samedi 5 février 2011

Coragem Irmon...

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Coragem Irmon

Courage, frère

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Ca bô desanima ô fidjo

Ne désespère pas, fils

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Força de vontade

La force de la volonté

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E tao grande

Est si grande

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Pa mode alguem qui dispreza 'bo

Ne te laisse pas abattre

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Tudo ta fazê parte

Parce qu'on t'a méprisé

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Di nôs vida

Notre vie est ainsi faite

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Si hoje

Si aujourd'hui

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Causa de casode e' riqueza

L'on ne se marie que pour chercher richesse

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Nôs sentimento ja caba

C'en est fini du sentiment

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Tonte gente

Tant de gens

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Envolvido ness riqueza

Vivent préoccupés par cette richesse

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Qu' sês coraçao ta sofrê...

Qu'ils en ont le coeur meurtri...

*

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paroles : Toi Vieira

chant : Cesaria Evora

(copyright : Lusafrica, album CD Cabo Verde, 1997)

*

photographies : Dourvac'h

la Isla de El Hierro (Canarias), fin octobre 2009

*

... et dès maintenant

découvrez TOUTES nos réponses

à vos charmants 20 messages

sous l'article-dessin précédent :

Quand le (Sur)naturel féminin revient au galop... !

*

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Avec une pensée (sauvage)

pour le grand courage et l'esprit de Paix

de nos soeurs et frères (de coeur et d'âme)

... de Tunisie, d'Egypte et d'ailleurs...

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dimanche 30 janvier 2011

Quand le (Sur)naturel féminin revient au galop...

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Premiers pas et détails d'un dessin largement inachevé à ce jour...

Rose et bleue

ou

" Là était le bonheur, peut-être... "

*

Merci à nos Amies Muriel, Christiana et Aurélia,

pour vos trois suggestions de titres !

*

... et nos 30 réponses à vos 30 belles réactions

vous attendent sous l'article précédent !!!

*

Dourvac'h

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samedi 22 janvier 2011

Introspection ou Le portrait intérieur

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Esquisser au moins quelque chose...

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... voir venir à soi trois belles questions :

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" D'où venons-nous ? ...

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... Que sommes-nous ? ...

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... Où allons-nous ? " (*)

(*) Titre du fameux tableau panoramique (1897) de Paul Gauguin

*

(Dourvac'h's)

Introspection ou Le portrait intérieur

crayons de couleurs Polychromos sur papier Ingres 65 x 50 cm, 19, 20 et 21 janvier 2011

*

Autoportrait intérieur ? Son premier nom fut : "Déterminée"...

Une ennième vision d'âme...

*

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" Vous avez découvert un espace intermédiaire, où les affaires de la vie ne font pas intrusion ; où l'instant fugitif daigne s'attarder pour devenir un vrai présent ; un lieu où le Temps, lorsqu'il se croit à l'abri des regards, s'assied au bord du chemin pour reprendre son souffle. Ah, s'il pouvait s'endormir, et permettre aux mortels de continuer à vivre sans plus vieillir ! "

Nathaniel HAWTHORNE, L'Esprit hanté, "Contes et récits"

(traduction de Muriel Zagha, page 44 de l'édition de poche "Babel")

Illustration : ... restée longtemps à regarder le feu mourir...

(crayons de couleurs - détail de la minuscule esquisse du dessin ultérieur)

*

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Aussi, découvrez nos 23 réponses personnelles à Votre gentillesse ...

sous l'article du 6 janvier :

The (very) little fairy-world of Dourvac'h / part three...

*

... puis nos 8 réponses sous le grand dessin naïf d'une âme tsigane

sous l'article du 13 janvier:

... restée longtemps à regarder le feu mourir...

*

... et toujours PanGea (en son XIXème épisode, trop peu lu) ci-dessous...

... et encore PanGea (le XXème épisode) pour samedi 5 février !!!

*

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... et à l'attention particulière de SeL et de nos Amies & Amis,

après le célèbre Autoportrait à l'oreille coupée

(Vincent Van Gogh, Arles, 1889)

voici celui de La femme (ou l'âme) aux oreilles remodelées

(Dourvac'h, Viviès, 2011) ...

( ... ENFIN dans sa version originelle non sous-titrée définitive !)

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dimanche 16 janvier 2011

PanGea /XIX

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XIX

  « Où allons-nous, où allons-nous ? »

   A nouveau la chaleur ; tous à la recherche d’une ombre.

  Shou-Lîen a rejoint les autres sur la charrette ; le petit frère blessé somnole près du corps de sa mère ; les petites geignent. La mule se traîne.

*

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  Xi-Jîn préfère marcher. Une mouche vient se poser sur ses lèvres ; sa main est venue la chasser… Son autre main serre fort, très fort, deux des longs doigts de Chân : comme un anneau qui les emprisonne.

  Elle ne lâchera pas la main de Chân.

