jeudi 30 décembre 2010

Trois poèmes de Mririda N'Aït Attik...

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Le village d'Ighrine, en Aît-bou-Guemez, au lever du jour - photographie : Patrick Flament

*

Partageant légitimement amour et fascination

pour l'incroyable (et âpre) magie

de "leur" Terre marocaine,

nos Amis

Tigwenn & Too banal

se sont un jour coalisés

pour dénicher et (m')offrir ce merveilleux présent...

*

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La prière à l'approche de la nuit et l'invitation au thé - photographie : Patrick Flament

Il s'agit d'un recueil de 102 poèmes et chants de Mririda N'Aït Attik

qu'elle a fait naître dans le Haut Atlas, en sa belle langue Tachelhit

(langue berbère du "Pays des Icheulyen") :

poésie traduite par René Euloge qui connut la poétesse...

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Mririda N'Aït Attik ici en 1940

(Mririda signifie "Rainette")

*

Mririda N'Aït Attik,

poétesse autodidacte, a vécu dans la haute-vallée de la Tassaout

(prenant sa source à plus de 3.000 mètres, au nord de l'Ighil Mgoun - 4.076 m)

et exprimé dans ses chants poignants

toute la mélancolie de sa propre existence

et la beauté de cette haute Terre

où le Destin a choisi de faire vivre son peuple...

*

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Petite fille d'Aït Ali-n-Ito - photographie : Patrick Flament

Voici, choisis pour Vous, trois parmi ces cent deux joyaux,

avec sept des extraordinaires photographies de

Patrick Flament

*

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Mririda N'Aït Attik

Les Chants de la Tassaout,

(Edition Belvisi, BP 8044 - CASABLANCA

1986, 2ème édition : 1992 - prix : DH 350,00)

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L'oued Aït-bou-Guemez à Ighrine - photographie : Patrick Flament

C'est toujours ainsi en ce bas-monde...

*

Il y en a toujours un au-dessus,

Il y en a toujours un en-dessous

Et c'est toujours ainsi en ce bas-monde

En haut, la fortune. En bas, le déshérité.

En bas le faible. En haut, la force, la force...

Et c'est toujours ainsi en ce bas-monde...

Le mortier est fait pour recevoir le pilon

Comme l'enclume est faite pour les coups de marteau.

La meule dormante subit la meule tournante.

Le mulet ploie toute sa vie sous le bât.

La terrasse est bien lourde à la poutre qui la soutient.

Et le bon plaisir du Cadi pèse lourd lui aussi...

De grâce, n'allez pas lui chanter ma chanson !

Bonnes gens, n'ai-je rien oublié ?

Et la femme qui est toujours sans défense !

La femme ! La femme qui est toujours dessous...

*

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Fileuse de laine de Msemrir - photographie : Patrick Flament

Mélopée de la fileuse

*

Tourne, tourne mon fuseau,

Mon fuseau de bois fin et poli,

Tourne de plus en plus vite,

Si vite que tu échapperas à mes yeux...

Tourne ! tu n'auras pas à ralentir

Car mes doigts agiles te nourriront

Au gré de ton tourbillon

Et ne me demanderont pas grâce...

Tourne, tourne, mon long fuseau !

Enroule le blanc fil soyeux

La douce laine qui excelle pour la trame...

Tourne, tourne, mon petit fuseau !

Enroule le blanc fil solide,

La rude laine qui réclame la chaîne...

Blanche toison, enroule-toi

Pour le bien des gens de la maison !

Ne vous brisez pas, longs fils blancs,

Ni maintenant ni plus tard sur l'ensouple

Quand ma fille passera trois fois sous le métier...

File, file plus vite entre mes doigts,

Blanche laine qui alourdit mon fuseau !

Pour la maisonnée, y a-t-il bien plus précieux

Que la laine et le grain, que le grain et la laine ?

Ô Laine blanche, grise ou noire, que ta bénédiction soit sur nous

Avec le secours du Dieu clément et miséricordieux !

*

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Jeunes filles au matin, vallée de la Tassaout - photographie : Patrick Flament

Dieu n'a pas fait de place à la rose

*

... Ma soeur, étrangère au pays, ne t'étonne pas,

Ne t'étonne pas de mon ignorance :

Mes yeux n'ont jamais vu ni rose ni orange...

