mercredi 15 février 2012

L'art du portrait : par Dominique Brémond

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Maëlys, huile sur toile, 55 x 46 cm, mai 2011

Art des regards qui volent au loin....

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Soly, huile sur toile, 40 x 40 cm, novembre 2011

... bien plus loin que la surface du lin...

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Emy, 46 x 38 cm, janvier 2011

Monde familier qui, sous nos yeux, se ré-enchante... 

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Triptyque (1), 40 x 40 cm, juillet 2011

Art de mieux voir, peut-être...

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Triptyque (2), 40 x 40 cm, août 2011

... cernant pour nous l'essentiel : 

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Triptyque (3), 40 x 40 cm, septembre 2011

Contours d'une âme : en ses formes, contrastes et valeurs...

*

Explorons (bien lentement) TOUT l'univers chatoyant de notre Amie peintre en...

La galerie de Dominique Brémond

*

Désormais, ne s'éveillant qu'à chaque nouvelle lune...

 Notre Domaine au Bois Dormant vous promet :

" Au 15 du mois prochain ! "

(Dourvac'h)

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jeudi 2 février 2012

Sur deux TRES beaux films d'Eric Valli...

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Himalaya, l'Enfance d'un chef

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 (en népalais :)

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La plus célèbre de ses deux oeuvres, sortie en 1999...

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Film format "scope", produit grâce à l'intelligence et au discernement de l'acteur Jacques Perrin...

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Odyssée somptueuse du jeune "orphelin de père" Tsering devenu Passang

(pour échapper aux démons de la montagne qui ont tué son père) ...

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 ... accompagnant sa mère Lhapka, plongée dans les affres muets de son veuvage précoce...

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Enfant "éclairé" également par l'ingénuité de son oncle Norbou...

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 - que son père a durement envoyé vivre au monastère dès l'âge de 6 ans,

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... devenu depuis frêle moine bouddhiste, peintre de fresques -

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" Enfant d'une famille de chefs" guidé aussi par un père de substitution : Karma...

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...vrai-faux rival du père "tué par la montagne" : bientôt amoureux de sa mère...

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Une équipée humaine dictée par la seule nécessité d'un voyage saisonnier, que veut absolument mener "à bonne fin" Tinlé... en partant à la seule date que les astres auront décidé...

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... ce "vieux" Tinlé, grand-père revanchard et entêté magnifique...

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Thilen Lhondup, acteur non professionnel génial et inoubliable,

découvert par Eric Valli : une grotte Cosquer à lui tout seul...- 

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La vie rude des Dolpopa il y a seulement un siècle, les convois de sel à dos de yacks, dangers et beautés mêlées du massif de l'Himaya entre printemps et hiver...

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Descente fabuleuse mais "de tous les périls" vers cet immense Lac de montagne...

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Musique de choeurs - si inspirée - composée par Bruno Coulais, se mariant harmonieusement à chaque plan...

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Bref, tout y est inoubliable !!!

Film tourné dans la langue même des habitants du Dolpo...

 (avec, bien sûr, sous-titres en français sur le DVD)

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Il se trouvait néammoins alors quelques "ânes (critiques vraiment peu) charitables"  pour se plaindre que ce film "manquait tout de même d'un peu d'émotion" !!! Je me demande dans quel monde mental vivent ces imbéciles sans goût (défendant parallèlement "becs et ongles" maints films plutôt mal fichus de leurs "p'tits copains & p'tites copines bobos-la-branchouille", voire pire, les exploits para-cinématographiques des pipôls du paralittéraire qui ont décidé de "se mettre au ciné" : gare à nous sur ce plan, car désormais Houellebecq, Foenkinoos et Beigbeder (et bientôt plusieurs de leurs petits copains) ont décidé d'exporter vers le ciné-franchouille leurs personnages méprisants, philosophes-de-comptoir pleins de thunes et vulgaires, ou improbables benêts sentimentaux !!! ... Je crois que pour ces critiques d'un "tout petit monde" (quelque peu racorni de la curiosité), Eric Valli avait eu le tort de quitter la Sainte-Capitale de la branchouillitude mondiale pour aller s'oxygéner (magré la raréfaction de l'oxygène à ces altitudes) à la rencontre de quelques "ploucs" d'acteurs non professionnels (sauf un) d'un pays Dolpo jusqu'alors pratiquement inconnu...

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La Piste

... météore apparue quelques années plus tard (en 2005), c'est aussi l'histoire d'un lent et périlleux voyage... Recherche (obstinée) d'un père disparu par une adolescente de quatorze ans à travers le pays Himba - savane puis désert menant à l'Atlantique des côtes de Namibie (il s'agit du désert de Kaokoland, frontière de l'Angola en guerre)... Recherche désespérée s'appuyant sur la seule solidité de son amour filial... et l'expérience d'un ancien proche de sa petite famille éclatéée : éleveur du pays Himba, souffrant d'alcoolisme... Une histoire magnifique et d'une extrême pudeur... La musique enveloppante d'Armand Amar magnifie les dialogues et les paysages d'une pureté cristalline... Les chutes d'Epupa à franchir... L'échouage dans cette ville ensablée où survivent et se cachent adultes et enfants-soldats preneurs d'otages... La grotte aux diamants (lieu  qui se nomme Kolmanskop)... Ce cimetière de bateaux où tout s'achève... Célébrer enfin ici le jeu si fin et sensible des trois principaux acteurs (Grace, l'ado déracinée... Kahdjiro, son guide himba... Gary, le père naufragé...). Film tourné en langue anglaise - ce qui ajoute encore au charme...