  Parfois, du haut de la charrette, les petits yeux noirs de Shou-Lîen viennent chercher ses yeux à elle, puis s’en retournent, très vite  tels des hirondelles ; quittent à nouveau le charroi ; font le tour du visage et du regard de Chân ; reviennent à la roue et aux planches qui tressautent… aux sandales bleues de la mère (Pour s’occuper, elle joue à les dénouer puis les renouer… ).

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   Xi-Jîn pense : pour Shou-Lîen, leur mère est devenue poupée à habiller.

     La charrette grince.

    Sœur, tu t’es réfugiée là-haut pour nous regarder… ou bien est-ce Chân qui te fait peur ?

   Xi-Jîn s’étonne que la belle main de Chân n’attire plus autant sa sœur… Sans doute la trouve-t-elle dure et inhumaine : une main de pierre, d’un dieu étrange.

*

   Elle, ne trouve cette main ni dure ni inhumaine. Seulement tendre.

  Chân garde les yeux baissés sur le chemin comme ébloui de poussière blanche. Jamais il ne tourne les yeux vers elle.

  Peut-être s’est-il absenté ?

  Peut-être l’a-t-il oubliée ?

  Elle croit qu’elle n’est pour lui qu’une petite fille qui s’accroche à lui.

*

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  « Où va-t-on, Chân ? »

  Elle lui a parlé depuis l’intérieur d’elle.

  Maintenant Chân se tourne vers elle.

  Elle attend…

  «  Tu m’as entendue ? »

  Il fait signe que oui.

  Elle sait qu'elle a rejoint son monde.

*

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  « Tu pleures ? »

  Non, c’est la poussière… le chemin… Je suis fatiguée.

Un silence. Et si la petite fenêtre de son monde se refermait pour elle ? Elle doit vite reparler, très vite…

Où va-t-on ?

Où a dit l’homme... Il est parfois devant nous, parfois au-dessus de nous. A mesure que nous avançons, il me montre le chemin à suivre…

–  Toi, tu le vois ?

Comment le verrais-je ? Il laisse des traces à l’intérieur de moi…

Tu n’as pas envie de le voir ?

Non.

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… et les traces ?

Les traces…

Il rit.

Il y a encore quelque chose que tu ne sais pas… C’est lui qui a décidé cela…

Quoi ?

Ça, par exemple : tu ne dois pas me lâcher la main… sinon, je perdrais la piste !

Certainement qu’il l’a vue rougir…

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Tiens ! Tu vois cette pierre énorme ? Elle ressemble à un lièvre… avec ses grandes oreilles collées contre lui en train de fuir… Et ce lézard qui vient de se couler dans l’herbe, juste à tes pieds ?… Et ce petit nuage qui vient de s’arrêter face au vieux vallon gris ?

Dis-lui d’arrêter… C’est loin, c'est si loin…

Il ne répond pas ; ralentit son pas puis se tourne vers elle. Il y a cette douceur dans l’air ; ce bruissement de mots en vrai glissant des lèvres de Chân :

«  Xi-Jîn, tu dois me lâcher la main. Maintenant, l’homme nous dit d’arrêter… »

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( ... à suivre... )

*

... et le livre, PanGea ? Il existera - Inch' Allâh ! - fin mai 2011...

(20 d'entre Vous l'ont déjà retenu... Grand Merci !)

*

Texte & photographies :

Dourvac'h

(1), (2), (3), 4), (5) & (6) : Isla de El Hierro (Canarias), octobre 2009

(7) : Massif du Plantaurel (Ariège), hiver 2009-2010

(8) : Monts d'Olmes (Ariège), été 2009

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jeudi 13 janvier 2011

" ... restée longtemps à regarder le feu mourir... "

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Comme surgies de l'ombre,

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toutes nos réponses Vous attendent...

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... après vos mots offerts,

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juste sous l'article précédent...

*

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Dourvac'h

*

" ... restée longtemps à regarder le feu mourir... "

- détails et ensemble -

(dessin crayons de couleurs Polychromos, 45 x 65 cm, 16 janvier 2011)

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jeudi 6 janvier 2011

The (very) little fairy-world of Dourvac'h /Part three

( ... suite d'un long dialogue élaboré en août 2010 : Loetitia Pillault - Dourvac'h )

... et pour lire ou relire "Part one" ? Voir notre article du 25 septembre 2010 ...

... and "Part two" ?  Voir notre article du 17 octobre 2010 ...

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Mélancolie ou âme qui rêve (dessin, 2009)

- Et la mélancolie... amie ou ennemie ?