On dit qu'il y a, en bas, au bon pays

Où gens, bêtes et plantes n'ont jamais froid.

Ma soeur étrangère venue de la plaine

Ne ris pas d'une fille de la montagne

Vêtue de laine grossière et allant pieds nus.

Dieu n'a pas fait de place à la rose,

Dieu n'a pas fait de place à l'orange

Dans nos champs et nos pâturages...

Jamais je n'ai quitté mon village et ses noyers

Je ne connais que l'arbouse et les rouges cenelles

Et l'humble touffe de basilic vert

Qui éloigne de moi les moustiques

Lorsque je m'endors sur la terrasse

Quand sont trop chaudes les nuits d'été...

*

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Bergère d'Imi-n-Oulaoun, sur le versant sud du Mgoun - photographie : Patrick Flament

*

... et je "nous" souhaite à tous une nouvelle année

1.000 fois moins résignée que la précédente !

( Indignez-vous ! comme nous conseille Stéphane Hessel...

et puis que revive, dès 2012, TOUT le programme du C.N.R. !!! )

*

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( ... voir aussi notre p'tit message de 

Remerciements tziganes sous cet article... )

*

... et 1.001 fois Choukrâne ! à Vous,

chers Amis Thami & Tigwenn !!! ...

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mercredi 22 décembre 2010

Petite Tzigane, ...

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... tu rêves trop haut !

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Nids de corbeaux à la fourche des arbres...

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Hululements dans la nuit

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Aux mille chiens qui rôdent...

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Epaules serrées trop près du feu,

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Pieds nus dans la poussière de l'aube,

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Ton âme sauvage...

*

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Miss Sarah

vous invite, elle, sur le site merveilleux de

Pas à Pas, encyclopédiste-nomade :

Impasse des Pas Perdus

... pour y découvrir son extraordinaire reportage

Marie Sarah parmi les Maries aux Saintes-Maries-de-la-Mer

(colonne droite de son site : dans la liste "C. CARNETS DE VOYAGE",  y cliquer le titre

"F. Marie Sarah parmi les Maries aux Saintes-Maries-de-la-Mer", paru le 30 mai 2010)

*

... et cette courageuse et belle communication de notre Amie

Cigrine-Shanti :

Par l'article 32ter A ajouté au chapitre 7 de la « Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure » (LOPPSI 2), consacré à l'extension des pouvoirs répressifs du préfet, voté dans l'indifférence générale le 21 Décembre 2010, le gouvernement met en œuvre l'extermination sociale des plus pauvres, en particulier de toutes les personnes victimes d'exclusion par le logement ou le mode de vie, en les expulsant manu-militari et détruisant leurs biens, sous 48h, sans droit de la défense et sans jugement, mais aussi sans aucune obligation de relogement ou d'hébergement.

Cette nouvelle loi étend les discriminations ethniques ordonnées par les circulaires Hortefeux contre les camps de Roms et les gens du voyage, à tous les Français qui se logent par leurs propres moyens et selon leurs convictions.

Il sera désormais hors la loi de se loger en France dans une cabane ou tout local auto-construit non inclus dans le code normatif de l'urbanisme, et même sous une tente, qu'il s'agisse d'un abri de fortune ou d'une yourte écologique.

Cet article criminalise tout abri hors normes en créant une catégorie de « logements illicites », dotée d'une procédure d'exception, expéditive et arbitraire, pour réprimer les personnes dites « du voyage », par la destruction de leurs habitations mobiles ( la loi excluait jusqu'ici la saisie des véhicules d’habitation), ainsi que tous ceux qui ont su trouver une solution, précaire ou assumée, à la fracture sociale et aux expulsions de logement et de terrain, et enfin, tous ceux qui remettent en question les notions de dignité, de salubrité et de décence, en innovant dans des habitats autonomes, modestes et légers, à l'empreinte écologique soutenable. Par ailleurs, la destruction des habitats précaires inaugure une violation de domicile légale sous des prétextes répressifs. Le gouvernement profite de la xénophobie à l'égard des nomades et des Roms pour amplifier sa chasse aux différences, englobant toute expression de la contre-culture.

