelizy), dans une pension de Bohême au nord de Prague (Praha) : la République tchèque venait de naître l'année précédente.

Espérant simplement que notre futur petit roman sera digne de ces belles âmes et "vrais personnages"...

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 

(*) son titre provisoire : Un amour de Franz K.

* 

Schelesen_Wagenbach_01

[extrait : incipit]

 

I

  

LA PENSION

 

Poussant la lourde grille de la pension : comme j’aime son joli grincement ! Un chant dans la neige. 

Si près des yeux, sa double rangée de flèches. 

Ecailles de métal peint sous la pulpe des doigts – rouille émeraude qu’on aime caresser longtemps, comme le dos d’un lézard immobile.

 

Est-elle déjà là ? 

Pas un mouvement aux rideaux. 

Pas encore rentrée… 

*

Quand je l’ai aperçue ici pour la première fois, Julie avait ce regard grave – yeux sombres fixant la toile cirée dans la salle-à-manger obscure ; résolvant je ne sais quelle énigme dans les quadrillages rouges et blancs. 

Visage fragment de lune dont j’admirais le profil. 

Cou fléchi de jeune cygne malade.

  

Tu étais là, seule et voûtée dans un restant de jour ; semblant ne plus rien attendre de la fin d’un voyage exténuant. 

Derrière toi, la blancheur du dehors ; je la vois qui perce les minuscules carreaux des si hautes fenêtres de la Stüdl. 

* 

Solives de bois sombre par-dessus nos têtes ; je remarque dans ce moment l’odeur du plâtre humide ; cette parole criée par le vieil homme près de la fontaine : « L’Elbe s’est mise à geler au nord de Liboch. »

 

Tu es là et je dois me courber pour avancer. 

Avec cette peur que tu ne t’enfuies ; mon souffle retenu. 

N’as-tu pas senti mon approche ?

  

Devrais-je m’avancer davantage ? 

M’immobilisant près de toi : mon bras n’a qu’à se tendre vers ton épaule… 

* 

«  Chap nisht ! » (1)

  

Je me découvre immense – toujours debout. Trop près de toi. 

Combien d’heures avant ma venue ? A te surprendre, ainsi figée sur ton banc.

*

C’était à Schelesen, au cœur de l’hiver. Dans cette salle interminablement longue, basse et étroite : la pièce la plus énigmatique de la pension où nous allions demeurer – deux, seulement deux !

  

«  Der epel falt nisht veit fern dem boim. » (2) 

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -   

(1) [yiddish] Ne te précipite pas ! 

(2) [yidd.] La pomme ne tombe pas loin de l’arbre.

*

gerti2

Gerti Wasner

(en souvenir nostalgique d'une belle rencontre sur les bords du Lac, Riva Della Garda : septembre 1913)

*

[extrait chap. 2]

Je ne sais pas parler du bonheur. 

N’est-il pas temps que j’apprenne ? 

Un pas, puis deux dans la lumière… 

Comme un enfant apprend à marcher.

*

Petit roman nouveau qui devrait être prêt - comme je l'espère - pour l'été 2015...

*

81755697_p

Grand Large (2013)

(vu ici par une auteure et lectrice de notre site communautaire Babelio)

" La disparition d'un enfant... La déchirure d'un couple... Bruno subit les affres de la vie. Pourtant, parmi toutes les turpitudes, sur ce chemin de croix, brille un petit bijou : sa fille, Clara, qu'il est obligé de se partager désormais avec la maman depuis que le petit Aurélien a disparu, un beau jour, alors qu'il jouait au bord d'une falaise. Pas de corps mais un décès sous-entendu et un deuil qui ne peut pas se faire, inévitablement. Alors Bruno, peintre de son état, dessine, encore et toujours ces falaises... jusqu'à l'ultime rebondissement...

Waouh ! Quel texte ! D'une puissance, d'une finesse ! On oscille entre le vocabulaire de la petite Clara, enfantin et touchant, les descriptions picturales, petits tableaux magiques déclinés par petites touches et les pensées du narrateur, être torturé, tant mentalement que physiquement puisqu'il se laisse aller dans une déchéance crasse. Cet artiste tiraillé entre ses deux enfants, la mort d'un côté et la vie de l'autre, m'a fait penser à ces poètes romantiques du XIXe siècle, déchirés par la disparition de l'être aimé, clamant leurs vers douloureux dans des paysages souvent composés d'éléments aquatiques. Bruno est devant les falaises comme Lamartine devant son lac.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce texte délicat qui ne peut laisser indifférent. (...) "
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Lydia Bonnaventure, 10 mai 2014,
auteure de La maladie et la Foi au Moyen Âge, La Louve éditions, 2011

51WJFvv_BrL

*
" C’est une petite mélodie que l’on aimerait entendre plus souvent… Dourvac’h en est à son second roman.
Avec lui, l’écriture vient du cœur, elle prend une signification singulière quand il décrit ses personnages, il y a une dimension d’humanité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Bruno, un peintre raté qui après avoir perdu son fils sombre dans l’alcoolisme et la solitude. Seule sa petite princesse Clara lui permet de garder la tête hors de l’eau.
Jusqu’au jour où il rencontre Rose qui à travers la fraîcheur d’un de ses tableaux tombe sous le charme de cet homme cabossé par la vie. Et à partir de ce moment tout bascule, sa misérable existence prend un tour particulier… « les enfants sont des magiciens » tant il est vrai qu’ils peuvent transcender l’existence des adultes.
Un petit roman à l’écriture fluide qui se lit très vite, un style entre pudeur et retenue, entre nostalgie et espoir. Avec en écho des paysages à la Caspar David Friedrich. A découvrir pour prendre le large."
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Laurence Cabrol, 13 mai 2013, journaliste à "Ariège News",
article Grand Large, le second roman de Dourvac'h
*

84480004_p

[extrait : incipit]
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
1

   Regarder la mer empêche de mourir.

  Je l'ai ressenti la première fois ce printemps dernier. J'ai regardé l'heure à ma montre : des puits de lumière dansaient à la crête des vagues. J'ai dû fermer les yeux un moment...

  À qui confier pareils secrets ?

*

  L'air de ce matin m'enchante – aussi les cris stridents des sternes, leur doux manège de marée montante... Tant de points scintillants dans ce tableau, tant de lumière blanche !

  Un bruit sec, frais : elles ont plongé dans l'écume et les voici, têtes ruisselantes – issues des flots et se hissant jusqu'au ciel...

  Vous vient l'envie de parcourir avec elles cette langue de sable infinie...traverser ces parois de cristal... fuir dans l'absence de limites...

  Ne sommes-nous pas venus du fond des océans, un jour ? 

*

  Môminette chantonne près de moi, s'en donne à coeur joie... sa petite chanson bien en tête...

  Ne s'occupe pas du reste...

  Accoudée à sa petite table de camping gondolée – petit bras blanc recourbé sorti d'une manche de robe fleurie : Clara dessine.