Tu as la réponse dans mes dessins... la mélancolie est plutôt "amie" (ou disons : "alliée") puisqu'elle donne accès à la rêverie... et ouvre entièrement le monde... les yeux de mes fillettes et mes femmes sont ainsi pleins de "rêves d'ailleurs"... On peut interpréter que ces personnages – masculins ou féminins – immobilisés dans leurs rêves sont à coup sûr l'expression de mon âme... j'ai toujours eu en moi cette sensibilité dite « féminine », je l’accepte et l’assume… et je me rassure en me disant que je ne dois pas être un "cas" isolé... beaucoup de personnalités dites "artistes" sont sans doute faites de cette même «pâte» d’âme... il y a ainsi le petit garçon rêvant (gravement) sur son camion en bois peint... les fillettes jouent à la poupée mais semblent bien «absentes»... les femmes y sont des fées qui regardent leur miroir ou s'élèvent dans le ciel, souriantes, à la fois confiantes et épanouies... je n'ai pas envie d'interpréter... disons que sur le dessin, comme dans la vie, j'aime voir l'épanouissement sur le visage de l'aimée... l'amour physique est le plus haut point du partage possible... le visage de la femme aimée y devient fleur...

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« Avec toi, je m’étais envolée… » (détail dessin, 2010) 

- Tes personnages ont presque tous en commun un désir d’échapper à une réalité sombre par la force de leur imaginaire… peux-tu nous en parler ?

Je dirais que c'est leur droit... D'ailleurs, ils ne se privent pas de l'exercer !!! La force de l’imaginaire explique sans doute la naissance et le maintien de la vie sur Terre… Tout ce qui «n’imagine» pas est condamné par avance…

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La petite fille de la clairière (détail dessin, 2010)

- Il y a toujours des contrastes dans tes récits. Entre l’innocence et les idéaux, opposés à une certaine gravité, un côté sombre… Sais-tu que c’est là toute la force de tes récits et dessins ?

Merci, mais je ne sais quoi te répondre d'autre que ce "merci"... Notre existence est entièrement tissée dans ces "forts contrastes"... J'ai l'impression que l'on ressent beaucoup plus l'ivresse de vivre en s'évertuant à respecter - y compris en Autrui - ces "forts contrastes"... Mille occasions que nous offre notre quotidien, au fil des jours...

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Eryngium maritimum L. et Pins maritimes à La Franqui (Aude), 2010

- Parle-nous de l’influence de la Nature dans tes œuvres écrites...

La Nature est partout, heureusement... partout autour de nous... même malmenée... piétinée... "consommée"... je ne comprends pas que les humains restent à vivre dans les villes, c'est-à-dire si loin de cette source d'harmonie, cette source "sûre" de beauté : les collines, les montagnes, les forêts... Mais sans doute y sont-ils obligés... Il se trouve que la simple vision du monde naturel est quelque chose qui nous apaise...

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Comment pourrais-je t'oublier ? (première étape dessin, 2010)

- Que dire de l'ancrage amical dans la réalité sombre de tes personnages ?

Dire que tu en parlerais sûrement mieux que moi... Mes personnages sont plongés dans la pénombre... mais cette pénombre, c'est notre vie quotidienne... la pénombre "prend la lumière", peu à peu, au fil du récit... leur monde s'éclaire... les deux derniers chapitres d' Au Jardin après la scène terrible de la noyade de Carine... où l'on vit comme de l'intérieur l'étouffement de ma petite héroïne, ses deux poumons avec leurs milliers de petites alvéoles pulmonaires qui se remplissent d'eau... inexorablement… La conscience de vivre dans «les Limbes» qui suit ce moment pénible crée une respiration, comme un « Ouf ! » de soulagement… Les Limbes sont un monde de lumière où sans aucun ressentiment particulier (le ressentiment appartient au seul monde adulte… ) Carine retrouvera «naturellement» Damien, son jeune "noyeur" (et noyé) par maladresse... Les parents de Carine avaient bien «raison» de prévenir la gamine : ce Damien Stacci est non pas un «voyou» mais un terrible inconscient face auquel des parents sensés auraient bien tort de laisser leur fils ou leur fille passer un seul après-midi en compagnie de ce spécialiste en idées baroques…très «meneur», par ailleurs (on dirait «enfant leader» mais la langue des psychologues se préoccupe peu de poésie, c'est dommage…)

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Porte des mauvais rêves (esquisse, 2007)

- On sent cette force de la terre (accompagnée de tes si belles photos) et en même temps le côté impalpable des rêveries, de l’esprit imaginatif de tes personnages … je pense à cet arbre dans Au Jardin , lien entre la terre-réalité et le ciel-rêves… Pourquoi est-ce important pour toi de jouer sur ces 2 plans ? presque 2 mondes ?