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L'histoire ?
 
Après une enfance heureuse au coeur de l'Afrique Australe, la petite Grace a dû retourner à la civilisation en compagnie de sa mère, laissant Gary, son père, derrière elle. Quelques années plus tard, elle rompt le silence qui la sépare de Gary et décide de venir à la rencontre de ce père, sur les traces de son enfance.

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 Camille Summers (Grace)
 
Grace découvre la vie et l'univers de Gary, sa tendresse, ses faiblesses et ses forces. Tout ce qu'elle a perdu et qui ne demande qu'à revivre. Mais le destin se mêle de les séparer trop vite, à la faveur d'une tempête qui fait s'écraser l'avion de Gary dans le désert.

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Julian Sands (Gary)
 
Recueilli, capturé, par une bande de desperados rescapés des guerres d'Angola, il ne doit sa survie qu'à ses compétences de géologue et  son espoir de revoir Grace vivante. Désormais contraint de leur prêter main-forte pour trouver les diamants aux abords d'une ville fantôme qui leur sert de refuge, Gary joue la montre en attendant les secours lancés à sa recherche.
 
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Il ignore que dans le même temps, Grace, partant à contresens des sauveteurs trop cartésiens, s'est enfoncée dans le désert en se guidant sur sa seule certitude de le retrouver…
 
(texte : Cinémovies.fr, le magazine du cinéma)

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Eriq Ebouaney (Kahdjiro) et la jeune Camille Summers (Grace)

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La Piste est (curieusement) un film aujourd'hui beaucoup moins "connu" que le précédent de son auteur...

Sans doute parce qu' il fut rapidement éreinté par "une certaine critique (branchouille/cynique) du marigot parigot" ... évoquant un "mélo" plus ou moins loupé... Mais quels menteurs !!!  Il s'est trouvé quelques rares exceptions dans toute cette malveillance se croyant "éclairée", et comme d'habitude si paresseuse ! A cause de ce quarteron-de-cr(rrrrr)étins-hélàs-pas-en-r'traite (et aux goûts de m...) , ce film a donc subi - fort injustement - un cuisant échec commercial...

Fort heureusement, on peut se procurer aujoud'hui facilement ce film en support DVD... comme le précédent ! 

(au moins pour vérifier que ces damnés abrutis-sans-honneur-et-sans-goût nous ont menti... )

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Depuis l'échec commercial de La Piste, Eric Valli, qui exerce par ailleurs son métier de photographe aux quatre coins du monde, a pu tourner quelques films documentaires pour différentes chaines de télévisions au long de ces dernières années, mais n'a visiblement (pour l'instant) pu  retrouver de "courageux créanciers" pour produire un nouveau long métrage qui soit fait "pour le cinéma"... Souhaitons-lui du courage pour que cette injustice se termine !!!

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Certes il y a eu - récemment - ces magnifiques (et inattendus) succès publics de deux plutôt excellents films (ambitieux, et sans l'annoncer... ) : Polisse (de Maïwenn, 2011) et Intouchables (d'Eric Toledano & Olivier Nakache, 2011)... qui nous ont à nouveau "réunis"  dans les salles obscures - comme l'avait fait l' Himalaya... d'Eric Valli il y a 12 ans...

On a pu aussi reconnaître cette même "belle envergure" dans quelques films français des vingt dernières années, tout aussi ambitieux, "solides" et pareillement ouverts sur le réel-qui-(enfin !)-sonne-juste... Je pense pour ma part à : Des hommes et des dieux (de Xavier Beauvois, 2011),  Liberté (de Tony Gatlif, 2010),  Un Prophète (de Jacques Audiard, 2009),  La graine et le mulet (d'Abdellatif Kechiche, 2007),  Le dernier trappeur (de Nicolas Vanier, 2004),  Une hirondelle a fait le printemps (de Christian Carion, 2001),  Samia (de Philippe Faucon, 2001), La chambre des officiers (de François Dupeyron, 2001), Les blessures assassines (de Jean-Pierre Denis, 2000), Gadjo Dilo (de Tony Gatlif, 1997),  Bye-bye (de Karim Dridi, 1995)...  et, enfin, au somptueux Latcho Drom (de Tony Gatlif, 1993) .

 Mais  avouons que ces films possédant - au final - cette même exigence artistique, cette ambition universaliste, cette qualité de jeu de TOUS les acteurs, cette crédibilité-là (ou, disons-le encore plus simplement : ce professionnalisme...) deviennent curieusement des "accidents" trop rares en notre pays !!! 