  Un beau motif pour moi, son père et peintre en devenir...

*

9782342020236_r

Et bien sûr, voici le petit dernier...
L'été et les ombres (2009/ rééd. 2014)
(en fait premier des trois romans ici présentés et ayant déjà fait l'objet d'une auto-édition artisanale en 2009 :
texte révisé et augmenté d'une préface)
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
" C'est toujours avec impatience que j'attends de lire un nouveau récit de Dourvac'h. Ceux et celles qui parcourent son blog savent que ce magicien des mots sait trouver le terme, la phrase juste pour nous faire passer le seuil de Féerie et se retrouver le temps de quelques instants auprès des Belles Dames. L'été et les ombres, le dernier-né de « La Compagnie des Fées » ne fait pas exception à la règle. Ce récit poignant et réaliste nous fait plonger le temps d'un été en "Outremonde", où deux adolescents, Val et Chris, ont créé leur monde féerique au coeur des arbres, où le temps, tel dans le monde des fées, s'écoule lentement. Mais même la rêverie doit prendre fin et un soir d' été un événement va mettre fin à la songerie et Chris, telle une illusion, va partir, disparaître de la vie de Val. Mais heureusement, telle la fin d'un Conte de Fée, nos jeunes amoureux vont se retrouver quelques années après et la magie va renaître, comme si rien ne s'était passé... Une très belle histoire où magie et beauté se cachent entre les branches des arbres où un frêle esquif fait front au vent. "
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Laure - site "De l'autre côté du miroir", article L'été et les ombres (28 août 2009) 
*
91172078
[extrait : incipit]
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Comme la vie était douce à Saint-Cernin !
J'avais treize ans et mon frère venait de se marier. Quelle année était-ce ? J'ai oublié... Sa chérie s'appelait Rosemarie.

Je ne sais pas pourquoi je m'en souviens puisque ce fut si vite fini, elle et lui...

A l'époque, non. A l'époque, tout était important...
Tout commençait ! ... pour lui... pour moi...
D'abord pour moi ! A cause de... (Honte à moi !)... son départ.
Pourtant je l'aime bien, mon frère !
Mais le plus chouette : sa chambre sous les toits...
Ce qui est devenu mon repaire.
Bon ou moins bon, je suis sûr que tout vient de là...
De là-haut...

*


L'été arrivant, j'étais certain qu'on m'y laisserait tranquille... Toute la nuit, je pourrais là-haut garder ma fenêtre grande ouverte sans qu'on croie m'obliger à la refermer ; l'air frais des grands arbres du fond de la combe viendrait me trouver dans cette chambre bizarre, haute et mansardée, où je pourrais m'enfermer... Lire jusqu'à ce que mes yeux brûlent... Savoir que je quitte pour toujours l'âge des gosses...

Cet été que j'aimerai longtemps.

Aussi à cause d'elle.

*


Au début, je la connaissais par son drôle de surnom. Elle se donnait des airs de garçon manqué et se faisait appeler Chris. Une vraie tête de mule...

J'ai pensé que c'était une façon de se donner un genre... Un genre qui collerait exactement à ses cheveux mi-longs et son air sauvage.
Avec sa tête bien féminine, « Chris » s'accorde finalement à ce qu'elle a décidé d'être : quelqu'un qui oublie de ressembler à d'autres...

En fait, elle déteste parler de Christine, qui était son premier prénom : « prénom de tout le monde »... (Mais où va-t-elle chercher ça ?)

Chris n'est vraiment pas comme les autres...

– Te faire appeler Chris… Tu trouves pas que ça fait garçon ?
– Et alors ?

Vite prendre l'air de s'en fiche :

« Et alors : rien. C'est toi qui sais... »

Vient le moment où son regard s'évade sous sa frange droite :

– Toi, tu t'appelles bien Valentin, non ? J'ai entendu tes parents bramer ton nom dans la combe...
– … bramer ! … y a qu' les cerfs qui brament. Laisse les parents en dehors de ça...
– Monsieur est vexé... Et c'est quoi, ça ?

( … mon secret... « ça »... notre rencontre...)

Changer de sujet ! Cette fouine aux longs cils renifle déjà autour de mon nom familier...

Comme si elle lisait dans mes pensées ; ses yeux noirs qui s'allument :

– Moi aussi je pourrais te dire... Val ?
– ... mmh... (froncer les sourcils) ... okay, miss Chris !

Dire « Okay, Miss ! » vous évite généralement d'avoir l'air idiot.
Bon sang, que j'aimais ses yeux, déjà !
Et son prénom qui crisse comme le crin des chevaux.

Val et Chris, le beau couple...
*

91171572

Vous informer ENFIN d'une rencontre prochaine entre Vous tous & nos presque réels personnages de ces trois p'tits romans : du moins si vous le souhaitez, on pourra surtout parler d'eux puisque "L'auteur, on s'en fout !". Rencontre avec des chaises et deux tables autour d'un thé vert au lait devant la belle vitrine de la Librairie des Couverts à MIREPOIX le jour de la Saint-Jean, samedi 21 juin prochain, entre 15 h et 19 h... Les deux derniers romans sont évidemment vendables, commandables & recommandables (à 15,00 ou 14,95 euros !!!) en toutes "bonnes" Librairies, fnacqueries & amazoneries de votre connaissance...

Posté par regardsfeeriques à 00:00 - Commentaires [32] - Permalien [#]
jeudi 1 mai 2014

.......... Robert Walser le Magnifique (1878-1956) .......... "LebensGeschichte mit Bilder" (Une Histoire de vie illustrée)

Ici comme toujours, ces (dernières) petites nouvelles de l'Inactualité (*) ...

(*) Grand merci de ce précieux concept, chère Aurélia !

walser4_a497c

L'Oeuvre écrite de Robert Walser :

(liste non exhaustive)

*

CHwals

Les rédactions de Fritz Kocher 

(Fritz Kochers Aufsätze, 1904)

 (traduction de Jean Launay : 1999)

(suivi de Histoires et Petits Essais, édition Gallimard, collection "Du monde entier", 1999)

*

product_9782070704064_195x320 

CVT_Les_enfants_Tanner_327 ENFANTS_TANNER_WALSER

Les enfants Tanner 

(Geschwister Tannerroman, 1907)

(traduction de Jean Launay : 1985)

(éditions Gallimard, collection "Du monde entier", 1985 / collection "folio", 1992)