Au Jardin est né d’une idée : une fête d’enfants qui tourne à l’étrange... il n’est pas banal que les deux personnages principaux soient transformés en crapauds dès la première page d’une histoire, ne s’en ressentent pas si mal et redeviennent dès la seconde page bien humains (là aussi contre leur gré)…se découvrant nus comme « Adam et Eve » enfantins, le rouge aux joues… « à l’ombre des piquets de tomates »… L’enfance est le Jardin d’Eden de nos rêves… Nous allons déchoir ensuite… Je ne me souviens pas précisément de l’arbre dont tu parles : sans doute le Grand Arbre au sommet duquel monte Le Petit Poucet de Charles Perrault : il y a l’arbre-refuge de Chris et Val, ces Tristan et Yseult adolescents de L’été et les Ombres. Ils acceptent d’en redescendre pour des raisons bien banales, contrairement au Baron Perché, ce héros pas si misanthrope – simplement prudent ? – d’Italo Calvino… Il y a dans PanGea le même "Grand Arbre" : «arbre aux rêves», séquoia ou mélèze géant, que Chân considère justement à l'égal d'un Dieu... et qui va se matérialiser puis disparaître devant la bouche d’une caverne qui fait face au vide… Les deux mondes sont juxtaposés en permanence… nous passons sans cesse de l’un à l’autre… Qui nous prouvera la «réalité» exclusive d’un seul de ces deux mondes ? … On a le droit de partager entièrement la perception de Gérard Labrunie «De Nerval» dans Aurelia : « Le rêve est une seconde vie. »… la vie des personnages de «nos» livres (écrits ou lus), aussi…

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Vue sur les étangs de Bassiès (Ariège) depuis le refuge, juillet 2010

- Dans ton œuvre en cours, PanGea, on ressent très fortement les sensations physiques de tes personnages, est-ce une façon de nous faire ressentir ces émotions ? De vivre en même temps que ces personnages... ?

Exactement… et peut-être cette démarche (bien involontaire) est-elle «narcissique» ? … Je me souviens de cette critique à laquelle j'ai été confronté, un jour, à propos de mes dessins et d'un personnage que je faisais intervenir et donc s'exprimer sur mon site...

Effectivement, pour que mon personnage vive, rêve, marche, sente, aime, etc., il faut que je parvienne à m’incarner en lui… ressentir et penser comme lui ou elle… humain (homme ou femme... vieillards, adultes ou enfants), animal (un chien, une chouette, une fourmi... ), végétal (un arbre, le plus souvent...), minéral même !!! (J'ai même voulu incarner un jour la surface terrestre qui était fatiguée des pieds humains qui la piétinaient sans cesse, en long et en large...) C’est ainsi que l’on finit par s’incarner (successivement) dans absolument TOUS les personnages d’une histoires : ces personnes à qui l’on a «prêté vie»… Et j’avoue que j’en ai marre – parfois - d’être «seulement» moi-même… Sans doute cela arrive à PLEIN de gens qui peignent, dessinent, sculptent, façonnent, écrivent… Bref, voici ma «base motivationnelle»...

( ... à suivre... )

*

( "Part four" en début février 2011, pour ne point vous lasser... )

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Peintre au miroir de l'âme (détail dessin, 2010)

dessins et photos : Dourvac'h

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jeudi 30 décembre 2010

Trois poèmes de Mririda N'Aït Attik...

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Le village d'Ighrine, en Aît-bou-Guemez, au lever du jour - photographie : Patrick Flament

*

Partageant légitimement amour et fascination

pour l'incroyable (et âpre) magie

de "leur" Terre marocaine,

nos Amis

Tigwenn & Too banal

se sont un jour coalisés

pour dénicher et (m')offrir ce merveilleux présent...

*

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La prière à l'approche de la nuit et l'invitation au thé - photographie : Patrick Flament

Il s'agit d'un recueil de 102 poèmes et chants de Mririda N'Aït Attik

qu'elle a fait naître dans le Haut Atlas, en sa belle langue Tachelhit

(langue berbère du "Pays des Icheulyen") :

poésie traduite par René Euloge qui connut la poétesse...

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Mririda N'Aït Attik ici en 1940

(Mririda signifie "Rainette")

*

Mririda N'Aït Attik,

poétesse autodidacte, a vécu dans la haute-vallée de la Tassaout

(prenant sa source à plus de 3.000 mètres, au nord de l'Ighil Mgoun - 4.076 m)

et exprimé dans ses chants poignants

toute la mélancolie de sa propre existence

et la beauté de cette haute Terre

où le Destin a choisi de faire vivre son peuple...

*

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Petite fille d'Aït Ali-n-Ito - photographie : Patrick Flament

Voici, choisis pour Vous, trois parmi ces cent deux joyaux,

avec sept des extraordinaires photographies de

Patrick Flament

*

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Mririda N'Aït Attik

Les Chants de la Tassaout,

(Edition Belvisi, BP 8044 - CASABLANCA

1986, 2ème édition : 1992 - prix : DH 350,00)

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L'oued Aït-bou-Guemez à Ighrine - photographie : Patrick Flament

C'est toujours ainsi en ce bas-monde...

*

Il y en a toujours un au-dessus,

Il y en a toujours un en-dessous

Et c'est toujours ainsi en ce bas-monde

En haut, la fortune. En bas, le déshérité.

En bas le faible. En haut, la force, la force...

Et c'est toujours ainsi en ce bas-monde...

Le mortier est fait pour recevoir le pilon

Comme l'enclume est faite pour les coups de marteau.

La meule dormante subit la meule tournante.

