dimanche 30 janvier 2011

Quand le (Sur)naturel féminin revient au galop...

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Premiers pas et détails d'un dessin largement inachevé à ce jour...

Rose et bleue

ou

" Là était le bonheur, peut-être... "

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Merci à nos Amies Muriel, Christiana et Aurélia,

pour vos trois suggestions de titres !

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... et nos 30 réponses à vos 30 belles réactions

vous attendent sous l'article précédent !!!

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Dourvac'h

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samedi 22 janvier 2011

Introspection ou Le portrait intérieur

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Esquisser au moins quelque chose...

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... voir venir à soi trois belles questions :

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" D'où venons-nous ? ...

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... Que sommes-nous ? ...

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... Où allons-nous ? " (*)

(*) Titre du fameux tableau panoramique (1897) de Paul Gauguin

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(Dourvac'h's)

Introspection ou Le portrait intérieur

crayons de couleurs Polychromos sur papier Ingres 65 x 50 cm, 19, 20 et 21 janvier 2011

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Autoportrait intérieur ? Son premier nom fut : "Déterminée"...

Une ennième vision d'âme...

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" Vous avez découvert un espace intermédiaire, où les affaires de la vie ne font pas intrusion ; où l'instant fugitif daigne s'attarder pour devenir un vrai présent ; un lieu où le Temps, lorsqu'il se croit à l'abri des regards, s'assied au bord du chemin pour reprendre son souffle. Ah, s'il pouvait s'endormir, et permettre aux mortels de continuer à vivre sans plus vieillir ! "

Nathaniel HAWTHORNE, L'Esprit hanté, "Contes et récits"

(traduction de Muriel Zagha, page 44 de l'édition de poche "Babel")

Illustration : ... restée longtemps à regarder le feu mourir...

(crayons de couleurs - détail de la minuscule esquisse du dessin ultérieur)

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Aussi, découvrez nos 23 réponses personnelles à Votre gentillesse ...

sous l'article du 6 janvier :

The (very) little fairy-world of Dourvac'h / part three...

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... puis nos 8 réponses sous le grand dessin naïf d'une âme tsigane

sous l'article du 13 janvier:

... restée longtemps à regarder le feu mourir...

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... et toujours PanGea (en son XIXème épisode, trop peu lu) ci-dessous...

... et encore PanGea (le XXème épisode) pour samedi 5 février !!!

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... et à l'attention particulière de SeL et de nos Amies & Amis,

après le célèbre Autoportrait à l'oreille coupée

(Vincent Van Gogh, Arles, 1889)

voici celui de La femme (ou l'âme) aux oreilles remodelées

(Dourvac'h, Viviès, 2011) ...

( ... ENFIN dans sa version originelle non sous-titrée définitive !)

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dimanche 16 janvier 2011

PanGea /XIX

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XIX

  « Où allons-nous, où allons-nous ? »

   A nouveau la chaleur ; tous à la recherche d’une ombre.

  Shou-Lîen a rejoint les autres sur la charrette ; le petit frère blessé somnole près du corps de sa mère ; les petites geignent. La mule se traîne.

*

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  Xi-Jîn préfère marcher. Une mouche vient se poser sur ses lèvres ; sa main est venue la chasser… Son autre main serre fort, très fort, deux des longs doigts de Chân : comme un anneau qui les emprisonne.

  Elle ne lâchera pas la main de Chân.

  Parfois, du haut de la charrette, les petits yeux noirs de Shou-Lîen viennent chercher ses yeux à elle, puis s’en retournent, très vite  tels des hirondelles ; quittent à nouveau le charroi ; font le tour du visage et du regard de Chân ; reviennent à la roue et aux planches qui tressautent… aux sandales bleues de la mère (Pour s’occuper, elle joue à les dénouer puis les renouer… ).

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   Xi-Jîn pense : pour Shou-Lîen, leur mère est devenue poupée à habiller.

     La charrette grince.

    Sœur, tu t’es réfugiée là-haut pour nous regarder… ou bien est-ce Chân qui te fait peur ?