*

90128797_p

" Un beau matin, un jeune homme ayant plutôt l'air d'un adolescent entra chez un libraire et demanda qu'on voulût bien le présenter au patron. Ce que l'on fit. Le libraire, un vieil homme très digne, dévisagea avec attention ce garçon qui se tenait devant lui un peu gêné, et l'invita à parler. « Je veux être libraire, dit le jeune homme, c'est une envie que j'ai et je ne vois pas ce qui pourrait m'empêcher de la suivre jusqu'au bout. je me suis toujours imaginé le commerce des livres comme quelque chose de merveilleux, un bonheur, et il n'y a aucune raison pour que j'en sois privé plus longtemps. Regardez, monsieur, comme je suis là devant vous, je me sens une extraordinaire aptitude à vendre des livres dans votre magasin, en vendre autant que vous pourriez souhaiter. Je suis un vendeur-né : affable, vif, poli, rapide, parlant peu, décidant vite, comptant bien, attentif, honnête, mais pas non plus aussi bêtement honnête que j'en ai peut-être l'air. Je sais baisser un prix quand j'ai affaire à un pauvre diable d'étudiant et je sais aussi le faire monter s'il ne s'agit que de rendre service aux riches, dont je vois bien que parfois ils ne savent que faire de leur argent. Je crois malgré mon jeune âge posséder une certaine connaissance des hommes. D'autre part, j'aime les hommes, si différents soient-ils : je ne me servirais donc jamais de ma connaissance des hommes pour avantager l'un plutôt que l'autre, pas plus que mes concessions aux pauvres diables n'iraient jusqu'à nuire à l'intérêt de vos affaires, monsieur. En un mot : sur ma balance de vendeur l'amour des hommes sera en parfait équilibre avec la raison commerciale, laquelle me paraît tout aussi importante et nécessaire à la vie qu'une âme aimante et généreuse. Je saurai trouver le juste milieu, soyez-en dès maintenant convaincu. "

[pages 9-10 de l'édition de poche "folio"]

*

91172078

" Plusieurs semaines s'écoulèrent et le nouveau printemps s'annonça ; l'air était plus humide et plus doux, on percevait des odeurs et des bruits indécis qui paraissaient monter de la terre. La terre était molle, on marchait sur elle comme sur de gros tapis élastiques. On s'obligeait à écouter chanter les oiseaux. " Ca m'a tout l'air du printemps ", disaient pour s'aborder dans la rue les gens sensibles. Même les murs des maisons prenaient une certaine odeur, une couleur plus chargée. Tout avait l'air étrange alors qu'il s'agissait d'une chose si ancienne et si connue, mais on la ressentait comme entièrement nouvelle, elle provoquait un sentiment bizarre, violent.
  Le corps, les sens, la tête, les pensées, tout cela bougeait comme si cela voulait se remettre à pousser. L'eau du lac avait des reflets chauds et les ponts qui s'élançaient sur le fleuve paraissaient plus cambrés. Les drapeaux flottaient au vent et cela faisait plaisir de les voir flotter. Quand le soleil parut enfin, les gens sortirent par groupes et en rangs sur la chaussée blanche et bien propre. Ils s'arrêtaient pour mieux sentir la caresse de la chaleur. Il y eut beaucoup de manteaux laissés chez soi. On pouvait voir les hommes retrouver des gestes plus libres et les femmes faisaient des yeux étranges comme si l'âme allait leur sortir du coeur. "

[pages 36-37 de l'édition de poche "folio"]
*

92644122

" Ah, regarder vers l'avenir, c'est tellement mieux que de rêver du passé. On rêve aussi quand on se projette dans l'avenir. Ne serait-il pas plus sage, quand on possède un esprit sensible, de consacrer son énergie et son intelligence aux jours qui se préparent plutôt qu'à ceux qu'on a déjà vécus ? Les temps à venir sont comme nos enfants, qui ont bien plus besoin de notre attention que les morts dont nous fleurissons les tombes avec amour, et peut-être aussi un peu d'exagération. "

[pages 193 de l'édition de poche "folio"]
*

91171572

" La dame l'embrassa.
« Non, dit-elle, vous ne sombrerez pas. Ou bien ce serait dommage, dommage pour vous. Vous ne devez plus jamais parler si mal de vous, c'est un crime, c'est un péché. Vous vous mettez trop bas et les autres trop haut. Je saurai vous empêcher d'être dur avec vous-même. Savez-vous ce qui vous manque ? Vous devez prendre un peu de bon temps. Vous devez apprendre à parler tout bas et à répondre aux caresses. Vous allez vous amollir autrement. Je vous montrerai ; tout ce que vous ne savez pas faire, je vous le montrerai. Venez. sortons dans la nuit d'hiver. Dans la forêt qui gronde. J'ai tant de choses à vous dire. Savez-vous que je suis votre pauvre, votre heureuse prisonnière ? Plus un lot, plus un mot. Venez -- "

[pages 399-400 (*) de l'édition de poche "folio"]
---------------------------------------------------------------------------------------------
(*) Me suis souvenu - relisant la fin si "ouverte" de ce chef d'oeuvre - de cette carte postale de 1906 retrouvée par son ami Max Brod dans les papiers de Franz Kafka (par ailleurs, fervent lecteur des "petits papiers" journalistiques de Robert Walser) :

" C'est une forêt et dans cette forêt on peut être heureux. Alors viens ! "
(écriture inconnue et signature illisible)
*
Etroites parentés d'âmes, tout de même...

walser_1907

L'auteur en 1907

(année de la parution de Les enfants Tanner)

Découvert cet été, ce météorique "premier roman" : une oeuvre totalement spontanée et incroyablement lyrique, au ton extrêmement original, aux allures de manifeste romantique...

Elle fut créée par un Suisse germanophone né à Bienne en 1878 : Robert WALSER. Geschwister Tanner (Les enfants Tanner) a été publié à Berlin pour la première fois en 1907. Son manuscrit est issu d'un "premier jet" réalisé en 3 à 4 semaines entre janvier et février 1906 dans l'appartement berlinois de son frère Karl, peintre et décorateur très estimé en son temps... Le texte n'a nécessité que de minimes corrections (syntaxe, ponctuation) avant sa parution.

La traduction de Jean Launay pour les éditions Gallimard est remarquable : elle représente 332 pages dans l'édition de poche "folio" qui suivra (seule édition actuellement disponible en France). 

La plasticité et l'imprévisibilité des psychologies et des actes des attachants personnages de Simon, Klara, Kaspar, Hedwig, tout comme le "chant" délié de la langue du jeune Walser (à l'âge de 27 ans...) nous fascinent immédiatement... " On est fait pour les choses dont on rêve. " (comme l'écrit dans le roman, le doux personnage de Klara...).

Ses deux romans ultérieurs seront : Der Gehülfe (Le Commis) publié en 1908, puis Jakob von Gunten. Ein Tagebuch (L'institut Benjamenta) qui paraîtra en 1909. Pour l'avoir découverte intégralement depuis, il me semble qu'on puisse parler pour Robert Walser de "Trilogie romanesque magique" (*) ... Romans et personnages intemporels, face auxquels on croirait voir s'animer - juste sous nos yeux - les beaux visages de la liberté. 