Le mulet ploie toute sa vie sous le bât.

La terrasse est bien lourde à la poutre qui la soutient.

Et le bon plaisir du Cadi pèse lourd lui aussi...

De grâce, n'allez pas lui chanter ma chanson !

Bonnes gens, n'ai-je rien oublié ?

Et la femme qui est toujours sans défense !

La femme ! La femme qui est toujours dessous...

*

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Fileuse de laine de Msemrir - photographie : Patrick Flament

Mélopée de la fileuse

*

Tourne, tourne mon fuseau,

Mon fuseau de bois fin et poli,

Tourne de plus en plus vite,

Si vite que tu échapperas à mes yeux...

Tourne ! tu n'auras pas à ralentir

Car mes doigts agiles te nourriront

Au gré de ton tourbillon

Et ne me demanderont pas grâce...

Tourne, tourne, mon long fuseau !

Enroule le blanc fil soyeux

La douce laine qui excelle pour la trame...

Tourne, tourne, mon petit fuseau !

Enroule le blanc fil solide,

La rude laine qui réclame la chaîne...

Blanche toison, enroule-toi

Pour le bien des gens de la maison !

Ne vous brisez pas, longs fils blancs,

Ni maintenant ni plus tard sur l'ensouple

Quand ma fille passera trois fois sous le métier...

File, file plus vite entre mes doigts,

Blanche laine qui alourdit mon fuseau !

Pour la maisonnée, y a-t-il bien plus précieux

Que la laine et le grain, que le grain et la laine ?

Ô Laine blanche, grise ou noire, que ta bénédiction soit sur nous

Avec le secours du Dieu clément et miséricordieux !

*

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Jeunes filles au matin, vallée de la Tassaout - photographie : Patrick Flament

Dieu n'a pas fait de place à la rose

*

... Ma soeur, étrangère au pays, ne t'étonne pas,

Ne t'étonne pas de mon ignorance :

Mes yeux n'ont jamais vu ni rose ni orange...

On dit qu'il y a, en bas, au bon pays

Où gens, bêtes et plantes n'ont jamais froid.

Ma soeur étrangère venue de la plaine

Ne ris pas d'une fille de la montagne

Vêtue de laine grossière et allant pieds nus.

Dieu n'a pas fait de place à la rose,

Dieu n'a pas fait de place à l'orange

Dans nos champs et nos pâturages...

Jamais je n'ai quitté mon village et ses noyers

Je ne connais que l'arbouse et les rouges cenelles

Et l'humble touffe de basilic vert

Qui éloigne de moi les moustiques

Lorsque je m'endors sur la terrasse

Quand sont trop chaudes les nuits d'été...

*

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Bergère d'Imi-n-Oulaoun, sur le versant sud du Mgoun - photographie : Patrick Flament

*

... et je "nous" souhaite à tous une nouvelle année

1.000 fois moins résignée que la précédente !

( Indignez-vous ! comme nous conseille Stéphane Hessel...

et puis que revive, dès 2012, TOUT le programme du C.N.R. !!! )

*

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( ... voir aussi notre p'tit message de 

Remerciements tziganes sous cet article... )

*

... et 1.001 fois Choukrâne ! à Vous,

chers Amis Thami & Tigwenn !!! ...

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mercredi 22 décembre 2010

Petite Tzigane, ...

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... tu rêves trop haut !

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Nids de corbeaux à la fourche des arbres...

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Hululements dans la nuit

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Aux mille chiens qui rôdent...

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Epaules serrées trop près du feu,

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Pieds nus dans la poussière de l'aube,

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Ton âme sauvage...

*

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Miss Sarah

vous invite, elle, sur le site merveilleux de

Pas à Pas, encyclopédiste-nomade :

Impasse des Pas Perdus

... pour y découvrir son extraordinaire reportage

Marie Sarah parmi les Maries aux Saintes-Maries-de-la-Mer

(colonne droite de son site : dans la liste "C. CARNETS DE VOYAGE",  y cliquer le titre

"F. Marie Sarah parmi les Maries aux Saintes-Maries-de-la-Mer", paru le 30 mai 2010)

*

... et cette courageuse et belle communication de notre Amie

Cigrine-Shanti :

Par l'article 32ter A ajouté au chapitre 7 de la « Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure » (LOPPSI 2), consacré à l'extension des pouvoirs répressifs du préfet, voté dans l'indifférence générale le 21 Décembre 2010, le gouvernement met en œuvre l'extermination sociale des plus pauvres, en particulier de toutes les personnes victimes d'exclusion par le logement ou le mode de vie, en les expulsant manu-militari et détruisant leurs biens, sous 48h, sans droit de la défense et sans jugement, mais aussi sans aucune obligation de relogement ou d'hébergement.

Cette nouvelle loi étend les discriminations ethniques ordonnées par les circulaires Hortefeux contre les camps de Roms et les gens du voyage, à tous les Français qui se logent par leurs propres moyens et selon leurs convictions.