   Xi-Jîn s’étonne que la belle main de Chân n’attire plus autant sa sœur… Sans doute la trouve-t-elle dure et inhumaine : une main de pierre, d’un dieu étrange.

*

   Elle, ne trouve cette main ni dure ni inhumaine. Seulement tendre.

  Chân garde les yeux baissés sur le chemin comme ébloui de poussière blanche. Jamais il ne tourne les yeux vers elle.

  Peut-être s’est-il absenté ?

  Peut-être l’a-t-il oubliée ?

  Elle croit qu’elle n’est pour lui qu’une petite fille qui s’accroche à lui.

*

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  « Où va-t-on, Chân ? »

  Elle lui a parlé depuis l’intérieur d’elle.

  Maintenant Chân se tourne vers elle.

  Elle attend…

  «  Tu m’as entendue ? »

  Il fait signe que oui.

  Elle sait qu'elle a rejoint son monde.

*

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  « Tu pleures ? »

  Non, c’est la poussière… le chemin… Je suis fatiguée.

Un silence. Et si la petite fenêtre de son monde se refermait pour elle ? Elle doit vite reparler, très vite…

Où va-t-on ?

Où a dit l’homme... Il est parfois devant nous, parfois au-dessus de nous. A mesure que nous avançons, il me montre le chemin à suivre…

–  Toi, tu le vois ?

Comment le verrais-je ? Il laisse des traces à l’intérieur de moi…

Tu n’as pas envie de le voir ?

Non.

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… et les traces ?

Les traces…

Il rit.

Il y a encore quelque chose que tu ne sais pas… C’est lui qui a décidé cela…

Quoi ?

Ça, par exemple : tu ne dois pas me lâcher la main… sinon, je perdrais la piste !

Certainement qu’il l’a vue rougir…

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Tiens ! Tu vois cette pierre énorme ? Elle ressemble à un lièvre… avec ses grandes oreilles collées contre lui en train de fuir… Et ce lézard qui vient de se couler dans l’herbe, juste à tes pieds ?… Et ce petit nuage qui vient de s’arrêter face au vieux vallon gris ?

Dis-lui d’arrêter… C’est loin, c'est si loin…

Il ne répond pas ; ralentit son pas puis se tourne vers elle. Il y a cette douceur dans l’air ; ce bruissement de mots en vrai glissant des lèvres de Chân :

«  Xi-Jîn, tu dois me lâcher la main. Maintenant, l’homme nous dit d’arrêter… »

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( ... à suivre... )

*

... et le livre, PanGea ? Il existera - Inch' Allâh ! - fin mai 2011...

(20 d'entre Vous l'ont déjà retenu... Grand Merci !)

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Texte & photographies :

Dourvac'h

(1), (2), (3), 4), (5) & (6) : Isla de El Hierro (Canarias), octobre 2009

(7) : Massif du Plantaurel (Ariège), hiver 2009-2010

(8) : Monts d'Olmes (Ariège), été 2009

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jeudi 13 janvier 2011

" ... restée longtemps à regarder le feu mourir... "

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Comme surgies de l'ombre,

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toutes nos réponses Vous attendent...

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... après vos mots offerts,

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juste sous l'article précédent...

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Dourvac'h

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" ... restée longtemps à regarder le feu mourir... "

- détails et ensemble -

(dessin crayons de couleurs Polychromos, 45 x 65 cm, 16 janvier 2011)

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jeudi 6 janvier 2011

The (very) little fairy-world of Dourvac'h /Part three

( ... suite d'un long dialogue élaboré en août 2010 : Loetitia Pillault - Dourvac'h )

... et pour lire ou relire "Part one" ? Voir notre article du 25 septembre 2010 ...

... and "Part two" ?  Voir notre article du 17 octobre 2010 ...

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Mélancolie ou âme qui rêve (dessin, 2009)

- Et la mélancolie... amie ou ennemie ?

