lundi 24 décembre 2007
Julien Gracq ou la PanGée des Rêves - silences et survol d'un Continent...
illustration (haut) :
Caspar David FRIEDRICH
Voyageur au-dessus de la Mer de Nuages (détail)
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crédits artsitiques pour les photographies en noir-et-blanc, de haut en bas :
Roland ALLARD, Agence VU :
Portrait de l'écrivain, 1982
Julien Gracq, Saint-Florent-le-Vieil, 1982
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Jean-Paul DEKISS, Opale
Julien Gracq, Saint-Florent-le-Vieil, 2001
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Nos humbles petits articles sur les livres et l'univers de Monsieur Gracq
restent consultables ici en
"Julien GRACQ"
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On pourra survoler aussi, par notre colonne gauche,
les si riches pages du site de la
"Librairie José Corti"
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De futurs beaux rêves d'océans, de forêts et de sables à tous !
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dernière photographie :
DOURVAC'H, Viviès (Ariège), 23 décembre 2007
lundi 3 septembre 2007
Fin août au Pays de Julien Gracq : voyage entre Evre et Loire...
C'était à Saint-Florent-le-Vieil...
... par un mardi d'août ensoleillé (28 août dernier)...
.. là où Maine-et-Loire et Loire-Atlantique se font face...
Guerres vendéennes et Matière de Bretagne en miroir,
de chaque côté du Grand Fleuve...
Un voyage au pays des barques à fond plat et de leur mémoire vive...
Mémoire des hommes, d'un homme ici et aujourd'hui solitaire
au milieu d'un grand fleuve nommé "Littérature"...
Papyrus de mémoire et labyrinthe des rêves
qui s'ouvrent face au perron de cette maison...
Je n'ai pas pris de photo au domicile de Monsieur Poirier
dit "Julien Gracq"
(je n'aurais jamais osé lui demander...)
Homme intrépide de ses 97 années de présence terrestre...
Oeil malicieux...
Je l'ai écouté parler de cette Littérature "survivant" miraculeusement,
devenant de plus en plus "société secrète"...
... menacée par les paralittérateurs bâcleurs et anthropophages du monde entier,
occupant ces terrains si vagues en cervelles disponibles,
espace bien déblayé par l'Horreur Economique...
Que lui ai-je dit, moi ?
.. Que j'ai trouvé une même musique de mots
dans ses premières phrases de voyage en barque et en Littérature
des "Eaux étroites" (1976)...
... que dans l'entrée du labyrinthe enchanté d'
"A la Recherche du Temps perdu" de Marcel Proust...
... Que le jeune garde forestier "Barnàbo des Montagnes" (1933)
ou le Lieutenant Giovanni Drogo du "Désert des Tartares" (1940)
imaginés par l'écrivain magicien Dino Buzzati
m'ont semblé si proches du monde d'attente
entre sentiments, songes et guerres
du Lieutenant Grange
d' "Un balcon en Forêt"
d'un certain Julien Gracq (1958)...
Mais tant de choses à entendre et à dire...
L'écrivain nous a reçus 1 heure 15, je crois,
s'excusant de ne pouvoir offrir plus...
(j'avais 1 h30 de retard sur l'horaire de rencontre prévu...)
Mon fils de 15 ans avait été invité, nous a écoutés,
a un peu parlé... S'est-il vraiment ennuyé ?
Pour ce qui est de moi et depuis 15 ans,
Julien Gracq m'a ouvert en grand
les portes de "La Littérature"...
Cette première visite, c'était... comment dire ?
Une journée féérique sur une rive de Loire,
pas si loin des Territoires de l'Evre...
*
DOURVAC'H, 2007
*
Clichés pris à
St-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) le 28 août 2007
(sauf dernier cliché pris à Orléans le 26 août 2007)
Autres clichés :
Chien en faïence : oeuvre de Marie-Christine Lehembre (Orléans)
Poupée de porcelaine et Pendule ancienne : fabrication inconnue
samedi 23 juin 2007
" Un balcon en forêt " : Julien Gracq / Brocéliande à Nebias (Aude)

" Une idée de bonheur avait toujours été liée pour Grange aux sentiers qui vont entre les jardins, et la guerre la rendait plus vive : ce jardin lavé par la nuit, gorgé de plantes fraîches et d'abondance comestible, c'était pour lui le chemin de Mona ; il abordait à la lisière du bois comme au rivage d'une île heureuse. 