(*) à l'instar de ce qu'on peut ressentir face à la tout aussi fabuleuse "Trilogie" des trois premiers romans de Dino BUZZATI : Barnabo delle montagne (Barnabo des montagnes), 1933 / Il segreto del Bosco Vecchio (Le secret du Bosco Vecchio), 1935 / Il deserto dei Tartari (Le Désert Des Tartares), 1940.

*

1029469_gf

Le Commis 

(Der Gehülfe, roman, 1908) 

(sous le titre Le Commis, traduction de Bernard Lortholary : 1985)

(éditions Gallimard, collection "Du monde entier", 1985/1986)

*

CVT_LHomme_a_tout_faire_1886

(sous le titre L'Homme à tout faire, traduction de Walter Weideli : 2000)

(édition L'âge d'Homme : 2000)

*

P1030116

" C'est étrange mais dès qu'on entend les pas d'une personne connue, c'est comme si au lieu d'approcher elle était déjà là en chair et en os, jamais son apparition effective n'est plus une surprise, quel que soit son air.
Tobler était fatigué et énervé, mais il n'y avait là rien de surpenant, car c'est toujours dans ces états qu'il rentrait à la maison. Il s'assit, soupira bruyamment ; corpulent comme il l'était, la montée de la pente lui avait été pénible ; puis il demanda ses pipes. Joseph bondit comme un dératé jusqu'à la maison pour satisafaire aussitôt ce désir, heureux d'éviter son supérieur ne fut-ce qu'une demi-minute.
Lorsqu'il revint muni du nécessaire à fumeur, la situation avait déjà changé. Tobler faisait une tête effrayante. Sa femme lui avait tout dit en peu de mots. A présent, elle était là debout, avec une audace que Joseph trouva inouïe et regardait tranquillement son mari. Celui-ci avait l'air d'un homme qui ne peut pas se répandre en malédictions, parce qu'il sent qu'il passerait les bornes.
-- Alors, M. Fischer est venu, à ce que j'apprends, dit-il, comment a-t-il trouvé les choses ?
-- Très bien.
-- L'horloge-réclame ?
-- Oui, elle lui a plu tout particulièrement. Il a dit qu'il lui semblait que c'était un projet tout à fait excellent.
-- Lui avez-vous aussi montré le distributeur automatique pour tireurs ?
-- Non.
-- Et pourquoi ?
-- M. Fischer était tellement pressé, à cause de sa femme, qui attendait en bas, à la grille du jardin.
-- Et vous avez laissé cette dame attendre ?
Joseph ne répondait rien.
-- Et il faut que j'aie comme employé un abruti pareil ! cria Tobler, incapable de contenir plus longtemps la fureur et la désolation commerciale qui le rongeaient. Il faut que j'aie le malheur d'être trompé par ma propre femme et par un commis qui n'est bon à rien. Le diable lui-même aurait peine à faire des affaires, dans des conditions pareilles !
Il aurait fracassé du poing la lampe à pétrole si, à cet instant, avant que la main ne s'abatte, Mme Tobler n'avait heureusement un peu écarté l'objet. "

[pages 75-76, éditions Gallimard, collection "du monde entier"]

*

P1030170

" Il resta un peu plus longtemps au lit ce jour-là ; il ouvrit les fenêtres et, sur son lit, laissa le soleil blanc du matin l'éclairer et l'aveugler car enfin c'était là quelque chose qu'il fallait déguster, comme diverses autres choses, par exemple l'idée du petit déjeuner. Comme tout était aujourd'hui ensoleillé et dominical ! Le soleil et le dimanche semblaient avoir fraternisé depuis fort longtemps et la pensée douillette d'un petit déjeuner tranquille, et bien elle était elle aussi tissée de soleil et de dimanche, cela se sentait nettement en ce moment. Comment aurait-il été possible de se sentir aujourd'hui chagrin ou, encore moins, maussade ou, encore moins, mélancolique ? Il y avait un mystère dans toute chose, dans toute pensée, on le sentait dans ses jambes, dans les vêtements posés sur la chaise, dans l'armoire, entre les rideaux éclatants de propreté, dans la table de toilette ; mais ce mystère n'était pas inquiétant, au contraire il était tranquille et souriant, et il vous instillait littéralement la paix. En fait, on ne pensait à rien, et on ne sentait pas du tout pourquoi (...) "
*
[page 78 de l'édition Gallimard, collection Du monde entier"]
*

P1030145

" Pour le moment, la maison Tobler répand encore dans les riants environs une odeur de propreté et de bienséance, et comment ! Auréolée comme par les éclairs du plein soleil, rehaussée sur une colline verdoyante qui se penche, merveilleusement riante, vers le lac et la plaine, cernée et embrassée par un jardin vraiment "de maîtres", elle est l'image même d'une joie réservée et méditative. Ce n'est pas pour rien qu'elle est contemplée par les promeneurs qui passent par hasard, car c'est un véritable régal pour les yeux. "
[ page 94 de l'édition Gallimard, "Du monde entier"]
*

Autant Les enfants Tanner nous semblait un néo-manifeste romantique où fantasmagorie et réalisme se mêlaient indissociablement, autant Le Commis restera pour nous un EXTRAORDINAIRE roman "réaliste" - imprégné du plus pur réalisme poétique - où se mêle curieusement une ironie tendre (empathique et inconditionnellement bienveillante à l'égard de chaque protagoniste : l'impression que Walser ait inventé pour la Terre entière un mode d'acceptation de l'Autre qu'on nommerait : "ironie bienveillante"), une charge picturale que dégage chaque ligne descriptive (la promenade en barque, la nuit) et une description (fine et sans illusion) des rapports entre classes sociales... sans oublier d'évoquer ici le thème évidemment central de l'échec : à savoir la dégringolade programmée de "La Maison Tobler" sous l'oeil du témoin (impliqué) Joseph Marti, 6 mois durant...

Deux saisons à peine, à vivre au jour le jour : le suc de chaque journée nous restant au fond de la gorge, la chaleur d'un rayon de soleil sur la peau.

Car nous épousons immédiatement la psyché de Joseph Marti, "l'homme à tout faire" de la Maison Tobler, hébergé dans la plus belle chambre - la chambre de la Tour - avec vue imprenable sur le Lac...
Monsieur l'Ingénieur Tobler et ses inventions sérieuses, pompeuses... qui ne trouveront (évidemment) jamais preneur !

Ah, ces formidables "horloges-réclames" et autres "distributeurs de muntions pour chasseurs"... à la recherche d'un "capitaliste bienveillant" (association d'idées totalement improbable...) d'où notre sentiment d'une naïveté sans fond et même de profonde compassion pour la figure PRESQUE attendrissante du "Patron" tyrannique de Joseph : ce "Herr Tobler" - bourgeois à son aise, toujours si sûr de lui - condamné peu à peu, sous l'oeil infailliblement obéissant de son employé - à l'échec et la ruine...