Il sera désormais hors la loi de se loger en France dans une cabane ou tout local auto-construit non inclus dans le code normatif de l'urbanisme, et même sous une tente, qu'il s'agisse d'un abri de fortune ou d'une yourte écologique.

Cet article criminalise tout abri hors normes en créant une catégorie de « logements illicites », dotée d'une procédure d'exception, expéditive et arbitraire, pour réprimer les personnes dites « du voyage », par la destruction de leurs habitations mobiles ( la loi excluait jusqu'ici la saisie des véhicules d’habitation), ainsi que tous ceux qui ont su trouver une solution, précaire ou assumée, à la fracture sociale et aux expulsions de logement et de terrain, et enfin, tous ceux qui remettent en question les notions de dignité, de salubrité et de décence, en innovant dans des habitats autonomes, modestes et légers, à l'empreinte écologique soutenable. Par ailleurs, la destruction des habitats précaires inaugure une violation de domicile légale sous des prétextes répressifs. Le gouvernement profite de la xénophobie à l'égard des nomades et des Roms pour amplifier sa chasse aux différences, englobant toute expression de la contre-culture.

Cette loi viole le droit de tout citoyen à une procédure équitable et contradictoire, où chacun peut expliquer sa situation et ses choix devant un juge, elle vise et stigmatise clairement l'avant garde d'une transformation de société, engagée dans des modes de vies sobres et éthiques, transformation pourtant appelée à grands cris par tous les experts de la préservation du climat, des ressources et de la bio-diversité.

Alors qu'est tiré un bilan catastrophique de la loi sur le logement opposable (DALO), alors que le gouvernement augmente les taxes sur les HLM pour faire payer encore les plus pauvres, qu'il détourne le 1% logement vers les plus aisés et se moque de la loi SRU obligeant les villes à un cinquième de logements sociaux, mais laisse au contraire les HLM être privatisés, alors que les quartiers difficiles sont piégés en ghettos de violence contre lesquels instrumentaliser la peur sociale, le pouvoir retire tous moyens financiers aux associations de terrain et bafoue les constitutions et les droits républicains et européens.

L'éradication autoritaire de toute forme de solutions spontanées, de toute alternative au mode conformiste d'habiter, soumis au dictat spéculatif du marché immobilier, constitue une mesure radicale extrêmement grave qui, en éliminant toute forme d'inventivité populaire, ainsi que toute visibilité des catégories sociales les plus exposées, bouche tout appel d'air et toute issue aux conflits environnementaux et sociaux..

Les citoyens doivent en saisir l'enjeu dramatique et ne pas céder à la stigmatisation des identités et de l'altérité.

C'est pourquoi nous appelons à des chaines de solidarités locales partout en France afin que, chaque fois qu'un campement de yourtes ou de tout habitat léger ou mobile sera menacé d'expulsion et de destruction, voisins et citoyens viennent manifester, par leur présence pacifique, leur opposition au massacre. Vous pouvez à cet effet adhérer en soutien à l'association CHEYEN ou transmettre vos coordonnées. 

C.H.E.Y.E.N.

Coordination des Habitants-usagers En Yourte sur Espaces Naturels

04.66.54.84.77. Cantoyourte, La cantonade.30160 Besseges.

yourtescheyen@orange.fr

www.yurtao.canalblog.com

*

Dessin & photographies :

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Dourvac'h

... restée longtemps à regarder le feu mourir...

Quatre détails du dessin en cours, 65 x 50 cm - et détail de son esquisse, 13 x 7 cm

(décembre 2010)

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Aube à Viviès (Ariège), ce 22 décembre 2010 ...

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... et de belles fêtes de Noël à Vous !

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samedi 18 décembre 2010

Erwann hag Isild...

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- Dis donc, Yvon... tu crois qu'ils seront plus heureux après nous ?

- Après nous ? Tu veux dire quand on y sera plus ?

J'ai bien entendu dire qu'il y aurait la guerre...

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- T'iras pas, hein ? Je préfère que tu restes là... On n'a pas besoin de tant que ça !

- Alors je m'en irai chercher fortune... et quand je reviendrai, tu auras tes belles robes !

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- T'en fais pas pour ça aussi ! Suis bonne couturière...

Plutôt, occupe-toi bien de moi !

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( ... pour tous nos "Yvon et Yseult" ... )

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Photographies & Toile :

(1), (2) : Jeunes enfants de Bannalec et Scaër,

début XXème siècle, collection V. J., Morlaix

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(3) : John William Waterhouse, Mariana in the South

1897, Oil on canvas, 74 x 114 cm, Private collection

... et mille mercis fleuris ...