Tu as la réponse dans mes dessins... la mélancolie est plutôt "amie" (ou disons : "alliée") puisqu'elle donne accès à la rêverie... et ouvre entièrement le monde... les yeux de mes fillettes et mes femmes sont ainsi pleins de "rêves d'ailleurs"... On peut interpréter que ces personnages – masculins ou féminins – immobilisés dans leurs rêves sont à coup sûr l'expression de mon âme... j'ai toujours eu en moi cette sensibilité dite « féminine », je l’accepte et l’assume… et je me rassure en me disant que je ne dois pas être un "cas" isolé... beaucoup de personnalités dites "artistes" sont sans doute faites de cette même «pâte» d’âme... il y a ainsi le petit garçon rêvant (gravement) sur son camion en bois peint... les fillettes jouent à la poupée mais semblent bien «absentes»... les femmes y sont des fées qui regardent leur miroir ou s'élèvent dans le ciel, souriantes, à la fois confiantes et épanouies... je n'ai pas envie d'interpréter... disons que sur le dessin, comme dans la vie, j'aime voir l'épanouissement sur le visage de l'aimée... l'amour physique est le plus haut point du partage possible... le visage de la femme aimée y devient fleur...

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« Avec toi, je m’étais envolée… » (détail dessin, 2010) 

- Tes personnages ont presque tous en commun un désir d’échapper à une réalité sombre par la force de leur imaginaire… peux-tu nous en parler ?

Je dirais que c'est leur droit... D'ailleurs, ils ne se privent pas de l'exercer !!! La force de l’imaginaire explique sans doute la naissance et le maintien de la vie sur Terre… Tout ce qui «n’imagine» pas est condamné par avance…

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La petite fille de la clairière (détail dessin, 2010)

- Il y a toujours des contrastes dans tes récits. Entre l’innocence et les idéaux, opposés à une certaine gravité, un côté sombre… Sais-tu que c’est là toute la force de tes récits et dessins ?

Merci, mais je ne sais quoi te répondre d'autre que ce "merci"... Notre existence est entièrement tissée dans ces "forts contrastes"... J'ai l'impression que l'on ressent beaucoup plus l'ivresse de vivre en s'évertuant à respecter - y compris en Autrui - ces "forts contrastes"... Mille occasions que nous offre notre quotidien, au fil des jours...

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Eryngium maritimum L. et Pins maritimes à La Franqui (Aude), 2010

- Parle-nous de l’influence de la Nature dans tes œuvres écrites...

La Nature est partout, heureusement... partout autour de nous... même malmenée... piétinée... "consommée"... je ne comprends pas que les humains restent à vivre dans les villes, c'est-à-dire si loin de cette source d'harmonie, cette source "sûre" de beauté : les collines, les montagnes, les forêts... Mais sans doute y sont-ils obligés... Il se trouve que la simple vision du monde naturel est quelque chose qui nous apaise...

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Comment pourrais-je t'oublier ? (première étape dessin, 2010)

- Que dire de l'ancrage amical dans la réalité sombre de tes personnages ?

Dire que tu en parlerais sûrement mieux que moi... Mes personnages sont plongés dans la pénombre... mais cette pénombre, c'est notre vie quotidienne... la pénombre "prend la lumière", peu à peu, au fil du récit... leur monde s'éclaire... les deux derniers chapitres d' Au Jardin après la scène terrible de la noyade de Carine... où l'on vit comme de l'intérieur l'étouffement de ma petite héroïne, ses deux poumons avec leurs milliers de petites alvéoles pulmonaires qui se remplissent d'eau... inexorablement… La conscience de vivre dans «les Limbes» qui suit ce moment pénible crée une respiration, comme un « Ouf ! » de soulagement… Les Limbes sont un monde de lumière où sans aucun ressentiment particulier (le ressentiment appartient au seul monde adulte… ) Carine retrouvera «naturellement» Damien, son jeune "noyeur" (et noyé) par maladresse... Les parents de Carine avaient bien «raison» de prévenir la gamine : ce Damien Stacci est non pas un «voyou» mais un terrible inconscient face auquel des parents sensés auraient bien tort de laisser leur fils ou leur fille passer un seul après-midi en compagnie de ce spécialiste en idées baroques…très «meneur», par ailleurs (on dirait «enfant leader» mais la langue des psychologues se préoccupe peu de poésie, c'est dommage…)