Cette loi viole le droit de tout citoyen à une procédure équitable et contradictoire, où chacun peut expliquer sa situation et ses choix devant un juge, elle vise et stigmatise clairement l'avant garde d'une transformation de société, engagée dans des modes de vies sobres et éthiques, transformation pourtant appelée à grands cris par tous les experts de la préservation du climat, des ressources et de la bio-diversité.

Alors qu'est tiré un bilan catastrophique de la loi sur le logement opposable (DALO), alors que le gouvernement augmente les taxes sur les HLM pour faire payer encore les plus pauvres, qu'il détourne le 1% logement vers les plus aisés et se moque de la loi SRU obligeant les villes à un cinquième de logements sociaux, mais laisse au contraire les HLM être privatisés, alors que les quartiers difficiles sont piégés en ghettos de violence contre lesquels instrumentaliser la peur sociale, le pouvoir retire tous moyens financiers aux associations de terrain et bafoue les constitutions et les droits républicains et européens.

L'éradication autoritaire de toute forme de solutions spontanées, de toute alternative au mode conformiste d'habiter, soumis au dictat spéculatif du marché immobilier, constitue une mesure radicale extrêmement grave qui, en éliminant toute forme d'inventivité populaire, ainsi que toute visibilité des catégories sociales les plus exposées, bouche tout appel d'air et toute issue aux conflits environnementaux et sociaux..

Les citoyens doivent en saisir l'enjeu dramatique et ne pas céder à la stigmatisation des identités et de l'altérité.

C'est pourquoi nous appelons à des chaines de solidarités locales partout en France afin que, chaque fois qu'un campement de yourtes ou de tout habitat léger ou mobile sera menacé d'expulsion et de destruction, voisins et citoyens viennent manifester, par leur présence pacifique, leur opposition au massacre. Vous pouvez à cet effet adhérer en soutien à l'association CHEYEN ou transmettre vos coordonnées. 

C.H.E.Y.E.N.

Coordination des Habitants-usagers En Yourte sur Espaces Naturels

04.66.54.84.77. Cantoyourte, La cantonade.30160 Besseges.

yourtescheyen@orange.fr

www.yurtao.canalblog.com

*

Dessin & photographies :

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Dourvac'h

... restée longtemps à regarder le feu mourir...

Quatre détails du dessin en cours, 65 x 50 cm - et détail de son esquisse, 13 x 7 cm

(décembre 2010)

*

Aube à Viviès (Ariège), ce 22 décembre 2010 ...

*

... et de belles fêtes de Noël à Vous !

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samedi 18 décembre 2010

Erwann hag Isild...

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- Dis donc, Yvon... tu crois qu'ils seront plus heureux après nous ?

- Après nous ? Tu veux dire quand on y sera plus ?

J'ai bien entendu dire qu'il y aurait la guerre...

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- T'iras pas, hein ? Je préfère que tu restes là... On n'a pas besoin de tant que ça !

- Alors je m'en irai chercher fortune... et quand je reviendrai, tu auras tes belles robes !

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- T'en fais pas pour ça aussi ! Suis bonne couturière...

Plutôt, occupe-toi bien de moi !

*

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( ... pour tous nos "Yvon et Yseult" ... )

*

Photographies & Toile :

(1), (2) : Jeunes enfants de Bannalec et Scaër,

début XXème siècle, collection V. J., Morlaix

*

(3) : John William Waterhouse, Mariana in the South

1897, Oil on canvas, 74 x 114 cm, Private collection

... et mille mercis fleuris ...

à Christiana pour sa précieuse identification du peintre préraphaélite et son lien :

http://www.repro-tableaux.com/a/john-william-waterhouse.html

et à Barbara (cliquer sur le nom John William Waterhouse, 9 de la liste) pour son lien :

http://www.artrenewal.org/pages/search.php

*

(4) : Jeune mariée, costume de Ploaré, environs de Douarnenez,

début XXème siècle, collection Villard, Quimper

*

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Texte :

Dourvac'h

(dessin : Dourvac'h, Peintre au Miroir de l'âme, détail, décembre 2010)

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dimanche 12 décembre 2010

PanGea/XVIII

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  La paume de ses mains, comme les creux de ses pieds ont fini par saigner mais la résine est entrée dans ses plaies. Cela brûle encore un peu puis va jusqu'à s'adoucir...