Ce livre est un chef d'oeuvre par la finesse de l'analyse psychologique - et par sa langue, évidemment unique... 

Oeuvre dont la thématique se rapproche aussi du presque contemporain et "flaubertien" second roman de C.F. RAMUZ : Les Circonstances de la vie (1907) : l'étude du notaire Emile Magnenat - pauvre hère bientôt entiché de sa jeune fille au pair - n'ouvrait chaque matin pas si loin de la "Villa Tobler"...

Et elle est un véritable régal pour l'âme, cette langue malicieuse de Robert WALSER ! Quel "chef d'oeuvre inconnu" reste pour nous cet empathique Der Gehülfe, magnifique gros roman de 1908, sommet de Littérature encore quasi-ignoré des lecteurs d'outre-Helvétie - chez nous, par exemple... , et cela plus de 100 ans après sa parution.

*

institut

L'Institut Benjamenta 

(Jakob von Gunten. Ein Tagebuch, roman, 1909)

(traduction de Marthe Robert : 1960)

(éditions Grasset, 1960 / réédition collection "L'Imaginaire", éditions Gallimard, 1981 /1993)

*

P1030015

" Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l’institut Benjamenta, nous n’arriverons à rien, c’est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes. "

*

P1030024

" Rendre service à quelqu’un qu’on ne connaît pas et qui ne vous concerne en rien, voilà qui est charmant, cela vous fait entrevoir des paradis divinement vagues. "

*

P1030042

" Sa nature, sa personne sont constellées de vertus. C’est à peine si on peut l’aimer, encore bien moins le haïr. On a du goût pour le joli et l’attirant, c’est pourquoi le beau et le joli sont tellement exposés au danger d’être dévorés ou employés de façon abusive. "

*

Que de mystères enfouis dans les "ambiances" et les psychologies d'un livre si court : des enfants-adolescents perdus, comme échoués là pour être "éduqués à l'obéissance absolue"... Une Fée et un Ogre - soeur et frère - comme "patrons" de l'Institut Benjamenta. L'étrange magie Walser, une fois de plus ! L'ambiance y est tout de même fort crépusculaire... Pour Jacob von Gunten, le jeune narrateur, la vie semble s'achever à la fin de l'ouvrage : s'en remettant à Dieu et au bon vouloir de l'Ogre... (puisque Lise Benjamenta, la soeur-fée de ce dernier vient de mourir). On sait qu'à cette époque, son créateur-vagabond avait à peine 31 ans.

Le dernier, très bref et très énigmatique roman de "la trilogie magique" de Robert Walser.

 *

walser_bureau

Au bureau 

(40 poèmes, 1909 - illustrations de Karl WALSER, frère de l'auteur)

(réédition ZOE : 2009)

*

Histoires 

(Geschichten, 1914)

*

product_9782070734931_195x320

Petits textes poétiques 

(Kleine Dichtungen, 1914)

(traduction de Nicolas Toubes, éditions Gallimard, collection "Du monde entier" : 2005)

*

walser_prose1

Morceaux de prose 

(Prosastücke, 1916-1917)

(édition ZOE : 2008)

*

walser_petite_prose

Petite Prose 

(Kleine Prosa, 1917)

(édition ZOE : 2010)

*

product_9782070783472_195x320 product_9782070413348_195x320

La Promenade 

(Der Spaziergang, 1917)

(traduit de l'allemand par Bernard Lortholary : 1987)

(édition Gallimard, collection "Du monde entier", 1987 /collection "L'Imaginaire", 2007 /collection bilingue "folio", 2000)

*

P1030067

 « Un matin, l'envie me prenant de faire une promenade, je mis le chapeau sur la tête et, en courant, quittai le cabinet de travail ou de fantasmagorie pour dévaler l'escalier et me précipiter dans la rue. Dans l'escalier, je fus croisé par une femme qui avait l'air d'une Espagnole, d'une Péruvienne ou d'une créole, et qui affichait quelque majesté pâle et fanée.
Pour autant que je m'en souvienne, je me trouvai, en débouchant dans la rue vaste et claire, d'une humeur aventureuse et romantique qui m'emplit d'aise. Le monde matinal qui s'étalait devant moi me parut si beau que j'eus le sentiment de le voir pour la première fois... »

*

walser_vie_de_poete_couv_gf

Vie de poète 

(Poetenleben, 1917)

(édition ZOE, 2006)

*

Tobold

(1918-1919) 

[roman disparu]

*

1e_couv_seeland

Seeland 

(Seeland, 1920)

(édition ZOE, 2004)

Soit "Le pays des Lacs", cadre enchanteur des Enfants Tanner et du Commis...

" Après ses années berlinoises et avant de s’installer à Berne, Robert Walser passe sept ans (1913-1921) à Bienne, sa ville natale. Plusieurs recueils paraissent durant ces années, dont Seeland. Cet ensemble de six nouvelles constitue l’aboutissement de la période biennoise de l’écrivain, avec sa dualité caractéristique de ferveur romantique et de truculence, de rêverie et de réflexion, d’observation espiègle et d’abstraction. "

[extrait de la fiche de l'éditeur suisse ZOE]

*

Theodor

(1921) 

[roman disparu]

* 

product_9782070712052_195x320 product_9782070740741_195x320 product_9782070126453_195x320

La Rose 

(Die Rose, 1925)

(traduction de Bernard Lortholary : 1987) 

(éditions Gallimard : collection "Du monde entier", 1987 / collection "L'Etrangère", 1995 / collection "L'Imaginaire", 2009)

[courtes proses - dernier ouvrage paru du vivant de l'auteur]

*

cendrillon_couv

Cendrillon

(traduction de Gérard Lewinter : 1990)

(édition Gérard Lebovici, 1990 / réédition ZOE : 2006)

*

product_9782070724369_195x320

Sur quelques-uns et sur lui-même

(traduction de Jean-Claude Schneider : 1994)

(éditions Gallimard, 1994)

*

product_9782070732005_195x320 product_9782070400904_195x320 product_9782070145379_195x320

Le Brigand

(Der Raüber, 1925)

(traduction de Jean Launay : 1993)

(éditions Gallimard : collection "Du monde entier", 1993 / collection "folio", 1996 / collection "L'Imaginaire", 2014)

[roman inachevé - parution posthume]

*

["Silence littéraire" - hélàs définitif - de l'auteur à partir de 1933]

*

Autres ouvrages, de parution posthume :

*

Felix

(traduction de Gilbert Musy)

(édition ZOE : 1985/1997)

*

Rêveries et autres petites proses

(traduction de Julien Hervier : 1996)

(édition Le Passeur, 1996)

*

Robert_Walser_Retour_dans_la_neige_Zoe

Retour dans la neige. Proses brèves

(traduction de Golnaz Houdichar : 1999)

(édition ZOE, 1999)