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Porte des mauvais rêves (esquisse, 2007)

- On sent cette force de la terre (accompagnée de tes si belles photos) et en même temps le côté impalpable des rêveries, de l’esprit imaginatif de tes personnages … je pense à cet arbre dans Au Jardin , lien entre la terre-réalité et le ciel-rêves… Pourquoi est-ce important pour toi de jouer sur ces 2 plans ? presque 2 mondes ?

Au Jardin est né d’une idée : une fête d’enfants qui tourne à l’étrange... il n’est pas banal que les deux personnages principaux soient transformés en crapauds dès la première page d’une histoire, ne s’en ressentent pas si mal et redeviennent dès la seconde page bien humains (là aussi contre leur gré)…se découvrant nus comme « Adam et Eve » enfantins, le rouge aux joues… « à l’ombre des piquets de tomates »… L’enfance est le Jardin d’Eden de nos rêves… Nous allons déchoir ensuite… Je ne me souviens pas précisément de l’arbre dont tu parles : sans doute le Grand Arbre au sommet duquel monte Le Petit Poucet de Charles Perrault : il y a l’arbre-refuge de Chris et Val, ces Tristan et Yseult adolescents de L’été et les Ombres. Ils acceptent d’en redescendre pour des raisons bien banales, contrairement au Baron Perché, ce héros pas si misanthrope – simplement prudent ? – d’Italo Calvino… Il y a dans PanGea le même "Grand Arbre" : «arbre aux rêves», séquoia ou mélèze géant, que Chân considère justement à l'égal d'un Dieu... et qui va se matérialiser puis disparaître devant la bouche d’une caverne qui fait face au vide… Les deux mondes sont juxtaposés en permanence… nous passons sans cesse de l’un à l’autre… Qui nous prouvera la «réalité» exclusive d’un seul de ces deux mondes ? … On a le droit de partager entièrement la perception de Gérard Labrunie «De Nerval» dans Aurelia : « Le rêve est une seconde vie. »… la vie des personnages de «nos» livres (écrits ou lus), aussi…

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Vue sur les étangs de Bassiès (Ariège) depuis le refuge, juillet 2010

- Dans ton œuvre en cours, PanGea, on ressent très fortement les sensations physiques de tes personnages, est-ce une façon de nous faire ressentir ces émotions ? De vivre en même temps que ces personnages... ?

Exactement… et peut-être cette démarche (bien involontaire) est-elle «narcissique» ? … Je me souviens de cette critique à laquelle j'ai été confronté, un jour, à propos de mes dessins et d'un personnage que je faisais intervenir et donc s'exprimer sur mon site...

Effectivement, pour que mon personnage vive, rêve, marche, sente, aime, etc., il faut que je parvienne à m’incarner en lui… ressentir et penser comme lui ou elle… humain (homme ou femme... vieillards, adultes ou enfants), animal (un chien, une chouette, une fourmi... ), végétal (un arbre, le plus souvent...), minéral même !!! (J'ai même voulu incarner un jour la surface terrestre qui était fatiguée des pieds humains qui la piétinaient sans cesse, en long et en large...) C’est ainsi que l’on finit par s’incarner (successivement) dans absolument TOUS les personnages d’une histoires : ces personnes à qui l’on a «prêté vie»… Et j’avoue que j’en ai marre – parfois - d’être «seulement» moi-même… Sans doute cela arrive à PLEIN de gens qui peignent, dessinent, sculptent, façonnent, écrivent… Bref, voici ma «base motivationnelle»...

( ... à suivre... )

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( "Part four" en début février 2011, pour ne point vous lasser... )

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Peintre au miroir de l'âme (détail dessin, 2010)

dessins et photos : Dourvac'h

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