  C'est comme un baume.

  Chân a appris à ne plus ressentir les douleurs du corps. Son être tremble et s'éloigne un peu de son écorce de chair. Ressentant juste sa lassitude.

  Mains et pieds nus prennent appui contre le tronc rêche : son corps se hisse seul parmi les rameaux - certains fendus par le vent ou la joyeuse descente des enfants.

  Il devine Xi-Jîn tout en bas, faisant boire son petit frère et ses trois soeurs...

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  Lorsqu'il arrivera là-haut, par-dessus les épaules de ce géant habillé de résine, le corps de cette femme qui meurt s'agitera-t-il encore ?

  Elle se débat... Pourquoi s'attarde-t-elle ainsi dans un monde promis à l'effacement ?

  " Chân...  "

  Est-ce la voix de l'arbre ? Ou le souvenir de l'homme de la ruelle ? ...

  " Cette femme, là-haut... restée dans sa caverne où le jour entre à peine... Je viens de lire dans son mauvais sommeil... Elle s'était rendue ches des hommes réputés guérir les maladies... Elle les a écoutés patiemment... Elle les a vus qui levaient les bras au ciel... : " Vous guérir de la faim ? Nous ne sommes pas un garde-manger, femme ! Nous ne sommes pas compétents pour tes enfants... mais nous pourrons t'aider, toi ! ". Ils ne lui ont pas menti : incompétents, ils l'étaient... et puis seulement cupides ! Ils lui ont volé de son sang contre quelques pièces ; elle est revenue vers eux une fois, deux fois, puis est tombée malade... Alors, ils l'ont chassée pour qu'elle ne revienne jamais... Ils lui avaient glissé sous la peau des démons par myriades, autant qu'il y a d'étoiles dans le ciel, et tous ces démons ont trouvé un gîte dans ses os ; leurs forces réunies l'ont fait dépérir... "

  Pourquoi la voix lui racontait-elle l'histoire de cette forme inerte qui l'attendait là-haut ?

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  " ... dépérir, oui, pendant que ses enfants reprenaient vie... assouvissant leur faim grâce à elle ! Au moins pour quelques jours ... puis quelques jours encore... Pour elle, le mana s'épuise... tant qu'il reste lié à ce corps condamné... Ce corps, elle doit maintenant le quitter... "

  La sentence agace Chân :

  - Arbre ou homme, dis-lui toi-même !

  " Ne t'en fais pas... Elle m'entend aussi..."

  - Qui es-tu ? Montre-toi...

   Pas de réponse.

  - Est-ce haut, encore ?

   Pas de réponse encore. Un coup de vent fait siffler les branches. Le ciel s'obscurcit... puis blanchit.

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  Chân monte dans une brume blanche et glacée. Ses doigts jaunes et violets se mettent à saigner. Il a laissé son manteau aux épaules de Hsiao.

  Il grelotte.

  Le grand arbre devient prisonnier du nuage.

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  - Arbre... réponds-moi ! Voix... montre-toi ! "

   Rien. Encore grimper, se blesser. Sous la morsure du froid, ses chairs s'ouvrent davantage...

  - Sooooorcier ! "

  " Ne m'appelle jamais ainsi ! "

  - Alors comment te nommer ?

  " Bossu joueur de flûte... "

  Ce nom le fait rire.

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  Il va se suspendre à l'extrêmité du dernier grand rameau qui ploie sous lui ; se laisse tomber dans la grotte glaciale.

  Le corps est là, recroquevillé, sans vie. La jarre restée dans la grotte, presque pleine...

  Il fait la toilette de la morte, essuie sa peau couverte de ces sortes de taches de léopard ; soulève le pantalon de toile, voit que des matières y ont séché, accrochées aux cuisses squelettiques.

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  Chân soupire ; prend un rameau  encore vert près du foyer éteint ; écrase dans sa main quelques feuilles encore fraîches. Le suc des feuilles teinte sa paume de vert.