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Le malheur d'un artiste de la valeur d'Eric Valli ??? Et bien, de devoir surnager (comme nous) dans un pays aussi "plombé" de médiocrités : ce "tout petit pays" qu'est devenu le nôtre... Pays où un type qui a agrandi "notre" déficit national de 520 milliards d'euros en cinq ans disposait - il y a encore quelques jours - de pas moins de huit chaînes de télévision (évidemment bien serviles) pour - Ne riez pas !!! -  nous "donner un cours sur l'économie"... Mais quel culot !!! Et pour quel résultat, croyez-vous ? Et bé, le résultat est qu'il s'est trouvé encore 16 millions de soumis pour aller mécaniquement regarder "ça"... "Mais... c'était par simple curiosité", nous répondraient-ils... !!! Sauf que le prési-paon  en question peut désormais se vanter de son "score".... Tout cela  me rappelle furieusement et tristement  "La Plus Grande Tour du Monde" qu'on essaye, je crois, d'édifier à Dubaï ou Taïpeh... ou, plus trivialement, les histoires de savoir "qui a la plus grande ... " qu'on entendait en cour de récré...

Je reviens à mes lubies... mes dadas... mes moulins-à-vent-et-à néant... Un peu comme pour le procès de ce bien triste règne (français) du "non-littéraire le plus agressif" (Je cite là Julien Gracq, La littérature à l'estomac, 1950 : son descriptif était prophétique !) : procès que j'ai besoin d' "instruire" régulièrement dans mes p'tits articles... tout en défendant la rareté progressive (que je ressens chez nous, du moins) de ce qui a fait "la Littérature authentique", encore lue par une petite minorité d'entre nous... Toute cette oppression sournoise n'existe en fait que par NOUS qui "collaborons" inconsciemment à "ca" (par pure passivité ou "habitudes" : nous nous laissons formater nos goûts par cette "infra-culture"... ) : en regardant, en nous intéressant à... et/ou en finissant par acheter et finir par apprécier "ça"... : ce que je nommerai "la pensée vulgaire"... (Je n'ai pas dit : "la m..." !). Nous broûtons massivement ce qu'on veut bien nous offrir après moult battages médiatiques bien connivents, pendant que la valeur boursière de l'imbécilité autosatisfaite (celle de ces pseudo-"auteurs" de supermarchés... ) monte en flêche... J'observe que "Notre" cinéma a tout de même mieux résisté à la crétinisation programmée du peuple !

 

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mercredi 1 février 2012

Etats d'âme...

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" Toute petite déjà, tu étais sensible. Des détails te touchaient et provoquaient en toi ébranlements et ravissements : un geste, un mot, un visage triste, le passage d'un nuage ou le bruit du vent.

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... ça t'a longtemps gênée, ces glissades de l'âme. Tu aurais préféré en toi moins de sensibilité et davantage de sérénité. Tu cherchais à devenir adulte et ces réactions de petite fille dans ta vie adulte t'embarassaient. Tu ne savais pas bien quoi en faire. Tu essayais de fermer les yeux et de passer ton chemin, face à ces minuscules déchirures du quotidien. Tu sentais qu'elles pouvaient être bouleversantes mais, justement : tu n'avais pas envie d'être bouleversée.
 
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Puis, peu à peu, tu as appris à les accueillir, ces moments qui nous touchent et nous éveillent. Et à accueillir aussi tous ces états d'âme, heureux ou douloureux, qui naissent à leur contact, vivent dans leur sillage.
 
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Nos états d'âme, c'est ce qui reste en nous après que le train de la vie est passé. On peut rester alors, à écouter, regarder, ressentir. Toi tu aimes bien, finalement, rester un peu... Tu as enfin compris cela : les états d'âme sont le coeur battant de notre lien au monde.
 
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Maintenant il te semble souvent que ton âme s'est mise à exister, à respirer plus fort. Tu ne sais toujours pas ce que c'est que "ton âme", mais tu sens confusément que "ça" existe.
 
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Et tu sais aussi que ta vie peut être paisible et sereine...
 
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Tu as changé tout doucement. Grâce à ces petits instants de rien du tout. Copeaux d'existence, plumes de vie tombées du ciel. Métamorphose silencieuse (...) "
 
"Petite fille qui tombe" (extrait du texte initial de l'ouvrage "Les états d'âme")
 
Christophe ANDRE, Les Etats d'âme - Un apprentissage de la sérénité  (2009), Odile Jacob poches - psychologie (prix de vente : env. 8 euros)
 
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(illustration p. I de couverture choisie par l'auteur : "Marlaguette" de Marie Colmont - illustratrice : Gerda Müller, "Les Classiques du Père Castor", éd. Flammarion, 1952)
 
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photographies & détails autres peintures : Dourvac'h
 
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Un texte qui peut déclencher beaucoup d'échos en nous... même si décliné (ou peut-être même dédié) au féminin, et quelle que soit l'étoffe de notre personnalité, un texte sans fonction "littéraire" mais à l'intense poésie - que j'apprécie beaucoup...

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