à Christiana pour sa précieuse identification du peintre préraphaélite et son lien :

http://www.repro-tableaux.com/a/john-william-waterhouse.html

et à Barbara (cliquer sur le nom John William Waterhouse, 9 de la liste) pour son lien :

http://www.artrenewal.org/pages/search.php

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(4) : Jeune mariée, costume de Ploaré, environs de Douarnenez,

début XXème siècle, collection Villard, Quimper

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Texte :

Dourvac'h

(dessin : Dourvac'h, Peintre au Miroir de l'âme, détail, décembre 2010)

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dimanche 12 décembre 2010

PanGea/XVIII

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  La paume de ses mains, comme les creux de ses pieds ont fini par saigner mais la résine est entrée dans ses plaies. Cela brûle encore un peu puis va jusqu'à s'adoucir...

  C'est comme un baume.

  Chân a appris à ne plus ressentir les douleurs du corps. Son être tremble et s'éloigne un peu de son écorce de chair. Ressentant juste sa lassitude.

  Mains et pieds nus prennent appui contre le tronc rêche : son corps se hisse seul parmi les rameaux - certains fendus par le vent ou la joyeuse descente des enfants.

  Il devine Xi-Jîn tout en bas, faisant boire son petit frère et ses trois soeurs...

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  Lorsqu'il arrivera là-haut, par-dessus les épaules de ce géant habillé de résine, le corps de cette femme qui meurt s'agitera-t-il encore ?

  Elle se débat... Pourquoi s'attarde-t-elle ainsi dans un monde promis à l'effacement ?

  " Chân...  "

  Est-ce la voix de l'arbre ? Ou le souvenir de l'homme de la ruelle ? ...

  " Cette femme, là-haut... restée dans sa caverne où le jour entre à peine... Je viens de lire dans son mauvais sommeil... Elle s'était rendue ches des hommes réputés guérir les maladies... Elle les a écoutés patiemment... Elle les a vus qui levaient les bras au ciel... : " Vous guérir de la faim ? Nous ne sommes pas un garde-manger, femme ! Nous ne sommes pas compétents pour tes enfants... mais nous pourrons t'aider, toi ! ". Ils ne lui ont pas menti : incompétents, ils l'étaient... et puis seulement cupides ! Ils lui ont volé de son sang contre quelques pièces ; elle est revenue vers eux une fois, deux fois, puis est tombée malade... Alors, ils l'ont chassée pour qu'elle ne revienne jamais... Ils lui avaient glissé sous la peau des démons par myriades, autant qu'il y a d'étoiles dans le ciel, et tous ces démons ont trouvé un gîte dans ses os ; leurs forces réunies l'ont fait dépérir... "

  Pourquoi la voix lui racontait-elle l'histoire de cette forme inerte qui l'attendait là-haut ?

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  " ... dépérir, oui, pendant que ses enfants reprenaient vie... assouvissant leur faim grâce à elle ! Au moins pour quelques jours ... puis quelques jours encore... Pour elle, le mana s'épuise... tant qu'il reste lié à ce corps condamné... Ce corps, elle doit maintenant le quitter... "

  La sentence agace Chân :

  - Arbre ou homme, dis-lui toi-même !

  " Ne t'en fais pas... Elle m'entend aussi..."

  - Qui es-tu ? Montre-toi...

   Pas de réponse.

  - Est-ce haut, encore ?

   Pas de réponse encore. Un coup de vent fait siffler les branches. Le ciel s'obscurcit... puis blanchit.

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  Chân monte dans une brume blanche et glacée. Ses doigts jaunes et violets se mettent à saigner. Il a laissé son manteau aux épaules de Hsiao.

  Il grelotte.

  Le grand arbre devient prisonnier du nuage.

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  - Arbre... réponds-moi ! Voix... montre-toi ! "

   Rien. Encore grimper, se blesser. Sous la morsure du froid, ses chairs s'ouvrent davantage...

  - Sooooorcier ! "

  " Ne m'appelle jamais ainsi ! "

  - Alors comment te nommer ?

  " Bossu joueur de flûte... "

  Ce nom le fait rire.

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  Il va se suspendre à l'extrêmité du dernier grand rameau qui ploie sous lui ; se laisse tomber dans la grotte glaciale.

  Le corps est là, recroquevillé, sans vie. La jarre restée dans la grotte, presque pleine...

  Il fait la toilette de la morte, essuie sa peau couverte de ces sortes de taches de léopard ; soulève le pantalon de toile, voit que des matières y ont séché, accrochées aux cuisses squelettiques.

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  Chân soupire ; prend un rameau  encore vert près du foyer éteint ; écrase dans sa main quelques feuilles encore fraîches. Le suc des feuilles teinte sa paume de vert.

  De tous ces débris, il frotte la peau du cadavre ; la nettoie entièrement de ses souillures.

  Ne devra-t-il pas suivre le rite jusqu'au bout ? Ils devront marcher longtemps juqu'à croiser le chemin des eaux... torrent ou ruisseau, fleuve ou rivière... Assembler le radeau, allumer le bûcher, le regarder s'éloigner au fil de l'eau...

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  Il soulève le corps de la mère ; le laisse prendre appui contre son épaule. Malgré sa maigreur, son pauvre poids en os, ce corps est un fardeau...