La porte de Mona n'était jamais fermée - non pour que son ami pût entrer le matin sans la réveiller, mais parce qu'elle était par la race de ces nomades du désert que le déclic d'une serrure angoisse : où qu'elle fut, elle plantait toujours sa tente en plein vent.
Quand Grange entrait, dans le carré de lumière grise que faisait la porte ouverte, il apercevait d'abord sur une table de cuivre le contenu de ses poches qu'elle avait vidées en vrac avant de coucher, et où il y avait des clés,
des bonbons à la menthe tout incrustés de miettes de pain, une bille d'agate, un petit flacon de parfum,
un bout de crayon mordillé et sept ou huit pièces d'un franc. Le reste de la chambre était obscur.
Grange n'ouvrait pas les volets tout de suite ; il s'asseyait sans bruit près du lit qui sortait un peu de l'ombre, vaste et ténébreux, éclairé d'en bas par les braises de la cheminée et le reflet gras des chenets de cuivre.
Quand Mona s'éveillait, avec cette manière instatanée qu'elle avait de passer de la lumière à l'ombre (elle s'endormait au milieu d'une phrase comme les très jeunes enfants)
cinglé, fouetté, mordu, étrillé,
il se sentait comme sous la douche d'une cascade d'avril, il était dépossédé de lui pour la journée;
mais cette minute où il la regardait encore dormir était plus grave : assis à côté d'elle, il avait l'impression de la protéger.
Le froid se glissait dans la pièce malgré le feu mourant; 
à travers les volets mal joints suintait une aube grise;
un instant, il se sentait porté au creux d'un monde éteint, dévasté par de mauvaises étoiles, tout entier couvé par une pensée noire : il promenait les yeux autour de lui pour y chercher la coûteuse blessure qui faisait le matin si pâle, refroidissait cette chambre triste jusqu'à la mort.
" Qu'elle ne meure pas ", murmurait-il superstitieusement, et le mot éveillait dans la pièce aux volets fermés un écho distrait : le monde avait perdu son recours; on eût dit que de son sommeil même une oreille s'était détournée.
Mona dormait à plat ventre, les couvertures enroulées autour d'elle, les bras étendus de tout leur long, les mains plongées sous le traversin agrippant le lit de ses deux bords,
et Grange quand il se penchait sur elle souriait malgré lui, toujours étonné que même dans le sommeil, la prise de ce petit corps sur ce qu'il avait reconnu une fois pour son bien et sa pâture fut si affamée.
Souvent elle s'endormait nue;
quand il soulevait un peu le drap sur son épaule, il comprenait que ce sommeil brusque d'enfant qui la terrassait et qui l'étonnait si fort
avait mêlé à sa fatigue le souvenir d'un piège tendre : c'était comme si une hâte l'eût convoyée vers lui à travers toute la longue nuit d'hiver, 
et quelque chose lui bougeait dans le coeur : 
il se dévêtait vite, sans bruit, et s'allongeait à côté d'elle. "
Julien GRACQ
" Un balcon en forêt "
José Corti éditeur,
1ère édition, 1958
(pages 84-86)
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photos :
DOURVAC'H
forêt de Nebias (Aude), avril 2007
en contrepoint à cette forêt magique des Ardennes en "drôle de guerre"
pour notre Lieutenant Grange pris dans l'hiver 1940
& dont l'Odyssée mélancolique et amoureuse
fut chantée en 1958 par la lyre de Julien GRACQ...
(Et avez-vous reconnu l 'Arbre-harpe de "Brocéliande-en-Aude" ?)
lundi 18 juin 2007
Julien GRACQ ou le début d'un rêve...
Le jeune homme photographié ici à côté de sa soeur s'appelle Louis Poirier ;
il vit à Saint Florent-le-Vieil depuis quatre-vingt dix-sept ans,
auprès des rives de la Loire et de l'Evre...
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Sous le nom de Julien GRACQ,
c'est le plus grand écrivain français vivant...
Un numéro spécial du "magazine littéraire"
vient - enfin - de lui être consacré
(juin 2007)
*
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A cette question finale de l'entretien
réalisé par Dominique Rabourdin
à Saint-Florent en 2007 :
" Etes-vous stoïcien ?
N'avez-vous pas peur de la mort, de votre propre mort ? "
Julien Gracq lui répond :
" La perspective de ma disparition ne me scandalise pas :
la mort semble partout inséparable de la vie,
individuelle ou collective.