  De tous ces débris, il frotte la peau du cadavre ; la nettoie entièrement de ses souillures.

  Ne devra-t-il pas suivre le rite jusqu'au bout ? Ils devront marcher longtemps juqu'à croiser le chemin des eaux... torrent ou ruisseau, fleuve ou rivière... Assembler le radeau, allumer le bûcher, le regarder s'éloigner au fil de l'eau...

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  Il soulève le corps de la mère ; le laisse prendre appui contre son épaule. Malgré sa maigreur, son pauvre poids en os, ce corps est un fardeau...

  Il le redépose ; s'assied pour boire... (Comme cette jarre lui paraît lourde !)

  Tout ce qui était dans cette grotte pèse comme la montagne...

  Il noue la cordelette de Xi-Jîn autour du col de la jarre, l'attache solidement à sa ceinture de laine. Reprend son fardeau de mère morte. Le fardeau soupire.

  Pas morte...

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  Alors il la redescend, place la tête contre son genou, décolle les lères noirâtres ; il approche le fond de sa grande main qu'il vient d'emplir d'eau... La mère ouvre les yeux. Le voit-elle ?  A-t-elle peur de lui ? Il pose sa main restée humide sur le front étroit aux fines rides. Les yeux sourient puis...

  Le corps ne bouge plus. A nouveau poids sur son épaule. Charge légère. La jarre seulement remue contre sa hanche.

  Il a repris le chemin de l'arbre. A nouveau, le rameau les a soutenus...

  Il descend... chante et respire...

  ... chante et respire... de plus en plus vite !

  Sa langue, ses mains, ses pieds ne lui appartiennent plus...

  Il est hors du temps, hors de ce monde.

  Il descend.

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  Lorsque les nuages de glace le quittent, c'est à peine s'il aperçoit le soleil qui fait étinceler les cônes et les aiguilles tombantes.

  Lorsqu'il arrive au bas de l'arbre, Hsiao est debout.

  L'enfant montre sa tête, à l'endroit où lui reste le mal.

  Tous ont bu l'eau de la jarre fendue de Xi-Jîn. La mule s'est nourrie aux quelques buissons maigres d'alentour...

  Xi-Jîn l'attendait - pour donner à chacun sa part de figues restantes... Chân offre ce regard qu'elle attend ; il y met beaucoup de douceur.

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  Hissant sa mère, puis Hsiao sur la charrette.

  Les petites suivent.

  On descend le chemin. Un dernier regard à...

  ... L'arbre a disparu !

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  Pourquoi la mule a-t-elle pris son trot ? Il parvient à peine à la retenir...

  Tous se sont mis à courir, sans réfléchir... Il doivent laisser loin derrière eux ce lieu... Chân a saisi la main d'une des petites, Xi-Jîn et Shou-Lîen ont entraîné l'autre petite soeur...

  Ils sont très loin lorsque lui seul ose se retourner à nouveau.

  Il essuie son front ; la sueur lui brûle les yeux... cherchant le haut refuge de leur nuit, retrouvant l'entrée noire de la grotte comme un oeil bienveillant sur la face blanche de la montagne. Il est heureux et soupire.

  Il revient vers Xi-Jîn, toujours assise dans l'herbe avec ses soeurs...

  - Xi ...

  Le temps qu'elle se lève puis regarde avec lui, c'est la montagne entière qui a disparu.

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( ... à suivre... )

*

Texte & photographies :

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Dourvac'h

*

(1), (2), (3), (5), (6) : Fin d'été au Château de Roquefixade, Ariège, août 2010

(4), (7), (8), (9), (10), (11), (12) : Début d'automne dans le Plantaurel, Viviès (Ariège), septembre 2010