P1000992

« Un soir, après le repas, j’allai encore en hâte au bord du lac drapé de je ne sais plus très bien quelle mélancolie pluvieuse et sombre. Je m’assis sur un banc sous les branches dégagées d’un saule et ainsi, m’abandonnant à des pensées vagues, je voulus m’imaginer que je n’étais nulle part, une philosophie qui me procura un bien-être étrange et délicieux. L’image de la tristesse sur le lac, sous la pluie, était magnifique. Dans son eau chaude et grise tombait une pluie minutieuse et pour ainsi dire prudente. Mon vieux père avec ses cheveux blancs m’apparut en pensées, ce qui fit de moi un enfant timide et insignifiant, et le portrait de ma mère se mêla au doux et paisible murmure et à la caresse des vagues. Avec l’étendue du lac qui me regardait comme je le faisais moi-même, je découvris l’enfance qui me considérait elle aussi, comme avec de beaux yeux limpides et bons. Tantôt j’oubliais tout à fait où je me trouvais, tantôt je le savais de nouveau. Quelques promeneurs silencieux allaient et venaient tranquillement sur la rive, deux jeunes ouvrières s’assirent sur le banc voisin et commencèrent à bavarder et là-bas sur l’eau, là-bas sur le lac bien-aimé, où les larmes douces et sereines coulaient paisiblement, des amateurs de navigation voguaient encore dans des bateaux ou des barques, le parapluie ouvert au-dessus de leurs têtes, une image qui me fit rêver que j’étais en Chine ou au Japon ou dans un autre pays de poésie et de rêve. Il pleuvait si gentiment et si tendrement dans l’eau et il faisait si sombre. Toutes les pensées sommeillaient puis toutes les pensées étaient de nouveau en éveil. Un vapeur sortit sur le lac; ses lumières scintillaient à merveille dans l’eau lisse et gris argent du lac qui portait ce beau bateau comme s’il éprouvait de la joie à cette apparition féerique. La nuit tomba peu après, et avec elle l’aimable invitation à se lever du banc sous les arbres, à s’éloigner de la rive et à prendre le chemin du retour. »

*

La Dame blanche et autres petites proses

(éditions Ulysse, 1999)

*

L’Étang

(édition ZOE, 1999)

*

Cigogne et porc-epic

(édition ZOE, 2000)

*

Porcelaine. Scènes dialoguées

(traduction de Marion Graf :  2000)

(édition ZOE, 2000)

*

walserpoche

Nouvelles du jour

(Proses brèves II)

(édition ZOE, 2000 / 2009)

*

Blanche-Neige

(traduction de Hans Hartje et Claude Mouchard : 2001)

(édition bilingue José Corti, collection "Merveilleux", 2001)

*

walser_105x265_105

Le Territoire du crayon. Microgrammes

(édition ZOE, 2013)

*

walser_image_couv

Histoires d’images (1920-1933)

(édition ZOE, 2006)

*

walser_poemes1

Poèmes

(édition bilingue ZOE, 2008)

*

9782881825170

L'écriture miniature

(édition ZOE)

*

walser_140x210_102_1

Lettres  de 1897 à 1949

(édition ZOE, 2012)

*

20130220_Walser_cut1

143_WEW_15_081_belleristik

exp_071

Robert Walser, toujours...

(ici peut-être photographié par son éditeur et ami Carl Seelig ?)

... peu de temps avant l'hiver (25 décembre) de sa disparition (*) à Herisau

---------------------------------------------- 

(*) vous évitant la triste "célèbre" photographie de la découverte de son corps dans la neige...

(Non "immortalisé" ainsi, Nerval y aura au moins échappé !)

 *

9782869305397

Signalons aussi le très émouvant livre de son ami éditeur Carl Seelig :

Promenades avec Robert Walser

*

Enfin, ce film sorti en 1976, du réalisateur suisse Thomas Koërfer :

Der Gehülfe 

(L'Homme à tout faire)

(adapté du - merveilleux - roman Le Commis... qui restera peut-être LE chef d'oeuvre de Robert Walser)

DVD L'Homme à tout faire

Résumé : " L'inventeur Tobler fait venir à son domicile, la villa Abendstern (Etoile du Soir), le jeune Joseph Marti, recruté au bureau de chomage. Ce nouvel emploi ne cantonne pas le jeune homme uniquement dans les tâches de bureau. Au cours des longues soirées, Joseph devient le conseiller de la maîtresse de maison, une femme sensible, avec laquelle il vit les prémices d'un rapport amoureux. Mais la situation financière de la maison Tobler se dégrade de plus en plus... Une transposition extrêmement sensible du roman de Robert Walser, de surcroît merveilleusement filmée. "

(pour ce DVD = Langue : Deutsch (allemand) / Sous-titres : Deutsch, Français, English / Format : 16:9 / Durée : 116 min)

*

P1030019

NOTE :

Hors les photographies noir & blanc et

les reproductions des couvertures d'ouvrages de Robert Walser,

toutes les photographies couleurs "illustratives" sont de 

Dourvac'h

(Ne surtout rien reproduire sans mon autorisation, MERCI !)

*

P1000287

 " La presse. Si l’on considère comment tous les grands événements politiques, de nos jours encore, se glissent de façon furtive et voilée sur la scène, comment ils sont recouverts par des épisodes insignifiants à côté desquels ils paraissent mesquins, comment ils ne montrent leurs effets en profondeur et ne font trembler le sol que longtemps après s’être produits, quelle signification peut-on accorder à la presse, telle qu’elle est maintenant, avec ce souffle qu’elle prodigue quotidiennement à crier, à étourdir, à exciter, à effrayer ? Est-elle plus qu’une fausse alerte permanente, qui détourne les oreilles et les sens dans la mauvaise direction ? (...) Encore un siècle de journalisme - et tous les mots pueront."

(Friedrich NIETZSCHE)

Une citation-cadeau de notre Amie Aurélia ! (*)

-----------------------------------------------------------

(*) ... qui m'enseigna jadis son concept-phare :

" Mais comment font-ils, tous, pour lire tant de bouses ? "

... frère-siamois (en plus élégant) du mien :

" Gros public va direct à la Mangeoire-à-Gros-Blaireaux... "

*

Et bé voilà, c'est tout !

Et au 1er juin pour la réédition de L'été et les ombres (revue et augmentée) de Dourvac'h !

Posté par regardsfeeriques à 00:00 - Commentaires [9] - Permalien [#]
samedi 5 avril 2014

" L'Adolescence "

P1030073

" C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,
Blotti entre la jungle infernale des grands
Et le petit jardin tranquillet de l'Enfance,
C'est une île inconnue de vos cartes adultes,
Un lagon épargné, une prairie inculte,
Une lande battue où les korrigans dansent,
L'Adolescence, l'Adolescence...

P1030001

C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,
Debout dans le miroir c'est la cousine nue
Qui s'émerveille et crie au fond de mon silence,
C'est un baiser volé à la barbe du Temps,
C'est deux enfants qui s´aiment à l'ombre d'un cadran
Où sous chaque seconde l'Immortalité danse,
L'Adolescence, l'Adolescence...