La mort survient, un jour ou l'autre ;
quoique très proche pour moi, sa pensée ne m'obsède pas :
c'est la vie qui vaut qu'on s'en occupe. "
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Clichés :
Trois oeuvres célèbres de Caspar-David FRIEDRICH
(détails - pour les trois derniers)
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Portraits de Julien Gracq et clichés des premières éditions de ses ouvrages
extraits du dossier spécial du "magazine littéraire", juin 2007
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Photos de quelques ouvrages de Julien Gracq
(photographiés par "Dourvac'h")
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et bientôt ici, des extraits illustrés de :
"Au château d'Argol" (1938)
"Le Roi Pêcheur" (1948)
"Le Rivage des Syrtes" (1951)
"Un balcon en forêt" (1958)
*
(Sans aucun jugement de valeur sur les "qualités" des romans et récits des uns et des autres,
précisons ici qu'une lecture des ouvrages-rêves
de Julien Gracq ne semblent pas d'une lecture aussi "évidente"
que les ouvrages d'Anna Gavalda et Marc Lévy...)
vendredi 2 février 2007
Lancelot et Guenièvre : l'amour fou ou l'enfance du monde...
Lancelot et Guenièvre, amants...
L'un et l'autre servaient pourtant bien leur Roi...
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au centre : Lancelot sur le bord du Lac (Luc Simon)
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La Reine Guenièvre au naturel (Laura Duke Condominas) ...
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photos de plateau du très beau film de Robert BRESSON :
" Lancelot du Lac "
(1974, couleurs)
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mais peut-être...
... rêvaient-ils déjà l'un de l'autre, enfants ?
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photos du bas :
DOURVAC'H
"Rabah et Marie"
(autour de 1978)
vendredi 19 janvier 2007
Lancelot et Guenièvre
Ne sont-ils pas charmants, les deux ? Belle adultère magnifiée par Chrétien de Troyes et adaptée au "cinématographe" - en couleurs - par Robert Bresson en 1972.
Lancelot ramenant la reine Guenièvre à son roi (Arthur ou "Arzur").
En 1948, Julien Gracq publiait sa pièce "Le Roi Pêcheur", aujourd'hui toujours aussi fascinante - mettant en scène le jeune Parsifal (ou plutôt"Perceval"... ) face à l'échec d'un roi - Amfortas - "Roi du Graal" lépreux à la tête d'un royaume moribond, du nom de...
... Montsalvage...
(photo du haut : Jacques-Henri LARTIGUE - photo de plateau pour le film "Lancelot du Lac" , diffusion Sygma)
(photos centre et bas : DOURVAC'H -
(a) table de travail /
(b) près du Cap de la Serre, entre Dun et Viviès, Ariège)
lundi 27 novembre 2006
EN LISANT EN NAVIGANT...
... de livre en livre.
illustrations : site librairie José Corti :pages Julien GRACQ - bords de Loire
Plaisir à retrouver les pages de sable et de pierres du "Désert des Tartares" (1940/1945) du grand Dino BUZZATI... Le superbe dialogue de la fin du chapitre III est déjà une annonce du destin : entre fééries et maléfices de la fuite du temps...
Lecture croisée du "Rivage des Syrtes" (1951) de Julien GRACQ, entre Orsenna et ces rivages désertiques des Syrtes où l'on entreprend au soir ces grandes chevauchées... " à hauteur de roseaux, entre ciel et moulin... : pour nous passer le temps... " (Jacques BREL, Regarde bien, petit !).
P.S. : ne retrouvant plus le beau site de Muriel, "La vie comme elle va"..., je pense cependant à faire encore se remplir sa bibliothèque... Pourvu qu'elle me lise !
vendredi 24 novembre 2006
LE RIVAGE DES SYRTES
" La province des Syrtes, perdue aux confins du sud, est comme l'Ultima Thulé des territoires d'Orsenna. Des routes rares et mal entretenues la relient à la capitale, au travers d'une région à demi désertique. La côte qui la borde, plate et festonnée de heuts-fonds dangereux, n'a jamais permis l'établissement d'un port utilisable. La mer qui la longe est vide : des vestiges et des ruines antiques rendent plus sensible la désolation de ses abords. (...) "
Julien GRACQ, Le Rivage des Syrtes, Librairie José Corti, 1951


























