  Il le redépose ; s'assied pour boire... (Comme cette jarre lui paraît lourde !)

  Tout ce qui était dans cette grotte pèse comme la montagne...

  Il noue la cordelette de Xi-Jîn autour du col de la jarre, l'attache solidement à sa ceinture de laine. Reprend son fardeau de mère morte. Le fardeau soupire.

  Pas morte...

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  Alors il la redescend, place la tête contre son genou, décolle les lères noirâtres ; il approche le fond de sa grande main qu'il vient d'emplir d'eau... La mère ouvre les yeux. Le voit-elle ?  A-t-elle peur de lui ? Il pose sa main restée humide sur le front étroit aux fines rides. Les yeux sourient puis...

  Le corps ne bouge plus. A nouveau poids sur son épaule. Charge légère. La jarre seulement remue contre sa hanche.

  Il a repris le chemin de l'arbre. A nouveau, le rameau les a soutenus...

  Il descend... chante et respire...

  ... chante et respire... de plus en plus vite !

  Sa langue, ses mains, ses pieds ne lui appartiennent plus...

  Il est hors du temps, hors de ce monde.

  Il descend.

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  Lorsque les nuages de glace le quittent, c'est à peine s'il aperçoit le soleil qui fait étinceler les cônes et les aiguilles tombantes.

  Lorsqu'il arrive au bas de l'arbre, Hsiao est debout.

  L'enfant montre sa tête, à l'endroit où lui reste le mal.

  Tous ont bu l'eau de la jarre fendue de Xi-Jîn. La mule s'est nourrie aux quelques buissons maigres d'alentour...

  Xi-Jîn l'attendait - pour donner à chacun sa part de figues restantes... Chân offre ce regard qu'elle attend ; il y met beaucoup de douceur.

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  Hissant sa mère, puis Hsiao sur la charrette.

  Les petites suivent.

  On descend le chemin. Un dernier regard à...

  ... L'arbre a disparu !

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  Pourquoi la mule a-t-elle pris son trot ? Il parvient à peine à la retenir...

  Tous se sont mis à courir, sans réfléchir... Il doivent laisser loin derrière eux ce lieu... Chân a saisi la main d'une des petites, Xi-Jîn et Shou-Lîen ont entraîné l'autre petite soeur...

  Ils sont très loin lorsque lui seul ose se retourner à nouveau.

  Il essuie son front ; la sueur lui brûle les yeux... cherchant le haut refuge de leur nuit, retrouvant l'entrée noire de la grotte comme un oeil bienveillant sur la face blanche de la montagne. Il est heureux et soupire.

  Il revient vers Xi-Jîn, toujours assise dans l'herbe avec ses soeurs...

  - Xi ...

  Le temps qu'elle se lève puis regarde avec lui, c'est la montagne entière qui a disparu.

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( ... à suivre... )

*

Texte & photographies :

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Dourvac'h

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(1), (2), (3), (5), (6) : Fin d'été au Château de Roquefixade, Ariège, août 2010

(4), (7), (8), (9), (10), (11), (12) : Début d'automne dans le Plantaurel, Viviès (Ariège), septembre 2010

(13) : Grilles du Château de Gargas, Viviès (Ariège), septembre 2010

(14) : Peintre au miroir de l'âme, dessin (détail), décembre 2010

(15) : Ciel de fin d'été, Ariège, 2010

(16) : Dallage de sentier, Vallée du Vicdessos (Ariège), août 2010

(17) : Rose à Viviès (Ariège), septembre 2010

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PanGea est un énorme ouvrage de 166 pages déjà écrites en leur "première manière" (2002), bien imparfaite... Les pages que vous découvrez, au fur et à mesure, sont le visage de la refonte progressive actuelle, un processus très lent, si lent, souvent bien décourageant... Ce processus de mise-au-jour, polissage et  épuration patiente des scories ne nous a mené - en notre 6ème mois de travail - qu'à la page 41 du premier manuscrit...  La vie se passe à essayer de la gagner, hélàs pour nous ! Et non pas - comme c'est dommage ! - à SEULEMENT écrire, dessiner, peindre, promouvoir ou auto-éditer nos propres ouvrages... (Doux rêve)... Tempus fugit... et la vie passe, et l'énergie vitale s'épuise... Notre mana (concept "pangéen" chipé chez les anciens Pascuans) n'est pas infini... mais j'espère bien être en lice pour terminer le travail avant mai 2011 - eu égard à Votre patience, votre confiance et votre gentillesse - mais actuellement rien n'est moins sûr ! Au train où vont les choses... et il n'est pas question de bâcler ! Au moins par fidélité à Xi-Jîn, Chân et leurs congénères... Faire de son mieux, comme eux... mes p'tits modèles... de vie... de patience...

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Amitié-Fée...

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(Dourvac'h)

(dessin : Dourvac'h, Peintre au Miroir de l'âme, détail, décembre 2010)

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