P1030087

C'est "Toujours", c´est "Jamais", c'est éternellement
Le cœur au bord des lèvres, le spleen à fleur de dents
Et au ventre-volcan l'Amour-incandescence,
C'est " Je t'aime : on se tient ! ", c'est " Je t'aime : on se tue ! "
C'est la Vallée d' la Mort de l'autr' côté d' la rue,
Vers les noirs pâturages la haute transhumance,
L'Adolescence, l'Adolescence...

P1030117

C'est les poings dans les poches fermés à double tour,
C'est " Familles, je vous hais ! ", c'est René à Combourg,
Ophélie qui se noie, c'est Lucile qui s´avance,
C'est notre Diable au corps, c'est le Grand Meaulnes en route,
Cest ce vieux Bateau Ivre qui reviendra sans doute
Les flancs chargés d'oiseaux, de fleurs et d'innocence,
L'Adolescence, l'Adolescence...

P1030135

Depuis plus de vingt ans que j'y ai jeté l'ancre
Dans ce pays de fous, de chiens tièdes et de cancres,
Depuis plus de vingt ans j'y passe mes vacances,
Et comme ce vieillard de quatre-vingts printemps
Qui s'endort, un beau soir, et qu'on couche dedans
Son petit, tout petit coin de terre de Provence,
Couchez-moi, je vous prie, quand viendra le moment,
Dans ma terre, mon pays, couchez-moi doucement
En Adolescence, en Adolescence... "

Henri TACHAN

(1975)

Copyright : AZ disques

(C'est - à mon avis - une des plus belles chansons qui existent...

Aussi, écoutez-la très vite sur Deezer !)

*

Ghost_World_Poster_ghost_world_2854137_781_1161

Et rendez-vous également sur Ghost World,

notre article adolescent, ci-après sur "Regards Féériques"...

... et jusqu'ici scandaleusement ignoré !

*

P1030042

Alors, à très bientôt, Ami/e/s... par chez vous ou par ici !!!

P1030054

Sachez encore que notre prochain article du 1er mai sera consacré

aux trois romans du Printemps de notre cher

Robert WALSER

*

9782342020236_r

Quant à notre article du 1er juin prochain, il sera entièrement consacré à la réédition de

L'été et les Ombres

(par Dourvac'h, nouvelle version : 2014, Mon petit Editeur : 14,95 euros)

Posté par regardsfeeriques à 16:04 - Commentaires [16] - Permalien [#]
samedi 8 mars 2014

" Ghost World " ("Monde fantôme") ...

ghost_world_2000_02_g

(Enid : Thora Birch)

... de Terry Zwigoff

- sorti en 2001 -

Enid_ghost_world_2813219_700_851

(Rebecca : Scarlett Johansson)

- d'après la bande dessinée, créée en 1997 puis scénarisée par Daniel Clowes pour les besoins du film  -

Enid_Rebecca_ghost_world_2813251_900_679

(Scarlett Johansson & Thora Birch)

... restera sans doute...

Ghost_World_Poster_ghost_world_2854137_781_1161

(so seriously)

... définitivement...

Enid_ghost_world_2813176_900_599

(Enid & Seymour : Thora Birch & Steve Buscemi)

... le film le plus réjouissant, ...

Ghost_World_ghost_world_2813264_901_674

(Norman - l'homme seul - avec Rebecca & Enid : Charles C. Stevenson JR., Scarlett Johansson & Thora Birch)

... le plus joliment triste aussi...

Enid_ghost_world_2813163_900_678

(Enid & Seymour : Thora Birch & Steve Buscemi) 

... l'un des plus justes, enfin !... 

Ghost_World_9

(Enid & Josh : Thora Birch & Brad Renfro)

...ce " Taj-Mahal des faux Diner's des années 50 "...

Enid_ghost_world_2813124_900_605

(Scarlett Johansson & Thora Birch)

... qu'on ait tourné jamais...

ghostworld4

(Scarlett Johansson & Thora Birch)

... en Adolescence...

*

ghostworldmovieax0

Enid a fini - comme ses acolytes - par décrocher son diplôme, croyant en avoir fini avec ces "tous ces tarés et pseudo-branchés" qui peuplaient jusque-là ses interminables années de lycée : à savoir TOUS les autres élèves qu'elle supportait stoïquement grâce à l'ironie glacée de sa meilleure amie Rebecca.

Ghost_World_1__1_

(Fuir tous ces tocards... mais comment faire ?)

Ghost_World_2

 Chercher à travailler l'été ? Peut-être bien...

Ghost_World_1

Penser à danser devant sa télé, le son bien réglé à fond...

(Magie pure des cassettes VHS  Made in Bollywood : 100 % Pure Premium...)

Jaan Pehechaan ho ! "

(performed by Mohammed Rafi)... Yeaaah !

Ghost_World

Ghost_World_7 Ghost_World_8

Ne pas oublier de s'inventer des souffre-douleur (habituels ou extraordinaires) !

Josh qui bosse à l'épicerie... ou ce ringard inconnu qui passa - l'imprudent ! - une petite annonce...

Ghost_World_27 Ghost_World_26

Passer à l'âge adulte : toujours (un peu) plus compliqué que prévu...

*

Ghost_World_scarlett_johansson_23592812_852_480

" I just hate all these extroverted, obnoxious, pseudo-bohemian losers ! "

(qui, tous, veulent faire Maîtrise de Gestion avec option Communication...)

*

Real, that Ghost World ?

Petite ville de Nulle Part et partout...

piKYm9I

Devil got my woman "

(written and performed by Nehemiah "Skip" James)

*

Ghost_World_scarlett_johansson_23594457_852_480

Passées mille étincelles de bonheur, atteindre une mélancolie sans retour :

la course sinueuse - enchanteresse - des meilleurs films de Chaplin !

(The Kid, The Circus, City Lights, Modern Times...)

*

GhostWorld7

Cette fameuse année "2001" : il y a bientôt 15 ans...

(33 ans d'attente de stations orbitales géantes - en roue de char - qui suivraient le 2001 de Kubrick... )

Ghost World...

Petites fusées - discrètes - de ses feux d'artifices aux couleurs immortelles ! 

Comme quoi... 2001 ne fut pas QUE l'odyssée (navrante) de la connerie (banale) de Bîn Ladîn' le crétin !

Partageons - un max - avec Enid sa (réjouissante) psychologie Punk d'origine...

gw_cover_0_custom_b2e09649e2a69173386486aa1eb936557b616154_s6_c30

Merci à Vous...

Thora Birch, Scarlett Johansson, Steve Buscemi, ... Daniel Crowes & Terry Zwigoff !

... aussi, à toutes Celles & tous Ceux qui furent "de l'aventure" !