(13) : Grilles du Château de Gargas, Viviès (Ariège), septembre 2010

(14) : Peintre au miroir de l'âme, dessin (détail), décembre 2010

(15) : Ciel de fin d'été, Ariège, 2010

(16) : Dallage de sentier, Vallée du Vicdessos (Ariège), août 2010

(17) : Rose à Viviès (Ariège), septembre 2010

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PanGea est un énorme ouvrage de 166 pages déjà écrites en leur "première manière" (2002), bien imparfaite... Les pages que vous découvrez, au fur et à mesure, sont le visage de la refonte progressive actuelle, un processus très lent, si lent, souvent bien décourageant... Ce processus de mise-au-jour, polissage et  épuration patiente des scories ne nous a mené - en notre 6ème mois de travail - qu'à la page 41 du premier manuscrit...  La vie se passe à essayer de la gagner, hélàs pour nous ! Et non pas - comme c'est dommage ! - à SEULEMENT écrire, dessiner, peindre, promouvoir ou auto-éditer nos propres ouvrages... (Doux rêve)... Tempus fugit... et la vie passe, et l'énergie vitale s'épuise... Notre mana (concept "pangéen" chipé chez les anciens Pascuans) n'est pas infini... mais j'espère bien être en lice pour terminer le travail avant mai 2011 - eu égard à Votre patience, votre confiance et votre gentillesse - mais actuellement rien n'est moins sûr ! Au train où vont les choses... et il n'est pas question de bâcler ! Au moins par fidélité à Xi-Jîn, Chân et leurs congénères... Faire de son mieux, comme eux... mes p'tits modèles... de vie... de patience...

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Amitié-Fée...

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(Dourvac'h)

(dessin : Dourvac'h, Peintre au Miroir de l'âme, détail, décembre 2010)

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jeudi 2 décembre 2010

Deux ou L'Oubli...

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A quoi penses-tu ?

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A qui rêves-tu ?

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Notre instant-Fée...

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... plus rien autour !

*

Dourvac'h

Deux ou L'Oubli

crayons de couleurs Polychromos sur papier Ingres, 65 x 50 cm, sept.-octobre 2010

*

Modèles présents lors de la

Fête du Printemps à Riga (Lettonie)

photographie :

Eva

publiée en 2007 sur son site

Give them Hell

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*

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Peut-être aurez-vous encore cette gentillesse ?

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Choisir un joli nom...

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... à une petite Esquisse de nuit, ci-dessous...

*

Avec mille mercis fleuris !!!

Dourvac'h

peintre au Miroir de l'âme,

(détails) dessin aux crayons de couleurs Polychromos sur papier Ingres, 40 x 55 cm

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Petite esquisse de nuit...

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Toi, mon étoile...

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... qui t'éloignes...

*

Esquisse (18 x 12,5 cm) du dessin futur :

Claire Obscure

1er décembre 2010

*

... avec déjà tous ses petits noms...

(Votre belle liste, non close... )

*

Agrypnia (Christiana)

A l'infortune de la Lune (Christiana)

Astre de la nuit (Christiana)

Au clair de la Terre (Christiana)

C'est la valse brune... (Christiana)

Claire Obscure (Christiana)

Croissant d'or (Christiana)

Dolorès (Crépusculine)

Elle seule le sait... (Loetitia)

Ennui de minuit (Christiana)

Esquisse de nuit (Emma)

Etoile brune (Aisha)

Etoile filante (La chuchoteuse)

Fée lunaire (Christiana)

Le Choix (Barbara)

L'Heure Verte (Barbara)

Mélancolune (Christiana)

Nejma (Aisha)

Poussière de Lune (Christiana)   

Rêve obscur (Christiana)

Rêveuse lunaire (Christiana)

Son ami Pierrot (Christiana)

Toi, mon étoile... (Barbara)

Veillée solitaire (Christiana)

Voile sur les étoiles (Christiana)

*

Aheum... espérant absolument que Vous saurez...

... choisir à ma place !!!

Car à peine esquissée... et déjà quel succès !!!

Quel... Embarras du choix !!!

(Argh ! ... ça n' s'rait pas un nouveau titre, encore ?)

*

Avec un "Aheum..." et un "PS spécial pour Christiana" :

tes 16 propositions sur les 25 ici émises

te font absolument Championne du titre mondial-et-wallon

de ta Grande Force de Proposition...

*

Tadâmmmm... and the Winner is...

Claire Obscure

(Name founded by Christiana,

with the impartial tirage of Barbara, 8 décembre 2010, 19 h 20)

*

.... à Vous, mille fois MERCI !!!

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