*

Quel bonheur donnera toujours votre film (*) (**) !

(*) toujours disponible en DVD, et à goûter exclusivement en v.o. américaine sous-titrée "in french" : musique inoubliable des voix de Thora Birch - si mélodieuse ! - , Scarlett Johansson - si étonamment rocailleuse ! -, Steve Buscemi, Brad Renfro, etc. )

(**) ... et je vous conseille aussi la superbe b.o. du film : notamment pour l'extraordinaire thème mélancolique (piano et violoncelle) de David Kitay, sans parler des 3 morceaux "années 20" de Lionel Belasco ("Venezuela" et "Miranda", entre autres merveilles... ) !!!

Posté par regardsfeeriques à 00:00 - Commentaires [10] - Permalien [#]
samedi 1 mars 2014

"C'était nos quinze ans" : souvenirs sur Ronald Stein & "2001" de Kubrick...

 haunted_palace_poster_02

Ah ! cette satanée, "diabolique" partition de Ronald Stein pour

The Haunted Palace !

Souvenir ému de la bande sonore originale de ce film "à très petit budget", qui fut tourné en quelques jours - en 1963 - par un certain Roger Corman... Adaptation qui me fit aussitôt découvrir une première longue nouvelle du romancier américain Howard-Philip (dit "H.-P.") Lovecraft, ayant donné - à l'instar d'Edgar Allan Poe - ses lettres de Noblesse au genre Fantastique...

L'affaire Charles Dexter Ward fut donc le point de départ du scénario du film The Haunted Palace - in french : La malédiction d'Arkham .

L_Affaire_Charles_Dexter_Ward

Puis je rencontrais - en leurs géniales collections de poche ("Présence du Futur" et "J'ai Lu-fantastique") :  La couleur tombée du ciel, Dagon, Les montagnes hallucinées, Le cauchemar d'Innsmouth, L'abomination de Dunwich, Je suis D'ailleurs... (Bon sang, quels titres !)

affairecdward2 

Bref, j'avais quinze ou seize ans ; c'était la "petite vie du lycée" avec la magie de son "Ciné-Club"... Les effets de brume, l'écran large (Panavision), et ce froid mordant - de "Bassin Parisien" - qui vous attend à la sortie de la salle... A-gla-gla... et ce monstre verdâtre - finalement inquiétant parce que TRES flou... - qui, lui, attendait Mrs Ward (Debra Paget) : sorte de Cthulhu tapi au fond d'une cuve dont on lève lentement le couvercle... 

rt2fsl

Mais revenons à notre "petit film"...

L'acteur Vincent Price y composait un être fascinant, "à double personnalité" : tout d'abord naïf héritier (Charles Ward) arrivant au bras de sa Belle au sinistre village d'Arkham ... puis incarnant peu à peu son diabolique aïeul (le sorcier Joseh Curwen) : celui qui fut brûlé vif par les villageois apeurés mais dont - malheureusement - le Portrait se trouve toujours "en vie" juste au-dessus de la cheminée du grand manoir... Portrait d'un terrifiant personnage au regard magnétique - aux allures de Van Gogh diabolique, et qu'on peignit évidemment en "bleu de fou" : portrait qui s'empare peu à peu de la conscience de l'héritier ... Acteur revu depuis, dans ses magistraux premiers rôles en bien d'autres films : dans l'excellent Le Château du Dragon (Dragonwyck) de Joseph L. Manckiewicz, puis Laura, cette oeuvre mythique - magnifique - d'Otto Preminger, sans oublier non plus ses ultimes compositions, auto-parodiques & débridées dans L'abominable Docteur Phibes et Théâtre de sang...

Et comment oublier la belle et sensible Debra Paget au vrai visage de porcelaine, que j'irai revoir - avec dévotion, quelques années plus tard - dans Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou de Fritz Lang ?

3545020020982

Film retrouvé tout récemment en DVD...

Une oeuvre curieuse et talentueuse, "presque naïve", qui me fascinera toujours autant !!!

Est-ce à cause des fumigènes, du flamboyant technicolor, des décors peints (attendrissants), de la taverne "The Burning Man", du portrait fou, d'un acteur et d'une actrice pareillement  magnétiques, ou - plus certainement encore - de cette belle musique inquiétante qui, depuis, n'a  jamais plus quitté mon esprit ?

(Nevermore left my mind ?)

Et comme en tout bon film fantastique, j'ai rejoué longtemps - quasi-clandestinement - son thème principal ("Main Theme") sur l'harmonium d'une certaine église de ces temps disparus...

4411c

Gloire donc au regretté Ronald Stein (1930-1988),

musicien d'ambiances fantastiques !

*

rueducine

Souvenirs d'une première vision adolescente du "fantastique" 2001 de Stanley Kubrick...

2001_a_space_odyssey_large_picture_1nm7b3t

C'était dans une salle parisienne équipée en Cinérama et 70 mm...

(Deux tickets gratuits gagnés à un improbable concours...)

10

Comment décrire - aujourd'hui - pareil émerveillement ?

2001_a_space_odyssey_v04_silver_ferox_design_copy

... Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathoustra, Richard Strauss, An der schönen blauen Donau, les Australopithèques, "L'Aurore de L'Humanité", Keir Dullea, Gary Lockwood, Hal 9000, Györgi Ligeti...

2001_a_space_odyssey_face

... et puis ?

2001SpaceOdyssey128

La Porte des Etoiles, bien sûr...

AVT_Stanley_Kubrick_157

Gloire à Stanley Kubrick (1928-1999)hypnotiseur de ces Temps  !

*

P1010029___Copie__2_

Soit quelques souvenirs (surtout l'affiche de "2001") qui resteront au jeune Val - "Val pour Valentin" : notre ado de L'été et les ombres que certaines et certains d'entre Vous ont déjà sûrement cotoyé...

Un "petit éditeur" que vous connaissez aussi peut-être (Mon Petit Editeur : celui qui tire de leurs Ombres lovecraftiennes les "Grands Obscurs" qu'éternellement et fort heureusement nous demeurerons... ) a, en effet, opportunément accepté de (re)publier et commercialiser ce "petit roman" tout juste avant l'été prochain... évidemment une fois notre habituel travail de Romain "préparatoire" terminé : mise-en-page et corrections réalisées par nous-mêmes ! Economie de main d'oeuvre...

Et puis ? Rien.

" C'était nos quinze ans... "

(Michel Delpech)

*

Ultime photographie : 

Dourvac'h

 Rives du Douctouyre en été (Ariège, été 2013)

Illustration choisie pour la page I de couverture de

9782342020236_r

L'été et les ombres

- roman de Dourvac'h : remanié et nouvellement préfacé par son auteur -

"Mon Petit Editeur" - prix de vente : 14, 95 euros (!!!)

(à paraître dès avril-mai 2014)

Posté par regardsfeeriques à 00:00 - Commentaires [12] - Permalien [#]